THADEE z

Thadée Kosciuszko était né en Lituanie, dans le Palatinat de Brzesc, le 16 février 1746 et était entré à l'école des cadets de Varsovie ; à la suite de ses succès, il fut envoyé à l'étranger pour se perfectionner.

C'est ainsi qu'il entra à notre école du génie à Versailles, d'où il sortit en 1774, ayant appris la nouvelle de la mort de son père tué par ses paysans, et le premier partage de la Pologne. Il retourne dans son pays, où il est nommé lieutenant d'artillerie, revient en France, part pour l'Amérique, se présente à Washington et est nommé colonel dans l'armée américaine en 1776, général de brigade en 1783 et, la guerre d'indépendance terminée, il revient en Pologne.

En 1787, il est nommé major-général de l'armée polonaise, lutte vaillamment contre les Russes, puis se retire à Leipzig où, après le diplôme de citoyen américain, il reçoit de la Convention celui de citoyen français.

En 1794, il est rappelé en Pologne pour prendre le commandement de l'insurrection. Il est vainqueur à Raclawice, battu ensuite et fait prisonnier.

Thadée z

Rendu à la liberté par Paul Ier, il retourne en Amérique. Les États-Unis l'envoient en France pour négocier le traité de commerce. Il contribue à l'organisation des légions polonaises en Italie et en France, refusa néanmoins les propositions de Napoléon Ier, s'établit d'abord près de Fontainebleau, puis à Soleure, où il meurt le 14 octobre 1817, à l'âge de soixante et onze ans.

Ses compatriotes firent transporter ses dépouilles mortelles à Cracovie, et les ensevelirent dans les tombeaux de leurs rois.

Le général Kosciusko était d'une taille au-dessus de la moyenne, sec, pâle de visage, d'une figure agréable. Il était galant, aimait la société des dames ; excellent officier de génie ; d'une intrépidité extrême ; mais froid dans le courage ; d'un coup d'oeil juste et rapide, il savait admirablement profiter du terrain et disposer ses troupes au moment du combat. La liberté et l'indépendance nationale furent chez lui des passions.

THADEE 3 z

On lui a attribué le mot célèbre : Finis Poloniae ; il a énergiquement protesté contre cette légende, dans une lettre au comte de Ségur, déclarant que cette parole était un blasphème.

Le Gaulois : littéraire et politique - 15 octobre 1917

Le Polonais, journal des intérêts de la Pologne - Tome III - Novembre 1834