L'hommage 3


M. Raymond, originaire de Terves et ancien chanoine du château d'Argenton, d'une réputation plus qu'équivoque, prêta le serment, le rétracta, quitta la soutane, se fit garde municipal à Argenton, remplaçant, pour 15 sous, ses compagnons d'armes à leur tour de garde.

Ce prêtre avait en 1791 refusé son élection à la cure de Somloire.

A la nouvelle que les Vendéens menacent Thouars, il se rendit dans cette ville avec les gardes municipaux d'Argenton ; là, il assiste à la profanation d'un crucifix. Cet acte impie réveille sa foi ; il en est impressionné au point de venir s'offrir, plein de repentir, au vénérable M. Larc, curé de Saint-Clémentin. Celui-ci lui impose une pénitence de 40 jours, qui est acceptée, et M. Raymond, réhabilité, vint pendant quelques mois exercer son ministère à Étusson et à Saint-Maurice ; il disait sa messe dans la cave du couvent de la Fougereuse.

Plus tard, M. Raymond se retira à Saint-Paul-du-Bois. Au moment du Concordat, il convoqua sa paroisse pour connaître à la pluralité des voix s'il fallait se soumettre au Concordat. Il reçut alors une bonne leçon d'un paysan : "M. le curé, lui dit ce dernier, quand je veux ensemencer mes terres ou vendre mes boeufs, je n'ai pas besoin de vos conseils ; vous aussi, vous devriez savoir à quoi vous en tenir et connaître votre devoir."

"Esprit très borné, assermenté en 1791, maltraité par les insurgés en 1793, insermenté en 1802, ce pauvre hère, incapable de raisonner, s'était jeté, sans trop savoir pourquoi dans la dissidence".

Décrété d'arrestation depuis le 5 février 1803, Raimond avait souvent échappé aux poursuites en passant dans les Deux-Sèvres. Il trouvait, à Étusson, un collègue dissident : Guillon, et une population toute disposée à le soustraire aux recherches. Il fut cependant arrêté à l'improviste, au moment de dire sa messe, "au milieu de vingt fanatiques qu'il confessait avant le jour".

RAIMOND SIGNATURE

Il écrivait, en 1805 : "J'ai désobéi au Pape en 1791, en faisant conditionnellement le serment ; le gouvernement me disait alors qu'il voulait favoriser la religion. Chat échaudé craint l'eau froide", concluait-il.

Ainsi, recherché depuis plus d'un an en 1804, comme dissident et perturbateur, il ne fut arrêté, après des recherches incessantes, que le 26 février 1806, au village de l'Hommage (St-Paul-du-Bois). Conduit au château d'Angers, Raimond fera sa soumission, le 18 mars, jugée, à l'expérience, suspecte, elle n'évitera pas à l'ancien dissident le transfert dans la citadelle de Ham, le 30 mars 1807 d'où il sera transféré à Paris le 6 septembre 1813.

Raimond Ham z

Personnage médiocre, après avoir pris, puis quitté le cilice et la haire, servi Dieu et le diable, hésité entre le concordat et le schisme, M. Raymond mourut curé dissident, dans sa cure, à Cirières, le 11 novembre 1816, à l'âge de 70 ans.

 

RAYMOND décès Cirières 1816

 

Argenton-l'Eglise et ses environs par l'abbé Gustave Michaud

La Petite Eglise dans la Vendée et Les Deux-Sèvres par Auguste Billaud - 1982

AD79 - Registres d'état-civil de Cirières

Archives historiques et littéraires du Nord de la France et du Midi de la Belgique - Troisième série - Tome 3 - 1852