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Fils de Jacques-Henri Dambray (1723-?) et de Charlotte-Françoise de Thère (1736-1811), Charles Henri est né à Rouen, le 9 octobre 1760, d'une famille dont plusieurs membres avaient été présidents à mortier au Parlement de Normandie ; il était, dès l'âge de dix-neuf ans, avocat-général à la Cour des Aides de Paris.

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Appelé, en 1788, à remplir les mêmes fonctions près du Parlement de la même ville, le jeune magistrat porta la parole avec une éloquence et un talent des plus remarquables dans deux causes célèbres, celle de l'aéronaute Montgolfier, puis celle, beaucoup plus retentissante, de Kornmann, dans laquelle figuraient comme adversaires Bergasse et Beaumarchais.

Retiré, dès les premiers évènements de la Révolution, dans sa terre de Montigny, près de Dieppe, M. Dambray fut, après le 9 thermidor, élu au Conseil des Cinq-Cents, mais il n'accepta pas ce mandat, parce qu'il imposait l'obligation du serment de haine à la royauté, et que, malgré l'exemple de quelques royalistes estimables, il ne put se résoudre à le prêter. Vers la fin du gouvernement impérial, il entretint avec les Bourbons une correspondance active, ce qui lui valut, à la rentrée de cette famille, en 1814, d'être nommé chancelier de France, garde-des-sceaux et ministre de la justice.

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Au retour de Napoléon de l'île d'Elbe, au moment où le péril était le plus imminent, M. Dambray s'opposa énergiquement au départ de Louis XVIII, et comprenant que le devoir d'un chancelier était de se tenir près de son roi pour mourir s'il le fallait à ses pieds, il ne quitta Paris que le dernier.

Lors de la seconde Restauration, il fut appelé au Conseil privé du Roi, puis à la Chambre des Pairs, dont il devint le président. Il était investi de cette dignité quand cette Chambre se constitua en Cour de justice, pour le procès du Maréchal Ney, procès dans lequel il se montra, ainsi qu'on se plaît à le reconnaître, plein de convenance et d'impartialité.

M. le chancelier Dambray mourut à sa terre de Montigny, le 13 décembre 1829.

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Il était membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et c'est à lui qu'on doit le rétablissement du Journal des Savants.

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En 1782, il épouse Marie-Charlotte-Antoinette de Barentin (1765-1802), fille de Charles de Barentin , Garde des Sceaux du Roi Louis XVI (1738-1819) et d'Anne Masson de Meslay (1744-1796). Ils ont trois enfants :

- Charles-Emmanuel-Henri, vicomte Dambray (1785-1868), né à Paris, le 21 janvier 1785 ; marié en 1813 avec Louise Caroline Deshayes de Cry (1792-1870) ;

- Anne-Charlotte-Françoise Dambray (1786-1866), mariée en 1805 avec Claude-Louis-Gabriel-Donatien, comte de Sesmaisons (1781-1842) ;

- Antoinette-Pélagie-Céleste Dambray (1790-1874), mariée en 1812 avec Jean-Maurice Goujon, Marquis de Gasville, conseiller d'Etat, gentilhomme de la chambre du Roi (1789-1865).

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Lorsqu'éclata la Révolution, Charles-Henri-Emmanuel, vicomte Dambray suivit sa famille à Rouen, et bientôt après à Oissel, où il passa les mauvais jours de la Terreur. C'était l'époque où commençait l'éducation du futur pair de France ; elle fut dirigée, sous l'oeil paternel, par un pieux et savant ecclésiastique, qui trouva dès lors, dans son jeune élève une intelligence d'élite, une aptitude remarquable pour les sciences. Il possédait à fond, écrivait et parlait purement un certain nombre de langues vivantes, comme l'italien, l'espagnol, l'anglais, l'allemand et le grec moderne.

Au mois d'avril 1813, M. Dambray épousa à Rouen, Mlle Louise-Charlotte Deshayes de Cry, dont la famille habitait l'Anjou, et que la maison des Dames Cousin, rue Morand, s'honorait d'avoir eue pour élève. De cette union, qui fut toujours des plus douces et des plus heureuses, il n'est point né d'enfants. Les enfants de M. et Mme Dambray furent les pauvres et les malheureux, avec qui ils se plaisaient l'un et l'autre à partager leurs revenus ; car les deux époux étaient en parfaite harmonie pour faire de bonnes oeuvres, et pour les faire avec modestie et simplicité.

Les titres et les honneurs ne manquèrent point à M. Dambray. Dès 1814, il était nommé maître des requêtes. Bientôt après, en 1815, Louis XVIII le créait pair de France et lui donnait le titre de vicomte. Chevalier de la Légion d'honneur le 30 avril 1821, il fut promu à la dignité d'officier le 3 novembre 1827. Enfin, le 18 février 1830, peu de temps après la mort de son père, il fut nommé par Charles X chevalier-commandeur, grand-prévôt des ordres du roi.

Malgré tous ces titres, M. Dambray resta toujours simple, modeste, et, comme l'écrivait naguère une plume autorisée, le plus humble parmi les humbles.

La révolution de Juillet le fit rentrer dans sa terre de Montigny, qu'il ne quitta qu'en 1849, pour aller représenter à l'Assemblée législative le département de la Mayenne, qui l'avait spontanément élu. Mais l'heure d'une nouvelle retraite ne tarda pas longtemps à sonner pour lui, et on le vit reprendre, dans la solitude de son château, le cours de ses habitudes de bienfaisance et de charité.

Charles-Henri-Emmanuel, vicomte Dambray, est décédé au château de Montigny le 26 février 1868.

Avec M. Dambray s'éteint la famille de ce nom, qui, depuis plusieurs siècles, était une des plus pures illustration de la Normandie. (La semaine religieuse du diocèse de Rouen - 28 mars 1868)

 

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