COCHEREL Z

 

Fils de François Guichard, procureur fiscal de Granchamp et receveur de Cocherel, et de Marie-Jeanne-Angélique-Fournier, Jean-Baptiste-François est né à Cocherel, le 9 octobre 1745.

GUICHARD baptême z

Jean-Baptiste-François Guichard, curé de Saint-Barthélémy, a fait de brillantes études : maîtres-ès-arts de l'Université de Paris, docteur en Sorbonne, il est comte palatin, chevalier des Ordres de Sa Sainteté, protonotaire du Saint-Siège.

L'évêque de Meaux le nomme en 1779 à la cure de Saint-Barthélémy-en-Beaulieu, la mieux dotée du diocèse.

Il prête serment avec hésitation, le 2 février 1791, et reste royaliste. Il semble ne pas s'être adapté à sa paroisse rurale et ses paroissiens ne l'apprécient pas.

Le 15 août, sa gouvernante, la veuve Fasquelle, est convoquée par la municipalité qui veut lui faire payer un impôt indu. Elle porte malencontreusement plainte devant le Directoire de Rozay, enclenchant ainsi un processus inéluctable. Le 20 septembre 1793, lors d'une assemblée des habitants de Saint-Barthélémy, une trentaine d'entre eux demandent sa destitution.

Devant le Conseil permanent du district de Rozay, le 21 septembre 1793, à la suite d'un acte de délation de Jean-Baptiste Mary, citoyen de Bellot et greffier municipal de Saint-Barthélémy, il est accusé :

- de soutenir le roi : "Le roi est mort en martyr ... Si l'on permettait de faire un sermon sur la mort du roi, je ferais pleurer tout le monde",

- d'avoir refusé de lire au prône les mandements de l'évêque constitutionnel,

- d'avoir annoncé la fête de l'Assomption et une procession du voeu de Louis XIII,

- d'avoir écrit à un parent, député à la Convention, pour savoir s'il avait voté la mort du roi "parce que, s'il l'avait fait, il ne le regarderait plus".

D'où mandat d'écrou et, le 22 septembre 1793, visite domiciliaire à la cure. Aucun papier compromettant n'est trouvé. Mais le représentant en mission, Pierre Dubouchet, arrive à Rozay le 24 septembre et ordonne le transfert immédiat de l'abbé Guichard à Paris.

Écroué à la Conciergerie, il comparaît le 6 octobre 1793 devant le Tribunal révolutionnaire. L'appareil de justice y est encore observé : Chauveau-Lagarde défend l'accusé qui présente huit témoins. L'accusation en cite onze. Après le réquisitoire de Fouquier-Tinville, l'abbé Guichard est condamné à mort. Il est exécuté le 7 octobre 1793 sur la place de la Révolution.


Provins et sa région - Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Provins - 1989