Castelnau église z

PIERRE DUFOUART, chirurgien militaire, naquit à Castelnau-Rivière-Basse, dans les Hautes-Pyrénées, le 9 juin 1737.

baptême

 

En 1743, il arrivait à Paris où il fit toutes ses études.

Il commença l'étude de la chirurgie à Paris, sous la direction de ses oncles, et de son frère aîné, praticien éclairé qui était membre de l'Académie royale de chirurgie.

Dufouart était à peine âgé de 22 ans, servit d'abord comme chirurgien volontaire, depuis le mois de mars 1759, à l'armée d'Allemagne, avec laquelle il fit les campagnes de 1759, 1760, 1761 et 1762.

Les talents dont il fit preuve dans l'exercice de ses fonctions pendant la guerre de sept ans, lui valurent la survivance de Faget, son oncle, à la place de chirurgien-major des Gardes-Françaises. C'est à cette époque (1763) qu'il soutint sa thèse, et fut reçu membre du Collège de chirurgie. Plus tard, il prit ses degrés en médecine. Sur son avis, on créa un hôpital particulier pour les Gardes-Françaises, et il en fut nommé médecin et inspecteur en chef.

Le 14 juillet 1789, il fut fait chirurgien-major général des troupes et de l'hôpital militaire de Paris.

En août 1791, l'assemblée Constituante autorisa cette place par décret, et y joignit le titre d'inspecteur général des hôpitaux militaires ; quand on fonda, en 1796, un enseignement à l'hôpital militaire du Gros-Caillou, il y occupa une place de professeur et celle de chirurgien en chef.

Le 23 janvier 1792, le Ministre de la Guerre, en conséquence de ce décret, lui envoya le Brevet de chirurgien major général des troupes de Paris et d'inspecteur général des hôpitaux militaires ; titres et fonctions qu'il a conservés jusqu'à l'an V où il fut transféré au Val-de-Grâce en qualité de chirurgien major en chef et de professeur à l'hôpital militaire d'instruction de Paris, et nommé quelque temps après officier de santé supérieur.

Son âge ne lui permettant plus de se livrer à la pratique, le 11 fructidor de l'an XII, Sa Majesté Impériale daigna le conserver à l'hôpital militaire de Paris sous le titre de chirurgien major honoraire, et lui a accordé deux mille francs d'appointement.

Dufouart est mort le 21 octobre 1813, à Sceaux, près Paris, rue des Imbergères, en la maison de Monsieur de France. Il s'occupait beaucoup de littérature, et jusqu'à la fin cette étude fut son délassement. Il avait traduit en vers français les Bucoliques de Virgile, et cinq de ces églogues ont été imprimées à Paris, 1810, in-8°.

décès Sceaux 92 1813

 

 

On a de lui :

De intrumescentia partium in primis vulnerum sclopetarium instantibus. Paris, 1763, in-4°. - C'est la dissertation inaugurale de l'auteur. Ce sujet continua d'être l'objet de ses méditations, qu'il publia plus tard dans l'ouvrage suivant :

Analyse des blessures d'armes à feu et de leur traitement. Paris, an X (1801), in-8°, XV-425 pp. - Cet ouvrage, écrit dans un style un peu singulier, renferme beaucoup de remarques pratiques. L'auteur a suivi une marche très méthodique dans l'exposition des sujets qu'il étudie successivement. A côté d'observations judicieuses on est étonné de le voir soutenir des opinions dont l'expérience avait fait justice depuis longtemps. Ainsi, suivant Dufouart, la lésion des tendons et des aponévroses est la source d'accidents nerveux très graves ; la répulsion violente de l'air par un boulet de canon est l'explication véritable d'une foule de désordres profonds qui ne sont accompagnés d'aucune trace de contusions extérieures : il cite gravement, comme exemple, une fracture des deux jambes chez le même individu. Dufouart blâme avec raison la pratique qu'on suivait encore assez généralement de son temps, de passer un séton dans l'articulation ouverte par une plaie d'arme à feu ; il montre par des exemples qu'on doit s'abstenir de l'amputation des membres quand les individus sont dans cet état particulier de stupeur qui accompagne souvent les plaies considérables avec fracture des os, la mort ayant toujours lieu après l'amputation ; il a sollicité artificiellement, et obtenu des ankyloses, en injectant dans l'articulation du baume de Fioraventi, de l'huile de térébenthine, du vin sucré et camphré, etc. ; il a constaté que le crachement de sang est presque aussi commun dans les plaies non pénétrantes de la poitrine, que dans celles qui sont pénétrantes ; il cite l'exemple d'une commotion cérébrale suivie de guérison, causée par le choc d'une balle qui vint s'aplatir sur l'os frontal, en enfonçant la table externe de l'os, sans pénétrer plus avant ; il dit avoir observé que les abcès du foie consécutifs aux plaies d'armes à feu de la tête, ne se développent que lorsque les blessures n'ont pas été le siège d'une tuméfaction inflammatoire notable.

Dufouart cite dans son ouvrage son Éloge de la gangrène : nous ignorons l'époque de cette publication.


Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne, Volume 2 - Partie 1 - 1834 - p. 146

Fastes de la Légion d'honneur - volume 5 - 1847

Archives Nationales - Base Leonore - LH/832/67

AD65 - Registres paroissiaux de Castelnau-Rivière-Basse

AD92 - Registres d'état-civil de Sceaux