INAUGURATION DE LA STATUE

DE CHARETTE A LEGÉ

LE 4 SEPTEMBRE 1826

 

Statue de Charette

Le lundi matin, dès le point du jour, d'autres salves d'artillerie, d'autres sonneries se firent entendre, et à ces bruits joyeux se mêlaient les tambours et les fifres des différents détachements envoyés par les quatorze divisions de l'ancienne armée de Charette. A mesure qu'ils arrivaient, ils allaient se placer en bataille sur la grande route de Nantes. Les officiers qui les avaient souvent menés au feu étaient à leur tête, et les drapeaux qui les avaient ralliés dans les batailles, flottaient au milieu d'eux. Aussitôt qu'ils avaient fait halte à l'endroit désigné pour chaque division, des rafraîchissements et des vivres leur étaient distribués.

M. le colonel comte de Mornac, ancien aide-major-général de l'armée de Charette, commandait la ligne.

M. le colonel vicomte Siochan de Kersabiec faisait les fonctions de chef d'état-major.

Messieurs les chefs de division Caillaud, marquis de Goulaine, Fougaret, le Maignan de l'Ecorce, de la Vincendière, de la Bastière, Félix Dubois, comte de Bruc de Livernière, comte Louis de Cornulier, Désahayes, Fortin, vicomte Alexandre de Chabot, la Robrie, étaient à la tête de leurs divisions.

Ces honorables débris des anciennes armées catholiques et royales, ces vieux vétérans de l'honneur, furent passés en revue par MM. le duc de Rivière, Lieutenant-Général, Chevalier des ordres du Roi, Pair de France, Gouverneur de S.A.R.M.gr le Duc de Bordeaux ; le comte Despinoy, Lieutenant-Général, commandant la 12e Division militaire, Grand'Croix des ordres de St-Louis et de la Légion-d'Honneur ; accompagnés de MM. le comte de Bourmont, Lieutenant-Général, Pair de France ; le Nestor des Vendéens, l'ancien ami de Charette, le comte de Sapinaud, Lieutenant-Général, Député de la Vendée ; le comte de la Rochejaquelein, Lieutenant-Général ; Saint-Hubert, maréchal-de-camp ; le marquis de Civrac, Maréchal-de-Camp ; le comte de Mesnard, Pair de France, premier Ecuyer de S.A.R. MADAME, Duchesse de Berry ; le marquis de la Rochejaquelein, Pair de France ; le baron de Charette, Pair de France, neveu du Général ; le vicomte de Villeneuve-Bargemont, Préfet de la Loire-Inférieure ; le vicomte de Curzay, Préfet de la Vendée ; M. Martin du Puisaye, Préfet de Maine-et-Loire ; le comte de Vandoeuvre, Préfet d'Ille-et-Vilaine ; le marquis de Roussy, Préfet des Deux-Sèvres ; M. de Fourcroy de Guillerville, Commissaire-Général de la marine du port de Nantes ; le baron de Cachard, Colonel d'artillerie, commandant le château de Nantes ; M. L. Levesque, Maire de Nantes, Député, et ses deux premiers adjoints MM. Bernard des Essards et Doucet ; le comte Auguste de Juigné et le comte Humbert de Sesmaisons, Députés de la Loire-Inférieure ; le vicomte de Lézardière, Député de la Vendée ; M. de Boësnier, Secrétaire-Général de la Préfecture de la Loire-Inférieure ; M. Blin, représentant le Conseil de la même Préfecture ; MM. les Conseillers de Préfecture du Département de la Vendée ; MM. les Présidents des Tribunaux de 1ère instance de Nantes et de Bourbon-Vendée ; M. Bernède, Procureur du Roi à Nantes ; le baron de la Haye, ancien Capitaine Vendéen, aujourd'hui Chef d'escadron de la gendarmerie royale à Niort ; le Colonel de Gendarmerie, marquis de Saint-Sauveur ; M. le chevalier Pelècier, Chef d'escadron de la Gendarmerie royale à Nantes ; M. Laroche, Lieutenant de Gendarmerie à Nantes, M. le baron de Beaumont, Sous-Préfet de Savenay ; M. le comte de Boispéan, Sous-Préfet de Châteaubriand ; M. le comte de Quebriac, Sous-Préfet d'Ancenis ; M. Drappier, Sous-Préfet de Paimboeuf ; M. Auvinet, Sous-Préfet des Sables, ancien Secrétaire du général Charette ; M; Lelieurre de Laphépin, Sous-Intendant-Militaire à Nantes ; M. Magnier de Maisonneuve, Directeur des Douanes, à Nantes ; M. de la Bachellerie, Commissaire du Roi, près la Monnaie de Nantes, et une foule de Fonctionnaires et d'Officiers royalistes de différents corps qui, ayant servi le Roi toute leur vie, venaient honorer la mémoire du héros qu'ils admirent.

Les soldats laboureurs de la Vendée, placés sur une triple ligne avec leurs habits de paysans, leurs petits plumets blancs, leur croix du lis et leurs vieilles armes, formaient un contraste frappant avec les uniformes brillants d'or et d'argent, des Lieutenants-Généraux, des Pairs de France, des Maréchaux-de-Camp, des Préfets et des fonctionnaires publics qui entouraient et suivaient S.E. le Gouverneur de S.A.R.M. gr le DUC DE BORDEAUX.

Il était beau et touchant de voir ceux qui sont placés si haut dans la société, venir rendre hommage à la fidélité pauvre. C'était avec respect que l'élite du monde passait devant ces simples paysans. On s'arrêtait souvent pour écouter leurs naïfs propos, pour regarder avec attendrissement leurs profondes et honorables cicatrices. C'était toujours pour Dieu et pour le Roi, qu'ils les avaient reçues. La conscience du Vendéen lui donne une assurance modeste, une respectueuse familiarité ; il n'hésite pas à serrer la main du supérieur qui lui parle ... Ces mains, durcies par les plus rudes travaux, sont pures, et nous avons vu celui à qui est confié l'espoir de la France, les presser avec affection.

Après la revue, qui a duré plus d'une heure, le cortège, tambours et musique militaire en tête, s'est rendu, entre deux haies de soldats, à l'Eglise, pour y chercher Nosseigneurs les Evêques de Nantes et de Luçon.

... à suivre ♣

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