La Maraîchine Normande

28 août 2016

ANETZ - NANTES (44) - CHARLES-MATHURIN BODINIER, VICAIRE

Bodinier Charles-Mathurin acte naissance

CHARLES-MATHURIN BODINIER, né à Anetz, baptisé le 2 août 1761, prêtre en 1787, vicaire à Saint-Herblon et à Basse-Goulaine, insermenté en 1791, emprisonné à Ancenis en 1792, resta deux ans caché dans les environs, fut repris en 1796, condamné à mort à Ancenis, et reçut une commutation en déportation à Cayenne.

Conduit à l'Île de Ré le 30 octobre 1797, il fut embarqué pour la Guyane sur la Vaillante, le 2 août 1798, capturé en route par la frégate anglaise l'Infatigable, conduit à Londres et mis en liberté.

Revenu dans les environs d'Ancenis, il fut nommé vicaire de la cathédrale de Nantes en 1803, prononça l'oraison funèbre du maréchal Lannes dans la cathédrale de Nantes en 1820, et devint supérieur du Grand-Séminaire et vicaire général capitulaire, le 27 juillet 1815 à la mort de Mgr Duvoisin.

Vicaire général des deux évêques qui suivirent, il donna sa démission en 1836, et se retira à la communauté de Saint-François, chez les Missionnaires diocésains, où il mourut le 27 août 1838.

NANTES CHATEAU

Extraits : Répertoire général de bio-bibliographie bretonne - Livre premier, Les Bretons, volume 4 - par René Kerviler - 1886

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LES LANDES-GÉNUSSON/SAINT-MARTIN-DES-TILLEULS (85) - LA LÉGENDE DE CHASSELOUP

LES LANDES-GÉNUSSON
LA LÉGENDE DE CHASSELOUP


La Crûme est bien, je crois, la plus capricieuse de nos petites rivières vendéennes. C'est vers Chambretaud qu'elle prend sa source, et elle vient se jeter dans la Sèvre-Nantaise à Tiffauges, derrière les ruines du château de Gilles de Retz, le seigneur à la barbe bleue. Elle fait mille détours en chemin, tantôt coulant de large et molle façon au milieu de grasses prairies qu'elle enserre ou sillonne en tous sens, tantôt se glissant, étroite et timide, entre deux côteaux abrupts, couverts de ronces, de fougères et de rares pousses de genêts aux fleurs d'or. De grands chênes, de hauts peupliers, des "vergnes" la bordent et ombragent ses eaux. L'été elle offre de nombreux gués, et, en deux pas, est franchie aisément. Dans sa marche, irrégulière et lente, de Chambretaud vers Tiffauges, la Crûme s'approche des Landes-Genusson.

Les Landes-Génusson Chasseloup

A deux kilomètres de ce bourg, ou un peu plus, elle passe au pied d'un côteau escarpé sur le flanc duquel est une pierre énorme dont une partie - les deux tiers environ - repose sur un rocher plat, à demi recouvert d'une mince couche de terre et de mousse, et dont l'autre partie menaçante, surplombe la vallée. Des bords de la rivière qu'elle domine, cette pierre effraye le regard, et une peur vous saisit qu'elle ne roule dans l'abîme.

En s'accrochant aux tiges des genêts, si l'on grimpe jusqu'à elle, on voit l'immense roche, immobile, et semblant défier tout effort humain. Le dessus, presque plat, porte comme l'empreinte d'une croix, et, dans son milieu, une petite tache rouge qui n'a jamais pu être enlevée. Le plan s'incline brusquement, et de telle sorte qu'un homme, étendu sur la pierre, glisserait dans le vide à la plus légère poussée. Or voici la légende de cette pierre de Chasseloup, telle qu'un ami me l'a dite, adossé contre la roche, et telle que les vieux paysans landais la content aux petits enfants, dans les fermes alentours.

Il y a longtemps, bien longtemps. Dans la Gaule païenne étaient arrivés les saints de Provence : Lazare, Marthe et Madeleine. Pierre avait envoyé Martial à Limoges. Nos ancêtres quittaient leurs dieux mortels pour aller vers le Christ immortel. Hilaire de Poitiers et Martin de Tours prêchaient dans le Poitou la religion nouvelle. Et cependant dans un coin ignoré de Vendée, dans les Landes, auprès de Chasseloup, vivait un dernier prêtre du culte antique, le dernier druide de Teutatès. Une caverne, recouverte maintenant par des éboulements successifs, lui servait d'habitation ; une population à demi sauvage venait lui demander ses enseignements.

A chaque lune nouvelle, le druide réunissait les adorateurs de Teutatès autour de la pierre de Chasseloup et offrait un sacrifice humain à sa divinité. La victime était immolée sur la pierre, autel du dieu, puis les eaux de la Crûme emportait le cadavre. Parmi les disciples du dieu gaulois, les plus fervents tenaient à honneur d'être égorgés par le couteau du sacrificateur, et de jeunes garçons et des jeunes filles se présentaient souvent en holocauste volontaire.

Mais le christianisme envahissait même la terre des Landes. Déjà les porteurs de la bonne nouvelle étaient apparus et les barbares, touchés de Dieu, croyaient à leur parole. Bientôt le druide fut abandonné, et bientôt les victimes manquèrent pour les sacrifices à Teutatès. Des loups pris au piège, puis des oiseaux de proie, et de tout petits oiseaux, victimes indignes, furent immolés. Le druide vieilli se lamentait ; il implorait son dieu, et son dieu, sourd et impuissant n'entendait et n'exauçait point ses prières. Quelques années passèrent, et, autour de l'autel, le désert complet s'était fait ; les animaux sauvages, eux-mêmes, traqués de toute façon, avaient fui.

Un soir enfin, au milieu de l'hiver, alors qu'un blanc tapis de neige couvrait la vallée de la Crûme, le druide perçut le faible son d'une cloche dans la direction des Landes. C'était Noël ! un disciple de Pierre appelait ainsi les pauvres habitants du pays pour célébrer devant eux la première messe des Landes. Le prêtre de Teutatès comprit ce signal ; il voulut y répondre. Par trois fois, il lança son cri dans la nuit, et par trois fois les échos lui renvoyèrent son cri seul. Affaibli, sans espoir, il revêtit sa grande robe de lin, immaculée comme la neige des côteaux, ceignit son front d'un vert rameau de gui et monta sur son autel, la pierre de Chasseloup.

Au loin, la cloche joyeusement tintait ...

Debout sur la roche, le druide fit à son dieu cette prière : "O divin Teutatès, seul de tous tes disciples je te suis demeuré fidèle. Je n'ai plus de victimes à t'offrir ... Je te donne mon sang !" Et stoïque, il enfonça dans sa poitrine son large couteau de sacrifice.

Le ciel était bleu, et cependant soudain la foudre éclata.

Tout près, un chêne fut frappé et l'on montrait encore l'arbre à demi brûlé que les vieux paysans ont toujours vu ainsi, le tronc largement ouvert. Un souffle passa, et le corps du druide roula dans l'abîme. Il ne restait plus rien du dernier représentant d'un culte disparu. Une goutte de sang, seule, avait jailli. Tombée sur la pierre, elle s'y était comme attachée, la tache avait pénétré le granit et des siècles ont passé sans l'effacer jamais.

Et dans le "pagus" des Landes, la cloche tintait toujours. Et les nouveaux chrétiens accouraient adorer le Dieu-Enfant, l'Emmanuel divin ...

Depuis cette époque, tous les ans, quand la cloche appelle les fidèles à la messe de minuit, la pierre de Chasseloup descend dans la Crûme pour laver sa tache de sang. Mais le souvenir du dernier druide de Vendée ne doit pas disparaître. Aussi toujours les eaux s'écartent et laissent intacte la marque sanglante.

Voilà ce que content les vieilles grand'mères à leurs petits-enfants, aux longues veillées d'hiver, dans les fermes voisines de Chasseloup, pendant que sur la Crûme le vent, frappant les chênes, se glisse sifflant entre les fines découpures de leur feuillage et qu'à son souffle doucement bruissent les feuilles plus larges des peupliers.


COLON.
AD85 - L'Étoile de la Vendée - n° 1136 - Dimanche 19 septembre 1897

27 août 2016

FROIDFOND (85) - 1815 ET 1830

 

Froidfond cassini

Pendant les Cent jours, les jeunes gens de Froidfond se réunirent à plusieurs reprises et choisirent, pour capitaine, VINCENT BOUCARD, propriétaire à la Bourrière. Ils assistèrent, avec leur chef, au combat d'Aizenay, où l'armée du jeune de Charette fut aux prises avec les soldats du général Travot, de même qu'ils furent aux débarquement des munitions de guerre, dans les rochers de Sion, sur la côte de Saint-Gilles-sur-Vie. Dans ces deux circonstances, les généraux royalistes n'eurent que des louanges à leur donner.

Les habitants de Froidfond étaient tous très attachés à la branche aînée des Bourbons. Leurs pères avaient presque tous fait le coup de feu à la suite de Charette, et beaucoup d'entre eux avaient péri dans les combats pour la défense de l'autel et du trône légitime. Les fils de ces braves n'avaient pas dégénéré et autant ils avaient éprouvé de joie à la prise d'Alger, autant ils ressentirent de tristesse à la chute de Charles X. Ils ne voulurent pas tout d'abord reconnaître le gouvernement de Louis-Philippe. Les souvenirs de la grande guerre vendéenne se réveillèrent au fond de leurs coeurs et les gars de Froidfond furent les premiers, dans le pays, à dérouiller leurs fusils de 1815.

En 1831, les conscrits refusèrent de partir et se cachèrent dans les bois, n'en sortant que pour aller à la recherche des vivres indispensables et fusiller, à l'occasion, les Culottes-Rouges de Louis-Philippe. Cet état de choses dura pendant plusieurs années. Nous devons à la vérité de dire que les réfractaires ne se conduisirent pas toujours modérément. Ils poursuivaient, sans trève ni repos, ceux qui passaient pour leurs dénonciateurs.

Ainsi, pour ce motif, le 10 mai 1831, ils tuèrent, à coups de fusil, dans un champ de Coudrie, le nommé Henri Guyard, farinier de Falleron ; la nuit suivante, ils pillèrent la maison de Jean Seigneuret, du Roteau, et celle du sieur Chanteloup, fermier à Coudrie ; ils frappèrent indignement dans le bourg un nommé Jarny, qui les vit maltraiter sa femme, à qui on arracha violemment ses boucles d'oreilles.

A cette époque, les chefs de la chouannerie étaient les frères ROBERT DE CHATAIGNER, de Saint-Jean-de-Monts, les frères LANCIER de Nantes, M. GUYER, également de Nantes, et enfin M. DE FUYSIEUX, aide-de-camp du général Charette.

La paroisse de Froidfond fut particulièrement tourmentée, mais ce qui mit le comble à l'agitation, ce fut l'arrestation de plusieurs habitants dans les circonstances suivantes : comme il n'existait alors aucune grand'route dans cette localité et que les chemins étaient presque impraticables, les réfractaires de la région venaient de préférence chercher un asile dans ce quartier.

Froidfond la Chauvière

 

Le 24 novembre 1831, le préfet de la Vendée, M. Alexis de Jussieu, à la tête d'une compagnie de soldats, vint à Froidfond pour y rechercher les Chouans ; il établit sa résidence au village de la Chauvière, et sur les dénonciations d'un nommé Callionneau, de Saint-Christophe-du-Ligneron, il fit saisir Pierre Seigneuret, Louis et Jacques Guyard, de la Thécinière, Jean Goulpeau, de la Chauvière, Pierre Doucet, domestique, et Pierre Mérieau, cultivateur au Roteau, tous désignés, par l'espion, comme receleurs de réfractaires.

Ces pauvres gens furent arrêtés au milieu de leur travail et on ne leur permit même pas de retourner chez eux. Attachés les uns aux autres, maltraités indignement, ils furent conduits à Saint-Christophe, puis renfermés dans un cachot d'Apremont, où ils restèrent sans manger pendant un jour et une nuit !

Après avoir passé par Aizenay et Bourbon-Vendée, ils furent enfin écroués à la prison des Sables. Leur cause fut examinée et, faute de preuves suffisantes, on fut obligé de les rendre à la liberté le 15 décembre 1831. Antoine Goulpeau, Pierre Violeau et sa femme, de la Chambaudière, furent 24 heures en prison, puis renvoyés dans leur village.

On raconte qu'en 1832, la duchesse de Berry vint passer une nuit à Froidfond : elle était déguisée en homme. Elle avait, pour compagnons de route, Charette et La Robrie, et, pour guide, Jacques-Providence Turpin, très connu dans le pays pour ses opinions royalistes. (Archives paroissiales de Vendée. Notice sur Froidfond, par M. l'abbé Teillet)


AD85 - L'Étoile de la Vendée - n° 634 - Dimanche 27 novembre 1892

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SAINT-JULIEN-DES-LANDES (85) - CHARLES JOURDAIN, CURÉ (1751-1828)

 

Saint-Julien-des-Landes église 3

Ce prêtre, nommé à la cure de Saint-Julien en 1782, était élu, en juin 1790, membre de l'administration départementale pour le canton de la Mothe-Achard.

 

JOURDAIN SIGNATURE

 

Après son refus de serment, M. Jourdain fut visé par divers arrêtés, ainsi que MM. Chauveau, curé de Martinet, et Audureau, de Beaulieu.

Saisi et conduit par la force armée à Fontenay dès les premiers jours de juillet, il subit la prison jusqu'à son embarquement qui eut lieu le 15 septembre 1792, avec M. Chauveau, sur le Jeune-Aimé.

La paroisse de Saint-Julien fut desservie après son départ par Michel, curé constitutionnel de la Mothe. On dit que ce malheureux apostat, profanant l'église et les Saints Mystères, après le départ de M. Jourdain, prit le ciboire dans le tabernacle et répandit à terre les hosties consacrées (1). L'intrus ne desservit pas longtemps Saint-Julien. "Une fière délibération de la municipalité lui signifia que conformément aux voeux des habitants, il n'eut à faire, dorénavant, aucune fonction ecclésiastique dans la commune ". (N.-D. de Garreau, p. M. Pontdevie).

Jourdain acte décès

M. Jourdain revint d'exil et desservit de nouveau sa paroisse pendant de longues années, de 1802 à 1828.

Il mourut à la cure de Saint-Julien le 27 mars 1828, à l'âge de soixante-dix sept ans.

 

(1) Un soldat bleu fut moins impie. Arrivant dans cette église, il ouvrit le tabernacle, en sortit le ciboire qu'il vida doucement sur l'autel, en disant : "Restez ici, mon petit bon Dieu, je vais mettre votre prison dans mon sac". Ce qu'il fit, sans autre insulte à la Majesté Divine. (D'après Collinet)

A. Barraud, prêtre

AD85 - L'Étoile de la Vendée - n° 2229 - Jeudi 5 mars 1908

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26 août 2016

PONTIVY (56) - INVENTAIRES - 1906

PONTIVY VUE

 

Samedi 10 février a eu lieu l'inventaire de l'église Notre-Dame de la Joie.

A cinq heures un quart, la gendarmerie gardait les portes de l'église, et à 5 heures 20 toutes les rues aboutissant à l'église étaient gardées militairement par des chasseurs à cheval et par des gendarmes.

Les cloches de l'église sonnent à toute volée, appelant les catholiques, car depuis mardi de nombreuses personnes veillaient toute la nuit dans l'église.

Bientôt devant les chasseurs les groupes se forment et l'on chante le cantique : "Nous voulons Dieu !"

A sept heures, le sous-préfet, M. Marty, sous-inspecteur d'enregistrement, le capitaine de gendarmerie, le commissaire de police, escortés par des gendarmes et un peloton de chasseurs arrivent à la porte de l'église, où se trouvent M. le curé de Pontivy, M. Bouché père et M. Delord, avoué.

M. le curé proteste et ne veut pas ouvrir. M. le commissaire fait les trois sommations d'usage et bientôt l'ont voit un cavalier du 2e chasseurs descendre de sa monture et s'approcher de la porte de la sacristie. Mais M. de la Madelaine, colonel du 2e chasseurs, arrive au galop et fait remonter le cavalier, prétendant à juste titre que lui seul pouvait commander ses hommes.

Le commissaire de police essaie, mais en vain, d'ouvrir la porte de la sacristie ; ensuite l'on essaie d'ouvrir la grande porte de l'église, mais on se voit contraint de requérir un sapeur du 2e chasseurs.

A ce moment, le colonel de la Madeleine, s'adressant à M. le curé lui dit de ne pas le contraindre à donner un tel ordre : "Oui, je comprends, répond M. le curé, car j'aime et je respecte trop l'armée française". Il jeta la clef par terre, et l'inventaire de l'église commença ; pendant tout ce temps, des hommes dans le choeur chantaient des cantiques.

Journal L'Arvor - Mercredi 14 février 1906 - 11e année - n° 67

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25 août 2016

MANTILLY (61) - L'ÉGLISE - SAINT GUILLAUME FIRMAT - L'ABBÉ CÉSAR DE BRANCAS -

L'église actuelle date du XIXe siècle ; elle a été construite en 1860, sous le patronage de Notre-Dame. Un autel dédié à saint Joseph et à saint Guillaume se trouve à droite. Dans le choeur on a placé l'ancienne statue qui se trouvait dans la vieille église.

Mantilly

A Mantilly, saint Guillaume fut vénéré de bonne heure ; l'église était sous son patronage et celui de Notre-Dame. Un prieuré, dépendant de Marmoutier, y fut fondé au XIIe siècle sur l'emplacement de l'ermitage du saint. Il n'en reste plus trace de nos jours ; cependant on montre encore près du chevet de l'église, le lieu où était la cellule du saint personnage.

Sitôt mort, on attribua à ses reliques la même puissance de guérison et, dès la translation de son corps à Mortain, quantité d'infirmes de toutes catégories accoururent en pèlerinage : "Deinceps vero, ad ejus sepulcrum ipsius patrocinio, surdis auditus, caecis visus, claudis agilitas, obsessis a daemonibus curatio, infirmis sanitas, leprosis adhibita est mandatio".

Dans la suite, nous voyons d'autres guérisons s'opérer, et le tombeau du saint fut très fréquenté par les malades dont beaucoup s'en allaient guéris.

On venait surtout dans les cas de maladies de tête. Il fallait brûler un cierge près de son autel et passer sous son tombeau, élevé sur quatre colonnes. On allait ensuite près de l'église se laver dans une fontaine dont on buvait de l'eau. Cette fontaine était celle où le saint avait coutume de se laver les mains avant d'entrer célébrer les offices dans la collégiale.

A Mantilly, les mêmes usages étaient en vigueur. Une fontaine, naguère détruite pour le passage d'une route, située non loin de l'église, avait la vertu de guérir les maladies des yeux ... Non loin de Mantilly, à Saint-Siméon, dans la forêt de Savigny, près d'une source, se voit une pierre sur laquelle on remarque un creux ayant l'aspect d'une empreinte pédiforme. C'est le "Pas de Saint-Guillaume", et on y vient chercher de l'eau et déposer une pièce de monnaie pour obtenir la guérison de maladies variées. Il n'est pas douteux que Guillaume Firmat, qui séjourna longtemps dans la forêt de Savigny, dut construire une cabane dans ce lieu, et que le souvenir de son passage a été ainsi conservé traditionnellement ...


Extrait : Les médecins dans l'Ouest de la France aux XIe et XIIe siècles - par le Dr Louis Dubreuil-Chambardel - 1914



Saint GUILLAUME FIRMAT, solitaire à Mortain

Saint guillaume Firmat

GUILLAUME FIRMAT était né à Tours (1026), d'une famille noble, et fut chanoine de Saint-Venant. Il exerça la médecine avec distinction, et amassa une belle fortune, lorsque Dieu lui inspira le dessein de renoncer au monde. Après avoir vendu tous ses biens, il en distribua le prix aux pauvres, et se retira avec sa mère, femme d'une rare piété, dans un endroit solitaire près de Tours, pour vaquer à la prière et à la méditation des vérités éternelles.

Ayant perdu sa mère, il quitta les environs de Tours, et s'enfonça dans une forêt nommée Concise, près de Laval, où il construisit un petit ermitage. Là il se livrait depuis quelques années aux austérités de la pénitence, lorsque quelques libertins, pour éprouver si la sainteté de Guillaume était aussi solide qu'on le disait, gagnèrent à force d'argent une femme de mauvaise vie, qui alla un jour se présenter auprès de sa cellule, en disant : "Saint prêtre, ouvrez à une pauvre femme qui s'est égarée dans les bois, et qui craint d'être dévorée par les bêtes." Touché de compassion, l'homme de Dieu ouvre sa porte, reçoit la femme, lui allume un feu, et lui présente même de quoi manger. Pendant qu'il était ainsi occupé, cette vile courtisane, jetant les haillons qui la couvraient, se pare de beaux habits, dans l'espoir de le séduire. Guillaume, averti par sa conscience du danger que courait sa vertu, s'arme d'un tison, et se brûle le bras jusqu'au vif. A l'aspect de tant de courage, la femme jette un cri, et, se prosternant aux pieds du saint solitaire, lui demande pardon de l'infamie qu'elle avait osé tenter contre lui. Elle se convertit et fit pénitence. Les libertins qui avaient épié la conduite de Guillaume, attirés par les cris de la courtisane, accoururent, et furent ainsi témoins de l'héroïsme du solitaire. Ils allèrent publier partout ce qu'ils avaient vu, et ne contribuèrent pas peu à étendre encore davantage la réputation de celui qu'ils avaient voulu perdre.

Guillaume crut devoir quitter ces lieux, et fit le voyage de la Terre-Sainte, où il eut beaucoup à souffrir de la part des Sarrasins, qui le plongèrent dans une étroite prison.

A son retour de la Palestine, il habita différens endroits, et se fixa à Mantilly près de Mortain, où il mourut de la mort des justes, dans les plus grandes austérités, le 24 avril, vers la fin du onzième siècle (1096 ?).

Les habitants de Mortain enlevèrent son corps et l'inhumèrent dans l'église de Saint-Évroul de cette ville.


Extrait : Vies des Pères, Martyrs et autres principaux Saints - Traduit de l'Anglais Alban Butler, par l'abbé Godescard - Tome troisième - 1836




La commune de Mantilly devait prendre une part active aux soulèvements contre-révolutionnaires. Elle fut pillée par les deux partis.

Lorsqu'en l'an IX, un arrêté des Conseils accorda au département de l'Orne un dégrèvement de cent mille francs sur le principal des contributions des quatre années précédentes, pour l'indemniser des pertes causées par la Chouannerie, la moitié en fut attribuée à l'arrondissement de Domfront qui avait plus souffert que les autres. Chaque commune produisit un état détaillé des indemnités qu'elle réclamait à raison des faits accomplis sur son territoire. Réunies, ces réclamations atteignaient le chiffre de quinze cent mille francs. C'était donc une moyenne d'environ 6 fr 66 c. pour cent. Sur cette base, Mantilly, qui présentait un chiffre de 135 pétitionnaires et alléguait 144,124 fr de pertes en pillages, réquisitions et amendes, aurait eu droit à une indemnité de 9,590 fr. L'arrêté préfectoral du 9 floréal, qui fit la répartition, ne lui accorda qu'un chiffre dérisoire de 100 fr [1.000 fr]. Il est bien probable qu'on avait voulu le châtier de sa complicité supposée avec les Chouans. (Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne - 1889 (T8) - p. 453)

A Mantilly, les révolutionnaires mirent à mort un brave homme qui voulait empêcher le pillage de sa maison : ce crime paraît avoir été inspiré par la haine personnelle d'un misérable, qui s'était chargé de guider la troupe (1796 ?) (Bulletin de la Société Historique et Archéologique de l'Orne - 1901 (T2) - p. 55)

 


 L'ABBÉ CÉSAR DE BRANCAS

SAVIGNY


Au temps des guerres de religion du XVIe siècle, les Calvinistes, conduits par les nommés La Roche et Bertauld, avaient une première fois livré l'abbaye de Savigny [Savigny-le-Vieux] au pillage dans le mois d'août 1562. Rien ne leur avait résisté. Le choeur de l'église et le sanctuaire avaient été saccagés par eux, les images brisées, les cloches démontées et emportées, le plomb des orgues enlevé, et le feu mis à la charpente de la nef. La bibliothèque avait été dispersée et les voleurs s'étaient enfuis emportant 14 calices dont 4 en or, la crosse de l'abbé, les mitres, les pierres précieuses et tout l'argent qu'ils avaient trouvé. Ils ne s'étaient attaqués qu'aux objets matériels, et les tombeaux des bienheureux, violés par eux, avaient été, suivant la tradition, réduits en poussière.

Lorsqu'ils revinrent le 9 décembre suivant, ce fut aux hommes mêmes qu'ils s'adressèrent. Ils massacrèrent alors douze des domestiques de l'abbaye et emmenèrent le lendemain l'abbé César de Brancas à une maison de campagne nommée Ivoy, distante de trois lieues. Là, après avoir égorgé le prélat, ils le jetèrent dans les fossés du château. Il n'en fut retiré que le dimanche suivant et il fut inhumé dans le choeur de l'église de Mantilly, où se voyait son portrait peint dans un vitrail.

D'après un autre récit, César de Brancas, pour subir son martyr, avait été attaché à une colonne et martyrisé à coups d'épées et de hallebardes ... Ce meurtre se serait donc accompli dans l'église même de Mantilly.


(Extrait : Saint-Vital et l'abbaye de Savigny ... par Hippolyte Sauvage - 1895 / Revue Historique et Archéologique du Maine - 1881 (T10) )

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LES HERBIERS - BEAUREPAIRE - SAINT-FULGENT (85) - RENÉ GUÉRY, CURÉ

RENÉ GUÉRY
CURÉ DE BEAUREPAIRE, DE SAINT-FULGENT
1753-1813

Guéry acte naissance


Fils de Jacques Guéry et de Marie Seguin, M. Guéry naquit aux Herbiers le 27 janvier 1753.

[M. Guéry était curé de Beaurepaire depuis novembre 1784 et le dernier acte qu'il rédigea date du 28 juillet 1792.] Après avoir donné à ses paroissiens l'édifiant exemple de la résistance aux lois de la Révolution, il émigra pour l'Espagne au mois d'août 1792, avec M. Champaud, son vicaire.

 

Guéry signature

 

Impatient de rendre son ministère utile aux fidèles, en mai de l'année 1800, il demande à rentrer en France et à signer la promesse de fidélité au Consulat, puis, sans attendre la réponse, il se met en route pour la Vendée.

Arrivé à la Flocellière, avec trois confrères, M. Guéry écrit aux autorités du département pour obtenir "des sûretés dans le but d'arriver à sa destination". Un certificat lui est envoyé après qu'il eût fait sa promesse.

L'ancien pasteur de Beaurepaire arrive dans sa paroisse en 1803. Reçu processionnellement avec grande joie de la part des fidèles, il administre son peuple pendant sept années.

Mais en 1810, à la suite de difficultés avec ses paroissiens, il résolut de les quitter et demanda son changement. Comme il n'avait point démérité, l'autorité diocésaine lui offrit l'importante cure de Saint-Fulgent, que venaient d'occuper des prêtres distingués par leurs vertus et leurs mérites : M. Lebedesque, l'intime ami et confesseur du P. Marie Baudouin, et M. Guérineau nommé archiprêtre de Bourbon-Vendée.

 

Saint-Fulgent

 

M. Guéry, pendant trois ans, donna aux fidèles de Saint-Fulgent le reste de ses forces et mourut parmi eux en 1813 [le 20 mars]. Ses restes furent inhumés dans le nouveau cimetière que la commune venait d'acquérir.

 

Guéry acte décès

 

M. Guéry avait, parmi ses confrères, la réputation d'un docte et excellent théologien.

A. Baraud, prêtre
AD85 - L'Étoile de la Vendée - n° 2215 - Jeudi 16 janvier 1908

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PEILLAC (56) - LA LEGENDE DU PLESSIS

LA LÉGENDE DU PLESSIS
Récit du pays gallo

Peillac Le Plessis


Lorsqu'après avoir traversé Peillac le voyageur a suivi pendant quelque temps le chemin redonnais longeant les marais de l'Arz, il aperçoit à plusieurs centaines de mètres sur sa gauche, nichés dans un délicieux cadre de verdure, les restes d'un vieux manoir ...

Ces ruines sont celles du Plessis-Peillac. Assise sur le penchant d'une ravissante colline, entourée de futaies superbes, l'antique demeure domine toute la vallée de l'Arz, les hauteurs de Caloën en Saint-Jacut et, des fenêtres du premier étage, l'oeil du visiteur peut apercevoir Redon enveloppé dans la brume.

Pour pénétrer dans le château, il faut traverser une petite cour défendue par de hautes murailles maintenant en ruines ; de cette cour on passe dans une seconde enceinte plus spacieuse et semblablement défendue, au fond de laquelle se dresse le manoir seigneurial : un grand corps de logis Louis XIII flanqué d'un pavillon carré de même style.

C'est dans la grande salle du pavillon, jadis salon d'honneur, que j'ai entendu conter la triste légende de la "Fiancée du Plessis".

 

Le Plessis

 

Avant la Révolution, Yvonne du Plessis et son vieux père le marquis Jean habitaient leur manoir, retirés du monde depuis la mort de la marquise.

Les visites des voisins venaient seules adoucir leur solitude et leur chagrin.

Un de ces voisins, le jeune chevalier de Caloën, devint passionnément amoureux d'Yvonne et lorsque le gentilhomme venait prendre place à la veillée sous le manteau de la vaste cheminée, le rouet d'Yvonne s'arrêtait plus souvent, ses beaux yeux prenaient un éclat inaccoutumé et ses joues devenaient plus roses.

Un jour ils furent fiancés ! Que de brillants projets formés ! Que de promenades enivrantes à l'ombre des grands arbres et des charmilles, sous l'oeil vigilant mais attendri du vieux marquis. Hélas ! beaux rêves envolez-vous et faites place aux larmes !

On est en 1790, les premières bandes d'incendiaires ont paru dans le pays. Chaque nuit les nobles se réunissent dans quelque manoir pour tenir conseil.

C'est le tour de Plessis de recevoir les gentilshommes.

Le soir venu, ils sont là tous, discutant autour de la grande table.

Le beau Caloën est présent, prenant part aux discussions.

Tout à coup la fusillade éclate au dehors ... Ce sont les bleus !

Aussitôt tous sortent précipitamment ; en un instant ils disparaissent dans les profondeurs du bois, car lutter est inutile : les bleus sont en grand nombre.

Cependant Caloën seul est resté en arrière ; il veut dire un dernier adieu à sa fiancée.

Au moment où il saute en selle, un coup de feu le jette blessé à bas de son cheval.

Il est aussitôt entouré et garotté et tandis qu'on l'entraîne il jette ces paroles à la pauvre Yvonne en pleurs !
"Adieu ! belle fiancée ! adieu ! Je reviendrai vous chercher ici quand Dieu le jugera ..."

Depuis cette nuit à jamais fatale, où Caloën fut pris, bien des jours se sont écoulés et nul n'a plus entendu parler du beau cavalier.

Yvonne la fiancée semble ne plus avoir sa raison, ses beaux yeux aux reflets de velours ont perdu leur éclat, ses joues jadis si roses sont creusées et ternies par les larmes !!

La pauvre enfant passe ses tristes journées entre son rouet et son père.

Le vieux marquis, brisé lui aussi par la douleur, a compris qu'il était inutile de consoler sa fille et tous deux, d'un pas lent mais sûr, s'acheminent vers la tombe désirée !

Quand venait l'heure où son fiancé disparut, la pâle jeune fille errait tristement dans les grands bois demandant aux paysans attardés et pris de pitié : "Passants, où est Caloën ? N'avez-vous pas vu mon beau cavalier ?" ... Et seul le cri d'un oiseau réveillé par ces plaintes, seule la brise nocturne bruissant dans les ramures, répondaient aux larmes de la jeune fille.

Enfin, un soir où plus désolée encore, la pauvre Yvonne redisait sa douleur aux voûtes des charmilles, le galop furieux d'un cheval fait résonner la futaie ... "C'est toi, Caloën, je te reconnais !!!" ... Un cri strident répond à cet appel ... Au même instant le chevalier est là devant Yvonne.

Ses yeux brillent d'un éclat étrange, sa figure est pâle, pâle ; d'une horrible blessure qui lui déchire la poitrine, s'échappent son sang et sa vie.

"Viens, dit-il, enlaçant sa fiancée de ses bras déjà glacés, viens ! Dieu le juge ainsi" ...

Le lendemain, des bonnes gens se rendant au travail du matin trouvèrent étendus sur l'herbe verte des charmilles les corps enlacés et froids des deux fiancés. Elle, la main crispée sur la blessure du jeune homme semblait encore vouloir, malgré la mort, arrêter la vie déjà partie.

Le vieux marquis appuyé contre un gros chêne moussu, les yeux hagards et voilés par les larmes, la taille courbée sous la douleur contemplait le sinistre spectacle ...

Quand les bonnes gens repassèrent, un troisième corps gisait à côté des premiers.

On les enterra à l'endroit où se croisent les charmilles et l'on peut voir aujourd'hui, enfouies sous les primevères et les fougères, les tombes du marquis, d'Yvonne et de son fiancé.

Passant ! lorsque tu apercevras les ruines du vieux castel et les hautes cimes des grands arbres qui l'entourent, rappelle-toi la légende du Plessis et ne t'attarde pas le soir après la veillée sous la sombre ramure. Car, à l'heure où le hibou pousse son lugubre cri, tu entendras la folle chevauchée de Caloën, les gémissements et les plaintes d'Yvonne la fiancée, et tu verras se glisser sans bruit à travers la feuillée des formes blanches sur lesquelles se reflètent les pâles rayons de la lune argentée.


Octobre 1901.
Vicomte Léonce de Gibon.
Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan - Année 1900

Non loin du Manoir du Plessis se trouve la Chapelle Saint-Julien  ou chapelle des Landes (XVIIIème siècle). Cette chapelle a servi de lieu de rassemblement des chouans durant la Révolution.

 

Chapelle Saint-Julien Peillac

 

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SAINT-MAIXENT-SUR-VIE - XANTON-CHASSENON (85) - ANTOINE LAFONT, CURÉ

ANTOINE LAFONT
CURÉ DE ST-MAIXENT-SUR-VIE

 

Xanton-Chassenon église

 

[Fils de Joseph Lafon, propriétaire et de Anne Lescure, Antoine était natif du Cantal ; il est né le 1er février 1766 au village des Néboulières et baptisé le lendemain, à Drignac.]

 

Lafond_Antoine_acte_naissance

 

Ce prêtre était desservant de la paroisse de St-Maixent depuis avril 1776 jusqu'en juillet 1792.

Opposé aux erreurs révolutionnaires, on le condamna à la déportation. Ordre fut donné, par le district des Sables à la garde nationale de Challans, de l'arrêter et de l'amener aux Sables-d'Olonne.

Le 21 septembre 1792, un détachement de soldats le remit au Conseil général réuni en séance.

En sa présence, M. Lafont compta aux gardes nationaux soixante livres pour frais de conduite, et "nous a déclaré, dit le procès-verbal, vouloir s'embarquer pour l'Espagne conformément au certificat qui lui en a été délivré le 12 de ce mois par la municipalité de Saint-Agnand, district de la Souterraine (Creuse) (1).

M. Lafond prêta d'abord le serment civique, non le serment de fidélité à la Constitution civile, et fut mis en liberté, promettant de renouveler ce serment devant le district de Challans. Mais, bien que ce serment fut d'abord permis, le curé de Saint-Maixent se reprocha cette faiblesse, et, bientôt après, refusant de réitérer ce serment civique devant son district, il dut se rendre aux Sables pour être compris dans l'embarquement du mois d'octobre.

 

Lafond Antoine signature Lafont

 

Après l'exil, M. Lafont fut desservant de la petite paroisse de Xanton-Chassenon, où il est décédé le 4 septembre 1823, à l'âge de 57 ans.

(1) On trouve à cette époque plusieurs prêtres de la Creuse dans le diocèse de Luçon. Nous ignorons quelles circonstances les y avaient amenés.

A. Baraud, prêtre.
AD85 - L'Étoile de la Vendée - n° 2229 - Jeudi 5 mars 1908

Lafond Antoine-Jean acte décès

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24 août 2016

VEZINS - CHOLET (49) - MARIE-JEANNE SOURISSE, SOLDAT DES ARMÉES ROYALES DE LA VENDÉE (1777-1835)

VEZINS

Fille de Jacques Sourisse, cabaretier, et de Jeanne Moreau, Marie-Jeanne a été baptisée à Vezins le 14 novembre 1777.

Sourisse Marie-Jeanne Vezins acte naissance

Marie-Jeanne a porté les armes et monté la garde un grand nombre de fois à Chanteloup, pour éviter des surprises à l'Armée Royale ; elle a fait maintes fois des patrouilles avec d'autres femmes armées et accompagnées de deux hommes qui les escortaient pour le service de l'Armée Royale.

Elle a tout perdu par l'effet du pillage et de l'incendie.

Elle a été réduite à la misère la plus grande, ayant été obligée de se cacher pendant 6 mois dans les bois pour éviter la mort.

Ses seuls moyens d'existence sont le produit de l'exercice de sa profession de fileuse.

En mai 1825, le maire de Cholet, M. Revelière Latouche, rédige, pour Marie-Jeanne, une demande de secours, adressée aux Membres des Commission des Secours accordés aux soldats de Armées Royales de la Vendée, établie à Beaupréau. Marie-Jeanne a 50 ans et est qualifiée de mendiante.

 

SOURISSE SIGNATURE

 

 AD49 - Dossiers des Vendéens - 1 M 9 / 332

 

Marie-Jeanne Sourisse, veuve de Louis Lecozic, est décédée à Cholet, le 17 novembre 1835, à l'âge de 58 ans.

 

Sourisse Marie-Jeanne décès cholet

 

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