INAUGURATION DE LA STATUE DE CHARETTE

A LEGE

LE 4 SEPTEMBRE 1826

 

Statue de Charette

Aujourd'hui, en cherchant à décrire cette inauguration, nous pouvons dire : le Roi le saura, le Roi saura que la Vendée est encore ce qu'elle fut ; il l'apprendra d'une bouche qui ne lui a jamais fait entendre que la vérité.

Le duc de Rivière, qui a vu, il y a trente-et-un ans, les Vendéens combattant au milieu des débris fumants et ensanglantés de leurs chaumières, au milieu des cadavres de leurs prêtres et de leurs familles ; le duc de Rivière qui, alors, partagea leurs nobles périls, vient de les revoir en paix sous ces mêmes drapeaux qu'il avait salués en débarquant sur la terre de la fidélité ! Il a reconnu les anciens soldats de Charette, et a été reconnu par eux. De retour près du Roi, son maître, il dira :

"Sire, ces Vendéens que j'avais vu sacrifiant tout à votre royale cause, ces Vendéens que j'avais vu sans abri, sans pain et presque sans armes, dénués de tout, hors de gloire et d'honneur, aujourd'hui sont heureux sous votre sceptre paternel : ils vous invoquaient dans les hasards de la guerre, dans leurs revers, dans leurs infortunes ; il vous bénissent maintenant, dans la paix que vous leur avez donnée. En voyant récompenser la fidélité de leur vaillant chef, ils ont été fiers ; il se sont dit entre-eux : Le dévouement n'est donc point une folie, comme certaines gens voulaient nous l'enseigner. Oui, notre sang a été bien employé, puisqu'on nous récompense tous, en élevant ainsi une statue à notre général ; nous amènerons nos fils au pied de ce monument, et là, nous leur redirons les bienfaits et les honneurs qui ont signalé son inauguration parmi nous."

Cette inauguration a été digne du héros de la fête et des hauts personnages qui y assistaient. Dès le 3, au soir, une salve et le son des cloches avaient annoncé la solennité du lendemain. Les routes qui conduisent à Legé étaient animées par des voitures, des chariots, des personnes à pied et à cheval. Les petites chaumières sur les bords du chemin, les clochers des églises étaient pavoisés, la fête de Charette était celle du drapeau blanc ; ainsi, on le voyait partout.

... à suivre ♣

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