Bertrand Barère, père de Jean-Hector, né en 1727, épousa Gratiane Dembarrère en 1754. Il fut notaire à Tarbes, chargé des insinuations ecclésiastiques ; Juge seigneurial des baronnies d'Astugue et de Castelvieil et du marquisat de Bénac ; Par lettre du 6 mars 1790, chargé avec le marquis de Gontaut et Pierre-Clair de Fondeville de former et de mettre en place les nouvelles administrations du département ; Administrateur du département de 1790 à 1791 ; Nommé parmi les trois premiers conseillers de préfecture le 12 avril 1800, il le demeure jusqu'à sa mort en 1803.

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UN MARGINAL, HECTOR BARERE (1769 - ?)

Bien que fortement imbriqué dans la Révolution, le cas d'Hector Barère, fils de Bertrand et de Gratianne Dembarrère, est particulier, puisque ce n'est pas dans le contexte du clan qu'il s'affirme, ni dans le même espace géographique. C'est en effet à Bordeaux qu'il fait "sa" révolution ...

Né à Tarbes, paroisse de la Sède, le 20 janvier 1769, Jean-Hector ne se distingue pas, contrairement aux autres, dans les humanités et le droit, puisqu'il rentre, en 1787, comme commis dans la maison Pouchan, "vignes et Cie", à Bordeaux, où, semble-t-il, il ne réalise pas de brillantes affaires. On le considère alors comme la tête brûlée de la famille.

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En 1789, il participe à l'insurrection et on le trouve dans toutes les manifestations de la Révolution commençante. On perd sa trace en 1790 et on le retrouve, un an plus tard, secrétaire de la commission civile, chargée du rétablissement de l'ordre aux Antilles, mandatée par l'Assemblée Constituante. A-t-il eu ce poste grâce à son cousin, alors haut-juge du Tribunal de Cassation ? On ne sait.

En 1792, il est à Paris, où il participe à la prise des Tuileries. Un mois plus tard, le voilà dans l'administration maritime, comme commissaire du conseil exécutif chargé d'accélérer la levée en masse de marins sur les côtes de l'Atlantique, de Nantes à Lorient, ainsi que préposé à la réquisition des chanvres et l'épuration de l'Administration. On le retrouve ensuite à Dunkerque, surveillant des constructions navales, puis à Cherbourg, délégué à l'armement. Enfin, il est nommé commissaire gouvernemental de la marine, à Bordeaux, où, jacobin convaincu, il en fait trembler plus d'un.

Avec le 9 thermidor, il est incarcéré au petit-séminaire de Bordeaux, puis remis en liberté en mars 1795, après avoir publié un mémoire justificatif de son action révolutionnaire.

On connaît mal les motifs de sa détention. Est-ce sa correspondance et son amitié passionnée pour son cousin, le conventionnel ? Sa trop grande rigueur dans l'épuration ? Probablement. Ce qui est certain, c'est le rôle qu'il joue dans l'évasion de Bertrand Barère, des prisons de Saintes, la nuit du 26 octobre 1796. C'est lui qui achète les complicités, procure les chevaux, puis le bateau pour traverser la Charente et la Gironde, c'est lui enfin, qui cache le proscrit, d'abord chez lui, aux allées de Tourny, ensuite chez son ami le négociant Jacques Fonade, dans la paroisse Sainte-Croix.

Hector Barère poursuivra, après sa libération, une carrière tranquille d'inspecteur de la marine, puis entreposeur des tabacs de l'arrondissement de Tarbes.

Jean-Hector Barère serait décédé à Paris avant 1815 (selon l'acte de mariage de sa fille), ne laissant de sa première femme, née Catherine Benoist, qu'une fille, Clarisse-Marie-Antoinette-Jacquette, née à Paris, mariée à Tarbes, le 17 mars 1815, avec Jean-Jacques-Victoire Dembarrère, chef d'escadron au 5e régiment de Chasseurs à cheval aujourd'hui Chasseurs du Duc d'Angoulême, natif et domicilié de la ville de Lourdes, âgé de 34 ans suivant son acte de naissance du 5 septembre 1780, fils de Jacques Dembarrère, avocat, décédé à Lourdes le 27 brumaire de l'an X, et de Michelle de Mascaras.

La fin de son existence est maigre de détails.

Que penser d'Hector Barère ? Peu imbriqué dans la vie quotidienne du clan, il reste pourtant en active correspondance avec ses frères et cousins, surtout Bertrand, son préféré. Politiquement, il semble qu'il ne fut qu'une sorte de "pion" dont on se servit pour des tâches ingrates et peu lucratives, mais indispensables à l'effort de guerre pendant le grand réarmement de la Nation. Malgré tout, ce commissaire ardent fut un être assez inoffensif, puisqu'aucune charge ne fut retenue contre lui, lors de la Réaction.

Comme tous les Barère (et en celà, il appartient bien au clan), il fut surtout un phraseur ...

 

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Revue de Comminges - Tome XCVI - Année 1983 - 1er trimestre.

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