La Maraîchine Normande

17 novembre 2017

FAVERAY-MACHELLES (49) AIRVAULT (79) - PIERRE-RENÉ-FRANÇOIS FLEURIOT DE LA JUMERAYE, CURÉ DE CHANTELOUP

PIERRE-RENÉ-FRANÇOIS FLEURIOT DE LA JUMERAYE

Faveraye-Machelles z

Fils d'Ignace-Pierre Fleuriot, Écuyer, Seigneur de la Jumeraye, et de Marie-Madelaine Boisard de la Pinière, Pierre-René-François est né à Faveraye-Machelles (49) le 21 janvier 1740. 

Fleuriot baptême z

La Jumeraie, Commune de Faveraye-Mâchelles : Ancien fief relevant de Cernusson. Le manoir fut reconstruit vers 1630. Il appartenait à Robert de Loisellière en 1442, à René Lebascle en 1531 ; puis au XVIIème et XVIIIème siècle à la famille Fleuriot. Il fut vendu en 1787 à M. de La Paumelière.

Noble d'extraction, esprit lettré et ardent patriote, Fleuriot prêta le serment constitutionnel de 1791, le serment Liberté-Égalité de 1792, le serment de haine de 1797 et la promesse de fidélité de l'an VIII.

Son serment fut catégoriquement désavoué par l'ensemble de la population qui bouda alors la messe dominicale et préféra assister aux offices dans les paroisses voisines encore dirigées par des prêtres réfractaires. Pour les sépultures, ce fut la même chose : quand on faisait appel à ses services, seuls ses deux servantes, le chantre Jacques Brossard ou bien le sabotier et maire de la commune, René Bonnet, acceptaient de servir de témoins.

Notons que jusqu'au mois de septembre 1790, ses actes étaient signés "Fleuriot de la Jumeraye" ; après cette date, il signait tout simplement "Fleuriot".

Fleuriot de la Jumeraye signature z

Fleuriot curé signature z

Si l'on en croit le seigneur d'Étrie, M. d'Azay, l'abbé Fleuriot se serait livré à des démonstrations indignes de sa condition de prêtre.

"Le 23 juin 1791", nous apprend-il, "jour de la fête Dieu, M. le curé ayant fait publier le procès-verbal de la nomination de l'Evêque de St Maixant, après avoir dit publiquement quelque temps auparavant qu'il ne le reconnoîtrait pas plus évêque que son chien. Voyant des principes aussy opposés, nous avons cessés dy entendre la messe le vendredy 24 juin nous y croyant autorisés par le décret qui rend libre les opinions religieuses voulant vivre et mourir dans la religion catholique romaine.

Depuis cette époque, le curé outré de ce nous nallions plus à la messe à Chanteloup s'est répandu en invectives atroces. Le 15 juin 1792, jour de la Notre Dame, il a fait mettre le scellé sur la porte de la chapelle de Lavau-Richer.

Le dimanche 28, à l'issue de Vêpres un fusil sur l'épaule et jurant comme un charretier embourbé ou qui plus est comme un payen il a présidé et fait sortir tous les bans du choeur, de la nef de l'église et de la chapelle de St Pierre le panneau qui étoit sur le tableau de laditte chapelle, il a tiré et fait tirer des coups de fusil dedant et ensuite il a fait brûler le tout, il a dansé autour du feu avec des imprécations qui ont fait dresser les cheveux de plusieurs assistants, il a ensuite donné 6 livres pour boire à ses complices. Le lendemain 29 il a fait détruire le panneau généalogique du principal vitrail et les armes qui estoit sculptées sur le grand autel."

1791 - AFFICHE POSÉE SUR LA PORTE PRINCIPALE DE L'ÉGLISE DE CHANTELOUP PAR PIERRE FLEURIOT DE LA JUMERAYE, CURÉ DE CHANTELOUP

Le Curé, ci-devant noble a écrit sur la porte l'épigraphe suivante :

Anathème éternel à celui qui a eu l'incalculable malheur de refuser à Dieu et à la patrie le plus juste et le plus saint des serments. Défense à tous malheureux aristocrates, soit mâles soit femelles, soit à pied soit à cheval, soit même en carrosse de ne jamais mettre les pieds à la cure.
O mon bon ange, préservez-moi à jamais de tels monstres.

Fleuriot, curé de Chanteloup.

En 1793, l'armée vendéenne chassa Fleuriot de Chanteloup ; il fut obligé de se réfugier à Soulièvres près d'Airvault où il remplit les fonctions de curé de la paroisse : "Mais hélas ! Les variations de ma santé jointes à mon âge qui tend à graviter vers le centre, le misérable état où m'ont réduit les énergumènes de la Vendée et surtout le besoin toujours instant qu'on a ici de mon ministère m'enchaîne nécessairement à cette place", écrit-il quelque temps plus tard.

L'abbé Fleuriot mourut à Airvault le 21 nivôse an XII (12 janvier 1804), à l'âge de 64 ans.

 

Fleuriot décès z

 

Une paroisse du bocage bressuirais au XVIIIe siècle - Pascal Paineau - 1986

Article du Journal des Deux-Sèvres, n° XXXIV, du 1er septembre 1791

AD49 - Registres paroissiaux de Faveraye-Machelles

AD79 - Registres d'état-civil d'Airvault

 

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POUZAUGES - LA CHÂTAIGNERAIE (85) - JEAN-ANDRÉ ROUSSEREAU, PRÊTRE ASSERMENTÉ (1740 - 1825)

Pouzauges album vendéen z


M. JEAN-ANDRÉ ROUSSEREAU

Vicaire à Saint-Pierre-du-Chemin, de janvier 1767 à février 1779 ; 

Roussereau signature z

Curé de Pouzauges du 23 avril 1779 au 30 novembre 1792.

 

Roussereau signature Pouzauges z

 

Fils de Jean-Baptiste Roussereau et de Jeanne Sicaud, Jean-André est né à Fontenay-le-Comte, paroisse Notre-Dame, le 27 novembre 1740, et baptisé le lendemain.

 

Roussereau baptême z

 


La tradition en parle comme d'un homme peu sérieux. On cite de lui un fait qui le prouve :

"Quand il était en retard pour la grand-messe du dimanche et que le choeur avait terminé l' "Introït" et le "Kyrie", il mettait la tête à la porte de la sacristie et entonnait le "Gloria", assaisonné de quelques colibets, pour se donner le temps de s'habiller."

Aussi, la Constitution civile du Clergé le trouve bien faible. Il a le malheur de prêter serment et d'exercer le ministère schismatiquement jusqu'au 30 novembre 1792, date du dernier acte qu'il signa ; il s'agit de la sépulture du citoyen Louis Mazalrey, caporal de la Garde nationale et membre du Conseil général de la commune, âgé d'environ 53 ans.

Roussereau z

En 1793, il est infidèle aux engagements de son sacerdoce. Nous le voyons alors figurer sur la liste des Commissaires pour le Gué-de-Velluire établie le 30 octobre 1795 par Dominique Dillon, ex-curé du Vieux-Pouzauges et Président de l'Administration centrale de la Vendée.

En 1803, il se rétracte, prête le serment de fidélité au Concordat et est nommé desservant de Benet.

En septembre 1813, il a 73 ans. Fatigué, il se retire à la  Châtaigneraie. Il y vécut en bon prêtre habitué jusqu'à sa mort survenue le 9 novembre 1825, à l'âge de 85 ans.

Décès Roussereau

 

Pouzauges par Clément Blandin - Tome I - Ses paroisses - 1961

AD85 - Registres paroissiaux de La Châtaigneraie, de Fontenay-le-Comte et de Saint-Pierre-du-Chemin

Album Vendéen - T. Drake - Albert Lemarchand

 

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14 novembre 2017

ROUEN (76) - TOURS (37) - JACQUES-LOUIS DELABROSSE DIT FLAVIGNY, ADJUDANT-GÉNÉRAL (1759 - 1805)

JACQUES-LOUIS DELABROSSE DIT FLAVIGNY


Né à Rouen, paroisse Saint-Martin-sur-Renelle (Seine-Inférieure, aujourd'hui Seine-Maritime) le 13 janvier 1759, fils de Jacques, passementier, et de Marie-Anne Dupont ; marié à Julie-Victoire Guiard le 4 janvier 1794 à Tours, divorcé à Tours le 9 frimaire an XIII - 30 novembre 1804.

 

naissance paroisse St-Martin-de-Renelle z

 

Engagé volontaire entré au service le 26 avril 1776 comme soldat au régiment de Poitou, caporal le 1er août 1781, sergent le 30 juin 1783 et sergent-major le 7 juin 1784 au même régiment devenu en 1791 25ème régiment d'infanterie, sous-lieutenant le 12 janvier 1792 puis lieutenant le 1er mai 1792, il a fait campagne à l'armée du Nord, affecté au 4ème bataillon de volontaires nationaux de la formation d'Orléans ; le 22 mai 1793, il est nommé, à titre provisoire, adjudant général chef de bataillon par les représentants du peuple en mission dans l'ouest le 3 octobre et est blessé à l'affaire de Châtillon-sur-Sèvre le 8 octobre 1793.

Employé à Libourne par le représentant du peuple en mission Garreau, pour l'encadrement des troupes du département de la Gironde, le 5 mai 1794 adjudant général chef de bataillon en fonctions à l'armée des Pyrénées Occidentales. Chef de brigade de la demi-brigade de Paris-et-des-Vosges le 8 juin 1795 puis adjudant général chef de brigade le 13 juin 1795, il est admis au traitement de réforme le 12 octobre 1795.

Remis en activité dans son grade à l'armée des Côtes de Cherbourg le 2 janvier 1796 puis à l'armée d'Italie le 18 février 1797, il sert en qualité de chef d'état-major du général Rey, commandant la 4ème division active puis la 6ème division de cette armée et est mis le 7 novembre 1800 à la disposition du général Sahuguet commandant une expédition en cours de préparation à Brest.

Accusé d'avoir commis des actes arbitraires envers les habitants de la Haute-Maurienne et d'avoir abusé de l'autorité qui lui avait été confiée pour activer les transports des équipages de l'armée de réserve dans son passage au-delà des Alpes, il est arrêté à Brest pour être jugé par le conseil de guerre permanent de la 7ème division militaire siégeant à Grenoble. Il est acquitté le 13 juillet 1801 à l'unanimité des inculpations dirigées contre lui et est remis en liberté sur le champ.

Non compris le 3 août 1801 dans la liste des adjudants commandants maintenus en activité de service pour l'an X, il est admis au traitement de réforme de son grade à compter du 23 septembre 1801.

Jacques-Louis Delabrosse-Flavigny est décédé à Tours (Indre-et-Loire), rue de Richelieu, n° 18, le 14 floréal an XIII - 4 mai 1805, à l'âge de 45 ans.

 

Décès Tours z

 

QUELQUES DOCUMENTS CONCERNANT FLAVIGNY

Du 2 février 1794 :
Le représentant Carrier au général en chef (Nantes)
"Je te préviens, général, qu'une brigade de la division du général Cordellier, sous les ordres d'un adjudant-général nommé Flavigny, a trouvé dans sa route un rassemblement de brigands ; qu'à la première vue de ces scélérats notre brigade s'est mise en déroute, sans brûler une amorce, s'est repliée jusqu'à Nantes, et voulait absolument y entrer hier soir. L'entrée lui a été refusée, et Vimeux lui a donné l'ordre de se rendre ce soir au Loroux. L'adjudant-général se plaint des soldats, ceux-ci se plaignent de l'adjudant-général. Trop malade pour prendre connaissance de cette déroute vraiment inconcevable, je t'en laisse le soin. Punis, punis, je t'y invite les traîtres et les lâches. Il est étonnant, il est humiliant que des républicains aient lâchement fui devant un rassemblement de brigands sans artillerie et dont la plupart n'avaient point de fusils. Justice, justice sévère ! ..."

De l'an II à l'an III, une information judiciaire est ouverte contre le général Turreau et les généraux Cordellier, Duquesnoy, Huché, Flavigny, Crouzat et Grignon « prévenus d’actes arbitraires en Vendée ».

Le 17 prairial an II - 5 juin 1794 - Un des représentants à l'armée des Pyrénées occidentales écrit de Sainte-Foy, à Carnot, membre du Comité de Salut public et lui dit ceci à propos de Flavigny :
"Flavigny, ancien soldat et puis capitaine au ci-devant régiment de Poitou, adjudant général chef de bataillon à l'armée de l'Ouest, est venu avec moi pour conduite le détachement qui se rend de cette armée aux Pyrénées occidentales ; c'est un sans-culotte dans toute la force du terme et bon militaire ; il conviendrait de le retenir dans cette armée ..."

- Blessé le 14 prairial an IV (2 juin 1796) lors d'une rencontre avec les Chouans, entre La Perrière du Lion-d'Angers et Marans.

- En 1796, le général Flavigny, exaspéré de ne recevoir aucune réponse à ses rappels successifs, écrivit tout bêtement au général Bonaparte ce billet, que les usages des temps révolutionnaires expliquent s'ils ne l'excusent :

Citoyen général,
Tes lapins manquent de pain ;
Pas de pain, pas de lapins,
Pas de lapins, pas de victoires.
Ainsi donc veille au grain.
Et n...i... ni
C'est fini !
...
FLAVIGNY

 

Flavigny signature

 

ARMÉE D'ITALIE

Quelques fragments sur la présence de Flavigny en Italie ...

FLAVIGNY - Division de l'est - Commandant la partie du Piémont depuis la rive droite du Tanaro jusqu'aux confins des Etats de Plaisance, Civa, le haut Montferrat, l'Alexandrie, le Tortonais ; etc. ; quartier général à Alexandrie.

1799 - "Grouchy et Flavigny, qui avaient occupé Nizza la Paglia, conduisaient, le 2 mars, une troupe nombreuse devant Acqui. Ils se trouvaient les portes fermées, les insurgés sur la défensive. Trois sommations faites au syndic ou maire étant restées sans réponse, les Français pénétraient par l'assaut, dans la vieille ville ; 357 rebelles étaient pris et fusillés ; du lieu d'exécution, élevé, le sang coulait dans les rues en pente. Dans ce sang, les vainqueurs et les soldats délivrés piétinaient, et les habitants étaient, pour leur complicité dans la révolte, frappés de contributions. Strevi, qui avait fourni un fort contingent de rebelles, était saccagé et brûlé ..."

Flavigny ordonna la fusillade des prisonniers de Strevi.

 

Strevi z

 

Un placard annonça aux habitants de la province d'Acqui la quasi-exécution militaire dont fut victime la ville de Strevi, qui s'était révoltée contre l'occupation française du Piémont : après avoir abattu l'arbre de la liberté, malmené les notables pro-français, la commune se mit en état d'insurrection, et menaça de mort les émissaires envoyés prêcher l'apaisement. Grouchy, nommé commandant militaire du Piémont annexé, se rendit sur les lieux et ordonna l'incendie de la ville, conformément à une politique d'extrême rigueur qu'il avait suivie depuis sa prise de commandement, et qui lui fut d'ailleurs reprochée par les contemporains : "Strevi, livré aux flammes vengeresses, vous montre le sort qui attend toute commune qui attenteroit à la vie d'un Républicain"


"Au quartier général d'Alexandrie, le 20 janvier 1799. - Le commandant de la place Vital, aux officiers municipaux de la commune d'Alexandrie.
Je vous préviens, citoyens, qu'en conséquence des ordres de l'adjudant-général Flavigny, il sera célébré demain, dans cette place, l'anniversaire de la mort du dernier roi des Français, et que, pour mettre plus d'ensemble à cette célébration, je vous invite à y assister, afin d'y donner par votre présence plus d'éclat et plus de solennité.
Je vous prie de référer la présente aux autres autorités constituées de cette commune, en les invitant de coopérer à cette fête. J'aime à me persuader d'avance de l'enthousiasme avec lequel vous y assisterez et de la pompe que vous y apporterez pour la rendre plus frappante que faire se pourra aux yeux de tout le peuple.
Vous voudrez bien pareillement inviter le commandant de la Garde nationale à fournir 50 hommes pour le même but." (Centenario della Battaglia di Marengo, 1er vol., p. 194)

- 26 Germinal an VIII (16 avril 1800), l'adjudant Flavigny commande au Mont-Cenis.

 

Strevi carte z

 




 

Sources :

Dictionnaire des chefs de brigade, colonels et capitaines de vaisseau de Bonaparte, Premier consul, de Danielle et Bernard Quintin, édition SPM, 2012.

Les campagnes de 1799 - Souvarow en Italie par Edouard Gachot - 1903.

La Tour d'Auvergne, premier grenadier de la République - Emile Simond - 1899.

Collection des mémoires relatifs à la Révolution française, volume 55 - 1825

Campagne de l'armée de réserve en 1800 par le capitaine de Cugnac - 1900-1901

Mémoires du maréchal de Grouchy - Volume 1 - 1873

Recueil des actes du Comité de Salut public ... - Tome 14 - F.A. Aulard

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CLERMONT-FERRAND (63) - UN REGISTRE D'ÉTAT-CIVIL DE L'ANNÉE 1793

UN REGISTRE D'ÉTAT-CIVIL DE L'ANNÉE 1793

 

état civil, Clermont F z

 

Si on faisait un recueil des excentricités de l'histoire de France, des faits singuliers, bizarres, extraordinaires qu'on peut y signaler, on y verrait certainement figurer la campagne menée sur la fin de l'année 1793 contre les noms et les prénoms.


La Constituante avait supprimé les titres, les armoiries, les livrées. Elle avait interdit aux citoyens de prendre d'autres noms que leur nom patronymique. Il semblait que ces prescriptions démocratiques dussent satisfaire les révolutionnaires les plus exigeants, même sous la Convention. Il n'en fut rien. D'autres appellations subsistaient, qui choquaient leurs oreilles en rappelant par leur signification ou leur origine l'époque de la tyrannie des rois, de la puissance de la noblesse, de la superstition religieuse et des inégalités sociales. On déclara la guerre à ces appellations, et on voulut soumettre à une épuration sévère tous les noms, noms de lieux et noms de personnes.

Mise en demeure de s'expliquer sur cette croisade d'un nouveau genre, la Convention, au lieu de rendre un décret en forme, se borna à donner son adhésion, en quelque sorte incidemment, par un ordre du jour. A la séance du 24 brumaire an II (14 novembre 1793), une ci-devant religieuse mariée à un prêtre ayant sollicité l'autorisation d'ajouter à son nom celui de Liberté, Merlin demanda qu'il fût passé à l'ordre du jour, disant que la liberté et l'égalité appartiennent à toute la République, que tous les Français doivent les aimer, mais que personne n'en doit prendre le nom. Tout en réclamant aussi l'ordre du jour, c'est-à-dire en proposant à la Convention de ne pas légiférer sur une pétition de cette nature, le représentant auvergnat Romme, l'un des pères du calendrier adopté, fit valoir d'autres motifs. "Je pense, dit-il, que chacun est libre de prendre le nom qui lui plaît le mieux. Si la Convention consacrait des exceptions motivées selon l'avis de Merlin, il faudrait mettre à l'index la liste des vertus civiles et morales, ce qui serait une violation de la liberté." Et la Convention, se laissant convaincre, adopta l'ordre du jour de Romme et reconnut que "chaque citoyen a la faculté de se nommer comme il lui plaît, en se conformant aux formalités prescrites par la loi".

Quelles étaient ces formalités ? La Convention ne les indiqua pas et pour cause. La faculté reconnue aux citoyens étant absolument nouvelle, les lois et les édits anciens ne pouvaient fournir de précédents pour un cas qu'ils n'avaient pas prévu.

Ne trouvant pas sur ce point dans l'ordre du jour de la Convention des dispositions précises, chaque révolutionnaire procéda à sa guise.

En remplacement des prénoms inscrits sur les actes de baptêmes ou naissances, on s'affubla de noms de prétendus républicains grecs, romains ou français, ou de nom de personnages connus par quelque acte hostile à la tyrannie. Et ces prénoms nouveaux, les uns vinrent les déclarer soit à la commune, soit au district ou au département, soit moins officiellement au sein de la société populaire ; les autres, sans se préoccuper d'une déclaration quelconque, les accolèrent purement et simplement, sans autre formalité, à leur nom de famille. Quelques-uns, des outranciers, ne se bornèrent même pas aux prénoms. Leur nom de famille se trouvant avoir une couleur aristocratique ou religieuse, ils se hâtèrent de s'en débarrasser comme d'un insigne honteux et compromettant, ou bien ils le défigurèrent par des mutilations ou par un badigeon plus en harmonie avec leur foi révolutionnaire.

On a dit que tous ces changements de noms étaient le résultat d' "un mouvement parti des couches profondes de la nation". L'affirmation n'est pas exacte. Autrement, comment expliquer que ce mouvement n'ait point gagné les populations rurales c'est-à-dire la majorité de la nation ? Comment expliquer que dans les villes même, il ait été très restreint ? Comment expliquer enfin que sa durée ait été aussi éphémère ?

Ce mouvement ne fut pas davantage le résultat d'un mot d'ordre, d'un plan général concerté d'avance. Personne à proprement parler n'en fut l'initiateur. Il éclata en quelque sorte spontanément et simultanément dans la plupart des villes de France. Au milieu des circonstances identiques, sous l'action des mêmes causes, des mêmes précédents, il n'est pas étonnant que les mêmes effets se produisent.

La royauté avait disparu. Le culte catholique était aboli, la féodalité anéantie. Dans toutes les provinces on avait fait table rase des institutions établies ; on avait fermé et dépouillé les églises, brûlé les titres et jeté bas les emblèmes qui se rapportaient à la noblesse ou à la religion. Et cependant les démolisseurs, les destructeurs n'étaient pas pleinement tranquillisés. Ils regardaient autour d'eux, et, en vigies prudentes et circonspectes, ils cherchaient à s'assurer si, plus ou moins prochainement, leur sécurité ne serait pas menacée, si leur marche ne risquait pas d'être entravée par quelque écueil ignoré, par quelque épave, si mince qu'elle fût, échappée au naufrage de l'ancien régime.

Le rapport que Romme présenta à la Convention le 20 septembre pour la suppression du calendrier grégorien fut, comme la révélation d'une de ces épaves, d'un de ces vestiges dangereux dont il était indispensable de se débarrasser si l'on voulait ne pas retomber sous le joug de la superstition et de la royauté. Mais ce n'était pas assez que de chasser du calendrier les noms des saints et d'empêcher les nouveau-nés d'être placés comme auparavant sous le patronage de ces canonisés. Il parut à ces fanatiques qu'on devait proscrire l'usage de ces appellations maudites non-seulement pour l'avenir mais même dans le présent, et qu'il fallait de toute nécessité leur substituer d'autres noms capables d'inspirer à tous l'amour de la patrie, l'horreur des prêtres et la haine de la tyrannie, des noms s'accordant mieux en un mot à l'orthodoxie révolutionnaire.

Des changements, des additions de noms ou prénoms avaient eu lieu antérieurement sous l'influence de la peur ou de l'exaltation [Dans le deuxième bataillon des volontaires du Puy-de-Dôme formé en 1793, le capitaine d'une compagnie avait pris le nom d'Eleuthérophile et un de ses lieutenants, celui de Misobusile]. Mais c'est certainement à cette date que l'on peut placer le principal point de départ de la campagne antinominale.

Depuis quelque temps déjà diverses publications avaient d'ailleurs préparé les esprits à la possibilité d'une modification dans la nomenclature des saints du calendrier.

Sylvain Maréchal z

Sur la fin de l'année 1787, un athée, un libre-penseur, Sylvain Maréchal, voulant sans doute porter coup à un usage de la religion catholique, avait imaginé de publier un "Almanach des honnêtes gens" dans lequel il remplaçait les noms de saints catholiques par ceux de personnages illustres pris dans tous les pays et dans toutes les religions [voici par exemple quelques-uns des noms que Sylvain Maréchal place dans le mois d'avril : Le 1, Bayard ; le 3, Jésus-Christ ; le 6, Socrate ; le 7, Platon ; le 12, Bossuet ; le 15, Pindate ou Le Tasse ; le 20, Michel Cervantès ; le 21, Numa Pompilius ; le 24, Vincent de Paule ; le 25, Louis IX ; le 26, Marc Aurèle ; le 28, Shakespeare, etc.]. Ce livre bizarre aurait probablement passé tout-à-fait inaperçu ; mais un arrêt du Parlement du 7 janvier 1788 l'ayant condamné à être lacéré et brûlé par le bourreau, la curiosité publique fut naturellement éveillée. On lut la nouvelle nomenclature à Paris, on la lut dans les provinces. Ce fut une première impression.

Les années suivantes d'autres almanachs parurent, les uns visant à une réforme réelle du calendrier, d'autres purement satiriques et pleins de critiques, de jeux de mots et de plaisanteries plus ou moins spirituelles sur les noms des députés, mais les unes et les autres portant une main profane sur une nomenclature considérée jusque-là comme à l'abri de toute réforme.

Le "Calendrier du peuple franc pour servir à l'instruction publique, rédigé par une Société de philanthropes pour l'an II de la République" (Angers, an II), paraît avoir été l'oeuvre de gens sérieux et convaincus. Il ne se contentait pas de détrôner les noms des saints catholiques pour les remplacer par des noms de personnages célèbres, il changeait aussi le nom des mois et des jours, devançant ainsi le calendrier de la Convention auquel sur quelques point il servit probablement de modèle ; et il n'inscrivait dans chaque mois que des noms de personnages appartenant à une même catégorie. Ainsi Janvier devait s'appeler le mois des frimas et il ne devait figurer sous chacun de ses jours que des noms de législateurs, homme d'Etat, politiques, orateurs (ainsi : Lyeurgue, Solon, Charondas, Platon, Cicéron, Lhospital, Sully, Bossuet, Rousseau, Penn, Turgot, etc.). Février, le mois civique ou du serment ne devait avoir que des noms d'hommes vertueux (par exemple : Cincinnatus, Aristide, Phocion, Agis, Caton, Vauban, Dassas, etc.). Mars ou mois de la liberté, des noms de tyrannicides et amis de la liberté (ainsi entre autres : Brutus, Pelopidas, Sceaevola, Gracchus, Agrippa, Tell, Milton, Francklin, Lepelletier, etc.). Avril ou mois des fleurs des noms de femmes illustres, etc.

Cette même année 1793, à peu près au moment où la Convention accueillait la proposition de Romme sur la suppression du calendrier grégorien, Sylvain Maréchal reparut avec un almanach intitulé : Almanach des républicains pour servir à l'instruction publique. Dans cet almanach, comme dans celui des "Honnêtes gens" tous les saints du calendrier étaient supprimés et remplacés par des hommes plus ou moins célèbres. Dans le mois de Mars par exemple, le mois des pères, on voyait nommer côte à côte, Moïse, Virgile, le poète persan Saadi, Anacharsis, le Tasse, Lhospital, Thémistocle, Turgot, Phocion, Roland, Aristote, Jésus-Christ martyr (sic), Lyeurgue, Miltiade, Aristide, etc.

Tous ces remplacements avaient sans doute paru au premier abord ridicules ou tout au moins singuliers et beaucoup n'y avaient vu qu'une sorte de parodie, de bouffonnerie anti-religieuse. Mais à la fin de 1793, le fanatisme ou la terreur aidant, il se trouva des gens pour applaudir aux propositions de Sylvain Maréchal et de ses imitateurs, et pour en faire l'application.

Dans le département du Puy-de-Dôme, l'agitation onomastique, si l'on peut l'appeler ainsi, se produisit comme dans les autres départements. On y opéra des modifications dans les noms des lieux et dans les noms des personnes ; et, après l'adoption de la nomenclature pittoresque imaginée par Fabre d'Eglantine, les nouveau-nés y reçurent des prénoms tirés du nouveau calendrier officiel. Toutefois, cette agitation ne s'étendit guère.

Parmi les populations rurales où les visées sont essentiellement positives, où l'on ne se paie point de mots, où l'on a d'ailleurs le culte de la tradition et où l'on est réfractaire aux nouveautés, on se soucia fort peu de modifications qui semblaient parfois plaisantes ou grotesques et dont on ne saisissait ni la portée ni l'utilité. A part de rarissimes exceptions, il est avéré qu'aucun paysan, aucun campagnard ne s'avisa d'échanger son prénom contre un autre.

Dans les petites villes, dans les chefs-lieux de district, là où parvenaient les journaux, là où il y avait des centres d'excitation, des foyers d'exaltation mutuelle comme les clubs, les sociétés populaires, les comités de surveillance, les rassemblements militaires, là où les représentants en mission, souverains itinérants, s'arrêtèrent pour tenir leurs assises, il se rencontra un plus grand nombre de ces troqueurs de noms.

Ainsi, à Billom, à Riom, à Besse, à Issoire, à Montaigut, quelques-uns des révolutionnaires les plus attitrés, subissant l'entraînement, s'empressèrent de chercher, le plus souvent dans les listes des almanachs, des noms plus significatifs que ceux inscrits dans leur acte de naissance et surtout plus en harmonie avec les passions dominantes.

Mais dans la plupart des cas, comme aucun règlement n'avait été édicté à ce sujet, ces substitutions de noms ne furent pas constatées officiellement. L'enthousiasme, même lorsqu'il est de commande, dédaigne les formes administratives. Dans les réunions, on se rebaptisait mutuellement, par acclamation. D'autrefois, les citoyens faisaient leur choix isolément et sans solliciter aucune espèce d'investiture. Ainsi firent entr'autres les officiers du cinquième bataillon des volontaires du Puy-de-Dôme qui se décorèrent des prénoms de Cassius, Caton, Horatius, Calas, Lepelletier, Marcius, Châlier, Scaevla, Decius.

Ainsi, à Riom, un des membres du conseil général de la commune, craignant sans doute d'être compromis par son nom de famille, Montroy, ne voulut plus s'appeler que Montlibre. A Billom, un des administrateurs du district remplaça son prénom et son nom patronymique par les noms plus accentués de "Marat la Montagne". A Vic-sur-Allier, ci-devant Vic-le-Vicomte, le secrétaire de la commune, Lachenal, s'octroya le prénom de Platon. A Issoire, le 26 brumaire, dans une réunion de la société populaire présidée par Couthon, un certain nombre de citoyens, l'un excitant l'autre, abdiquèrent le nom de saint qu'ils portaient pour prendre ceux de Curtius, Marat, Lepelletier et autres, et, ajoute l'auteur de la lettre où est racontée cette séance : "Moi qui étais présent à la séance, j'abdiquerai celui d'Antoine pour prendre celui de Brutus.

Quelques-uns des troqueurs cependant, plus fanatiques ou plus méthodiques et plus scrupuleux, voulurent l'intervention d'une autorité constituée pour consacrer les nouveaux noms qu'ils s'étaient attribués.

Ainsi à Issoire, un sieur Bayle "qui voyait", disait-il, "avec la plus douce satisfaction la vérité succéder à l'erreur et le culte de la raison au fanatisme religieux", vint requérir le district d'avoir à prendre note de l'intention où il était de changer le nom de "Pierre" qui lui avait été donné au baptême pour celui de "Châlier, l'un des martyrs de la liberté". A Montaigut-en-Combrailles, un citoyen André Chevalier, se disant "vrai sans-culottes", obtint du district un arrêt l'autorisant à se dépouiller de noms qui rappellent la tyrannie féodale. "Vu la pétition, disait cet arrêté, l'assemblée jalouse de saisir toutes les occasions qui lui présentent l'heureux avantage de contribuer à faire oublier jusqu'au nom de ces monstres qui ont privé pendant dix-huit siècles les humains de la douce jouissance de la liberté et de l'égalité, et voulant donner au citoyen Chevalier, vrai sans-culottes, une preuve non équivoque de son affection, ouï le procureur syndic, ARRÊTE que le citoyen André Chevalier qui a jusqu'à ce jour porté ces noms et prénoms, s'appellera désormais Fervidor Valier, qu'il demeure en conséquence autorisé à signer ainsi tous les actes qui exigeront sa signature ; que pour prévenir toutes erreurs et préjudices que pourrait occasionner ce changement, il lui sera permis de faire imprimer le présent arrêté jusqu'à concurrence de cent exemplaires. Fait et délibéré en conseil général du district de Montaigut, le 7 frimaire de la 2e année de la République française".

A Clermont, dès le 10 brumaire, les administrateurs du district, statuant sur la demande à eux présentée par leur secrétaire Etienne Dartois, ancien secrtaire de l'assemblée d'Election de Clermont, lui accordèrent la permission de prendre le nom d'Etienne Botte. Sous ce nom très roturier, le citoyen Dartois espérait évidemment avoir moins de chance d'être suspect qu'en continuant à s'appeler comme le second frère du roi Louis XVI. Le fanatisme n'était pour rien dans sa détermination.

Si les districts se prêtaient volontiers à enregistrer les changements demandés, ils n'avaient, à vrai dire, aucune qualité pour le faire, leurs attributions ordinaires n'ayant aucun rapport avec l'état civil des citoyens. Seules, les administrations municipales, auxquelles la loi de 1792 venait de confier la tenue des registres de naissances, mariages et décès, pouvaient se croire fondées à jouer un rôle dans la circonstance. Aussi quelques-unes, celle de Clermont notamment, ne négligèrent-elles pas de s'attribuer ce qu'elles considéraient comme leur droit exclusif.

On était à la fin de brumaire an II. Les représentants Couthon et Maignet venant de Lyon étaient rentrés à Clermont, et, avant de retourner à Paris, s'occupaient à perfectionner l'oeuvre de réforme révolutionnaire qu'ils avaient commencée dans le département du Puy-de-Dôme.

Couthon n'était pas l'ami des cérémonies catholiques non plus que celui des saints du calendrier ; il l'avait montré en ordonnant l'impression et la distribution de certains couplets satiriques intitulés : Litanies des convertis en monnaie, dont il avait en communication Ambert. Il l'avait montré plus encore en faisant analyser la relique du Précieux Sang conservée à Billom et en présidant les réunions iconoclastes d'Issoire. Il n'est donc pas étonnait qu'il ait abandonné alors son prénom de Georges pour adopter celui d'Aristide que les sociétés populaires lui avait conféré.

Couthon z

Toutefois, il est à croire que si Couthon avait attaché une importance capitale et immédiate à la déchéance du patronage des saints, il aurait, étant présent à Clermont, réclamé en tête du nouveau registre de l'état-civil. S'il avait considéré comme un article de foi patriotique l'expurgation obligatoire des noms des citoyens, il aurait certainement pris un arrêté analogue à celui qu'Alexis Monteil met sous la plume d'un représentant en mission, en ces termes : "A. Chambre, représentant ... ARRÊTE : Tout citoyen portant un nom de tyran, tel que le roi, l'empereur, le prince ; ou de noble, tel que le duc, le marquis, le comte, le baron, le chevalier, l'écuyer ; ou de féodalité, tel que château, du châtel, latour ; ou de modéré, tel que le doux, la rose, la violette, le gentil, petit-pas ; ou rappelant la superstition, tel que Martin, Bernard, Benoît, pourra en changer et en prendre un de républicain grec, romain ou français, ou d'époque révolutionnaire, ou de production minérale, végétale, animale, ou d'instrument d'agriculture, ou enfin de meuble, à la charge toutefois d'en faire la déclaration à la municipalité".

Au lieu de cela, dans son arrêté du 24 brumaire relatif aux cultes, Couthon se contenta d'ordonner d'une manière générale "la destruction de tous les signes extérieurs des cultes" sans rien spécifier pour les noms des saints catholiques. Enfin, il ne conserva son nouveau nom d'Aristide que pendant quelques semaines.

Mais si les changements de prénoms ne lui paraissaient pas comme absolument indispensables, il n'avait garde cependant de leur montrer de l'hostilité. Membre de la Montagne conventionnelle, entouré de sectaires soupçonneux, il était fatalement condamné à ne pas se laisser dépasser en faveur révolutionnaire, à faire bon visage à toutes les utopies et à souscrire à toutes les mesures imaginées par le fanatisme et l'intolérance.

Il avait laissé modifier son prénom ; il ne pouvait qu'être favorable aux dispositions ayant pour but d'encourager les citoyens à adopter des modifications de même nature. C'est donc certainement avec son approbation, sinon sur son initiative, que le 25 brumaire an II (15 novembre 1793), avant même de connaître l'ordre du jour motivé voté la veille par la Convention, la municipalité de Clermont se fit autoriser par le conseil général de la commune à ouvrir un nouveau registres d'état-civil. Ce registre, destiné à recevoir les déclarations de changements de prénoms, avait pour but de régulariser ainsi, en leur donnant une apparence officielle, les modifications apportées aux actes antérieurs.

La mesure était louable sans doute en ce qu'elle devait parer aux inconvénients qu'un défaut de constatation ne pouvait manquer de produire dans l'avenir. Mais elle n'était pas en rapport avec la réalité des choses. Là où il n'y avait qu'une agitation superficielle très circonscrite et sans durée possible, les officiers municipaux de Clermont, trompés par leur ferveur révolutionnaire, avaient cru voir comme une sorte de grand courant qui, sorti des profondeurs de la nation, allait, en vulgarisant le nom des héros du patriotisme, aider à la propagation des idées nouvelles que la Révolution avait fait éclore. Et ils étaient persuadés que peu à peu ce courant ne pouvait manquer d'entraîner toutes les classes des citoyens.

Ils ne tardèrent pas à être désabusés.

Le dépouillement du registre ouvert d'après leurs vues, dans le chef-lieu du département, c'est-à-dire dans la ville la plus populeuse de la région, celle qui comptait le plus de sans-culottes, le plus de fanatiques, ce dépouillement sera la meilleure démonstration du caractère factice de ce prétendu courant national et du peu d'étendue de son action dans le département du Puy-de-Dôme.

En tête de ce registre d'état-civil de nouvelle sorte, se lit la mention suivante : "Le présent registre composé de deux cents feuillets et destiné à recevoir les déclarations des citoyens qui voudront changer leurs noms et prénoms, conformément à l'arrêté du conseil général de la commune, du 25 brumaire de l'an second de la République française une et indivisible, a été coté et paraphé à chaque feuillet par moi soussigné premier officier municipal de la commune de Clermont-Ferrand le 27 brumaire de l'an second de la République française une et indivisible. Signé : VERDIER-LATOUR, officier municipal."

Sur les deux cents feuillets, ou 400 pages, dont ce registre se composait à l'origine, dix-neuf pages seulement ont été utilisées. Ces dix-neuf pages contiennent soixante-quatre déclarations, dont sept de changements de noms et prénoms, et cinquante-sept de renonciation à prêtrise sans autre modification.

Sauf une fois où interviennent des témoins pour corroborer la demande d'une jeune fille de sept ans qui veux substituer le nom de Clélie à celui de Marie, les déclarations sont uniquement signées par ceux qui changent de noms et contresignées par un ou plusieurs officiers municipaux. En majeure partie, ces déclarations sont conçues en termes administratifs, sans réflexions ni récriminations. Elles mentionnent simplement que le déclarant entend porter désormais le nom de ... au lieu de celui qui lui avait été donné à l'époque de sa naissance. Il n'y en a que huit où les comparants indiquent, plus ou moins brièvement le mobile auquel ils ont obéi, la raison qui a motivé leur démarche. L'un dit qu'il renonce au prénom "que le fanatisme religieux lui avait donné à l'époque de sa naissance". Un autre déclare, "qu'en vrai sans-culottes et en bon républicain, il veut prendre et porter désormais le prénom de Rousseau au lieu et place de Blaise qui lui avait été donné lors de sa naissance, ajoutant que le prénom de Rousseau est analogue à son caractère". D'autres, qui changent à la fois de noms et de prénoms ne veulent plus de ces dénominations "qui leur avaient été données à l'époque de leur naissance et qui rappelant des idées de fanatisme et de féodalité ne peuvent plus convenir à un bon républicain". Un autre, le fils d'un notaire, craignant sans doute qu'on n'interprète mal son inscription tardive sur le registre, déclare qu'il veut porter et "s'est donné depuis un moi le prénom de Diogène".

Des soixante-quatre déclarations que contient le registre, quarante-quatre ont été faites dans les cinq ou six premiers jours (les 27, 29 et 30 brumaire, 1 et 3 frimaire). Puis le mouvement se ralentit, pour cesser bientôt complètement. La première déclaration inscrite porte la date du 27 brumaire an II (17 novembre 1793), et la dernière celle du 3 nivôse an II (2 janvier 1794). L'agitation onomastique n'a donc eu d'effet constaté à Clermont que pendant un mois et demi.

Si l'on décompose le personnel des déclarant, on trouve que sur soixante-quatre, dont trente-six seulement sont originaires de Clermont, il y a six fonctionnaires civils, juges, juges de paix ou greffiers ; - cinq militaires, officiers de la garde nationale ou vétérans ; - sept officiers municipaux, notables ou membres du conseil général de la commune ; - un homme de loi ; - sept employés du département ou de la municipalité ; - deux professeurs ou instituteurs ; - sept marchands ; - huit anciens prêtres ou religieux (sans compter ceux qui renoncent simplement à la prêtrise ; - neuf enfants ou jeunes gens (dont 3 jeunes filles) de moins de vingt-cinq ans ; - et douze individus non spécialement qualifiés.

Presque tous ces déclarants appartiennent à la bourgeoisie. Il n'y en a que trois tenant à la noblesse : l'ancien colonel de la garde nationale de Clermont, le général comte de Chazot, qui choisit le prénom de Thémistocle ; - Claude-Alexis Mabru, anobli par l'exercice d'une charge de trésorier de France à Riom, qui échange ses prénoms contre celui de "Châlier" ; - et enfin le neveu de M. Guerrier de Besance, premier président de la Cour des Aides, qui vient répudier ses noms de Joseph-Edouard du Mazet pour prendre ceux de Phocion Mazet.

En revanche, aucun véritable ouvrier, aucun journalier ou cultivateur ne figure parmi ces 64 débaptisés. Chose singulière aussi, l'administration départementale, composée de Jacobins purs, triés par Couthon, et qui devrait ce semble donner l'exemple en cette circonstance, n'est représentée que par son secrétaire général. Abraham. Manquent également la plupart des juges du tribunal, des membres du district et de ceux du conseil général de la commune. Les officiers municipaux, promoteurs de la création du nouveau registre ne sont même pas tous parmi les troqueurs de noms. Bien plus, si parmi ceux dont la signature est au registre pour certifier les déclarations, quelques-uns comme Verdier-Latour (Bias Verdier), comme du Mazet (Phocion Mazet), comme Truchon (Eusope Truchon), comme Montaloi (Fabricius Montaloi), n'ont pas voulu être les derniers à se débaptiser, d'autres comme les citoyens Habriac, Imbert, Leymery, n'ont pas jugé à propos de faire des déclarations personnelles et de se débarrasser à leur tour de leur nom de baptême.

Peut-être faut-il attribuer en partie ces abstention au respect humain ! Beaucoup, même parmi les sans-culottes connaissent, sinon le texte, au moins la signification du dicton latin : verba volant, scripta manent. Or, tenir des propos virulents, intolérants, enfler la voix, renier ses paroles, ses opinions, ses croyances passées, changer de nom, s'affubler dans les réunions d'une dénomination grecque ou romaine, tout cela n'est ni bien difficile, ni bien dommageable. Il ne doit point en rester de traces. Mais, faire dresser acte de ce changement dans un registre destiné à survivre et à être conservé, se vouer peut-être ainsi, soi et les siens, au ridicule pour de longues années ! Il y a là de quoi inspirer de fortes réflexions à ceux que le fanatisme et l'esprit de secte n'a pas tout à fait aveuglés, de quoi arrêter ceux qui n'ont pas une conviction bien affermie.

Est-ce bien d'ailleurs une conviction véritable qui a amené à la Maison commune les soixante-quatre troqueurs de noms mentionnés dans le registre ? Quelques-uns sont sincères, cela n'est pas douteux. Mais parmi les autres, il y a dix enfants ou jeunes gens dont cinq ayant moins de treize ans. Est-ce qu'on peu les croire conscients de la démarche qu'ils viennent de faire ? Mais sur les huit prêtres ou religieux déclarants, il y en a quatre ou cinq dont le sans-culottisme ne semble vraiment pas de bon aloi, à en juger par les noms qu'ils ont choisis. Ce sont des noms d'une signification bien inoffensive, bien terne, bien peu tapageuse pour l'époque. Ainsi, un ancien chanoine de Montferrand veut s'appeler Juvénal ; un autre, un religieux bernardin, prend le nom d'Arsène ; un troisième, celui d'Agricola ; un ci-devant bénédictin, celui de Démocrite ; un autre enfin celui de Miton. Peut-on voir dans ces changements-là de véritables manifestations antireligieuses et antimonarchiques ? Que dire aussi d'une jeune fille de 24 ans qui se décerne le nom d'Eléonore en remplacement de celui d'Antoinette, lequel, dit la déclaration, rappelant des idées de fanatisme ne plus convenir à une bonne républicaine ? Cette déclaration n'est-elle pas évidemment dictée par le désir d'échapper aux risques que pouvait occasionner un prénom porté par la femme du tyran Louis XVI ?

Si le nombre restreint des mutations enregistrées à Clermont indique le peu de popularité du travestissement prénominal imaginé par le fanatisme, la nature des prénoms choisis prouve également, ce qui du reste a été maintes fois contesté, qu'en Auvergne les innovations politiques ou autres sont d'ordinaire assez froidement accueillies par le plus grand nombre, et que, parmi ceux-là même qui s'y soumettent, il ne se rencontre que fort peu d'exaltés.

Ainsi pour quelques prénoms à allure ou signification violente : - 2 Marat, - 1 Châlier, - 1 Brutus, - auxquels on peut ajouter 7 Tell, bien que Guillaume Tell personnifie moins la haine des rois que l'amour de l'indépendance, on trouve dans le registre de la municipalité de Clermont : 15 noms de philosophes ou écrivains grecs, 15 noms de personnage plus ou moins marquants de l'histoire romaine, 6 Rousseau, 2 Emile, 3 Franklin, 2 Libre, 1 Penn, 1 Equaire (mis pour Equerre, sans doute, et emprunté au formulaire maçonnique), 4 appellations abstraites : Egalité, l'Unité, la Raison, Montagne et 4 prénoms - Miton, Arsène, Dassas, Eléonore - sans aucun rapport apparent avec les intentions révolutionnaires des promoteurs de la réforme.

A quel moment disparut la mode des nouveaux noms ? Il serait difficile de formuler une indication précise à cet égard. Les modes, les usages prennent fin par désuétude, insensiblement et non pas subitement, brusquement, à un signal donné. A en juger par la date de la dernière déclaration insérée dans le registre d'état-civil dont nous avons fait le dépouillement, par la date aussi de la lettre où Couthon se reprenait à signer Couthon tout court, sans adjonction d'Aristide, on peut dire qu'à partir du mois de pluviôse an II (février 1794), il ne se produisit, en Auvergne du moins, presque plus de changements. La plupart des rebaptisés négligèrent dès lors l'emploi des désignations dont ils s'étaient affublés et revinrent peu à peu à leurs anciens noms.

Postérieurement à cette date nous avons cependant à mentionner un changement, le dernier probablement qui se produisit dans le département du Puy-de-Dôme. C'est celui qui fut effectué après le 9 thermidor par le frère et le fils du conventionnel Couthon. Le 30 thermidor an II, Pierre Couthon, notaire à Orcet près Clermont-Ferrand, vint déclarer au conseil général de sa commune "que les circonstances ne lui permettant point de conserver plus longtemps le nom propre sous lequel il a été connu jusqu'à présent", il est dans l'intention de l'abdiquer et de signer désormais du nom de sa mère, "Lafon", les actes qu'ils recevra comme notaire. Et aussitôt, le conseil de la commune "ne trouvant aucun inconvénient à ce changement de nom, autorise la substitution de Pierre Lafon à Pierre Couthon. Le même jour, le sieur Brunel, beau-père de Couthon et maire d'Orcet, vient faire pareille abdication au nom d'Antoine Couthon, son petit-fils mineur qui s'appellera à l'avenir Antoine Brunel du nom de sa mère.

La Convention ne tarda pas d'ailleurs à se prononcer formellement contre la réforme avortée. Le 4 fructidor an II (21 août 1794), Bréard, député de la Charente-Inférieure fit adopter en principe une proposition défendant à tout Français de porter d'autre nom que le nom de son père. "Croyez-vous, dit-il, que les gens qui sont venus à notre barre en se parant du nom de Socrate eussent bu la ciguë si on la leur eût présentée ? Non, non. Ils l'eussent rejetée bien loin, et vous n'auriez plus aperçu en eux que l'intrigant et l'imposteur. Ce n'est pas les noms des hommes illustres de l'antiquité qu'il faut usurper ; ce sont leurs vertus qu'il faut imiter, qu'il faut surpasser s'il est possible". Et, deux jours après, le 6 fructidor, sur le rapport de Cambacérès, la Convention adopta un décret ainsi conçu :

Article 1. - Aucun citoyen ne pourra porter de noms ni de prénoms autres que ceux exprimés dans son acte de naissance. Ceux qui les auront quittés seront tenus de les reprendre.

Art. 2. - Il est également défendu d'ajouter aucun surnom à son nom propre à moins qu'il n'ait servi jusqu'ici à distinguer les membres d'une même famille, sans rappeler des qualifications féodales ou nobiliaires.

Art. 3. - Ceux qui enfreindront les dispositions des deux articles précédents seront condamnés à six mois d'emprisonnement et à une amende égale au quart de leurs revenus. La récidive sera punie de la dégradation civique.

Ce décret n'éprouva guère d'opposition parmi les représentants. Éclairée par une expérience de plusieurs mois, la Convention comprenait qu'elle avait fait fausse route en votant son ordre du jour du 24 brumaire, c'est-à-dire en autorisant les sectaires à pousser à la révision des noms et prénoms, autrement dit à la destruction d'actes publics parfaitement réguliers ; et en laissant, d'autre part, à chacun la liberté d'accepter ou de refuser toute modification, ce qui établissait deux catégories, contrairement au principe de l'égalité devant la loi. Elle avait pu apprécier aussi combien un tel remaniement était mal accueilli ; combien il avait peu de chance d'être adopté par la majorité de la nation, s'il était laissé facultatif ; et enfin quelle profonde perturbation il apporterait dans les traditions et les habitudes aussi bien que dans les relations des diverses classes de citoyens, s'il était rendu obligatoire.

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Un registre d'état-civil de l'année 1793 par Francisque Mège - 1891

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12 novembre 2017

SAINT-PORCHAIRE - LA FORÊT-SUR-SÈVRE (79) - L'ABBÉ PIERRE-RENÉ TURPAULT (1850 - 1941)

LA FORÊT-SUR-SÈVRE
PIERRE-RENÉ TURPAULT

Fils de Pierre-Joachim Turpault, ouvrier potier, et de Virginie Noirault, Pierre-René est né à Saint-Porchaire, le 10 août 1850.

Turpault La Forêt z

Il fut ordonné prêtre le 20 décembre 1874.

L'abbé Turpault est arrivé à la Forêt-sur-Sèvre en mai 1880 et se met aussitôt au travail ; il remet en état le presbytère et bâtit une serre qui lui servira d'atelier ; il refait les bancs, le dallage et la voûte de la tribune de l'église.

Pendant sa présence, les écoles des frères et des soeurs sont florissantes. Mais en 1903, suite à la loi sur les congrégations religieuses, il n'y a plus d'école de frères, cependant l'abbé se bat pour continuer l'école. Il est dénoncé et on lui supprime son traitement.

 

Turpault La Forêt photo z

 

L'abbé Turpault a beaucoup marqué la paroisse de La Forêt. Il aime les célébrations festives, les décorations de son église ... Il met en place des reposoirs dans le parc du château et près de la chapelle. Il anime des groupes de jeunes jusqu'à la guerre de 1914. Il met en place l'autel de marbre blanc, le monument aux morts de l'église. 

 

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En 1935, il fête ses noces de diamant. Il achète un terrain près de la cure pour faire construire une maison, mais l'évêque refuse qu'il reste à La Forêt pour sa retraite, alors, il donne le terrain à la commune et y installe la statue du curé d'Ars. Il prêche la retraite de communion en 1940 alors qu'il est devenu presque aveugle.

Le 29 mars 1941, l'abbé Turpault décède après un mois de maladie, à l'âge de 90 ans.

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Informations trouvées sur place
AD79 - Registres d'état-civil de Saint-Porchaire.

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POITIERS (86) CHAMPDENIERS (79) - 1794 - L'ÉVASION DE L'ABBÉ JEAN-BAPTISTE SENILLE (1761 - 1812)

 

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Fils de Philippe Senille et de Marie Charpentier, Jean-Baptiste Senille est né en 1761.

Il fit profession à Celles (Notre-Dame), le 9 décembre 1782. On le trouve ensuite vicaire en l'église Saint-Laon de Thouars, depuis janvier 1788 jusqu'en avril 1790. En cette même année, cette maison était composée d'un prieur-curé, M. Abel Goirand ; et de cinq chanoines, MM. Loret, Cordier, Lefèvre, Varnier, Senille.

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A partir de mai 1790, on le retrouve prieur-curé de Saint-Martin de Ranton (86), diocèse de Poitiers, dépendant de la Trinité de Mauléon, en remplacement de Marc Pilhes ;  puis, il dut prêter serment puisque le 23 décembre 1792, il commence à signer les registres en tant qu'officier public et ceci jusqu'au 16 ventôse an II (6 mars 1794).

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Nous ignorons les circonstances de son arrestation, toujours est-il qu'il fut présenté devant le tribunal criminel du département de la Vienne, à Poitiers, et condamné à mort le 27 avril 1794 ; le jugement ci-dessous nous en donne les raisons :

Le 8 floréal de l'an II (27 avril 1794)

Jugement du tribunal criminel du département de la Vienne qui condamne Jean-Baptiste Senille, 33 ans, ex prêtre ci-devant génovéfain et prieur de Ranton, natif de Chabannais, district de Confolens, département de la Charente, atteint et convaincu de provocation au rétablissement de la royauté en arborant et faisant arborer des signes contre révolutionnaires.

Attendu qu'il est prouvé par plus de trente témoins que le dit Senille a arboré, fait arborer ou souffert qu'on arbora au pignon de sa maison un drapeau blanc parsemé de fleurs de lys auquel était suspendue une petite bouteille de verre; qu'il a porté une cocarde blanche à son chapeau, qu'il a affecté de se revêtir de sa robe de ci-devant génovéfain ; qu' il a dressé devant sa porte un feu de joie au sommet duquel il avait fait placer une branche de laurier; qu'il a écrit à la Roche Jacquelin, chef des brigants, pour l'inviter à venir à Ranton, où il promettait un accueil amicale, et qu'il a aidé à faire abattre et transporter l'arbre sacré de la liberté.

Attendu que les actes de patriotisme qu'il a faits, après la défaite des brigants et pour lesquels les officiers municipaux ont eu la faible complaisance de lui accorder des certificats de civisme, prouve que le dit Senille est un homme qui a su s'accommoder aux circonstances et qui ne voyant que lui, a manqué à tous ses serments.

Le tribunal criminel après avoir entendu l'accusateur public dans ses conclusions, déclare que Jean-Baptiste Senille ex prêtre...atteint et convaincu de provocation au rétablissement de la royauté... ordone que le dit Senille sera dans les vingt quatre heures livré à l'exécuteur des jugements criminels et mis à mort conformément à la loi du 19 mars 1793...

Ordone que les biens du dit Senille seront et demeureront acquis à la République conformément à l'article VII de la loi du 19 mars.

Jean-Baptiste Senille trouva le moyen de s'évader une heure avant l'exécution, et passa dans la Vendée. Plus tard, il en a fera le récit  à M. Berthre de Bourniseaux qui nous le conservera dans son livre "Histoire de la ville de Thouars", le voici :

L'échafaud était préparé et le geôlier avait déjà dépouillé le prêtre infortuné, lorsque ce dernier aperçut, au fond de son cachot, une porte entr'ouverte. Il se lève, pousse la porte, et monte un escalier qui le conduit au plus haut étage de la prison. Il n'a que deux partis à prendre, ou de passer par une lucarne et de se précipiter du haut du toit, au risque de se tuer, ou de se cacher dans l'intérieur de la prison. Il prend le premier parti.

Et, après s'être recommandé à la Providence, il se laisse glisser sur les ardoises. Il tombe, sans se blesser, sur un toit inférieur, de là sur un autre, et enfin dans la rue. Quoique froissé de sa chute, il sort de la ville. La garde veut l'arrêter, il traverse un étang à la nage et gagne la campagne. Poursuivi par tous les limiers de la justice, et par plus de cinq cents soldats, il parvient à se sauver, après avoir failli cent fois tomber entre les mains de ses bourreaux.

Déguisé en maçon, il gagne enfin une garde Vendéenne, dans la paroisse de Noirterre, près la ville de Bressuire. On l'arrête comme espion, on veut le fusiller ; on lui avait déjà bandé les yeux, lorsqu'un prêtre survient ; il se fait connaître ; on l'interroge en latin, il répond dans la même langue, ses bourreaux tombent à ses pieds ; il est sauvé une seconde fois.

Il a été depuis curé de St-Amand, de Saint-Porchaire, et principal du collège de Bressuire. En 1805, il réorganise dans sa cure de Saint-Porchaire une école cléricale. Puis il est nommé à la cure de Champdeniers le 30 novembre 1809.

Jean-Baptiste Senille est décédé à Champdeniers, en la maison curiale, mardi 1er septembre 1812, à l'âge de 51 ans.

 

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C'est lui-même qui a raconté son aventure à l' Auteur de cette Histoire : Histoire de la ville de Thouars depuis l'an 759 jusqu'en 1815 ... par P.-V.-J. Berthre de Bourniseaux - 1824

Archives Départementales de la Vienne - Liasse L St 421 F 112 verso à 115 recto

L'Ami de la religion - Volume 28 - p. 376

Prosopographie génovéfaine - Nicolas Petit - 2008

AD79 - Registres d'état-civil de Champdeniers

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10 novembre 2017

LA MOTHE-SAINT-HÉRAY - NIORT (79) - JACQUES BRIAULT, AVOCAT, SÉNÉCHAL, DÉPUTÉ ET PRÉSIDENT DU TRIBUNAL CRIMINEL

 

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Le 28 septembre 1740, Briault naquit en la petite ville de la Mothe-Saint-Héray ; son père était tanneur et jouissait d'une certaine aisance.

 

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Après de bonnes études de latinité, il acheva son droit à la Faculté de Poitiers et de là, se rendit à Paris prêter serment d'avocat au Parlement, comme il était d'usage autrefois. Il y séjourna peu de temps, pressé qu'il était de venir exercer dans son pays la profession d'homme de loi. Il s'y fit une nombreuse clientèle, et bientôt la dignité de ses manières, la prudence de ses avis lui concilièrent l'amitié des familles nobles des environs ; à Salles, par exemple, celle de M. le comte de Montausier (1) ; à la Mothe, celle de M. de Carvoisin (2), brigadier des armées du roi et père du dernier seigneur de cette terre. Au moyen de ces appuis, il devint sénéchal de la petite baronnie de Salles et du marquisat beaucoup plus considérable de la Mothe. De telles fonctions judiciaires le rendirent l'avocat consultant de la contrée, et sa probité brillant de jour en jour davantage, il reçut de ses concitoyens la plus digne récompense que ceux-ci pouvaient lui offrir : ils le choisirent pour rédiger avec M. Duval, notaire, le cahier des doléances de la sénéchaussée, puis le nommèrent à Poitiers député du tiers-état de la province aux États-généraux de Versailles.

Briault avait alors près de 49 ans ; l'enthousiasme de la jeunesse était déjà loin de lui. Aussi, bien qu'il ait suivi constamment la marche de la majorité de l'Assemblée nationale, il vota l'abolition de la noblesse et la constitution nouvelle du clergé plutôt par raison philosophique que par tout autre entraînement. Son rôle ne fut pas brillant mais utile, et suivant les procès-verbaux de la Constituante, après qu'il eût prêté le serment du Jeu de Paume, applaudi au généreux abandon que firent de leurs droits les ordres privilégiés lors de la célèbre nuit du 4 août, il fut élu, le 8 octobre 1789, membre du comité des droits féodaux. Aux renouvellements assez fréquents des commissaires, son nom sortit toujours de l'urne. Ses collègues Tronchet, Vieillart, Regnier, Goupil de Préfeln et Merlin, avec lesquels il travaillait chaque jour, apprécièrent les connaissances que de laborieuses veilles lui avaient données des complications et des subtilités de l'ancien droit ; ils ne cessèrent de lui témoigner la plus honorable bienveillance.

Indépendamment de ses travaux législatifs, il avait une correspondance très étendue. Mais si l'on excepte le récit détaillé de la prise de la Bastille qu'il fit passer à ses commettants et que plusieurs d'entr'eux ont conservé, en raison, soit de l'évènement, soit du député, il ne traite guère dans ses lettres les questions politiques à l'ordre du jour ; il y parle habituellement d'administration, et développe à ses amis, à ses clients du Poitou, le sens de différents décrets. Ainsi, le 5 mars 1790, il marquait à M. Bonneau-Duchesne, lieutenant-général au siège de Lusignan :

"Je ne vois pas que vous ayez à craindre les projets de la ville de Poitiers sur votre district. L'objection de son peu d'étendue se trouve sans force par l'examen que j'ai fait des cartes qui sont au comité, où il y a au moins soixante districts plus petits que le vôtre. On n'anéantit pas avec autant de facilité, que la ville de Poitiers le présume, des établissements déjà décrétés, pour donner aux grandes villes une influence qui deviendrait tyrannique à l'égard des campagnes, qui n'ont été que trop, jusqu'ici, dans leur dépendance ministérielle. Faites entrer à l'administration du district les meilleures têtes, en tous sens, des paroisses de campagne".
Il se montrait fort susceptible à l'endroit de tout reproche, et ne pouvait supporter qu'on doutât un instant de son désintéressement".

"On répand bien mal à propos les bruits, écrit-il vers les premiers mois de 90, qu'on nous donne ici vingt-une livres par jour. On n'en donne que dix-huit en laissant quatre mois en arrière, dont nous ne serons jamais payé. Si quelqu'un jalouse le bénéfice, qu'il vienne, je le lui céderai avec plaisir !"

"Il paraît qu'il n'y a pas d'avanie dont on ne cherche à nous accabler pour nous rendre odieux ! ... On perd de vue que, quand même cette tenue d'états coûterait vingt millions, la régénération ne serait pas encore payée cher, dans un royaume comme la France devenue libre par nos décrets. Ces vingt millions, que les ministres consommaient mal à propos en huit jours, seront bientôt gagnés en économies et améliorations. On devrait, au moins, jeter les yeux sur le passé et sur nos travaux ... Mais le monstre de la discorde écume encore de rage et cherche à mordre ceux qui le combattent avec chaleur et intrépidité."

"Je vous envoie la suite des décrets sur la féodalité. Vous verrez comme nous desséchons ce chêne antique pour le brûler et jeter ses cendres au vent !"

Quoique plusieurs députés du Poitou, MM. Agier, Bion, Cochon de l'Apparent, Gallot, Goupilleau et Lofficial appartinssent à la société des Amis de la Constitution, Briault ne s'y fit point admettre.

Au mois de mai 1791, il vint à la Mothe visiter sa famille qu'il n'avait pas vue depuis deux ans. Des troubles se passèrent à l'église de Saint-Héray à propos d'un service funèbre que les habitants voulurent célébrer en l'honneur de Mirabeau ; il se chargea de porter le dossier de cette affaire au Comité des recherches.

Après la mort de l'abbé Jallet, son compatriote, les héritiers de celui-ci envoyèrent à Briault plein pouvoir de régler les deniers d'une fort mince succession. Cette procuration lui arriva au milieu de ses préparatifs de départ, car la Constituante venait de clore sa laborieuse session.

A son retour, il siégea en qualité de juge au tribunal du district de Saint-Maixent, où il avait été élu, en même temps qu'à Melle, au mois d'octobre 1790. Il écrivit de Paris qu'il optait pour la première ville.

En 1792, l'assemblée électorale de Parthenay l'appela au conseil du directoire du département (3), et peu de jours après, le 16 novembre, les mêmes électeurs réunis à Niort, le nommèrent président du tribunal criminel, en remplacement de M. Cochon de l'Apparent qu'ils avaient envoyé à la Convention. Installé par le conseil-général de la commune de Niort, Briault prononça un discours très chaleureux, dans lequel il fait ressortir les avantages de l'institution des jurés, mais que nous ne rapporterons pas ici, tant nous sommes loin de ces journées où les citoyens, du caractère le plus pacifique, montraient une irritation extrême !

Ces fonctions, alors que la guerre civile décimait la Vendée et que notre nationalité semblait en péril, étaient assurément les plus difficiles qui pussent être confiées à son courage. Souvent il déplora de se voir l'organe impassible de la loi et de livrer à l'échafaud des hommes qui, à une époque plus calme, n'eussent point été poursuivis. Une fois son coeur de magistrat subit une horrible épreuve ; M. l'abbé Tallery, son vieux maître de latin, comparut devant lui ! Les griefs signalés par l'enquête n'étaient malheureusement pas niables, le jury donna un verdict de culpabilité ... le président se voila le visage en prononçant l'arrêt !!

Durant les plus critiques moments de la révolution, il ne cessa d'entretenir un commerce de lettres très actif avec M. de Carvoisin fils, qu'il dirigea par ses conseils à travers les inextricables précautions que nécessitait sa position de suspect d'émigration. Cette correspondance est un des documents les plus sérieux à consulter pour l'histoire intime de cette époque. A force d'adresse et de diplomatie, le comte de Carvoisin réussit à conserver sa tête et ses belles propriétés. Du reste, suivant les recommandations de Briault, il avait pris bravement son parti, demeura tout le temps à Paris et fit de la politique spéculative dans ses lettres ...

D'autre part, la maison de Mme Élisabeth Briault, à la Mothe, servit d'asile à de pauvres religieuses éplorées. On raconte même que, trompant les regards de la municipalité, elle y fit dire mystérieusement l'office divin.

Briault fut maintenu par les électeurs des Deux-Sèvres à la présidence du tribunal criminel, jusqu'en l'an VIII, date, où en vertu de l'article 68 de la constitution consulaire, sa charge devint inamovible ; M Dupin, premier préfet du département, le réinstalla le 5 mars 1800, ainsi que tous les autres corps constitués. Notre compatriote prépara un discours de circonstance dans lequel on rencontre ces paroles très significatives, indice certain du pouvoir qu'allait exercer Bonaparte sur les destinées du pays et sur le langage des fonctionnaires.

"... La France a été agitée depuis le commencement de la révolution. Des malveillans de toute espèce ont voulu se signaler à chaque époque. Mais le voile du génie tutélaire de la république vient d'être déchiré par un homme à grand caractère qui a mis à exécution un travail dont l'Europe a été étonnée. Cet homme né pour de grandes choses a démontré qu'avec de l'union et de l'intelligence, les agens du gouvernement peuvent opérer le bien sans secousse, en prenant une sage-modération pour le régulateur de leur conduite ..."

Il persévéra jusqu'à la fin de sa vie dans l'admiration qu'il manifeste ici pour le vainqueur de l'Égypte et de l'Italie, et quand Napoléon, en 1808, fit annoncer qu'en revenant de Bayonne, il passerait le 7 août par la ville de Niort, le vénérable président, impatient de voir la plus grande célébrité des temps modernes, se rendit au loin à sa rencontre. L'extrême chaleur qu'il éprouva au milieu d'une foule innombrable et sous les rayons d'un soleil ardent, le fit tomber malade presque aussitôt ; quoique doué d'un tempérament robuste, il ne se rétablit point des suites d'une aussi grave imprudence : le 25 septembre 1808, il mourut sans postérité, âgé de 68 ans. - Ses héritiers eurent à se partager une valeur réelle d'à peu près trente mille francs.

Briault décès z

- Briault était très populaire à Niort. Lorsque le portrait dont on a fait hommage à la Société fut achevé, l'artiste l'exposa quelques jours dans son atelier. Les premières femmes qui le virent lui souhaitèrent le bonjour comme si elles eussent parlé à l'original même. Une d'elles plus naïve s'écria, en l'apercevant si haut placé et d'une façon si périlleuse : ah ! M. Briault vous allez tomber ! ... Le hasard permit qu'il entendit ces témoignages d'intérêt, il y fut très sensible. Il aimait à raconter cette anecdote et il en riait de bon coeur. Promu à de hauts emplois, il n'oublia jamais que son père avait été ouvrier, et qu'au sein de la Société nouvelle, dont il était un des fondateurs, il doit y avoir place pour tous, lorsque l'on sait réunir la moralité au talent.

 

(1) Messire André-Anne-Marie de Crussol d'Uzès, seigneur comte de Montausier, maître de camp du régiment d'Orléans (infanterie), chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis.

(2) Charles-Louis de Carvoisin, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, brigadier des armées du roi, enseigne de la première compagnie des mousquetaires de Sa Majesté. - Son fils, Antoine-Charles-Vincent de Carvoisin, qui vendit en 1801 sa propriété à Murat, est mort à Paris, en 1837, âgé de 80 ans.

(3) Cette administration le nomma en juin 1793, commissaire du département. Une pareille mission devait être toute temporaire et nous ne savons comment la concilier avec le caractère de juge criminel.


Mémoires de la Société de statistique du département des Deux-Sèvres - 1841-1842 - Tome VI -p. 149 à 155

 

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NIORT (79) - PARHÉLIES A NIORT EN 1798

PARHÉLIES A NIORT EN 1798 

Parhélie 3 z


On lit dans le Bulletin du département des Deux-Sèvres, du 10 germinal an VI (30 mars 1798), n° 51 de la collection de ce journal politique et littéraire, publié à Niort, chez E. et P. Dépierris, rue de la Loi :


"Dans la journée du 5 germinal dernier, tout le monde se demandait, à Niort, avez-vous vu les trois soleils ? En effet, le même jour, entre six et huit heures du matin, le soleil parut accompagné de deux cercles radieux, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche, et qui présentoient l'image d'un triangle dont le véritable soleil formait la base. Il est certain que ces deux soleils surnuméraires étoient extrêmement resplendissants, et tels qu'il eût été impossible de fixer longtemps les yeux dessus. Ils se sont peu à peu évanouis ; celui qui étoit à l'Orient a disparu le premier, et deux heures après, on ne les apercevoit plus ni l'un ni l'autre. Nous laisserons au célèbre Delalande le soin d'expliquer ce phénomène, que nous soupçonnons appartenir à une cause électrique ; mais nous dirons que le vent, depuis plus d'une décade, souffloit Est-Nord-Est, et qu'à une température douce et un peu pluvieuse, avoit succédé, depuis quelques jours, un temps beaucoup plus froid que la saison, dans nos climats, ne sembloit le permettre. Le 28 ventôse, le mercure dans le baromètre avait descendu à 26-8 ; le 30 du même mois nous eûmes une grêle très grosse, très abondante et à plusieurs reprises ; le 4 germinal, la machine électrique faisoit un feu terrible, presque sans être sollicitée, et dans le moment de ce phénomène, on découvroit à peine quelques nuages dans les hautes régions".


Lalande étoit alors directeur de l'observatoire de Paris, mais diverses missions retenaient souvent les astronomes français loin de leur résidence habituelle, on ne savait où le prendre, le docteur Guillemeau jeune, rédacteur du Bulletin des Deux-Sèvres, eut une idée géniale, il inscrivit sur la bande de son journal : "Au célèbre Delalande, en Europe", et l'envoi lui parvint d'autant plus facilement à son adresse que l'éminent directeur n'avoit point quitté son observatoire d'où il s'empressa de répondre.

Lalande z

Joseph-Jérôme Lefrançois de Lalande (1732 - 1807)


Sa lettre a été publiée dans le Bulletin des Deux-Sèvres du 25 germinal an VI (14 avril 1798), n° 54 de la collection du journal, p. 428.

"Paris, 15 germinal, an VI.
Le citoyen Lalande, directeur de l'Observatoire, au rédacteur du Bulletin des Deux-Sèvres.
Je suis flatté, citoyen, de l'honneur que vous m'avez fait de me demander l'explication des trois soleils, c'est ce que nous appelons des parélies : on en voit de temps en temps, toutes les fois qu'un amas de vapeurs ou de glaçons se trouve placé de manière à réfléchir comme un miroir l'image du soleil et de la lune ; on en voit quelquefois jusqu'à six, mais cela étonne toujours et je ne suis pas surpris que vous ayez désiré en donner à vos lecteurs une petite explication. Je vous remercie de la préférence, et je suis charmé d'avoir eu cette occasion de connaître un journal aussi intéressant que le vôtre. Il y a peu de départements qui jouissent d'un pareil avantage.
Salut et fraternité.
LALANDE, directeur de l'Observatoire."

Bulletins de la Société de Statistique, sciences, lettres et arts - Département des Deux-Sèvres - n° 7-9 - Juillet-Septembre 1890 - L. Desaivre

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07 novembre 2017

LE PUY-SAINT-BONNET (49) - ALEXANDRE BOSSARD, COLONEL DE CAVALERIE DE L'ARMÉE DU CENTRE ET SES FRÈRES

VENDEENS 7

 

LES FRÈRES BOSSARD : 

- ALEXANDRE BOSSARD - Commandant de cavalerie

Fils de Jacques, cultivateur et de Jeanne Boisdé (ou Boidet), est né au Puy-Saint-Bonnet en 1771.

Séminariste, il devint finalement avec son frère fabriquant de mouchoirs. Il rejoignit l'Armée vendéenne du Centre, où il commanda la cavalerie. Il s'illustra en mai 1795 en ramenant Delaunay à Charette ... En 1823, il escorta la Duchesse de Berry au Mont des Alouettes, Chevalier de Saint-Louis, reconnu à la Restauration au grade de colonel ; il est mort à Mallièvre le 4 juillet 1830.

BOSSARD  Alexandre, appartient à la Division de La Gaubretière ;
domicile : Mallièvre
Ancien commandant général de la cavalerie
Désire et a de grand droit à une pension de retraite
(15 septembre 1815 - AD85 - SHD XU 16-25)

BOSSARD Alexandre, commandant de cavalerie, propriétaire. Blessé.
États de services - Armée du Centre en 1793, 94, 95 et 96.
Demande - La croix de Saint-Louis.
Observations - Blessé ; a très bien fait la guerre.
(Histoire de la Vendée Militaire - Tome V - Jacques Crétineau-Joly)

Bossard Alexandre acte décès


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- BENJAMIN BOSSARD - Commandant de division

Frère du précédent. Né au Puy-Saint-Bonnet en 1770.

Il devint fabriquant de mouchoirs à Saint-Laurent-sur-Sèvre. Insurgé avec les hommes de sa commune en 1793, il devint officier de l'Armée du Centre. Commandant de la division de Pouzauges, il lutta avec Sapinaud jusqu'en 1795. Puis il se joignit à Vasselot avec lequel il combattit jusqu'à l'exécution de ce dernier en 1796. Détenu par mesure de sécurité en 1798 à Fontenay-le-Comte, il retrouva lentement une vie tranquille et mourut à Mortagne-sur-Sèvre le 15 février 1850.

 

Bossard B signature maire z

 

BOSSARD Benjamin - commandant de division ; a servi dans l'armée royale en 1793, 94, 95 et 96. (Histoire de la Vendée Militaire - Tome V - Jacques Crétineau-Joly)

Il a été maire du Puy-Saint-Bonnet.

 

Bossard Benjamin décès z


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Augustin Bossard - Lieutenant de chasseurs à pied

Fils de Jacques et de Jeanne Boisdé, né au Puy-Saint-Bonnet, en 1774, cultivateur au Puy-Saint-Bonnet, lutta également dans les rangs de l'Armée vendéenne, mais sous les ordres de Monsieur d'Autichamp ; il fut blessé à Beaupréau en 1795, mais survécut à la guerre.

Augustin Bossard est décédé au Puy-Saint-Bonnet, le 7 novembre 1820, à l'âge de 45 ans. Il avait épousé Jeanne Blin, au Puy-Saint-Bonnet, le 10 vendémiaire an XI. Fille de Sébastien Blin et de Magdeleine Bregeon, elle était née à La Tessoualle.

Enfants :

- Augustin, né au Puy-Saint-Bonnet, le 20 pluviôse an XI - 9 février 1803 ; marié au Puy-Saint-Bonnet, le 30 avril 1828, avec Rosalie-Jeanne Ageneau, née à Saint-Hilaire-de-Mortagne, le 26 avril 1811.

- Baptiste, né au Puy-Saint-Bonnet, le 2 fructidor an XIII ;

- Jeanne-Engélique, née au Puy-Saint-Bonnet, le 3 mai 1807 ; décédée au même lieu, le 29 mai 1823.

- Félix-Pierre, né au Puy-Saint-Bonnet, le 21 avril 1809 ;

- Eugène-Pierre, né au Puy-Saint-Bonnet, le 1er juillet 1813 ;

- Mélanie et Plaisance-Victoire, nées au Puy-Saint-Bonnet, le 29 janvier 1816 ; Mélanie, décédée le 27 septembre 1818 ;

- Benjamin-Louis, né au Puy-Saint-Bonnet, le 20 novembre 1819 ;

 

BOSSARD Augustin - lieutenant de chasseurs à pied. - États de service - A servi depuis 1793 jusqu'en 1796. (Histoire de la Vendée Militaire - Tome V - Jacques Crétineau-Joly)

 

Bossard Augustin décès z

 


 

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- JEAN-BAPTISTE BOSSARD

Métayer ; époux de Louise Coutand ; "décédé dans la guerre de Vendée, commune de Cholet".

Enfants :

- Constance  ; marchande ; mariée au Puy-Saint-Bonnet, avec Jacques Bryon, tisserand, né vers 1790, le 25 février 1813.

Jean-Baptiste, né vers 1791 ; cultivateur ; marié au Puy-Saint-Bonnet, avec Jeanne Barré, le 24 mars 1813, dont Jeanne ; décédée le 6 novembre 1818, à l'âge de 4 ans.

 


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Un parent : - Jacques BOSSARD - Capitaine au Puy-Saint-Bonnet

 Né vers 1754 - Époux de Mathurine Bourrasseau

Bossard Jacques signature

Enfants :

- Rose, née vers 1780 ; mariée avec Louis Charriault, tisserand, né vers 1785, au Puy-Saint-Bonnet, le 4 juin 1812, décédée le 11 août 1834.

- Louis-Jean

- Jeanne-Modeste, née le ... (?) mars 1782 ; mariée avec François-Noël Chupin, né le 24 décembre 1787, au Puy-Saint-Bonnet, le 12 septembre 1812.

- Mathurin, né vers 1787 ; tisserand ; marié au Puy-Saint-Bonnet, avec Renée Boureau, née au May vers 1789, le 30 septembre 1812.

- Rhubin/Urbain-Mathurin, né vers 1791 ; tisserand ; marié au Puy-Saint-Bonnet, le 12 février 1817, avec Marie Ripoche, couturière, âgée de 28 ans, fille de Mathurin Ripoche, "décédé à Cholet, au temps de la guerre", et de Jeanne Grasset.

- Louis-Alexis, né vers 1794 ; tisserand, marié au Puy-Saint-Bonnet, le 17 décembre 1817, avec Marie Brosseau, mineure, fille de Mathurin Brosseau, marchand, et de Marie Pacraud.

-  Sébastien (selon les actes), né vers 1784 ; tisserand ; veuf de Rose Blanchard, décédée le 20 septembre 1815 ; remarié au Puy-Saint-Bonnet, le 8 juin 1820, avec Jeanne Amiot, née le 5 pluviôse an IV, fille de Mathurin-Julien Amiot, journalier, et de Jeanne Coiffard ; dont Sébastien dit Pigeon, né le 23 août 1822, caporal au 21e régiment d'infanterie légère, 2e bataillon, 2e compagnie, immatriculé n° 9670, décédé le 23 février 1847 à l'hôpital de Toulouse.

Jacques Bossard est décédé au Puy-Saint-Bonnet, le 11 mars 1830, à l'âge de 76 ans.

 

Jacques Bossard décès z

 


 

Vendéens et Républicains dans la guerre de Vendée - Tome I - Frédéric Augris - 1993

AD85 - Registres d'état-civil de Mallièvre et de Mortagne-sur-Sèvre

AD79 - Registres d'état-civil du Puy-Saint-Bonnet (pas de registres paroissiaux)

Histoire de la Vendée Militaire - Tome V - Jacques Crétineau-Joly

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NIEUL-SUR-L'AUTISE - MORTAGNE-SUR-SÈVRE (85) - PIERRE-RAYMOND HILLAIRET, PRÊTRE RÉFRACTAIRE (1747 - 1825)

Bible 7

Fils de Pierre, sergetier, et de Marie Sagot, Pierre-Raymond est né à Nieul-sur-l'Autise, le 20 janvier 1747, a été baptisé le même jour.

 

Hillairet Mortagne baptême z

 

Il fut vicaire à Évrunes, mai 1772 ; curé d'Évrunes, août 1779 ; Curé à Mortagne-sur-Sèvre, juillet 1802.

Hillairet signature z

Pierre-Raymond Hillairet refusa le serment, et fut interné à Fontenay. Il dut partir pour l'Espagne, et s'embarque, le 10 septembre 1792, sur le navire l'Heureux-Hasard, capitaine Vassivier. Son exil dura huit ans.

A son retour, il fut nommé curé-doyen de Mortagne, paroisse qu'il administra avec ses deux annexes d'alors, d'Evrunes et Saint-Hilaire. Il prête serment à Fontenay, le 27 avril 1803. 

Pierre-Raymond Hillairet est décédé à Mortagne-sur-Sèvre, le 29 avril 1825, à l'âge de 78 ans. Sa tombe existe toujours dans le cimetière de Mortagne.

Hillairet Mortagne décès z

 

P1450595

P1450596

Hillairet

 

L. TEILLET - AD85 - Semaine Catholique du Diocèse de Luçon - 1904 à 1915

AD85 - Dictionnaire des Vendéens

AD85 - Registres paroissiaux de Nieul-sur-l'Autise et registres d'état-civil de Mortagne-sur-Sèvre.

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