Doué z

Jean-Pierre Gallais appartenait à une famille de chirurgiens et d'apothicaires établie à Doué depuis fort longtemps. Il est né à Doué le 18 janvier 1756 et baptisé le lendemain.

BAPTEME z

Il fit ses études au collège de la ville, puis entra, dès l'âge de treize ans, à l'abbaye bénédictine de Saint-Nicolas, à Angers, comme candidat. Il y fit ses voeux en 1777, et fut ordonné prêtre en 1779, en considération de ses talents et en vertu d'une dispense d'âge que le Pape lui accorda.

Il fut admis ensuite à l'abbaye de Saint-Vincent du Mans, où la révolution le trouva en 1789. Nul doute que sans elle, il aurait atteint les plus hauts grades dans la Congrégation de Saint-Maur.

Dès le début de la période révolutionnaire, il publia une brochure satirique concernant les élections du clergé aux Etats-Généraux. Lorsqu'il fut question de la suppression des ordres religieux, il réclama dans un mémoire qui fit quelque bruit, la conservation de ces ordres, particulièrement de celui de Saint-Benoît.

Néanmoins, après le décret du 13 février 1790 qui abolissait le principe des congrégations religieuses, il quitta les ordres et reprit sa liberté. Il s'établit à Paris, se lança dans la mêlée et milita dans les rangs royalistes et catholiques.

Il rédigea plusieurs pamphlets où il critiquait violemment les idées nouvelles et dirigea, jusqu'en août 1792, le Journal Général de l'abbé Fontenay. Trois jours avant l'exécution de Louis XVI, il lança courageusement son Appel à la postérité qui eut aussitôt trois éditions ; le libraire qui le vendait, Weber, fut arrêté quelques jours après et dans la suite, il fut guillotiné. Désigné dès lors aux poursuites, il fut arrêté et détenu à la prison de la Force, et n'échappa que par miracle à la guillotine.

Libéré après le 9 thermidor, il écrivit plusieurs petits ouvrages remarqués contre la révolution. Employé dans la rédaction de la Quotidienne, il fonda, avec Langlois, Le Censeur des Journaux, journal qui eut un grand succès au début du Directoire, et qui s'attaquait à tous les excès.

Au 18 fructidor an V, il fut frappé d'exclusion par la loi ; ses presses furent brisées, sa maison saccagée, et ne dut son salut qu'à la fuite. Caché à Paris, il publia néanmoins un ouvrage : Le 18 fructidor, ses causes et ses effets, où il osait réclamer la monarchie pour la France, et le retour des Bourbons sur le trône.

A la chute du Directoire, il reprit la lutte, lançant sous divers noms des journaux qui n'eurent plus autant de succès. Puis, de 1800 à 1811, il fut chargé du Journal de Paris, une des feuilles les plus importantes de cette époque.

Vers 1800, il s'était marié et avait été nommé professeur d'éloquence et de philosophie à l'Académie de Législation.

Monarchiste, il n'avait accepté qu'à contre-coeur le régime napoléonien ; aussi, à la chute de l'Empereur, il publia son Histoire du 18 Brumaire et de Bonaparte en cinq parties.

A la Restauration, Jean-Pierre Gallais obtint, en 1815, d'être le correspondant littéraire de l'empereur de Russie, et il fut chargé vers cette époque, par Wellington, le vainqueur de Waterloo, de l'éducation de son neveu, le comte de Lemnox.

Il publia, en 1817, Les moeurs et caractères du XIXe siècle, et son Histoire de France depuis la mort de Louis XVI jusqu'au traité du 29 novembre 1815.

Il mourut à Paris, le 26 octobre 1820, emporté par une attaque d'apoplexie foudroyante, âgé de 64 ans.

décès 1820 z

 

Doué et son histoire - Henri Prud'homme - 1974

État-civil de Paris

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