La Maraîchine Normande

15 janvier 2017

LE MARILLAIS (49) - LA GUERRE DES FILLES

LA GUERRE DES FILLES
LE MARILLAIS

Le Marillais cadas


Charlotte Allard de L'hugaudière, les soeurs Marie et Renée Dupont, du même village, les soeurs Renée et Marie Guilbault de la Fresnaye, les soeurs Anne et Charlotte Dandé de la Bolinière, affublées d'un capot sur la tête et d'une trique sur l'épaule, montaient bravement la garde sur les côtes du Clos Bideau [Bidoux] pour empêcher les Républicains, qui montaient les embarcations appelées convoi, de descendre au village de L'hugaudière lorsque les eaux étaient grandes.

Les Républicains, qui formaient ces convois, étaient fréquemment dans ces parages pour tâcher de gagner le château de la Bourgonnière qui passait pour être garni de vin.

 

 

Château de la Bourgonnière

 

Extrait - Le Marillais - Henri Boré - 1985

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LE MARILLAIS (49) - PIERRE-DAMAS BOUYER DIT SAUTEUR

LE MARILLAIS
PIERRE BOUYER DIT SAUTEUR

Vendéen St Florent le Vieil

Pierre-Damas Bouyer (ou Bouhier), fils de Julien Bouyer et de Perrine Daleine, est né au Marillais, le 10 décembre 1770.

Bouhier Pierre baptême


Après le passage de la Loire et au retour dans leur communes, hommes et femmes s'esquivaient, chacun à sa manière. Ils étaient continuellement vendus et poursuivis.

[1794] Ainsi Pierre Bouyer, dit "Sauteur", âgé de 24 ans, est pris dans un chêne dans la pièce appelée la Grande Ouche, près la Gourbillonnière.

LE MARILLAIS CARTE

Le sergent qui commandait le détachement dit aux patriotes de Saint-Florent qui l'accompagnaient :

"Ah ! Citoyens, ça m'a l'air d'un bon jeune homme, il faut le sauver."

"Non, disent les patriotes, c'est un brigand, il faut qu'il y passe".

Ils commencent par se partager les 65 écus de trois livres qu'il possédait, puis l'emmènent vers Saint-Florent. Arrivés au bas de la Bâclaire, à l'endroit dit la Senserie (ou Lenseric), Pierre Bouyer feint d'avoir la colique et le besoin de s'arrêter.

"Allons, dit le sergent, dépêche-toi !"

Pierre Bouyer les voyant à quelques pas de lui prend ses deux sabots dans ses mains, d'un bond franchit une haie et se sauve à travers champs.

Les patriotes font une décharge sur lui ; mais ils sont embarrassés par les paquets de fil qu'ils emportent au bout de leurs fusils. Pierre "Sauteur" était déjà loin avant qu'ils pussent faire leur décharge. Il a échappé à grand nombre de dangers et a vécu jusqu'à l'âge de 80 ans.

A la Bay-Colin, il faillit être brûlé vif dans une chambre où il était enfermé avec d'autres. Ils échappèrent en faisant un trou à la muraille avec leurs couteaux. L'un d'eux, Jean Gingue, fut blessé d'une balle à l'épaule en sortant de la chambre embrasée.


Extrait - Le Marillais - Henri Boré - 1985

PIERRE-DAMAS BOUHIER, veuf de Jeanne Bouhier (ou Bouyer), est décédé au Marillais, le 12 juin 1851, en sa maison de la Gourbillonnière.

 

BOUHIER PIERRE DECES

 

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13 janvier 2017

VARENNES-EN-ARGONNE (55) MAULÉON (79) - CHEVALIER LOUIS-CHARLES DE LA CASSAIGNE, GOUVERNEUR ET GÉNÉRAL DE PROCESSION

 

Varennes-en-Argonne plaque beffroi


Le chevalier Louis-Charles de la Cassaigne n'était point un Vendéen d'origine. Né à Varennes-en-Clermontois, le 20 mars 1740, et seigneur de Saint-Laurent-des-Combes, en Angoumois, il était fils de Charles Chrétien de La Cassaigne de Saint-Laurant, chevalier de Saint-Lazare, et de Dame Anne-Marguerite Godinet.

Cassaigne naissance

 

Il est ainsi dépeint par Mme de la Rochejaquelein :

"C'était un homme de cinquante ans, petit, gros, bon, sot et poltron : voilà en deux mots son caractère. Sa figure exprimait la bêtise et peignait parfaitement son mérite".


Destiné d'abord à l'état ecclésiastique, "tout le temps qu'il avait porté le petit collet, il avait été assez libertin" ; mais chose curieuse ! à peine eut-il renoncé à entrer dans les ordres qu'il devint très dévot, et même bigot : tel est le qualificatif que n'hésite point à employer la pieuse Marquise, dont la dévotion éclairée s'accommodait mal de certaines pratiques quelque peu étranges.

L'ex-abbé au petit collet avait été chassé de son pays et ruiné par les premiers troubles de la Révolution ; si bien qu'il "se trouvait absolument à l'aumône".

Comme il était un peu parent de la famille de La Rochejaquelein et de Lescure, celui-ci "l'avait recueilli chez lui par charité", et ce fut ainsi que notre personnage, à l'époque de l'insurrection, se trouva au nombre des hôtes qu'abritait le château de Clisson ...

Or, un beau matin, on vit arriver tout à coup au château des gendarmes de Bressuire, porteurs d'un mandat d'arrêt contre le chevalier de la Cassaigne, coupable d'avoir envoyé une collection de petits sacrés-coeurs à Mlle de la Rochejaquelein, tante de Monsieur Henri. Le messager avait été arrêté en chemin, le chevalier tombait sous le coup de la loi, comme propagateur d'emblèmes séditieux.

Lescure réussit toutefois à se débarrasser des gendarmes en répondant par écrit de M. de la Cassaigne, qu'il représenta comme un pauvre infirme, bien tranquille et tout à fait inoffensif. Les sbires partis, le peu héroïque chevalier, qui s'était bien gardé de comparaître, perdit littéralement la tête en apprenant que c'était à lui qu'on en voulait :

"Le moindre bruit le faisait trembler, raconte Mme de la Rochejaquelein ; il se cachait sous les chaises, sous la tapisserie, sitôt qu'on ouvrait une porte. Il baisait les mains de M. de Lescure, et nous donnait la comédie".

Il la donna bien davantage quelques jours après, lorsque La Rochejaquelein, impatient d'avoir des nouvelles du dehors et décidé à aller rejoindre les insurgés dont on annonçait vaguement les succès, prit congé des hôtes du château de Clisson. Écoutons encore le témoignage de Mme de la Rochejaquelein :

"Après cette scène si touchante (les adieux de Lescure à Henri de la Rochejaquelein), vient la parodie : M. de la Cassaigne dit qu'il veut suivre Henri et se joindre aux royalistes. Nous lui démontrons que c'est s'exposer beaucoup, et qu'il ne fera pas la guerre. Il nous étale de beaux sentiments de bravoure, cela nous fait rire. Dans le fait, la peur l'avait aveuglé au point qu'il croyait être plus en sûreté dans le pays insurgé. On lui objecte que M. de Lescure a répondu de lui corps pour corps, et qu'il est indigne de vouloir l'exposer à une prison certaine. Il se met à pleurer, prétend que nous voulons sa mort, que Dieu lui avait donné des jambes pour fuir, et que, tant qu'il en aurait, il fuirait ; que ce serait résister à la volonté de Dieu de ne pas le faire.

Nous le chapitrons deux heures, mais il pleurait toujours, M. de Lescure entre dans le salon, M. de la Cassaigne va lui demander tout en larmes la permission de se sauver. M. de Lescure la lui accorde, malgré nos représentations. Nouvel embarras. Nous disons à M. de la Cassaigne qu'étant gros, lourd et âgé de cinquante ans, il ne pourra jamais suivre Henri, qui n'a que vingt ans et est un des hommes les plus lestes qu'on puisse trouver ; qu'il faut faire neuf lieues dans la nuit, par une pluie à verse, à travers champs, passer par dessus des haies très hautes, sauter des fossés ; que si quelque patrouille arrivait, il ferait prendre Henri. Il dit alors à celui-ci :

"Mon cher ami, dans le cas où nous entendrons du bruit, tu me laisseras et tu te sauveras". Henri lui répond : Est-ce que tu me crois aussi poltron que toi, et capable d'abandonner quelqu'un qui est avec moi ? Non. Si on vient pour nous prendre, je me battrai, je périrai avec toi, ou nous nous sauverons ensemble." M. de la Cassaigne se jette sur ses mains, les baise et s'écrie mille fois : "Il me défendra, il me défendra !"

A onze heures, quand tous les domestiques furent couchés, Henri, son domestique, M. de la Cassaigne et le guide partirent, le premier armé seulement d'un gros bâton et de pistolets. Quand ils furent sortis, M. de Lescure me dit : "A présent que M. de la Cassaigne est en marche, je vous avouerai que je crois possible que son départ me compromette, mais je ne pouvais tenir à sa poltronnerie : sa peur me donnait autant d'ennui que de pitié."

Du château de Clisson, Henri de la Rochejaquelein s'en fut droit à celui de sa tante, d'où il repartit presque aussitôt pour entrer en campagne. Quant au chevalier de la Cassaigne, il demeura prudemment caché chez Mlle de la Rochejaquelein jusqu'à l'époque de la réunion des contingents poitevins aux insurgés de l'Anjou. La Grande Armée étant alors constituée, et l'insurrection maîtresse de tout le pays, le réfugié sortit de sa cachette et vint s'installer à Châtillon, où il pensait être plus en sûreté que partout ailleurs.

Comme il était pieux, bon et de manières affables, et que sa poltronnerie n'avait eu pour témoins que les hôtes du château de Clisson, il fut très bien accueilli par les Vendéens et devint même tout de suite populaire parmi eux. Tant et si bien qu'il se vit décerner les honneurs du gouvernement de la ville. Il eût été d'ailleurs, assez difficile de décider un gentilhomme du pays à lui disputer ces fonctions sédentaires et purement honorifiques, tous les nobles vendéens rivalisant de bravoure avec la masse des insurgés et ne rêvant que plaies et bosses sur le champ de bataille.

Hâtons-nous d'ajouter que le bon chevalier, tout à fait rassuré lorsqu'il se vit à l'abri des balles républicaines, ne s'acquitta point trop mal des devoirs de sa charge, sous l'autorité du Conseil supérieur et la protection des soldats de la Grande Armée :

"Il était vraiment excellent comme général d'une procession, lisons-nous dans les Mémoires de Mme de la Rochejaquelein, aussi en faisait-il sans cesse. Il faut convenir qu'il était bien dans cette place : il ne fallait s'occuper que du soin des prisonniers, qui y étaient en grand nombre, et de la police : il avait beaucoup d'humanité et de zèle ; de plus sa grande piété édifiait, et il était ainsi utilement employé".

Ne gardons pas trop rigueur à la mémoire de ce pauvre chevalier de la Cassaigne ! Nul n'est parfait ici-bas, les meilleurs ont leurs petits défauts, et il n'est pas donné à tout le monde d'être brave ! Et puis, ainsi que Mme de la Rochejaquelein a tenu à nous l'apprendre en complétant le portrait du bonhomme, celui-ci n'en avait pas moins certaines qualités et les gâs de la Grande Armée lui furent tout de même redevables de quelque chose ... ne serait-ce que des belles cérémonies que le pacifique général des processions organisait pour célébrer chacun de leurs triomphes !

La Vendée Historique - n° 147 - Septième année - 5 février 1903


Il avait deux enfants pour aides-de-camp : Langerie et Givais.

Un jour, plusieurs officiers voulant se moquer de La Cassaigne qui attachait beaucoup de prix à son gouvernement, lui disent que les Jacobins conspirent et qu'il y a conciliabule chez un perruquier jovial et pataud. Ces Messieurs ayant donné l'éveil au gouverneur se rendent chez cet homme et lui disent qu'à telle heure M. de la Cassaigne se présentera avec ses aides de camp et un détachement, qu'il ait la précaution de se tenir dans son arrière-boutique sans lumière et lorsque le gouverneur y entrera, de lui jeter au nez une houppe remplie de poudre. On le fait. Le perruquier se sauve alors et laisse le gouverneur furieux maître de sa maison. Les officiers , auteurs de l'espièglerie, entrent alors et le plaisantent ; trouvant sa dignité compromise, il jura que le perruquier serait mis en prison ; mais les aides-de-camp et l'état-major qui étaient complices sauvèrent le perruquier qui s'excusa sur ce qu'il ne connaissait pas.

(Revue du Bas-Poitou 1945 - 1ère et 2ème livraison)


LE SACRÉ-COEUR ET LES VENDÉENS EN 1793

C'est tout au début de la guerre de Vendée que le Sacré-Coeur fut mis sur la poitrine des soldats catholiques. On sait que la prise de Cholet eut lieu le 14 mars 1793. Le lendemain, le chevalier de Saint-Laurent de la Cassaigne (qui ignorait cette victoire) écrivait de Boismé (Deux-Sèvres) à Mlle de la Rochejaquelein, qui habitait Saint-Aubin-de-Baubigné : "Je vous envoie une petite collection de Sacrés-Coeurs de Jésus. C'est une dévotion très solide, et qu'on pratique avantageusement depuis bien des siècles. Elle n'a jamais été plus nécessaire que dans les malheureuses circonstances où nous nous trouvons, et je ne saurais trop la recommander, pour tous les grands biens qu'en ont retirés ceux et celles qui s'y sont voués avec cette confiance qu'on doit avoir dans les bontés et les miséricordes du meilleur de tous les Pères". Cette lettre fut interceptée le 16 mars, sur la route de Châtillon-sur-Sèvre (Archives de Maine-et-Loire).

[Bulletin paroissial du doyenné d'Amou - Landes - Mai 1918]


 

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LA CHAPELLE-SAINT-FLORENT - ÉPIRÉ (49) - L'ABBÉ LOUIS-PIERRE BARAT (1726 - 1794)

La Chapelle-Saint-Florent

 

Fils de Pierre Barat et de Marie Grimault, Louis-Pierre a été baptisé à la Chapelle-Saint-Florent le 27 juin 1726 ; il fut reçu docteur en théologie de l'Université d'Angers en 1758 et y professa avec honneur depuis 1762, pendant près de trente ans.

Barat Louis-Pierre baptême

Il occupait en même temps la cure d'Épiré jusqu'en 1766 qu'il devint chanoine de l'église Saint-Martin (2 août) et le 16 août 1770 official du Chapitre. Le 15 novembre 1769 il fut élu de l'Académie d'Angers, où il prononça le 19 novembre 1783 l'éloge du roi. Il en fut nommé directeur le 17 novembre 1784.

Sa qualité de sexagénaire le mit en dehors de la loi de déportation. Renfermé au Séminaire dont il fut libéré par les Vendéens, il refusa de prêter le serment constitutionnel. La suppression du traitement de 2.676 livres 11 sols 4 deniers que lui continuait la Nation, réduisit toutes ses ressources à une minime rente sur un petit bien en Saint-Jean-de-la-Croix.

Au départ des Vendéens d'Angers (1793), il resta en ville quelque temps, puis se retira chez un frère épicier à Cholet, puis de là dans sa maison paternelle à la Chapelle-Saint-Florent, cherchant en vain à passer la Loire.

Un de ses cousins lui fournit une barque et il se réfugia à Saint-Herblon, à Béligné, à Villemoisant, couchant dans les auberges et dans les métairies, puis au Louroux-Béconnais et à Bécon, puis chez un ancien élève, meunier à Ingrandes, et il se rendait en fin de compte à Angers pour réclamer sa réintégration dans le couvent de la Rossignolerie, quand il fut arrêté aux Tranchandières, près Saint-Lambert-la-Potherie.

Les Tranchandières

Depuis quatre ans du reste, il s'était fait un principe de ne plus exercer aucune fonction ecclésiastique et avait refusé même aux Vendéens de célébrer une messe à Cholet.

Les gardes qui lui demandèrent qui il était.

- "Je m'appelle Barat, dit-il, je suis prêtre catholique, apostolique et romain, et je retourne chez moi."

A ce mot de prêtre, on se saisit de sa personne et on le jeta dans un affreux cachot, où il périssait de faim et de misère. Conduit devant le Tribunal révolutionnaire, le 18 nivôse an II, et le 22 (11 janvier 1794) à la Commission Militaire, on lui demanda selon l'usage :

- "Quel est ton nom et ta profession ?

- J'ai l'honneur d'être prêtre de la Sainte Église Catholique romaine et l'ont me donne le nom de Barat.

- Quelle est ta demeure ?

- Je n'en ai plus depuis que la prescription est à l'ordre du jour !

- N'as-tu pas fait partie des brigands de la Vendée ?

- J'ai suivi l'Armée catholique, parce que c'était la seule retraite où je fusse alors en sécurité !

 -As-tu fait le serment de 1791 prescrit par la Constitution civile du clergé ?

- Je n'en ai fait aucun, je les abhorre tous !

- Veux-tu au moins prêter le serment de liberté, égalité ?

- Jamais !"

Sur cette réponse, Monsieur l'abbé Barat fut condamné à mort et exécuté le même jour.

En allant au supplice, il se montra digne de sa réputation, digne d'un héros de la Foi qu'il avait professé durant toute sa vie. (Archives paroissiales). Il avait 67 ans.

La vente de ses meubles eut lieu le 1er floréal an III.

Extrait : Le Marillais à travers les siècles - Henri Boré - 1985

AD49 - Dictionnaire de Maine-et-Loire

AD49 - Registres paroissiaux de La Chapelle-Saint-Florent

 

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11 janvier 2017

SAINTES - CHÉRAC (17) - FRANÇOIS-XAVIER AMBROISE CHESNIER DUCHESNE, COLONEL

CHESNIER DUCHESNE François-Xavier-Ambroise dit DUCHESNIER CLAUDE

Chesnier du Chesne baptême

Fils d'un avocat distingué, il naquit, à Saintes, le 2 avril 1769. Officier de Marine. Il rejoignit les Vendéens après la bataille de Fontenay en mai 1793. En juin il alla avec trois autres officiers s'emparer de la ville de La Flèche,  prétendant être arrivé avec 2.000 cavaliers, pour faire des logements. Les quatre Vendéens dînèrent tranquillement et retournèrent à Angers, au moment où on délibérait si on ne devait pas les arrêter.

Il passa la Loire avec la Grande Armée et fut pendant cette expédition l'un des commandants de l'artillerie sous Marigny.et fut l'un des derniers à sortir du Mans en décembre 1793. Il survécut à Savenay et rejoignit Monsieur de Puisaye en Bretagne.

Devenu aide de camp, puis adjudant général de Charette, ce chef lui confia plusieurs missions importantes ; notamment celle d'aller en Bretagne représenter son armée au bureau central de correspondance, et, avec ce pouvoir, il signa l'arrêté qui nommait l'abbé Bernier, "agent général des armées royales auprès des puissances étrangères". Après cela, le général Charette l'envoya en Angleterre. Il était chargé de conférer avec le comte d'Artois sur le projet que ce dernier avait formé de débarquer en France et il était porteur d'une adresse des chefs vendéens au roi d'Angleterre, par laquelle "S.M. Britannique était suppliée de rétablir les Bourbons sur le trône de France". Cette adresse, rédigée par Chesnier lui-même, portait "qu'une si glorieuse entreprise était digne du souverain de la plus grande et de la plus puissante nation du monde et que la gloire immortelle d'aider deux fois les Bourbons à reconquérir leur royaume était réservé au peuple anglais". L'envoyé fut parfaitement bien accueilli par le comte d'Artois qui lui témoigna son désir ardent de se mettre à la tête des royalistes.

Chesnier-Duchesne, à son retour en France, apprit la mort de Charette et trouva son armée anéantie. 

Il fut pris à Bordeaux le 4 mai 1796. Enfermé dans la forteresse de Blaye, il parvint à s'évader et à s'enfuir en Espagne. Il ne revint en France qu'en 1804.

Entretenant des relations avec les Royalistes de Bordeaux, il fut bientôt dénoncé pour avoir participé avec d'anciens compagnons d'armes (Forestier, Céris, Dupérat ...) à la conspiration des Plombs. Il fut condamné à mort par contumace le 14 décembre 1808. Il dut à nouveau se faire oublier.  Il n'en continua pas moins à résider en France, particulièrement dans le département de la Charente.

Il réapparut sous la Restauration. Anobli en 1814,  il signa l'adresse des Vendéens au Roi et y a pris le titre de divisionnaire. Lors de la campagne de 1815, Chesnier-Duchesne est devenu major général du corps vendéen du Centre, et en cette qualité, il a signé la protestation des Herbiers du 27 juin, dirigée contre le traité conclu avec le général Lamarque.

Chesnier-Duchesne était un homme de talent, faisant très bien les vers et très brave.

Enfin, il se retira à Chérac, en Charente-Maritime, où il est mort le 31 28 mars 1829.

Chesnier du Chesne


Extrait : Vendéens et Républicains dans la Guerre de Vendée - Tome 1 - Frédéric Augris - Les Éditions du Choletais

AD17 - Registres paroissiaux de Saintes - et d'état-civil de Chérac

Revue de Saintonge et d'Aunis - 1952 - Tome XXIII - 1ère livraison


 

canon

 

États de services :

Ayant par les effets de la Révolution laissé le service de la Marine où il était Aspirant de 1ère classe ; passé dans la Vendée au mois de mai 1793 ; Commandant en second la Division Villeneuve dans la Campagne d'Outre-Loire ; Premier Aide de Camp du Général en Chef Charette en 1794 & 1795 ; Ayant été chargé dans cet emploi de plusieurs missions aussi délicates que périlleuses ; Chef de Division de son Armée à la fin de 1795 et 1796 ; Ne s'étant pas soumis après après la prise de Charette ; Arrêté et conduit de prisons en prisons d'où il s'évada ; il a sur les ordres du Roi parcouru la Vendée en 1804 pour la réarmer et y entreposer des munitions de guerre ; désigné Maréchal de Camp à cette époque ; Condamné à mort à Nantes par contumace par une Commission Militaire, créée Ad hoc à Nantes dans le mois de décembre 1808.

Chef d'État-major du 2e Corps ; a fait la campagne de 1815.
"demande la Croix de Saint-Louis ; Brevet de son grade Activité ou Pension de Retraite".
AD85 - SHD XU 16-25

Sur un autre état (1816 - SHD XU 16-28), on le dit d'une forte constitution physique ; d'une fortune aisée ; marié ; susceptible par des moyens peu ordinaires à remplir l'emploi qu'il désire ; a été reconnu Colonel par la Commission.

 


 

Chérac église

 

Marié en 1797 à Lyon avec Françoise Rivoire dont : Camille Chesnier Duchesne

 

Chesnier Duchesne 2ème mariage

 

Âgé de 45 ans, il épouse, le 18 mai 1814, à Chérac, Marie-Angélique Brunet, 27 ans : dont trois enfants :  1° Marie-Léonide ; 2° Ambroise-Alexandre ; 3° Romain-Alexandre.

Ambroise-Alexandre Chesnier Duchesne, son fils, né à Saintes, entra dans la Marine aux environs de 1826. Après avoir servi pendant sept ans, il partit à la Nouvelle-Orléans en 1833 puis à Ouachita (Caldwell) Parish où il acheta des terres et s'y installa. (Tulane University)


 

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10 janvier 2017

SAINT-JULIEN-DES-LANDES - SAINT-GERMAIN-L'AIGUILLER (85) - MARTYRE DE L'ABBÉ GAUDON DE LA GESTIÈRE

Nous n'avons presque aucun détail sur la vie de l'abbé GAUDON, curé de Saint-Germain-l'Aiguiller. Les circonstances de sa mort sont bien plus obscures encore. J'ai pu trouver trois versions de la fin tragique de ce pauvre prêtre :

 

Saint-Germain-l'Aiguillier

 

 


PREMIÈRE VERSION :

Il avait refusé le serment schismatique et resta parmi ses paroissiens. Malgré les menaces de la persécution, il se livrait si pleinement à l'ardeur de son zèle, dans l'exercice de son ministère pastoral, qu'on pourrait parfois l'accuser d'imprudence.

Quand les Vendéens occupèrent les Herbiers, l'apostat Houdet du Gravier, ex-chanoine, y conduisit un détachement pour les forcer à vider la place. Il passait par le Boupère, et arrivant près du bourg de Saint-Paul, il vit un homme qui venait à lui, à travers champ.

— Tiens, dit-il, c'est Gaudon, le curé de Saint-Germain.

— C'est moi, répond celui-ci, mais tu n'auras pas la barbarie de me tuer ! Nous avons fait nos études ensemble.

Du Gravier n'ordonna point de le mettre à mort, mais il ne dit pas un mot pour le sauver. Un protestant du village de l'Hermondière lui tira, à bout portant, un coup de fusil dans la tempe. (31 janvier 1794 - 12 pluviôse an II)

Le prêtre martyr fut enterré sur le lieu même du meurtre, et plus tard, inhumé dans le cimetière de Saint-Paul.

Gaudon signature


Extrait : Le Martyr de la Vendée - L.P. Prunier, Chanoine 


DEUXIÈME VERSION :

Aux Archives Départementales de Vendée, dans la Semaine Catholique du Diocèse de Luçon, 1912, p. 417, nous trouvons une autre version de la mort de l'abbé Gaudon : 

La Proutière St-Paul-en-Pareds

M. Jean-Michel-Augustin Gaudon de la Gestière, curé, qui refusa le serment schismatique et se cacha d'abord à Mouilleron, chez les frères Cadou, cordonniers et protestants, qui se firent ses protecteurs, puis à Saint-Paul-en-Pareds, au village de Proutière.

Découvert par la garde nationale de la Châtaigneraie qui se rendait aux Herbiers, il fut mis à mort à la barrière d'un champ qu'on appelle le champ du Cormier, et l'un de ces cannibales poussa la rage jusqu'à exercer sur le cadavre du martyr les cruautés les plus infâmes.

Le sieur Lebel lui coupa les oreilles et les attacha sur sa coiffure, en guise de cocarde, tout fier de son sanglant et honteux trophée. On dit même qu'elles furent grillées et mangées par ces anthropophages (Archives de Mouilleron).

 


TROISIÈME VERSION :

Un jeune homme, Dominique Ussault - qui, au mois de mars 1793, détermina Pouzauges et plusieurs communes environnantes à prendre les armes, dit ceci dans ses Mémoires manuscrites :

"... Parmi eux [les prisonniers républicains], le commandant de la garde nationale de Pouzauges, M. Gentil, receveur de l'Enregistrement, conduit ... à Montaigu, en sortit sur ma réclamation et rentra chez lui, où il vécut tranquille. Plusieurs autres de ces soldats républicains s'étant dirigés sur les Essarts et Saint-Fulgent, y furent assassinés ... Ce fut sûrement alors une punition du ciel pour la garde nationale de Pouzauges, qui avaient horriblement massacré à coups de sabre, près le Boupère, un prêtre très vieux, M. Gaudon, curé de Saint-Germain-l'Aiguiller, près Mouilleron-en-Pareds". (Paysages et monuments du Poitou - par René Vallette - 1887-1892)


La première version nous signale que le massacre de l'abbé Gaudon aurait eu lieu le 31 janvier 1794. Le Dictionnaire des Vendéens (AD85) nous dit que ce serait plutôt  le 30 janvier de cette même année.

En collaboration avec Richard Lueil, l'auteur du blog Chemins Secrets, nous avons pu, à partir des informations données dans la seconde version, localiser le lieu du martyre de l'abbé Gaudon : voir ICI


 

QUI ÉTAIT L'ABBÉ GAUDON ?

Nous trouvons sa signature sur les registres de Mouilleron-en-Pareds, où il remplaçait le curé Guinefolleau, du 17 mars au 4 avril 1790.

Gaudon signature Mouilleron

Selon le Dictionnaire des Vendéens, aux Archives Départementales de Vendée, l'abbé Gaudon fut successivement vicaire à Chantonnay, de février à juin 1765 ; prêtre, aux Sables-d'Olonne, de décembre 1765 à septembre 1766 ; vicaire au Bernard, en 1775 ; vicaire à La Caillère, de février 1778 à novembre 1782 ; curé à Saint-Germain-l'Aiguiller à partir du 22 novembre 1782.

Dans les registres de Sainte-Gemme-les-Bruyères, l'abbé Gaudon signe deux actes ; le premier, en date du 10 juin 1792, qui concerne l'abjuration de Perrine Fraud, âgée de 20 ans, servante domestique ; et le second, daté du 26 juin 1792, pour la bénédiction du mariage d'Antoine Ferrand et de Perrine Fraud, citée précédemment.

 

Gaudon signature

 

Le Dictionnaire des Vendéens nous dit également que l'abbé Gaudon de la Gestière pourrait être le fils de Jean-Michel-Augustin Gaudon de la Gestière, Sénéchal de la Baronnie de Jard ; or, cela est impossible puisque le Sénéchal se marie en 1755, il a son premier enfant en 1756, et l'on sait que l'abbé Gaudon fut vicaire de Chantonnay en 1765 .

J'ai donc tenté d'établir une petite généalogie de la famille Gaudon de la Gestière, détaillée ci-dessous.

Dans la troisième version, Dominique Ussault nous dit que l'abbé Gaudon était très âgé. Aussi, il pourrait bien être un frère d'Augustin, notaire royal. Malheureusement l'absence de registres, entre 1697 et 1705, empêche cette vérification.

Sauf erreur, on peut raisonnablement penser que l'abbé Jean-Michel-Augustin (?) Gaudon serait fils de René Gaudon et de Marie Renaudin et serait né à Saint-Julien-des-Landes au début des années 1700.

 


  

GAUDON AUGUSTIN BAPTEME

Gaudon Augustin notaire mariage

 

AUGUSTIN, LE PÈRE DU SÉNÉCHAL ET PROBABLEMENT FRÈRE DE L'ABBÉ

Les Sables-d'Olonne - Mariage d'Augustin Gaudon, né à Saint-Julien-des-Landes, le 25 septembre 1694 et baptisé le lendemain, notaire royal et procureur, fils de feu René Gaudon, sieur de la Gestière, et de Marie Renaudin, de la paroisse de Saint-Julien-des-Landes, avec demoiselle Anne Burcier, veuve du sieur Louis Dumoulin, du Mesnil. Témoins, du côté de l'époux : Joachim Pelletier, pilote, cousin germain, Pierre Brioché, notaire royal et procureur en cette ville, Pierre Grangier, maître chirurgien, et du côté de l'épouse : André Cheviteau, notaire royal et procureur aux Sables d'Olonne, beau-frère, Maître Vincent Vincent, docteur en médecine, Charles Chauviteau, capitaine de navire (11 mai 1721).

- Baptême de Marie-Madeleine, fille d'Augustin Gaudon et de Marie-Anne Burcier, 2 mars 1722, paroisse Notre-Dame des Sables-d'Olonne.

- Baptême de Suzanne-Françoise, le 25 juin 1724, au même lieu

- Baptême de Jean-Michel-Augustin, le 30 septembre 1725 (futur Sénéchal), au même lieu.

- Le 7 novembre 1726 - inhumation dans le petit cimetière d'un enfant né, baptisé car en danger de mort, et décédé le 6 novembre 1726 - même lieu.

- Baptême de Louise-Catherine, le 6 septembre 1728, au même lieu.

- Baptême de Marie-Anne-Charlotte, le 23 février 1732, au même lieu.

- Baptême de Suzanne-Thérèse, le 15 janvier 1734 - décédée à l'âge de 2 ans et demi, même lieu.

- Baptême de Henriette, née et baptisée le 30 août 1735, même lieu.

 

Hélas, pas de registres entre 1694 et 1697 - non plus entre 1697 et 1705.

Une soeur aînée, MARIE, née et baptisée le 1er mars 1693.

Une autre soeur, Jeanne, se marie aux Sables-d'Olonne, le 24 novembre 1739, avec Daniel Morisson, seigneur de la Chaussée, veuf de Radegonde Rouché, de la paroisse d'Avrillé ; dont une fille Marie-Madeleine, mariée à Avrillé, le 22 septembre à René Biret, bourgeois - morte sans postérité.

Un frère, René, né le 27 juillet 1697.

Après 1705, plus de naissances pour cette famille.

Augustin Gaudon, notaire royal est décédé aux Sables-d'Olonne, paroisse Notre-Dame, le 23 septembre 1778, à l'âge de 84 ans.

 


JEAN-MICHEL-AUGUSTIN, LE SÉNÉCHAL


Le 9 juin 1755, à Nieul-le-Dolent, a lieu le mariage de :

Jean-Michel-Augustin Gaudon de la Gestière, Sénéchal de la Baronnie de Jard, fils de Maître Augustin Gaudon, notaire et procureur royal des Sables-d'Olonne et de Marie-Anne Burcier

et de demoiselle Marie-Anne Frappier, 29 ans, fille de Joseph-Philippe Frappier, seigneur du Fief et de demoiselle Anne Gauvrit, née à Aubigny le 7 novembre 1725.

Naissance de Joseph-Augustin, à Nieul-le-Dolent, baptisé le 5 mai 1756 ;
Naissance de Marie-Anne, à Nieul-le-Dolent, le 3 mars 1759, baptisée le lendemain ;
Naissance de Marie-Jeanne-Gabrielle, née à Jard-sur-Mer, et baptisée au même lieu le 22 avril 1761.

Marie-Anne Frappier est décédée à Jard-sur-Mer le 28 juin 1761.


 AD85 - Registres paroissiaux

 

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09 janvier 2017

NUEIL-LES-AUBIERS (79) - LA FAVRIÈRE - LES CLOCHES DE NUEIL

NUEIL-SUR-ARGENT
LA FAVRIÈRE

 

Favrière 004

 

Du château de la Favrière subsiste, attenant à un pavillon carré plus ancien, une aile remarquable d'architecture dans le style de la renaissance classique.

Le rez-de-chaussée forme galerie ouverte, avec les arcs en plein cintre d'ordonnance toute italienne et d'une exécution fort soignée.

Entre chaque ouverture, une colonne appliquée, à chapiteau toscan, porte, en même temps qu'un modillon en console, à la clef de chaque arc, une architrave avec corniche légèrement saillante.

 

Favrière 001

 

Au-dessus s'élève un étage avec fenêtre à deux baies géminées en plein cîntre qui sont encadrées de pilastres couronnés de chapiteaux ioniques.

Une toiture en tuiles plates a remplacé l'ancien toit d'ardoises à grande pente.

Le château de la Favrière avait sa chapelle privée. On y célébrait la messe une fois par semaine.

Malgré six siècles d'existence, l'histoire de La Favrière garde encore des secrets. L'un des seuls points connus était que La Favrière, avant de passer entre les mains de la famille Le Mastin de La Rochejaquelein, avait appartenu aux Beaumont.

L'histoire de cette demeure remonte donc au moins au XIVe siècle comme l'atteste une note des archives de La Durbelière datée de 1315. On peut bien sûr imaginer que l'endroit était baptisé ainsi depuis déjà longtemps. La racine latine de Favrière est en effet faber qui signifie forgeron et de fait un magnifique four de forgeron existe encore en ce lieu.

Une dame de la Favrière, inhumée en l'église de Nueil, avait fait don à la paroisse en 1551 d'un calice.

 

Favrière 002

 

Parmi toutes ses possessions, Pierre de Beaumont, seigneur de Bois-Charruyau, comptait la Favrière, simple manoir édifié sur un plateau dominant la vallée de l'Argent. A la mort de son fils et de son épouse, La Favrière revint aux Le Mastin au milieu du XVe siècle. D'importants travaux furent engagés. Guillaume et Jean, fils de Gilles Le Mastin, étaient alors écuyers des chevaliers du seigneur de Bressuire, le puissant Jacques de Beaumont, alors en train de restaurer de fond en comble son château de Bressuire. Sans doute inspirés par les travaux que le seigneur réalisait en sa demeure, les Le Mastin restaurèrent à leur tour La Favrière. Une cheminée à moulures prismatiques et à arc de décharge, montée à Bressuire, trouve ainsi sa réplique presque exacte dans la maison des vassaux. 

La Favrière devint alors la résidence principale de la famille Le Mastin, détentrice de nombreux autres fiefs situés sur une ligne allant de Chemillé à Bressuire. On trouve Claude Le Mastin, devenu gentilhomme d'honneur de la reine Catherine de Médicis, gentilhomme d'honneur du roi Henri III, et qui fut qualifié de chevalier de l'ordre de Saint-Michel sous Henri IV. C'est à lui que l'on attribue la construction de la remarquable galerie Renaissance de la Favrière, sans pour autant détenir aujourd'hui de preuves irréfutables.

 

Favrière 003

 

A la Révolution, l'ancienne maison de maîtres, transformée en ferme générale, fut occupée par les troupes du général Quétineau dans la nuit du 11 au 12 avril 1793. Deux mille cents Républicains y bivouaquèrent avant d'aller installer leur artillerie dans le pré des Justices aux Aubiers. Là, ils luttèrent contre Henri de La Rochejaquelein qui inaugurait par cet acte le premier de ses combats pour l'Armée Catholique et Royale. Le jeune chef vendéen mit en déroute la troupe de Quétineau qui, sans doute dépitée par son échec cuisant, canonna la chapelle de La Favrière et la détruisit entièrement. Cependant les Républicains prirent bien garde de préserver la galerie, fleuron de l'endroit.

En 1793, une légende locale l'affirme, les cloches de Nueil, menacées d'être envoyées à la fonte, auraient été cachées dans l'étang de la Favrière.

La Favrière fut par la suite acquise par les Montesquiou-Fezensac avec le dernier des émigrés. Le marquis Odart de Rilly d'Oizonville la légua à madame de Cassagne qui la vendit enfin en 1987 ...

Sources :

Extrait : Le Pays du Bocage - Maurice Poignat - 1984

Xavier Maudet - Châteaux, manoirs et logis des Deux-Sèvres - Association Promotion Patrimoine

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08 janvier 2017

BOISMÉ - LA CHAPELLE-SAINT-LAURENT (79) - FRANÇOIS-TOUSSAINT RAMBAULT

FRANÇOIS-TOUSSAINT RAMBAULT

TOUSSAINT RAMBAUD 001ZZZ


François-Toussaint Rambault, né à Boismé, en octobre 1754 (pas de registres), de François et de Marie Gabilly, était journalier à la Ménaudière de Boismé, en 1824.

Il y est mort à 75 ans, le 6 mai 1830, veuf en secondes noces de Perrine Forestier, morte le 13 juin 1815 à Boismé (à l'âge de 46 ans).

 

Toussaint Rambaud décès

 

Rambaud Forestier décès

 

A la veille de la Révolution, Toussaint Rambault habite La Chapelle-Saint-Laurent, au village de Thouaret.

Il avait été soldat dans les armées royales de l'ouest, et blessé à la jambe gauche à la bataille de La Châtaigneraie, en 1794.

En 1824, il déclare que "pendant la campagne de 1794, il a perdu tout ce qu'il possédait, que cette blessure et les fatigues de la guerre lui ont laissé des douleurs rhumatismales, qui, jointes à son grand âge, le mettent hors d'état de gagner sa vie et celle d'un enfant âgé de 18 ans et d'un autre, atteint de paralysie, âgé de 10 ans". 


 

D'un premier mariage avec Jeanne Paindessous, "décédée pendant la guerre de la Vendée", Toussaint Rambault a eu trois enfants :

- Jean-Toussaint (né à La Chapelle-Saint-Laurent, le 27 novembre 1789 - 29 avril 1850), mort à l'âge de 61 ans, au Châtaignier de Boismé. Il était métayer et époux de Victoire Gatard ;

- Perrine, née à Boismé, "dans le courant de l'année 1792", naissance qui fut déclarée à Bressuire lors d'une enquête réalisée en 1816 ;

- Marie-Anne-Marthe née à Boismé, le 30 juillet 1793 ; mariée à Chiché, le 9 juillet 1827, avec Jacques-François Blot, métayer, né à Chiché en 1797, dont deux enfants, René-Étienne et Louis-Charles ; elle est décédée à Chiché le 6 avril 1853 ; à noter cette phrase dans l'acte de décès : "je ne peux faire mention de la maladie attendu que la décédée n'a pas vu de médecin ..." ;

 

RAMBAUD JEAN TOUSSAINT NAISSANCE

 

RAMBAUD JEAN TOUSSAINT DECES

Rambaud Perrine

 


 

boismé carte

Lors de cette même enquête, il déclare trois enfants nés de son second mariage avec Perrine Forestier :

- Jean, le 2 avril 1796 ;

- Jacques, le 2 mai 1799

- Marie, le 8 septembre 1800. 

Rambaud Perrine

Rambaud Jean-Jacques-Marie

Sont  également nés :

- LOUIS, né à Boismé, le 26 février 1806 ;

 

RAMBAUD LOUIS+

 

- LOUISE-VICTOIRE, née à Boismé, le 5 février 1807 ;

 

RAMBAUD LOUISE VICTOIRE

 

- JOSEPH, né à Boismé, le 20 août 1812.

 

RAMBAUD JOSEPH

 

 

Sources :

L'Album Vendéen - Clisson - 1826

AD79 - Registres d'état-civil de Bressuire - La Chapelle-Saint-Laurent - Boismé

 

 

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06 janvier 2017

BEAUPRÉAU (49) - FRANÇOIS-NICOLAS GUÉRARD, LIEUTENANT DU 11e RÉGIMENT DE CAVALERIE D'INDRE-ET-LOIRE

UN OFFICIER DES BLEUS ET DES BLANCS (Mars-Avril 1793)

Maîtres de Jallais et de Chemillé le 13 mars 1793, les Vendéens s'emparèrent de Cholet le lendemain.

La direction générale de la défense de Cholet avait été remise à FRANÇOIS-NICOLAS GUÉRARD, lieutenant du 11e régiment de cavalerie d'Indre-et-Loire (Royal-Roussillon), chargé de l'instruction du dépôt des Volontaires du 19e dragons et venu avec eux d'Angers pour suivre les opérations du recrutement.

 

Beaupréau

Après sa défaite, Guérard partit pour Beaupréau, où il arriva le 14 mars, à onze heures du soir. Sur le séjour de Guérard et de ses dragons à Beaupréau nous avons de curieux renseignements dans un récit fait par Joseph Clémanceau, juge au tribunal de Beaupréau, qui était alors prisonnier au château de cette ville :

Le 14 mars, vers le soir, nous entendîmes une canonnade. Nous jugeâmes que ce devait être à Cholet, et que les insurgés faisaient l'attaque de cette ville, parce qu'il n'y avait pas de canons dans les lieux circonvoisins ailleurs qu'à Cholet. C'était en effet là qu'on se battit pendant cette journée. Cholet fut pris comme on sait, et par suite de cet évènement soixante-dix dragons du 19e régiment et leur lieutenant furent pris et désarmés à Beaupréau.

Voici en peu de mots comme cette affaire eut lieu. Entre onze heures et minuit, nous entendîmes un grand bruit dans la ville. Les cris "aux armes" retentissaient de tous côtés. On sonna le tocsin à Beaupréau, qui fut répété bientôt de proche en proche dans les bourgs voisins. Nous étions dans la salle au rez-de-chaussée. La garde qui veillait sur nous, parut épouvantée ; les hommes de cette garde tiraient leurs sabres, leurs couteaux, ils nous menaçaient de la mort si nous faisions le moindre mouvement, mais ils paraissaient plus tremblants que nous ; ils jetaient des cris de désespoir, ils se croyaient à leur dernière heure. Nous ne savions pas, ils ne savaient pas plus que nous ce qui devait résulter de tout ce vacarme. On disait qu'un détachement ennemi, un régiment, une armée était à l'entrée du pont et prête à envahir Beaupréau. La peur qui grossit toujours les objets, faisait répandre qu'il y avait là plusieurs mille hommes, prêts à tout exterminer !

C'était le détachement de Dragons dont je viens de parler, qui était commandé par le lieutenant Guérard et qui s'enfuyant de Cholet après l'action à laquelle ces soldats n'avaient pas même pris part, s'étaient engagés dans la nuit sur la route de Beaupréau et venaient d'y arriver. A la première sommation qui leur fut faite de mettre bas les armes et de se rendre prisonniers la vie sauve, ils avaient livré aux habitants de Beaupréau leurs armes, soixante-dix chevaux, et s'étaient rendus prisonniers. Ils furent renfermés dans le collège. Le lieutenant Guérard eut la ville pour prison, et bientôt après il prit parti avec les insurgés et servit dans leurs rangs.

Il est exact que Guérard se réunit aux Vendéens pendant quinze jours, pour revenir ensuite à l'armée républicaine. Voici quelques détails à ce sujet :

Le 1er mai 1793, Marie-Augustin Tharreau, médecin, et Amable-Jean Tharreau, négociant, demeurant à Cholet, tous deux frères, font la dénonciation suivante au Comité de sûreté générale de Saumur : "Étant cachés chez nous après la bataille de Cholet, nous avons été instruits par différents particuliers et notamment par Marie Mahu, domestique de notre père, demeurant au May, que Guérard, commandant un détachement de dragons d'Angers, d'environ soixante hommes, se sauvant avec partie de sa troupe, après la prise de Cholet par les révoltés, et dirigeant sa marche du côté de Beaupréau, fut rencontré par une patrouille composée de peu d'hommes près cette ville, qui était au pouvoir des révoltés, ce que Guérard ne pouvait ignorer, puisque le rapport en avait été fait auparavant au corps administratif de Cholet. A l'approche de cette patrouille, il se rendit prisonnier avec sa troupe, sans la moindre résistance, et fut conduit à Beaupréau, où tous les dragons furent resserrés au collège. Guérard eut la ville pour prison. Il allait manger chez le sieur Brunet, membre du Comité des révoltés et reconnu pour aristocrate, et chez le sieur Gigost d'Elbée, un des chefs des révoltés, domicilié à Beaupréau. Cette conduite a donné lieu de soupçonner son intelligence avec les révoltés, puisqu'il aurait pu, sortant de Cholet, prendre une route différente, ainsi que l'on fait plusieurs cavaliers de sa troupe et autres gardes nationaux de Nantes et autres endroits, qui se sont sauvés par la ville de Clisson. Il aurait également pu s'évader par la ville de Bressuire, devant connaître les routes de ces endroits, ayant demeuré en garnison à Cholet pendant plusieurs mois."

Cailleau, maire de Saumur et Tremblier, membres du Comité de sûreté générale, adressent, le 2 mai, la dénonciation au général Leygonier : "Ce n'est pas d'aujourd'hui seulement que nous entendons faire des reproches à cet officier sur le peu de résistance du détachement qu'il commandait, et la maladresse de l'avoir conduit à Beaupréau, où il ne pouvait ignorer qu'étaient les Brigands. Il n'est pas possible qu'on ne vous en ait parlé depuis longtemps. L'exagération qui règne dans le récit qu'il vient de vous faire, n'inspire pas une plus grande confiance dans sa manière de voir, si son intention est droite. La prise d'Argenton prouve malheureusement la vérité de cette partie de son rapport sur la marche des révoltés ; mais comme officier, et ayant eu un commandement parmi eux, on ne sait que penser de son appréciation sur leur nombre et sur leurs ressources. Nous vous prions de peser ces considérations et de prendre le parti que votre sagesse vous dictera."

Aussitôt le général adresse les deux pièces au directoire du département de Maine-et-Loire, et ajoute : "Les réflexions qu'elles contiennent ne m'ont pas échappé ; mais comme cet officier est venu de lui-même, et qu'il a profité de la première occasion pour leur échapper, il m'a semblé que sa conduite était au moins excusable. Pesez et voyez dans votre sagesse s'il y a lieu à des mesures."

Le 3 mai, les représentants Choudieu et Richard, sur le vu de ces documents, prescrivent à Guérard de rester à Angers, jusqu'à nouvel ordre.

Le même jour 3 mai, Guérard comparaît devant le Comité de surveillance de Maine-et-Loire à Angers, représenté par Couraudin de la Noue et Fauconnier. Nous allons reproduire ses déclarations :

Le 16 novembre dernier, je me rendis en cette ville d'Angers avec le dépôt de cavalerie d'Indre-et-Loire, pour y conduire tant ledit dépôt que les volontaires réunis des autres départements. Le 8 mars, autant que je puis me le rappeler, je reçus l'ordre de Boisard de me porter à Cholet, pour y prendre le commandement de cent dragons du 19e régiment, qui y avaient été envoyés pour maintenir la tranquillité ; ce que j'exécutai.

Le 14 mars, je fus requis par l'administration du district de Cholet de prendre le commandement général de toutes les troupes et des opérations militaires, dans l'étendue de ce district. Ayant été instruit par mes patrouilles que les révoltés se portaient sur la ville, je fis une sortie avec une force armée, composée de trois cents et quelques hommes d'infanterie et quatre-vingts et quelques cavaliers et deux pièces d'artillerie. Je rencontrai les révoltés à une demi-lieue de chemin, fis faire feu à l'artillerie et disposai des tirailleurs sur mes flancs. Mais les révoltés, qui étaient, d'après ce qu'on m'a rapporté depuis, de quinze à dix-huit mille hommes et soutenus de trois pièces d'artillerie, prirent les mêmes dispositions, ce qui obligea mes tirailleurs de rentrer dans leurs pelotons. Plusieurs blessés ayant jeté l'épouvante par leurs cris et le spectacle de leurs blessures, mon armée se débanda et se replia sur la ville. Mes dragons mêmes m'abandonnèrent, et je restai, avec une douzaine de citoyens seulement, sur le champ de bataille. Je me retirai alors à Cholet, sur la place du Château, que j'avais indiquée pour lieu de ralliement. Je n'y rencontrai que Retailleau avec quelques hommes armés de piques ; ils gardaient les pièces d'artillerie disposées sur les rues qui conduisaient au château. Au même endroit, je rencontrai néanmoins Déha et Loiseau, maréchaux de logis de mon régiment, qui rallièrent quinze à vingt dragons, lorsque les révoltés entrèrent dans la ville, j'essayai de leur opposer ces quinze à vingt dragons ; mais ce peloton se divisa sur-le-champ, sans que je pusse en tirer parti. Alors je les suivis sur la route de Nantes, où je les arrêtai près la maison de la Treille.

En cet endroit, je retrouvai quarante des miens et un peu plus loin dix à douze. Enfin à quelque distance de là, j'aperçus devant moi d'autres dragons qui continuaient la route de Nantes, et je crois que ceux-là sont dans cette dernière ville. Pour moi, je ne suivis pas cette route, mais au contraire je me repliai sur Beaupréau, en passant sur les communes de la Séguinière, Saint-Léger et près d'Andrezé. Je me déterminai à me retirer sur Beaupréau, parce que j'avais reçu un ordre, daté du 11 mars, de Boisard, d'envoyer vingt-cinq cavaliers à Beaupréau et vingt-cinq autres à Saint-Florent-le-Vieil. Arrivé à un quart de lieue de Beaupréau, sur les onze heures du soir, je fus rencontré dans un chemin creux par des hommes à cheval, sur lesquels l'avant-garde cria : Qui vive ? Ils répondirent : Amis. Ils me demandèrent ce qu'il y avait de nouveau à Cholet ; ce à quoi je ne donnai aucune réponse, et je demandai au contraire à quelle distance j'étais de Beaupréau. Ils me répondirent : "Vous voilà rendus", et continuèrent leur chemin. Ayant avancé, et la marche des chevaux ayant été entendue, je me vis entouré d'un nombre considérable de révoltés, qui bordaient le chemin et demandèrent le commandant. Alors je me fis connaître et demandai à parler au maire. On me répondit qu'on allait me conduire devant lui. En effet, on me conduisit au château devant cinq ou six individus, présidés par un chevalier de Saint-Louis, que j'ai su depuis se nommer Duhoux d'Hauterive, beau-frère de d'Elbée, chef des révoltés. Parmi ces individus, je vis un homme, que j'ai su depuis se nommer Derortais et un autre nommé Cady. On me présenta à celui-ci, en me disant que c'était le maire. Alors les uns et les autres m'interpelèrent sur le lieu d'où je venais, ce que j'y étais allé faire et quelle était la troupe que je commandais. A la fin, on me fit passer à la cuisine ; on me fit donner à manger, ainsi qu'à trois dragons qui m'avaient suivi. De là, on me conduisit chez Cady, maire, où se trouva d'Elbée, lequel me dit que j'avais affaire à des braves gens, d'être tranquille. Ensuite on me conduisit chez le médecin Brunet, où je couchai.

Avant de quitter le château, les particuliers qui composaient le Comité, m'avaient dit que mes hommes et mes chevaux étaient logés et qu'on en aurait bon soin. Le lendemain (15 mars), d'Elbée et le maire Cady vinrent me trouver et me prièrent de les accompagner pour rassembler ma troupe, ce que je fis, et mes dragons furent placés au collège de la ville ; ils avaient été désarmés et on avait disposé de leurs chevaux. Ensuite d'Elbée me ramena chez Brunet, où je suis toujours resté pendant ma détention, sans pouvoir communiquer avec mes dragons, qu'accompagné d'un membre du Comité ou de quelqu'un des leurs. Même, dans la dernière huitaine, il ne m'a pas été possible de les voir. Je n'ai point sorti de chez Brunet ; on ne m'a jamais dit que je fusse prisonnier ; on m'a ôté mon cheval et mes pistolets, mais on m'a toujous laissé mon sabre. Je n'ai sorti que trois ou quatre fois, et, à chaque fois, j'étais accompagné et toujours pour aller voir ma troupe ; elle se plaignait vivement d'être détenue, et je lui répondais que si elle avait suivi mon exemple, elle ne serait pas dans cette position.

Après la défaite des révoltés à Chemillé, le Comité de Beaupréau fit conduire les patriotes prisonniers et les dragons à Cholet. Alors Duhoux d'Hauterive vint me trouver et me dit : "Il faut venir avec nous ; on vous rendra votre cheval et vos pistolets ; vous ne serez point attaché". Ma seule réponse fut : "Tout ce que vous voudrez" ; mais avec l'intention de m'évader aussitôt que je pourrais (15 avril). Peu de temps après, Bonchamps écrivit à Brunet et à une garde placée à peu de distance de la maison, qu'ils pouvaient me laisser sortir et me laisser suivre le porteur de la lettre. Aussitôt, on me remit mon cheval et deux pistolets ; on me conduisit à Gesté dans l'appartement de Bonchamps. Deux jours après, Bonchamps partit pour Montfaucon avec sa troupe et m'emmena avec lui. De Montfaucon il alla le lendemain à Cholet, pour conférer avec les autres chefs des révoltés, et alors il n'était accompagné que de huit cavaliers en me comprenant. Cette conférence n'eut pas lieu, parce que ce jour il y avait une action entre les révoltés et les patriotes du Bois-Grolleau (le siège du Bois-Grolleau dura depuis le 18 jusqu'au 20 avril). C'était La Rochejaquelein qui commandait les contre-révolutionnaires de cet endroit. Le soir, il vint avec Bonchamps à Montfaucon. Ils en repartirent deux jours après, pour retourner à Gesté. De Gesté, ils allèrent à la Chapelle-du-Genêt, et, dans le même jour, à Beaupréau, que les patriotes avaient abandonné et qui était resté au pouvoir de La Rochejaquelein et des siens (23 avril) et de Beaupréau ils allèrent à Jallais, de Jallais à Chalonnes, où il y eut une action (25 avril), enfin de Chalonnes à Chemillé et de Chemillé à Vihiers. De là, ils se mirent en route pour Argenton-Château. Me trouvant à côté de Bonchamps, qui marchait en tête avec son escorte, et ne connaissant le chemin ni les uns ni les autres, je dis à Bonchamps que j'allais chercher un guide dans la colonne. J'allai jusqu'à la queue de cette colonne, et dans un moment où je crus n'être pas aperçu, je pris un chemin détourné que je croyais conduire à la grande route, à laquelle j'arrivai en effet ; et je me rendis à toute jambes à un village, où je rencontrai des patriotes, dont le commandant lui-même me mena à Doué sur la demande que je fis, en disant que j'étais un prisonnier échappé des mains des révoltés. En effet, le général Leygonier me reconnut et m'a fait faire pendant deux jours le service d'aide de camp.

Tous ces contre-révolutionnaires qui précédemment étaient divisés en plusieurs bandes, sont en ce moment réunis, à l'exception de trois mille hommes, qui sont du côté du Loroux-Bottereau, commandés par d'Ésigny et par le fils d'un chevalier de Saint-Louis nommé Fresneau, demeurant commune de Vallet. On m'a dit que le nombre de ces contre-révolutionnaires est d'environ trente-cinq mille hommes, dont une grande partie fort mal montés, vingt pièces d'artillerie mais très peu de poudre, et sept à huit mille fusils. Je sais qu'il y a des patriotes prisonniers à Montjean et à Tiffauges, et ils doivent par conséquent avoir encore des forces en ces endroits. On ne m'a fait aucune proposition de grade ; on m'a simplement ordonné de suivre, ce que j'ai fait, ne pouvant faire autrement. Bonchamps m'a seulement demandé si j'avais des besoins, je l'ai refusé et n'ai rien reçu de personne que la nourriture. On m'a souvent proposé de quitter mon uniforme ; ce que j'ai constamment refusé. (Vendée Angevine, II, 358)

L'Anjou Historique - Janvier 1941 - A41


 

GUERARD

 

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02 janvier 2017

LE LONGERON - GESTÉ (49) - BONVALET JACQUES-MARIE, ADJUDANT-MAJOR (1764 - 1835)

 

GARS DU LOROUXZZ

 

BONVALET Jacques-Marie

Né le 2 novembre 1764 au Longeron.

 

Bonvallet naissance

 

En 1782, il entra dans le Royal-Infanterie. Congédié en 1790, il revint dans l'ouest et s'installa à Gesté (Maine-et-Loire).

En mars 1793, il prit la tête de la révolte vendéenne dans sa région et participa à la prise de Clisson.

Rapidement remarqué pour ses qualités, il devint un important officier d'état-major de l'Armée Catholique et Royale, luttant sous les ordres directs de Cathelineau et de d'Elbée.

En juin 1793, il s'illustra à l'attaque de Nantes et, le 17 octobre, il combattit à Cholet. Traversant la Loire à la suite de la Grande Armée, il fit la Virée de Galerne, se distinguant au combat de la Croix Bataille en octobre, où il fut blessé.

En décembre, il échappa au massacre de Savenay, où il fut une nouvelle fois blessé, et revint en Vendée.

Capturé peu de temps après avoir traversé la Loire à Varades, il fut conduit à Montjean et condamné à mort. Parvenant à s'évader, il se cacha dans les environs mais fut dénoncé. Il parvint encore à s'enfuir. 

Ayant rejoint Stofflet, il fut blessé à ses côtés en 1794, à Challans, et laissé pour mort sur le champ de bataille. Il réussit finalement à regagner l'Anjou et Stofflet, qui le nomma adjudant-major et instructeur de la division du Loroux. Il lutta jusqu'en 1796. Reprenant les armes en 1799, il fut blessé et capitula en 1800.

 

Bonvallet signature

 

De retour à Gesté, il devint cordonnier, puis maître d'école et adjoint au maire.

En 1815, il s'engagea à nouveau dans la révolte.

Il mourut à Gesté le 18 décembre 1835.

 

Bonvallet décès

 

Extrait : Vendéens et Républicains dans la Guerre de Vendée - Frédéric Augris - tome I - 1993


 

Bonvallet état de services

 

En marge de ses états de services, on dit ceci de lui :

Cet officier vendéen est instituteur sans fortune et n'a d'autre ressource que son école pour faire vivre sa femme et trois enfants de dix qu'il a eu : et ne voit presque pas de l'oeil gauche, suitte des misères qu'il a essuyées, il a perdu dans la guerre tout son avoir en mobilier ; il a été pris par les républicains en repassant la Loire, conduit de cachot en cachot, il s'est sauvé comme on le fusillait à Saint-Florent, son chapeau, lui, a été emporté de dessus sa tête et percé de balles ; à Challans, il fut blessé, et resta dans un fossé comme mort pendant 24 heures ; son épouse a été 8 mois emprisonnée à Nantes et fut obligée de se dire veuve pour éviter la mort. Il est fils de René-Julien qui a servi 33 ans 4 mois comme lieutenant et qui a eu pour retraite du Roi le bureau à tabac de Gesté, qu'il a perdu par l'effet de la Révolution.

Certificat des officiers de santé :

Nous, officiers de santé, soussignés, à Gesté, arrondissement de Beaupréau, département de Maine-et-Loire,
Certifions que Jacques-Marie Bonvalet, âgé de 61 ans, a à la partie externe du coude gauche une cicatrice large comme un écu de trois livres et qu'il se plaint de douleurs dans le bras et la cuisse gauche. Nous certifions en outre que le dit Bonvalet a un épaississement de la cornée transparente de l'oeil gauche dont il voit peu.
Gesté, le 29 mai 1827
Signé MM. Menaud et Cady
Vu pour légalisation de la signature de MM. Cady et Menaud, officiers de santé à Gesté.
Le 31 mai 1827.
Armand de la Blotais

 

Bonvalet congé militaire

 


 

Détails de ses campagnes :

A Messieurs les Membres composant la Commission chargée de répartir les pensions vendéennes.

Messieurs,

Le sieur Bonvalet Jacques-Marie demeurant à Gesté,

A l'honneur de vous exposer :

Que dès avant la Révolution et sous le règne de l'infortuné Louis XVI, il servait le Roi au régiment royal Infanterie ;

Que lors du premier rassemblement qui eut lieu dans la Vendée, le 10 mars 1793, il se trouva à la tête de plusieurs communes ; qu'il continua cette guerre en qualité d'officier jusqu'au 23 juin 1794, jour où il fut promu par le général Stofflet, au grade d'Adjudant-Major de la Division du Loroux.

C'est en cette qualité que l'exposant a fait toute la guerre de la Vendée, sur l'une & l'autre rives de la Loire.

C'est en qualité d'Adjudant-Major de la Division du Loroux, qu'il a fait la campagne d'outre-Loire, qu'il a assisté au terrible combat de Laval où il reçut une balle au bras gauche.

C'est en qualité d'Adjudant-Major de la Division du Loroux, qu'il était à l'attaque de Challans, où il fut blessé d'une balle à l'épaule gauche.

C'est en qualité d'Adjudant-Major de la Division du Loroux, qu'après le passage de la Loire, il a été fait prisonnier au Mesnil, fusillé à Saint-Florent, sur le plateau où se rattachent tant de souvenirs, c'est là que les balles ont criblé son chapeau, coupé les cordes avec lesquelles il était garroté et que de dix-sept victimes, il est resté seul, s'est échappé à la faveur de la nuit & des broussailles qui couvrent en cet endroit le bord presqu'inaccessible de la Loire.

Son père, en qualité de lieutenant, a servi honorablement trente-trois ans sous Louis XVI.
Son épouse a été incarcérée comme femme d'officier vendéen et n'a dû sa liberté qu'à la mort supposée de l'exposant, son mari.

Il a perdu dans la guerre de la Vendée deux frères, deux neveux, deux nièces & tout son avoir.

Malgré son âge & ses infirmités, il partagea les fatigues et les dangers de la campagne de 1815.

Tels sont les faits de notoriété publique, et attestés par la signature des chefs des deux guerres de la Vendée.

Et pourtant, Messieurs, qu'elle a été jusqu'à présent la récompense de tant de dangers & de si grands services d'un Adjudant-Major de Division ?

Cinquante francs de secours
ou plutôt d'aumône !!!!

Eh bien ! malgré son extrême misère, malgré l'excès de sa douleur, il ne lui est jamais échappé d'autres plaintes que ce cri toujours vendéen : Vive le Roi quand même !

Il a été entendu du Monarque. Ce cri de détresse des Vendéens, son coeur en a été ému, il vient à leur secours.

C'est à vous, Messieurs, Justes Dispensateurs de ses bienfaits, qu'il est réservé d'alléger les maux de vos compagnons d'armes.

C'est lorsque de toutes parts, on s'empresse de fermer les dernières plaies de la Révolution,

C'est au moment où l'huile sainte va couler sur le front d'un petit-fils de Saint-Louis,

Que vous verserez sur nos cicatrices un baume salutaire,

Et alors, tous les Français, rendus au bonheur, élèveront vers l'Eternel, un concert de bénédictions pour leur père chéri, pour leur Roi bien aimé.

Tels sont les sentiments que vous supplie d'agréer,

Messieurs,

Votre très-humble et très obéissant serviteur,

J. BONVALET

A Gesté, le 20 mai 1825.


 

JEANNE RAGUENEAU, sa femme

Fille de Gabriel Ragneau [Ragueneau] et de Marie Gaborit, Jeanne est née le 20 février 1769 à Villedieu-la-Blouère.

Elle est décédée à Gesté, le 14 mars 1837.

 

Bonvallet Ragueneau naissance

 

Bonvallet Ragueneau décès

 

Commission Militaire Extraordinaire Révolutionnaire
La Liberté ou La Mort
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, UNE ET INDIVISIBLE,
Les Président et Membres composant la Commission Militaire Extraordinaire et Révolutionnaire, établie près l'Armée de l'Ouest par les Représentants du Peuple et le Comité de Salut Public, séante à Nantes.

En vertu de leur jugement rendu, le dix-neuf fructidor, mettent en liberté Jeanne Raguenau veuve Bonvalet, âgée de 26 ans, de Gété, district de Cholet, attendu qu'il n'existe sous les yeux du tribunal aucune pièce qui puisse légitimer une plus longue détention ; à la charge par elle de notifier la présente expédition de jugement à l'Administration du Département de la Loire Inférieure séant en cette commune qui déterminera le lieu de sa résidence, en se conformant aux arrêtés du Comité de Salut Public et du Représentant du peuple, près l'armée de l'Ouest, relativement à l'évacuation de la Vendée.

Délivré à Nantes, le vingt fructidor l'an 2ème de la République française, une & indivisible. (6 septembre 1794)

Bonvalet - libération de sa femme signatures

 

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