PRAEFKE, BARON D'EMPIRE

église z

Né le 5 mars 1758 à Neu-Brandenburg dans le duché de Méklembourg-Strelitz, il s'engage à vingt ans, en 1778, dans un régiment allemand de l'armée royale française et, lecteur de Voltaire, fréquente de nombreux officiers éclairés.

Au moment de la Révolution, au lieu de rentrer au pays ou de prendre du service dans les armées autrichienne et prussienne comme nombre de ses compatriotes, il prend fait et cause pour le nouveau régime.

Volontaire très remarqué au sein du 9ème bataillon de Gironde, il est brillamment élu chef de corps par ses pairs le 17 novembre 1792. En 1793, il est commandant de la place de Saint-Gilles-sur-Vie ; il se distingue particulièrement lors de la cruelle campagne de Vendée. Après l'anéantissement de l'armée catholique et royale au Mans et à Savenay, il combat dans les Pyrénées jusqu'aux pourparlers qui débouchent sur la Paix de Bâle. Affecté à la demi-brigade "Gironde Lot-et-Garonne" le 13 mai 1795, il participe aux dernières opérations de "nettoyage" de la campagne de l'Ouest de 1795 - 1796, menée simultanément contre les débris de l'armée vendéenne et les bandes de Chouans après les accords de La Jaunaye.

SIGNATURES Z

Très apprécié par le général Turreau, grand chef d'orchestre de la féroce répression menée dans l'Ouest, il aurait dû être nommé chef de demi-brigade dès la fin de 1796, mais freiné dans son ascension en raison de ses origines, il est versé à la 28ème demi-brigade légère comme commandant en second, alors que nombre de ses collègues élevés au rang supérieur prennent les places offertes dans le corps expéditionnaire d'Égypte.

Remis en selle par Turreau, il est enfin nommé chef de la 28ème demi-brigade d'infanterie légère le 11 avril 1800, jour où il est blessé au combat en Italie, campagne pendant laquelle il démontra tout son savoir-faire. Après la Paix d'Amiens, il prend le commandement des 11ème et 12ème bataillons de grenadiers qui rejoignent en 1805 les camps de Boulogne.

Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII (11 décembre 1803) et officier, le 25 prairial suivant (14 juin 1804).

De 1805 à 1811, PRAEFKE restera le grand chef incontesté du 28ème léger prouvant à travers toutes les campagnes le très haut niveau de ses compétences militaires.

P1510203 z

Le 16 mai 1811, à la bataille de La Albuera, il s'expose toute la journée au premier rang et refuse de la quitter malgré plusieurs blessures. Il meurt au bivouac le lendemain, 17 mai 1811, alors que Napoléon signait le décret impérial le nommant général de brigade.

"Le colonel Praefke a été mortellement blessé et est tombé à la tête de son régiment ; il s'est relevé et a ordonné à ses hommes de ne pas bouger. Ses trois chefs de bataillons et ses trois plus hauts capitaines ont été tués sur le coup ... Les hommes du régiment, fidèles au commandement de leur colonel mourant, ont continué de tirer et ont maintenu leur position."(Mémoires d'Héralde)

Pouzin-Princet__btv1b10000219v_116 z

 

Le lien des chercheurs Cévenols - n° 132 - janvier/mars 2003

Fastes de la légion-d'honneur - biographies - Tome 3 - 1845

Fichier Bossu - Gallica