La Maraîchine Normande

10 décembre 2016

BOUIN (85) - CATHERINE BROCHET (1743 - 1794)

 

BOUIN PLACE DE L'EGLISE


Au nombre des femmes de Bouin condamnées à mort le 3 août 1794 par la Commission Militaire de Noirmoutier, se trouvait Catherine Brochet, 51 ans, célibataire, née à Bouin le 12 janvier 1743.

BOUIN Brochet Catherine naissance

C'était une domestique ; au début de la guerre, elle était fille de confiance chez un patriote du pays, qu'elle abandonna pour servir la cause catholique et royale.

Dès le retour des révolutionnaires, elle fut dénoncée par deux citoyennes ; l'une des deux avoua seulement "avoir entendu dire que Catherine Brochet était une aristocrate très méchante". Cette dénonciation timide fut cependant retenue, et l'administration supérieure informée.

Le 11 février, partait en effet du Comité Révolutionnaire de Challans l'ordre d'arrêter dans la commune de Bouin plus de trente personnes : on joignait les motifs de leur arrestation.

Voici le dossier de Catherine Brochet, où s'étale le jargon bien connu des révolutionnaires.

"Cette femme forcenée a porté l'audace jusqu'à aller aux combats avec une fourche".

Catherine Brochet avait bien manié la fourche, ce qui est naturel chez une fille de la campagne, mais elle n'avait pas combattu ; aucun témoins à charge ne le dit.

Prisonnière à Noirmoutier, elle fut probablement atteinte par l'épidémie de typhus ; du moins fut-elle éloignée du foyer de la contagion et placée chez la citoyenne Courand. Elle y séjourna jusqu'à l'avant-veille de son exécution.

Le tribunal l'interrogea le 21 juillet, et après avoir sursis à son jugement définitif, il l'autorisa encore à loger chez les particuliers, mais à titre de détention, à charge de se présenter tous les jours au comité de surveillance de la commune. Elle fut incarcérée pour la dernière fois au château, le 1er août.

"Considérant que Catherine Brochet est une aristocrate fanatique, qui a tenu des propos contre-révolutionnaires, et qui, pour mettre le comble à sa perfidie, s'est armée d'une fourche pour combattre et assassiner les défenseurs de la liberté, etc."

Depuis le 11 février, l'accusation s'est donc enrichie de termes nouveaux.

Aristocrate et fanatique sont deux mots consacrés, qui indiquent d'une façon déguisée les sentiments religieux de l'accusée.

En second lieu, omission regrettable, "les propos contre-révolutionnaires" ne sont pas mentionnés.

Ensuite, "pour mettre le comble à sa perfidie" est destiné uniquement à embellir la phrase.

Enfin, "pour assassiner" renferme une double erreur de fait et de droit ; ce ridicule tribunal prétendait-il, à défaut d'actes, juger les intentions ?

Les vieillards de Noirmoutier se rappelaient encore avoir vu défiler, sur la route de la Chaize, le lugubre cortège des condamnés du 3 août : des femmes vêtues de blanc, dans une attitude édifiante, entassées sur une charrette. Les soldats qui les escortaient paraissaient atterrés de leur besogne, et, sur le passage, les paysans pleuraient de pitié.

Tout le long du chemin, les victimes chantèrent des cantiques et les versets du Magnificat.

Dr Pelletier
AD85 - Semaine Catholique du Diocèse de Luçon - 1913 - p. 275 -276

VOIR ÉGALEMENT  ICI

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GRENOBLE (38) - MARSEILLE (13) - ANTOINE-BARTHÉLÉMY CLOT, DIT CLOT-BEY - CHIRURGIEN

ANTOINE-BARTHÉLÉMY CLOT naquit à Grenoble le 7 novembre 1793 (17 brumaire an II). Son père, qui servait dans la fameuse 32e demi-brigade, fut un de ceux qui versèrent leur sang pour la patrie sur les champs de bataille de la République. Il mourut sans fortune en 1811, à Brignolles, où il était venu chercher les secours de M. le docteur Sapey, qui l'avait connu à l'armée.

Clot Bey naissance TD

Le jeune Clot ne se laissa point abattre par le malheur. Doué d'une de ces volontés énergiques qui ne reculent devant aucun obstacle, il sentit se développer chez lui, dès ses premières années, une forte passion pour l'étude de la médecine. M. Sapey lui enseigna les premiers éléments de la chirurgie. Mais bientôt, poussé par l'amour de la science, il vient, en 1812, à Marseille, où il étudie à l'hôpital de cette ville. En 1820, il obtient le grade de docteur en médecine à la Faculté de Montpellier, et en 1822, celui de docteur en chirurgie.

CLOT BEY ANTOINE

En 1825, il part pour l'Égypte. C'est là que doit être désormais le théâtre principal de sa gloire. C'est là qu'il va déployer toutes les ressources de sa haute intelligence. L'Égypte lui doit l'organisation d'un conseil de santé, celle d'un service sanitaire pour les armées de terre et de mer, la création de l'hôpital et de l'école d'Abou-Zabel, d'un hôpital civil pour les malades des deux sexes, d'un hospice pour les fous, d'une école d'accouchement, d'une maternité, d'un dépôt de mendicité, etc.

Méhémet Ali

En 1832, Méhémet-Ali élève à la dignité de Bey, en récompense de sa belle conduite pendant l'épidémie de choléra qui avait ravagé l'Égypte. C'était le premier médecin et le premier chrétien honoré de cette haute distinction : Méhémet-Ali, en présence de toute sa cour, et en lui remettant le firman de sa nouvelle dignité, prononça ces paroles :"Clot-Bey, tu t'es couvert de gloire dans une bataille qui a duré six mois ; je te fais général !" La terrible épidémie de 1835 fut pour Clot-Bey une nouvelle occasion de se distinguer. Poussé par l'ardeur de son zèle, il alla jusqu'à s'inoculer du pus, et quelques jours après, du sang des pestiférés.

Clot-Bey avait été admis, en 1832, au nombre des associés de l'Académie royale de médecine de Paris. Il a publié de nombreux ouvrages et documents sur la médecine et la chirurgie, et un aperçu général sur l'Égypte en 2 volumes in-8°.

CLOT BEY ANTOINE 3

Le vice-roi l'honora de son amitié et lui conféra, en 1841, le titre de bey, qui n'avait encore été accordé à aucun chrétien.

Clot-Bey, rentré en France en 1849, après la mort de Méhémet-Ali, fut rappelé en Égypte en 1854, par S.A. Saïd-Pacha, pour réorganiser de nouveau le service médical civil et militaire, et il ne rentra définitivement en France qu'après avoir accompli cette réorganisation.

M. Clot fut promu au grade de général en 1839. Il fut nommé inspecteur général du service de santé d'Égypte en 1834 ; médecin en chef du vice-roi Saïd-Pacha en 1855, et inspecteur général honoraire du service médical, civil et militaire en 1857.

CLOT BEY ANTOINE 4

Clot-Bey était commandeur de la Légion d'honneur depuis 1851, grand croix de l'ordre de Saint-Stanislas de Pologne, grand officier, commandeur et chevalier d'un grand nombre d'ordres.

Après la mort du vice-roi, Clot-Bey fit le voyage de Rome, où il obtint une audience du pape qu'il assura de son respect et de sa vénération. Le pape Pie IX,  admirant son dévouement au bien-être des chrétiens et des musulmans et voulant le récompenser de ses services, avait conféré, en 1851, le titre de comte Romain à Clot-Bey et à sa descendance et l'empereur Napoléon III, par un décret du 14 mars 1860, l'autorisa à porter en France ce titre.

CLOT BEY ANTOINE 6

On a rapporté, au sujet de Clot-Bey, un fait édifiant qui montre bien la foi qui l'animait, au moins dans la seconde partie de sa vie.

Il venait en France faire prendre le doctorat à ses élèves. Un jour qu'avec eux il se promenait sur le trottoir de la Cannebière, à Marseille, où il a habité, et où il est mort en 1868 (28 août), vint à passer un prêtre, portant le saint Viatique, avec son cortège habituel.

En entendant la clochette, Clot-Bey s'arrêta, enleva son tarbouch et s'inclina profondément.

L'un de ses ulémas (docteurs turcs) s'approche de lui et demande pourquoi ce respect et cette attitude.

"- C'est le bon Dieu qui passe, répond Clot-Bey.

- Quoi ! maître, reprit l'uléma, tu crois que le Dieu tout-puissant, qui a créé le ciel et la terre, est entre les mains de ce prêtre ?

- Oui, je le crois ; vous autres, musulmans, vous connaissez sa puissance, mais vous ne connaissez pas son amour."

Parole sublime dans la bouche de Clot-Bey et qui fait honte à tant de chrétiens si peu respectueux pour la sainte Eucharistie. Elle justifie bien cette devise, donnée par le pape Grégoire XVI à Clot-Bey en le nommant comte Romain : Inter infideles, fidelis ; fidèle au milieu des infidèles.

CLOT BEY ANTOINE 5

CLOT BEY DECES

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En 1850, le Prince Charles-Lucien Bonaparte décrivit, pour l'Ornithologue Français, une alouette déserticole appelée  "Ramphocoris Clotbey". Il l'a dédia au médecin français Antoine-Barthélémy Clot dit Clot-Bey.

 

AD85 - Semaine Catholique du Diocèse de Luçon - 1886 - p. 718 - 719.

Le Cte Godefroy de Montgrand - Bibliothèque numérique Médic - biu Santé - image CIPB1190.

AD13 - Registres d'état-civil de Marseille.

Archives nationales - Base Leonore.

AD38 - Tables décennales - Grenoble.

 

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07 décembre 2016

ANCENIS (44) - L'ABBÉ RENÉ TERRIEN, DIT PIERRET (1762 - 1821)

L'ABBÉ TERRIEN

Comme beaucoup d'autres ecclésiastiques qui voulurent demeurer à la disposition des fidèles pour leur administrer les sacrements pendant les mauvais jours de la Terreur, M. Terrien dut employer bien des ruses et des déguisements pour échapper aux soldats de la République qui parcouraient nos campagnes à la recherche des ministres de Dieu.

Berger 3

Durant quelques mois, il s'était dissimulé dans une ferme sous les vêtements des campagnards et servait comme berger. De petite taille et d'un extérieur maladif, il allait chaque jour conduire les bestiaux aux champs et les garder.

La grand-mère de toute la maisonnée, qu'on n'avait point mise dans le secret, voulut s'assurer un jour, en maîtresse chrétienne, que ce berger inconnu était bien instruit de sa religion. Elle lui faisait donc, chaque jour, réciter les prières et le catéchisme, ce à quoi le jeune homme étranger se prêtait volontiers.

Lui trouvant sans doute de la facilité, unie à la docilité, elle voulut également lui apprendre à lire. Mais M. Terrien, trouvant son intérêt à paraître ignorant sur ce point, ne répondait nullement à ses soins. Aussi la vieille, pour le corriger de son entêtement à ne pas apprendre à lire, ne lui épargnait pas les soufflets.

Un jour, on annonce dans le village qu'une messe sera célébrée en cachette pendant la nuit, et la grand-mère voulut y assister. On arrive dans une grange, et la bonne femme, à son grand scandale, aperçoit en entrant son petit berger, circulant autour de l'autel improvisé, pour préparer ce qui était nécessaire à la messe, notamment deux chandelles de résine à la place de cierges.

Cependant la bonne vieille, fort en colère contre son domestique, l'appelait d'une voix frot émue : "Pierret, Pierret !" (c'était son nom de circonstance), "que fais-tu là, mon drôle ; Pierret, veux-tu venir itchi ! T'aras affaire à moi." Et Pierret semblait ne rien entendre, quand, tout-à-coup, sortant de derrière l'autel, il paraît revêtu des ornements sacerdotaux. Le reconnaissant, la bonne femme faillit s'évanouir. "Ah ! moi, s'écriait-elle, qui ai tant de foi frappé sa sainte face."

M. Terrien survécut à la Révolution.


A. Baraud, prêtre
AD85 - Semaine Catholique du Diocèse de Luçon - 1913 - p. 398-399


 

Terrien naissance

 

Fils de Louis, maître boulanger, et de Marie Collineau, René Terrien est né à Ancenis, le 26 novembre 1762. La famille comptait 10 enfants, René était le cinquième.

 

Terrien famille

 

Le Dictionnaire des Vendéens (AD85) indique que, durant les années 1792 - 1793, l'abbé Terrien se serait caché à Saint-Hilaire-de-Mortagne.  

En 1801, il est à Vritz. Voici ce qu'on dit de lui : "y exerce. Insermenté, assez borné, peu attaché au gouvernement". (E. Sevestre - Le Clergé Breton en 1801 - Annales de Bretagne - 1913 - Volume 29 - Numéro 2 - pp. 263-284)

Selon les actes de catholicité, il fut desservant à Saint-Urbain, du 9 décembre 1803 jusqu'en décembre 1807 ; puis à  Avrillé durant toute l'année 1809. En 1820, il y était toujours ...

L'abbé Terrien serait décédé le 24 février 1821, mais nous ignorons en quel lieu.

 

 AD44 - Registres paroissiaux d'Ancenis

AD85 - Registres de Catholicité de Saint-Urbain et d'Avrillé.

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STRASBOURG (67) - 25 JUIN 1791 - EXÉCUTION POPULAIRE

25 juin 1791

Strasbourg excution effigies 1791z


Exécution populaire à Strasbourg du lieutenant-général BOUILLÉ et des maréchaux de camp KLINGLIN et HEYMANN

La participation de ces trois officiers supérieurs à la fuite de Louis XVI irrita tellement une partie de la bourgeoisie et de la garnison de la ville, qu'en apprenant l'arrestation du Roi à Varennes, on revêtit trois mannequins de l'uniforme de général et après leur avoir attaché à chacun sur la poitrine une pancarte portant leur nom et l'épithète de traîtres à la patrie, ils furent placés sur un chariot et promenés par la ville.

Ce sinistre cortège, précédé d'une fanfare et de porteurs de torches, se rendit ensuite à la place d'Armes où les mannequins furent brûlés aux acclamations de la populace.

 

Strasbourg excution effigies 1791

 

M. Henri Engelhardt, dans son Elsasz wührend der Revolution, consacre quelques lignes à cette singulière manifestation, qu'il dit avoir eu lieu dans la nuit du 28 juin, mais la curieuse gravure de l'époque en fixe la date du 25 de ce mois.

Revue alsacienne - 1888/11 (A12) - 1889/12


 

 

Bouillé de - marquis

 

FRANÇOIS-CLAUDE-AMOUR, MARQUIS DE BOUILLÉ

Originaire du Maine, et depuis établie en Auvergne, dès le onzième siècle, la maison de Bouillé a eu des chevaliers de Saint-Michel sous Louis XI et sous François Ier (c'était alors l'ordre du roi), des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit sous Henri III et sous Henri IV, des commandeurs de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Rhodes et à Malte, des gouverneurs de villes et de provinces, un grand nombre de comtes de Brioudes et de Lyon, et plusieurs prélats dans l'Église. Nicolas de Bouillé, oncle et tuteur de François-Claude-Amour, était doyen des comtes de Lyon, premier aumônier du roi, évêque d'Autun et conseiller d'État.

La famille de Bouillé semble avoir pris l'engagement de ne devoir jamais ses dignités qu'à ses services, depuis qu'elle a choisi pour maxime, et placé pour devise au milieu de ses armes, ces nobles mots : Tout par labeur. (La famille de Bouillé prend deux devises dans ses armes : l'une est celle que nous venons de citer ; l'autre, qui suffirait seule pour prouver l'antiquité de cette famille, et qui est à la fois religieuse et guerrière, se trouve renfermée dans ces mots : A vero bello Christi.

François-Claude-Amour, marquis de Bouillé naquit en Auvergne, au château du Cluzel, (Saint-Eble) le 19 novembre 1739.

 

(Mémoires du Marquis de Bouillé - par René de Bouillé et par M. F. Barrière - 1859)

 


 

Heymann

 

Le général Jean-Frédéric-Augustin Thomin (ou Thenin) de Heymann, né à Carignan le 28 août 1740, fut d'abord officier dans un régiment d'infanterie allemande au service de la France, et en 1789, il était maréchal de camp, employé à Metz sous le marquis de Bouillé. Il devint maréchal de camp à 44 ans. (L'Europe pendant la révolution française par M. Capefigue - Vol. 1 - 1843)

 


 

 

Klinglin armoiries

 

FRANÇOIS-JOSEPH-LOUIS DE KLINGLIN est né en 1733 ;

Fils du prêteur royal François-Joseph de Klinglin, Lieutenant du roi et gouverneur de Strasbourg, mort à la citadelle de Strasbourg en 1753 ;

François-Joseph-Louis, baron de Klinglin, maréchal de camp en 1784, commandant la place de Strasbourg en 1789. Compromis dans la fuite de Varennes, il avait émigré et pris du service en Autriche où il mourut. (Journal d'émigration du prince de Condé - 1924)

 


 

PROJET DE DÉCRET

« L'Assemblée nationale, après avoir ouï ses comités militaire, diplomatique, de Constitution et de révision, de jurisprudence criminelle, des rapports et des recherches, réunis ;

« Attendu qu'il résulte des pièces dont le rapport lui a été fait, que le sieur de Bouillé, général de l'armée française sur la Meuse, la Moselle et la Sarre, a conçu le projet de renverser la Constitution; qu'à cet effet il a cherché à se former un parti dans le royaume, sollicité et exécuté des ordres non contresignés, attiré le roi et sa famille dans une ville de son commandement, disposé des détachements sur son passage, fait marcher des troupes vers Montmédy, et préparé un camp auprès de cette ville, cherché à corrompre les soldats, les a engagés à la désertion pour se réunir à lui, et sollicité les puissances voisines à faire une invasion sur le territoire français :

« Décrète : 1° Qu'il y a lieu à accusation contre ledit sieur de Bouillé, ses complices et adhérents, et que son procès lui sera fait et parfait par-devant la haute cour nationale provisoire, séant à Orléans.

« Qu'à cet effet, les pièces qui sont déposées à l'Assemblée nationale, seront adressées à l'officier qui fait auprès de ce tribunal les fonctions d'accusateur ;

« 2° Qu'attendu qu'il résulte également des pièces dont le rapport lui a été fait, que les sieurs d'Heymann, de Klinglin et d'Offlise, maréchaux de camp employés dans la même armée du sieur de Bouillé, Desoteux, adjudant général, de Bouillé fils, major de hussards, et Goglas, aide de camp;

« Que les sieurs de Damas, colonel du 13e régiment de dragons; de Choiseul-Stainville, colonel du 1er régiment de dragons; d'Andoins, capitaine au même corps; de Vellecourt, commissaire ordonnateur à Thionville ; les sieurs de Mandel, Morassin et Thalot, officiers de Royal-Allemand; le comte de Fersen, colonel de Royal-Suédois, et les sieurs de Valory, de Maldent et Du Moustier, tous prévenus d'avoir eu connaissance dudit complot du sieur de Bouillé, et d'avoir agi dans la vue de le favoriser, il y a lieu à accusation contre eux, et que leur procès leur sera fait et parfait devant la haute cour nationale provisoire;

« 3° Que les personnes dénommées dans les articles précédents, contre lesquelles il y a accusation, qui sont ou seront arrêtées par la suite, seront conduites, sous bonne et sûre garde, dans les prisons d'Orléans ... (Archives parlementaires - 11 juillet 1791 - Tome 28 - p. 242)

 

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06 décembre 2016

LOGE-FOUGEREUSE (85) - 1895 - BÉNÉDICTION DE L'ÉGLISE ET BAPTÊME DE CLOCHE

LOGE-FOUGEREUSE
BÉNÉDICTION D'ÉGLISE ET BAPTÊME DE CLOCHE

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Le jeudi 17 octobre 1895, une double cérémonie mettait en liesse la paroisse de Loge-Fougereuse. Il s'agissait de bénir la nouvelle église et de baptiser une quatrième cloche.

Sa Grandeur, Mgr l'évêque de Luçon, empêché, avait bien voulu déléguer, pour ce double office, M. l'archiprêtre de la Roche, qui se faisait un plaisir de répondre à l'invitation de M. le Curé.

Les prêtres du voisinage, MM. les curés de Breuil-Barret, de la Chapelle-aux-Lys, de Saint-Maurice-des-Noues, de Saint-Hilaire-de-Voust, de Saint-Paul-en-Gâtine, de Puy-de-Serre et d'Antigny, ainsi que le vicaire de la Châtaigneraie, avaient également accueilli, avec la plus douce satisfaction, le gracieux appel de leur charmant confrère.

La journée fut consacrée, le matin, à la bénédiction du nouveau sanctuaire, et la soirée au baptême de la cloche.

Depuis longtemps déjà, l'ancienne église était dans un délabrement complet, indigne de l'hôte divin qui l'habitait et de la population religieuse qui se sentait humiliée. Il est vrai que ce vieux temple avait à son actif de brillants états de service. Il datait de l'an 1409, comme en fait foi un document lapidaire trouvé dans les démolitions et ainsi conçu :

"CESTUY ÉDIFFICE NEUF FUT COMANCÉ PAR J. BELOYN, LE VIIe JOUR DU MOIS DE MAY, L'AN MIL CCCC ET IX."

Ce monument avait subi bien des outrages dans le cours des siècles, notamment pendant les guerres de religion et pendant la période révolutionnaire : il était bien temps de le reconstruire.

Le regretté M. Biton l'avait compris et s'était mis courageusement à l'oeuvre. Le plan fourni par un architecte habile, M. Joseph Libaudière, de la Roche-sur-Yon, fut admirablement exécuté par l'entrepreneur, M. Georges Liet, de Fontenay.

Grâce au zèle du nouveau curé, M. l'abbé Fillon, tout est terminé, même le mobilier religieux et les travaux décoratifs, et nous devons à la vérité de dire que cette nouvelle église, avec sa flèche élancée qui paraît de très loin, est certainement l'une des plus jolies de toute la contrée. Elle est de style ogival, ce qui la rend encore plus élégante, et son choeur pentagonal est parfaitement éclairé. On remarque aussi le bel effet que produisent dans les angles et à chaque travée les demi-colonnes qui sont artistement sculptées. En un mot, cet édifice se rapproche autant que possible de sa noble destination, de même qu'il est parfaitement en rapport avec la pieuse générosité des plus honorables familles qui l'ont élevé de leurs deniers et avec les sentiments religieux de cette chrétienne paroisse.

Aussi, bien que la cérémonie fut fixée un jour de semaine, l'empressement de toute la population fut admirable pour assister à la fête et l'officiant fut agréablement surpris de voir tout ce peuple réuni, quand il s'avança vers la grande porte pour procéder aux prières liturgiques. Les assistants, avec une sainte avidité, ne perdaient pas une seule de ses paroles, pas un seul de ses gestes, pendant que s'accomplissaient les rites mystérieux qui allaient faire de ce temple matériel la maison même de Dieu.

Après la sainte Messe, M. l'archiprêtre monta dans la nouvelle chaire, qui ne pouvait être mieux inaugurée. Après avoir rendu un juste hommage à la mémoire du regretté pasteur qui commença les travaux, au dévouement du nouveau curé qui vient de les terminer d'une manière si heureuse, aux pieuses largesses des meilleures familles de la paroisse, et spécialement à la générosité de la noble châtelaine dont le nom se répète tout bas, l'orateur explique, devant un auditoire très attentif, comment l'église est vraiment la maison de Dieu ...

"En juin 1617, messire Jean Collard, vicaire général de Maillezais, faisant une visite canonique à l'église de Loge-Fougereuse, constate qu'elle possédait à cette époque un calice d'étain et une cloche de 3 à 400 livres."

Que les choses ont changé depuis !

Dans ces temps reculés, si Loge-Fougereuse avait pour seigneurs les hauts et puissants barons d'Appelvoisin, son église n'avait pas, comme aujourd'hui, de généreux bienfaiteurs. Les vieilles familles féodales ont été ici avantageusement remplacées par les familles actuelles, qui font sans doute moins de bruit dans le monde, mais qui, par contre, font plus de bien devant Dieu.

Autrefois, c'était la pauvreté dans le lieu saint ; aujourd'hui, c'est la richesse qui brille partout pour l'honneur du divin Maître. Là où l' "étain" dominait tristement, c'est l'or et l'argent qui étalent aux yeux ravis leur splendeur métallique.

Jadis, il n'y avait qu'une modeste cloche dans le beffroi paroissial ; aujourd'hui, il y en a trois magnifiques (fa, sol, la) et la quatrième (do), digne de ses soeurs aînées, va se bénir tout à l'heure.

Auparavant, M. l'archiprêtre prend de nouveau la parole et, de façon aussi heureuse que le matin, il s'adresse à ses auditeurs pour leur montrer le rôle admirable de la cloche dans la vie du chrétien ...

Voici l'inscription que la nouvelle baptisée porte sur les plis de sa robe de bronze :

"Je m'appelle Pétronille. Mon parrain a été Calixte Fillon, curé de Loge-Fougereuse ; ma marraine Céline Jolly, dame Babin des Bretinières.
Souvenirs de la construction de l'église de Loge-Fougereuse, 1894-1895.
Arsène Texier, maire ; Joseph Libaudière, architecte ; Georges Liet, entrepreneur ; Fonderie de Amédée Bollée, au Mans."

 

L. TEILLET, Curé d'Antigny.

(AD85 - Semaine catholique de Luçon - n° 43 - 20e année - Samedi 26 octobre 1895.)

Article sur l'ancienne église ICI

 

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BOUIN (85) - FAMILLE BAUDRY

BOUIN
FAMILLE BAUDRY

BOUIN EGLISE

Quand le 13 mars 1793, l'île de Bouin se souleva au nom de la religion catholique et de la monarchie légitime, on choisit un comité de sept membres pour gouverner la paroisse. MATHURIN BAUDRY fut l'un d'entre eux : c'était un homme d'une foi et d'un dévouement à toute épreuve, qui jouissait à Bouin de la considération générale.

MATHURIN BAUDRY avait, le 12 février 1760, épousé, à Bouin, ROSE GOUVARD, l'une des soeurs de Toussaint Gouvard ; il en eut 11 enfants. Cinq survivaient à l'époque de la Révolution : Rose Baudry, épouse d'Étienne Vermeil ; Mathurin, Thomas, Jean et Pierre, âgés de 26, 21, 19 et 17 ans.

Bouin Baudry mariage

Les quatre garçons s'enrôlèrent, dès le début, dans les troupes vendéennes, et firent toute la guerre dans la cavalerie de Charette. MATHURIN devint lieutenant et fut blessé, à Saint-Jean-de-Monts, d'un coup de baïonnette qui lui transperça la main droite ; JEAN passait aussi pour avoir obtenu un grade dans l'armée. Quant à PIERRE, on lui confia le rôle, à défaut de chirurgien, de recueillir et de panser les blessés.

Tous survécurent ; leur père même survécut ; il était resté à son poste d'honneur jusqu'à la fin et, par bonheur, il put s'échapper après la prise de Bouin.

La Restauration pensionna les Baudry, mais cette pension était si maigre que les pauvres gens passèrent leur vie dans l'indigence. Le curé de Bouin dut insister pour faire accepter à Thomas Baudry une place de chantre à l'église.

ROSE GOUVARD, baptisée à Bouin, le 11 janvier 1735, seconda tant qu'elle put le mouvement catholique. Elle fut arrêtée, le 12 décembre, comme épouse d'un membre du Comité, et incarcérée : à Noirmoutier, elle logeait, en qualité de détenue, chez Gouvard, cordonnier, probablement son parent.

Bouin Baudry naissance de Rose Gouvard

Comprise dans l'hécatombe du 3 août 1794, la "veuve" Baudry (car on croyait alors son mari mort à la guerre) fut déclarée coupable "d'avoir, par ses conseils perfides provoqué à l'emprisonnement et au massacre des patriotes", et fusillée sur la dune de la Claire, à l'âge de 59 ans.

Après l'exécution, les 22 cadavres furent jetés pèle-mêle dans la fosse ouverte et recouverts d'une mince couche de sable. Mais, pendant les nuits qui suivirent une femme pieuse de Noirmoutier fit, au péril de sa vie, recueillir et transporter en terre sainte les corps des condamnés.

L'exécution du 3 août provoqua dans le pays une explosion d'indignation contre les membres de la Commission militaire ; tous s'enfuirent nuitamment, chassés par l'exécration publique.

En souvenir de ce lugubre évènement, une complainte populaire fut composée ; on la chanta pendant bien des années à Noirmoutier ; elle avait pour refrain :

Commission militaire,
Qui nous avez jugés,
Craignez le Dieu sévère,
Qui saura nous venger !

Le dossier des archives, qui renferme les pièces de cet inique procès était, naguère encore, recouvert d'un papier épais, arraché sans doute à un missel d'église. Sur cette feuille de papier se trouvaient imprimées, comme par hasard, les litanies bien connues de la liturgie chrétienne :

Omnes sancti martyres, orate pro nobis.

 

Docteur Pelletier
AD85 - Semaine Catholique du Diocèse de Luçon - 1913 - p. 1041-1042

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BISCHHEIM-AU-SAUM (67) - 1781 - CÉLÉBRATION DE LA NAISSANCE DU DAUPHIN PAR LA POPULATION JUIVE

20 novembre 1781

 

Louis de France

 

La population juive célèbre avec éclat à Bischheim-au-Saum, près Strasbourg, la naissance du Dauphin.

Le tome XVIII des Mémoires secrets dits de Bachaumont, renferme une lettre datée de Strasbourg, qui rend ainsi compte de cette fête :

"Les rabbins, les préposés généraux, accompagnés des préposés particuliers et des députés des communautés juives de la province, précédés des jeunes gens et enfants juifs de la communauté de Bischheim, rangés en deux lignes avec deux drapeaux, accompagnés de musique et au bruit d'une décharge de douze petits canons et de nombre de boîtes, partirent de la maison où ils étaient assemblés et se rendirent en corps à celle du sieur Cériber, l'un des préposés généraux, où est la synagogue, laquelle se trouva décorée des plus riches ornements, illuminée d'un grand nombre de bougies et remplie de monde que la curiosité avait attiré. Un tabernacle fut ouvert et, ce qui ne se pratique que dans les circonstances les plus extraordinaires, les Tables de Moïse furent exposées à la vue, au bruit d'une nouvelle décharge de canons et de boîtes. On commença les prières ordinaires, suivies de celles usitées tous les samedis pour le Roi et la famille royale, puis on chanta le cantique en actions de grâces, composé pour la circonstance. Ensuite repas, bal, illumination. Entre les devises on distinguait celle-ci, en latin, au-dessous du portrait du Roi en médaillon :

"Si mora longa guit, nimios nune desine questus, Gallia, Borbonides parturiendus erat".

Revue alsacienne - 1888/11 (A12) - 1889/12 - p. 36

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BAUGÉ (49) - STRASBOURG (67) - RENÉ CAILLIOT, CHIRURGIEN (1769 - 1835)

 

CAILLIOT NAISSANCE


René Cailliot, né à Baugé le 25 juin 1769, de parents pauvres, étudia pour être prêtre au collège de Baugé même et y remporta tous les prix. Il entra bientôt à Angers au Petit Séminaire, tenu par les Sulpiciens et y fit sa philosophie sous l'abbé Bernier, qui depuis fut curé de Saint-Laud et se rendit si fameux dans la guerre de la Vendée. Avec la philosophie, on apprenait les mathématiques et la physique au Petit Séminaire. Cailliot prit goût surtout aux sciences exactes et positives.

Son esprit ainsi tourné ne convint pas à Bernier. Il inquiétait les directeurs du Séminaire. Cailliot fut chassé puis on le rappela, chose inouïe, mais qui était due à l'idée qu'on avait de son aptitude.

Trop pauvre cependant pour continuer ses études théologiques, il fut obligé de se faire précepteur du fils d'un noble du pays.

La Révolution éclata, le noble émigra et emmena son fils. Cailliot ne les suivit pas. Il s'en alla en Auvergne où son père gérait alors les biens d'un grand propriétaire dans les montagnes.

Il ne resta point longtemps là, et ramené à Baugé par de petites affaires de famille, il y vécut obscur, étant obligé, pour se nourrir, se vêtir, se loger, de copier des rôles de contributions.

Ayant amassé quelque argent, il part pour Paris et se trouve entraîné par hasard et par bonheur aux cours du célèbre Desault, le médecin à la mode. Il n'en fallut pas davantage pour lui révéler sa vocation. "Et moi aussi je ferai de l'anatomie" s'écria-t-il.

C'était en 1791. Au bout de treize mois, il n'avait plus de ressources. Il s'enrôla dans un régiment de cavalerie et se fit dragon de la République, mais ses camarades le dégagèrent et le retinrent à l'École, dont il était l'espoir et l'ornement.

En 1793, assez habile déjà pour être employé comme chirurgien dans nos armées, il fut attaché à l'ambulance de Royallien, dans la forêt de Compiègne, sous Talabère, qui a laissé un nom estimé et dont il fut le second et le favori.

Un mal terrible se déclara. Le typhus exerça ses ravages ; Cailliot en fut atteint, on le crut mort. Et s'il guérit, ce fut aux soins d'une femme généreuse qu'il le dut. Elle (Élisabeth-Eugénie Guy) l'aimait et le sauva. Il l'épousa cinq ans après, mais elle mourut en lui donnant un fils, et il en fut toute sa vie inconsolable.

Remontons un peu. En 1795, on forma à Paris de grandes Écoles de Santé. Cailliot aspira à y entrer, il concourut, y fut admis et se fit promptement distinguer et chérir. Car il était bon, charmant, autant qu'habile. Ce fut par les suffrages unanimes de ses rivaux, de ses condisciples qu'il se vit choisi et couronné, dans une des fêtes solennelles de la Jeunesse.

Il ne se bornait pas à la médecine ; il était poète, philosophe, orateur. Il était initié aux secrets de l'érudition la plus ardue, et un jour, pour un de ses amis embarrassé, il fit un programme de cours d'histoire, qui jeta Volney (qui le lut) dans l'admiration et la surprise.

Mais c'était de préférence et sans relâche que Cailliot se livrait à ses travaux d'anatomie. Boyer se l'attacha étroitement et le prit pour son répétiteur. Il remplit ces fonctions laborieuses et honorables de 1795 à 1799.

Strasbourg

A cette époque, il fut élu, à la recommandation de toute la science, professeur adjoint de chirurgie à la Faculté de Médecine de Strasbourg.

C'était le premier pas, le second ne tarda point et il passa vite à une chaire de pathologie chirurgicale et de médecine opératoire, dont il fut le chef et le titulaire.

Cailliot l'anévrisme

Ses services ne se ralentirent plus pendant trente années. Il professait beaucoup et bien, écrivait peu. On a pourtant de lui un Essai sur l'anévrisme, qui a fait loi dans la médecine. Deux discours de rentrée qu'il prononça à vingt ans de distance, ne purent et ne firent qu'accroître sa réputation. Il prononça les éloges funèbres des professeurs Gerbouin, Bérot, Nesber, Flamant, Fodéré, Le Stein ; tous furent remarqués, mais le dernier particulièrement fit une sensation profonde.

Cailliot fut nommé doyen de la Faculté en 1821. Il mourut en 1835, le 17 octobre, à Strasbourg.

Cailliot décès

Il était de la Légion d'honneur, de l'Académie royale de Médecine, président du Comité de salubrité du Bas-Rhin, membre de la Commission des hospices de Strasbourg.

Cailliot Léonore

L'Anjou Historique - Octobre 1939

AD49 - Registres paroissiaux de Baugé

AD67 - Registres d'état-civil de Strasbourg

Base Leonore

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STRASBOURG (67) UNE FILLE PHÉNOMÈNE : ANNE-MARIE-SALOMÉ ERDRICH

STRASBOURG
UNE FILLE PHÉNOMÈNE
ANNE-MARIE-SALOMÉ ERDRICH

Portrait authentique de la nommée Anne-Marie-Salomé Erdrich, décédée célibataire à Strasbourg le 24 février 1728, dans la 64e année de son âge, et qui a, de son vivant, mystifié le monde savant pendant environ 39 ans par un formidable ventre.

Strasbourg Erdrich fille phénomène

"Cy l'on peut voir en image exacte et véridique - la femme dépravée opprobre de son sexe, - qui pendant près de 40 ans, a berné sans vergogne le monde, d'habitude si défiant. - Nul n'y soupçonnait malice ni tromperie ; - son travestissement lui attirait partout compassion, - alors que son gros ventre, arsenal d'une rare fourberie, - n'était qu'imposture et artifice, - Messieurs les médecins épiaient le moment - où ils découvriraient un nouveau phénomène dans ce sac à chiffons. - N'ayant jamais supposé la ruse, - le sac à chiffons les a rendus rouges de confusion. - Ô sac, ô paquet de vermine, il semble que rien ne te manque, - car les poux peuvent bien s'y compter par millions. - Fi ! le vilain son que ça rend ! - Est-ce là l'avorton qui en sort ? Oh ! oh ! écartez-en les mains".

Les lignes qui précèdent sont la traduction littérale du titre et de la légende de la gravure ... Cette planche allait être mise en vente, quand l'Académie, instruite de la chose et confuse du résultat d'une autopsie à laquelle avaient procédé trois de ses illustres professeurs, Jean Saltzmann, Jean Boecler et le vieux Valentin Scheid, assistés de tous leurs disciples et d'un grand nombre de médecins de la ville, obtint par l'influence du comte Du Bourg, gouverneur d'Alsace, non seulement la destruction des épreuves déjà tirées, mais même celle de la planche.

Cependant l'Académie ne put empêcher la divulgation de sa singulière déception, malgré le mémoire que publia Jean Boecler pour se disculper ; les périodiques de l'époque en firent des gorges chaudes en la relatant tout au long, et c'est ainsi que Barbier, avocat au Parlement de Paris, la consigna dans son célèbre journal (Chronique de la Régence et du règne de Louis XV (1718-1763) au Journal de Barbier).

Voici, en effet, ce qu'on y lit sous la date de mai 1728, t. II, p. 43 :

"Il est vérifié par toutes les gazettes et Mercure qu'à Strasbourg il est mort cette année une fille d'environ soixante ans, à qui la Faculté de Médecine faisoit une pension depuis vingt ans, et qui avoit d'autres charités parce qu'elle avoit le ventre extraordinairement gros. Elle n'avoit jamais voulu se le laisser tâter que par-dessus, par pudeur et par la douleur de l'attouchement.
A sa mort, il y a eu grand empressement pour l'ouvrir pour la découverte de choses extraordinaires. On lui a trouvé le ventre à l'ordinaire et à côté de son lit, un petit matelas rempli de chiffons qui pesoit vingt livres, et qu'elle mettoit tous les jours. Cela a fait beaucoup de honte à la Faculté. On marque que cette fille avoit augmenté son enflure à mesure que les charités augmentoient."

... Il résultait d'un feuillet manuscrit allemand que nous avons malheureusement négligé de copier, que cette héroïque Erdrich, engrossée, à l'âge de 24 ans, par un soldat du régiment Royal-Allemand, pour cacher sa faute, conserva après son accouchement, qu'elle fit clandestinement à la campagne, un coussin sous ses jupes. Pendant plus d'un an, elle fut, paraît-il, la risée des commères du quartier Finckwiller, qu'elle habitait ; mais au bout de deux ans, les railleries se transformèrent en marques de compassion, et celles-ci furent ensuite aussi vives que les premières avaient été cruelles. C'est alors que la fille Erdrich simula des fatigues et des douleurs, et qu'elle finit par vivre pendant plus de trente ans aux dépens de la charité publique.


Ch. M.
Revue alsacienne - 1888/11 (A12) - 1889/12 - p. 204 à 206

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01 décembre 2016

BOUIN (85) - COMBAT DU 6 DÉCEMBRE 1793 - 33 FUSILLÉS, LE 20 JANVIER 1794

BOUIN CARTE

 

Au commencement de décembre 1793, les généraux Haxo et Dutruy, à la tête de 5.000 hommes, s'emparèrent de Beauvoir, se rendirent maîtres de tout le marais et forcèrent Charette à se réfugier dans l'île de Bouin. L'adjudant général Jordy le poursuivit jusque dans ses retranchements, qu'il enleva à la baïonnette ; mais il ne put se saisir de sa personne ... 

 

BOUIN AFFAIRE

 

Armée de l'Ouest
16 frimaire an 2e (à minuit) (6 décembre 1793)
Le citoyen Jordy, chef de brigade, donne l'ordre à toutes ses trois colonnes d'avancer et de diriger leur marche de manière qu'à onze heures du matin chacune soit en présence et sous Bouin. Il est vrai que les deux colonnes de flanc, qui seules avoient du canon ne pouvant arriver à cause des marais et que la colonne du cent 2e seule arriva sous le canon des batteries de Bouin après avoir traversé 41 fossés demi-glacés et pleins d'eau où de marais ; et forte seulement de 674 hommes. Ayant tout considéré, il vit que sa troupe étoit trop avancée pour se retirer. Les Brigands avoient trois batteries, l'une derrière, l'autre et en amphitéâtre à la hauteur des moulins. Un coup républicain étoit le seul parti à prendre, il envoye le bataillon du 57e sur sa droite, celui du 77e sur sa gauche, il fit rester le 10e de la Meurthe au centre et enfin le 109e Regt en seconde ligne. (C'est-à-dire des détachements de ces corps qui lui étoient restés ayant envoyé le surplus pour venir par Beauvoir et par Bourgneuf). Tous étant ainsi disposé, il ordonne aux 57e et 77e de longer les flancs de l'ennemi, et au 10e de la Meurthe d'avancer la bayonnette croisée et d'essuyer la première décharge de l'ennemi sans tirer un coup de fusil, mais alors de marcher avec la plus grande célérité, pendant que les deux bataillons de flanc font aussi leur attaque de la même manière.

L'ennemi fort de 1.800 hommes ayant Charette, Guérin et Le Coutre à leur tête, fait une résistance opiniâtre mais le 10e de la Meurthe ayant foncé le centre entre dans leur premier retranchement. L'ennemi est culbuté, les 2e et 3e retranchements sont alors attaqués par les 674 hommes réunis, rien ne résiste plus aux braves Républicains, les trois retranchements où pour mieux redoutes sont emportés, le canon des Brigands tourné contre eux, mais il ne peut servir parce que tous en pêle-mêle, les Républicains poursuivent partout les fugitifs la bayonnette dans les reins. Enfin environ 800 obtiennent leur salut dans la fuite, Charette lui-même est obligé de se sauver à pied ainsi que Guérin, Le Coutre et environ mille Brigands restent morts sur le champ de bataille.

Près de 900 patriotes tant hommes que femmes que retenoient les Brigands comme prisonniers qui devoient être égorgés par ces monstres quelque moment après furent sauvés par les Républicains. On leur a pris en outre treize pièces de canon. Il est vrai que la République a eu à regretter dix-neuf braves tués sur le champ de bataille, et 83 blessés dont huit grièvement.  (AD85 - Extrait du Moniteur Universel - SHD B 5/7-68)


L'isle de Bouin, le 17 frimaire (7 décembre 1793)
Mort aux Brigands, Liberté, Égalité.
Dutruy Soldat Chef de l'armée des Sables au Comité de Salut Public
Vive la république. Nous avons trouvé besogne, nous avons battu, taillé, fusillé ; l'exécrable Charette a fui à pied dans les boues, nous leur avons pris 200 chevaux, cinq pièces de canon. Ça va, ça été, ça ira. Je cours après, je les trouverai et les battrai. J'en suis sûr mes frères d'armes si habituent. Le brave adjudant général Dufour fait son ravage avec une des colonnes de notre petite armée, c'est un bon bougre.
Salut et fraternité
Dutruy. (AD85 - SHD B 5/7-69)

Ceci se passait le 6 décembre 1793. Dans les registres d'état-civil de Bouin, on trouve le nom de quelques habitants décédés au cours de cette journée-là :

 


PIERRE GENDRON, capitaine de navire, âgé de 60 ans, fils de Fiacre Gendron et de Marie Brunet, époux de Françoise Lusteau.

- JEAN VINCENDEAU, âgé de 37 ans, fils de Jean Vincendeau et de Marie Boulard, époux de Magdelaine Quebaud.

- SÉBASTIEN THOMAS, âgé de 32 ans, fils de Sébastien Thomas et de Catherine Retureau, époux de Marie Vincendeau.

- JOSEPH GIRARD, âgé de 56 ans.

- PIERRE RICOLEAU, âgé de 64 ans, fils de René et de Marie Couthuis, veuf en premières noces de Marguerite Guillon, époux en secondes noces de Marie ... illisible.

- PHILIPPE MOREAU, âgé de 63 ans, fils de Philippe Moreau et de Catherine Leroy, veuf de Marie Échandoux (?)

- TOUSSAINT JOUSSEAUME, âgé d'environ 50 ans, fils de Toussaint et de Marie Paillonneau, époux de Marie Allain.

- PIERRE GIRAUDET, âgé de 63 ans, fils de Pierre Giraudet et de Suzanne Raimbaud et époux de Perrine Baudry

- MAGDELON ROUILLARD, époux de Marie Herminier.


 

 

Le 20 du même mois, 33 habitants de Bouin furent menés dans un champ près du village de la Claie pour y être fusillés. Une croix rappelle leur martyre.

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"Après la prise de Bouin par les troupes du général Haxo, le 6 décembre 1793, 33 habitants de cette île, encordés, furent fusillés ici, à la Claye, le lundi 20 janvier 1794". (1er pluviôse an II)

 

1 - BAUD Pierre, laboureur, soldat, âgé de 37 ans, fils de Pierre Baud et de Marie Burgaud (Boyaud ?), et époux de Catherine Delaprée - 5 enfants - (proposée pour une pension de 50 F.)

2 - BERTIN Pierre 

3 - BILLET Jean-Baptiste

4 - BLANCHET Pierre, âgé de 39 ans, laboureur, fils de Jean Blanchet et de Françoise Thomas, époux de Jacquette Rousseau ; quelques jours avant sa mort, son épouse donne le jour à une petite fille prénommée Marie-Anne (16 janvier 1793).

5 - BLANCHET Alexandre, laboureur, époux de Françoise Robin

6 - BLUTEAU Jean, laboureur, époux de Madeleine Piraud

7 - DELAPRÉE Jacques, marchand voiturier, époux d'Agathe Vrignaud

8 - DELAPRÉE Joseph

9 - DELAPRÉE Joseph fils, pêcheur, âgé d'environ 43 ans, demeurant à l'Épois, fils de Joseph Delaprée et Marguerite Robin, époux de Rose Piraud.

10 - DROUET Pierre, journalier à l'Époids, né le 2 janvier 1752, époux de Renée Vincendeau (secours alloué de 50 F.), 3 enfants, mariés le 16 septembre 1777.

11 - DUGUÉ Jacques, âgé de 42 ans, meunier, demeurant à l'Époids, fils de Jean Dugué et de Louise Méraude, veuf de Françoise Groizard et époux en secondes noces de Perrine Barraud.

12 - EMERIT André

13 - FRESNEAU Claude, originaire Fresnay, Loire inférieure, jardinier, âgé de 56 ans, fils de Claude Fresneau et Marie Vrignaud, veuf de Marie Maçonneau.

14 - GUÉREL François, garçon, cultivateur, âgé de 34 ans, fils de Jean Guérel et de Catherine Coindreau.

15 - GUÉRIN Jean-Baptiste

16 - GUÉRIN Étienne

17 - HERVÉ Louis, tonnelier, âgé de 39 ans, fils de Louis Hervé et Anne Jousset, époux de Marie Robard ; un fils, Louis, né le 6 février 1785

18 - LASSOUS René

19 - LASSOUS Pierre

20 - LOUÉ Jean, poissonnier, âgé de 48 ans, époux de Marie Véronneau

21 - MOREAU Élie, cultivateur, du village de la Fromentière, âgé de 43 ans, fils de Philippe Moreau et de Catherine Leroy, époux de Jeanne Robard - 5 enfants, (proposée pour une pension de 50 F.)

22 - MOREAU Joseph, cultivateur, âgé de 78 ans, fils de Philippe Moreau et de Catherine Leroy.

23 - NORMAND Pierre, cultivateur, âgé de 38 ans, époux de Julienne Barraud.

24 - PALVADEAU Pierre, âgé d'environ 26 ans, laboureur, fils de Pierre et de Marguerite Burgaud (?), époux de Marguerite Gervier.

25 - ROBARD François, âgé de 33 ans, époux de Louise Dugué

26 - ROBARD Jean

27 - ROBARD Jacques, âgé de 54 ans, fils de Pierre et de Marie Piraud, époux de Marie-Anne Thomas.

28 - ROBARD Mathurin

29 - SORIN Abraham, meunier, âgé de 40 ans, fils de Jacques Sorin et de Julienne Girard et époux de Marie Gervier, soldat - 3 enfants (proposée pour une pension de 40 F.)

30 - THOMAS Sébastien, pêcheur, âgé de 55 ans, fils de Pierre Thomas et de Marie Guérel, époux de Catherine Retureau  (l'acte, du 16 septembre 1816, indique ce décès au 19 janvier 1794 (?).

31 - THOMAS Pierre, pêcheur, âgé de 30 ans, fils de Sébastien Thomas et Catherine Retureau, époux de Jeanne Barraud.

32 - THOMAS Vincent

33 - VRIGNAUD Joseph

 

AD85 - Registres paroissiaux et d'état-civil de Bouin

AD85 - Bulletin paroissial de Beauvoir-sur-Mer - 1917

 

 Les photographies de cet article m'ont été communiquées par M. Amaury Guitard que  je  remercie vivement.

 

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