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La baronnie d'Yolet appartint jusqu'en 1754, à l'antique famille Malras, qui la vendit 46.000 livres, payées comptant, le 21 janvier, à "Messire Charles Verdier de Cadillac, conseiller du Roi, président trésorier général de France au bureau de Montauban, seigneur de Marcillac Lacan et autres places, habitant en son château de Marcillac, en la paroisse de Ginalhac en Rouergue" ; ce sont ensuite les Miramon qui devinrent seigneurs d'Yolet, on ignore à quelle date.

Le nom de Carrier est très répandu en Haute-Auvergne. Sur la paroisse d'Yolet vivaient, à la fin du XVIIe siècle, plusieurs familles de ce nom. Leurs chefs, laboureurs, exerçaient aussi parfois la profession de marchands ou d'hostes (celui, celle qui tient une auberge, une hôtellerie).

Bertrand Carrier, hoste, du bourg, "dit lou Morou" (peut-être à cause de son teint basané) meurt en 1674, "âgé d'environ cinquante ans". Son fils Jean épouse Catherine Mazic ; ils baptisent, le 28 juin 1682, Barthélémy qui "entre pour gendre" le 4 octobre 1718, dans la maison de la veuve de Durand Delmas au village de Sémilhac. Cinq enfants naissent du mariage, dont le second, JEAN, le 4 mai 1722. Le bien exploité, arpenté en 1743, est parmi les vingt plus forts imposés au rôle de la taille. Il comprend plusieurs séterées de terres fromentales, indice certain d'aisance domestique.

JEAN CARRIER, "dit le Négrier" se marie le 18 janvier 1746, à Arpajon-sur-Cère, avec Marguerite Puex (ou Puech), née le 28 septembre 1721 (décédée le 13 octobre 1782), dont la mère, veuve, Marie Labouygue, possède au village de Sal, commune d'Arpajon, une assez belle propriété, déclarée en 1746, puis arpentée, et un moulin à deux meules.

A partir de son mariage, JEAN CARRIER est porté sur le rôle d'abord avec sa mère, décédée le 10 mai 1756, puis seul.

 

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Du ménage naquirent au village de Sémilhac à Yolet :

Marie, née le 26, baptisée le 27 juin 1747 ; mariée le 2 juillet 1766 avec Guillaume Laroque (ou Roques), de Lascanaux, qui exerce "son industrie particulière au Royaume d'Espagne" ;

Pierre, baptisé le 11 septembre 1749 ; décédé le 31 mars 1753 ;

Catherine, baptisée le 8 août 1754, née la veille ; mariée le 6 novembre 1781, au fils d'un tanneur d'Aurillac, Michel Delsol, qui devint un des plus forts imposés de la commune, enrichi de biens nationaux, méritant le titre de "propriétaire" dans les actes et les annales. Jean-Baptiste Carrier, démuni d'argent, lui gardera rancune d'avoir obtenu 6.000 livres de dot. De ce mariage seraient nés au moins quatre garçons et quatre filles. Michel Delsol est décédé à Aurillac, le 12 mars 1823.

Jean Baptiste dont voici l'acte de baptême :

"L'an mille sept cent cinquante six, et le dix sept du mois de mars, a été baptisé Jean Baptiste Carrier, né le 16 des susd mois et an, fils légitime de Jean Carrier et de Marguerite Puex sa femme ; parrain Jean Baptiste Valet ; sa marraine, Marie Carrier qui na scu signer. Témoins, Jean Testel et Jean Angelvi qui n'ont scu signer ; de ce requis
DECONQUANS, Curé."

Basile ; voir plus loin ;

Catherine, baptisée le 22 janvier 1762, née la veille ; décédée la même année.

JEAN CARRIER, entreprenant, formé par des générations de marchands, est attiré par la ville voisine, Aurillac. Le 2 janvier 1762, il prend à bail les domaines du Barrat (ou Barral) et de Fonrouge, pour huit ans, moyennant un fermage considérable de 1.560 livres avec les réserves d'usage ... La maisonnée se transporte au Barrat : elle y résidera sans discontinuer, jusqu'en 1780/1781. La maison de Sémilhac, reconstruite en 1801 par Michel Delsol, est louée, durant une période, à Jean Sacreste, brassier. JEAN CARRIER développe son commerce de grains, fromages et bestiaux. Toutefois, le bien de Sémilhac demeura toujours travaillé par Jean Carrier, car la distance le permettait. Le 14 juin 1765, en qualité de "marchand", il loue d'un tanneur et de deux bouchers sanflorains une montagne, "proche le village de la Thuilière", pour 200 livres. Le 3 août 1768, un "corps de logis composé de boutiques, chambres et galetas", dans le faubourg des Carmes, est obtenu du couvent moyennant 200 livres.

JEAN CARRIER est décédé le 26 mai 1772, au domaine du Barrat, inhumé le lendemain dans l'église Notre-Dame d'Aurillac. Il était âgé d'environ quarante cinq ans. Sa veuve se remarie, le 12 juillet 1774, avec Antoine Bronzac, son maître bouvier. C'était une femme de tête, qui assurait ainsi l'existence de ses enfants à charge.

"Le douze juillet de l'an mille sept cents soixante quatorze après la publication d'un banq de mariage entre les parties cy dessous vu la dispense des deux autres par monsieur Sériès vicaire général de monseigneur l'abbé d'Aurillac en datte du onze du présent mois, n'étant parvenu à notre conoissance aucun empêchement ny opposition quelconque avons imparty la bénédiction nuptiale à Antoine Bronzat metre bouvier fils légitime de deffunt Jean Bronzat et Marie Souquières originaire de la paroisse de Marcolès et habitant du domaine du Barat habit. de cette paroisse et à Marguerite Puech veuve de Jean Carrier laboureur demeurant au même domaine de Barat d'autre part, après avoir reçu leur mutuel consentement immédiatement avant la messe en présence de Firmin Raulhac et Jean Roques soussignés avec nous vicaire. Les époux ont déclaré ne le scavoir, de ce requis". (A.C. Aurillac. Contrat, le 3 juillet, devant Delsuc, notaire).

Le domaine du Barrat n'existe plus.

 

Basile est né au village de Sémilhac (Yolet), ondoyé le 27 juillet 1759 et baptisé le 17 septembre, de la même année.

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Son enfance, sa jeunesse, sa formation, ont été parallèles à celles de son frère, Jean-Baptiste, mais il ne l'a pas suivi à Paris, puisqu'on le découvre sans interruption à Aurillac :

- 12 octobre 1779 : témoin au mariage de Jean-Antoine Lucques, marchand.

- 21 août 1781 : praticien ; comparaît au greffe pour requérir d'insinuer la procuration de la cure de Roannes.

- 6 novembre 1781 : signe l'acte de mariage de sa soeur Catherine, et, après la cérémonie, celui de Thomas Muratet, fils de tisserand.

- 6 octobre 1782 : signe l'acte de baptême de son neveu Antoine Delsol.

- 26 juin 1783 : requiert d'insinuer la procuration de la cure de Ronesque.

- 20 août 1783 : idem pour la chapellerie de Salvages.

- 16 novembre 1784 : Signe comme témoin à deux mariages : Jean-Antoine Caillus, marchand, et Guillaume Bonnefons, praticien.

- 23 mai 1785 : praticien ; paie par les mains de Michel Delsol, son beau-frère, à Pierre Imbert, maître tailleur d'habits, la somme de 78 livres.

- 28 février 1786 : praticien ; Mathieu Truel, ancien greffier, le constitue pour son procureur et lui donne plein pouvoir pour se transporter à Paris à l'effet de poursuivre l'instance pendante entre lui et sa soeur.

- Le 18 mai 1790, "le Sr Carrier, praticien", garde national, manque sa garde et on le remplace par Dupré, "fugillier".

- En 1792, il est grenadier avec son frère dans la même escouade.

- Le 4 mai 1792, en qualité de commis de district, il prête le serment civique.

- Le 9 pluviôse an II, il est adjoint au commissaire des guerres Dangeny, à Aurillac.

- Le 20 germinal, il est commissaire des guerres, et terminera sa carrière à ce poste.

Il avait été plusieurs fois menacé de mutation, car le gouvernement, craignant les malversations possibles, ne laissait pas longtemps à la même place ses intendants militaires.

Le 16 germinal an VII, il écrivait à Bertrand, député au corps législatif : "Je vous prie, autant qu'on peut prier, de faire valoir tous les moyens possibles pour me conserver dans la même place. Un motif bien puissant, c'est la malheureuse affaire de mon frère qui m'occasionnerait infailliblement bien des désagréments dans un pays où je ne serais pas connu."

Le 13 floréal an X (5 mai 1802), à Aurillac, il avait épousé Marie-Anne-Pierrette Roquier, fille d'Antoine-Amant Roquier, officier de santé, et de Jeanne Dangeny, née le 20 août 1780.

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Le 4 août 1810, de Paris, à sa femme : "Je sors de l'hôtel du Ministre qui m'a bien reçu et promis de me laisser à Aurillac autant qu'il lui serait possible".

Il logea à Aurillac, rue d'Aurinques, rue de l'Union (du Monastère), puis dans la maison de ses beaux-parents, près du pont du Buis, au bord de la Jordanne.

Il signa Carrier durant la Révolution et l'Empire ; Carrier-Dangeny au début de la Restauration, ajoutant le nom de sa belle-mère pour atténuer celui abhorré du "sanglant régicide" ; le plus souvent Carrier à la fin de sa vie. [Une ordonnance du Roi permit au Sr Basile Carrier, né le 27 juillet 1759, commissaire des guerres en retraite à Aurillac (Cantal), d'ajouter à son nom celui de Dangeny ... Paris, 17 juillet 1816.]

L'abbé Delmas indique dans ses notes : "Ses enfants changèrent de nom à cause de l'horreur et de la répulsion qu'inspirait le souvenir du monstre révolutionnaire, et prirent le nom de leur grand-mère maternelle." Leur père leur avait donné l'exemple, mais un temps seulement.

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Basile Carrier est mort à Aurillac, faubourg du Buis, le 17 août 1839, âgé de 80 ans, "à la suite d'une hydropisie de poitrine, soutenu par la foi la plus vive, et par une haute confiance dans la bonté de Dieu", selon la "Revue du Cantal" du 24 août.

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De son mariage était né un fils, Amant-Antoine, à Aurillac le 18 ventôse an XI (9 mars 1803) ; marié en cette même ville le 28 octobre 1829, avec Catherine-Justine Marty, dont une fille, Marie-Joséphine, en 1831 ; médecin ;  maire de Yolet, depuis septembre 1840 jusqu'à sa mort.

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Amant-Antoine Carrier-Dangeny, docteur en médecine, est décédé en son château de Boudieu (Yolet), le 22 novembre 1842, à l'âge de 39 ans.

Amand-Antoine avait présenté et soutenue une thèse à la Faculté de Médecine de Paris, le 10 novembre 1828, pour obtenir le grade de Docteur en médecine : "Essai sur le cancer" - Document à découvrir ICI.

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YOLET - BOUDIEU

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Jadis terre noble, s'étendant au-dessous de la route impériale dans le vallon. La seigneurie en était au marquis de Senergues qui la vendit au Sr de Lort, et celui-ci au cardinal de Noailles.

Jacques de Cebié possédait Boudieu vers le commencement de la régence, par moitié avec Pierre d'Estaing. En 1742, ce riche apanage allait à Antoine de Fraissy, seigneur de Veyrac. Ultérieurement, il passa par les femmes, au marquis de Lentilhac, qui le conserva jusqu'à la révolution. Devenu alors la propriété de M. Boutarel, payeur à Aurillac, le domaine de Boudieu appartint ensuite aux héritiers du docteur Carrier-Dangeny.

 

 

QUELQUES PHOTOGRAPHIES DE LA MAISON CARRIER AU VILLAGE DE SÉMILHAC A YOLET (août 2018) :

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Image trouvée sur document pdf du Département du Cantal - Communauté d'agglomération du bassin d'Aurillac - Commune de Yolet - Plan local d'urbanisme - 2 septembre 2011 / 19 juin 2015.

 

Bulletin des lois de la République Française, volume 3 - 1817

AD15 - Registres paroissiaux et d'état-civil de Yolet et d'Aurillac

Revue de la Haute-Auvergne - Octobre 1955

Gilbert Romme (1750-1795) et son temps - Faculté des Lettres et Sciences humaines de l'Université de Clermont-Ferrand - Fascicule I - 1965