LOURPS Z

 

Antoine-Louis de CHAMPAGNE, né le 21 octobre 1751 à Morsains (Marne), fils d’Antoine de CHAMPAGNE de LOURPS et de Marie-Anne TAILLANDIER (mariés le 9 janvier 1744).

Antoine-Louis de Champagne baptême z

 

Fils des seigneurs de Morsains, chanoine, grand chantre de la cathédrale de Troyes, vicaire général de Dijon, il s'est rallié à la générosité des idées nouvelles : il prend part à la rédaction des Cahiers du Clergé en 1789, fait partie de la Commune de Troyes, participe aux réunions de la Société populaire et, en août 1792, prête serment à la Constitution.

Ses opinions changent lors de la condamnation de Louis XVI. Il publie deux brochures éloquentes et chaleureuses, Adresse au peuple français et Observations d'un Patriote, puis d'autres écrits d'une grande finesse où il abonde tant dans le sens de l'esprit révolutionnaire qu'il tourne adroitement le gouvernement en dérision comme dans Entretiens d'un député, d'un grenadier et d'un villageois ou Lettres d'un citoyen à un ami par exemple.

Se sentant soupçonné, il quitte Troyes, se réfugie chez ses soeurs à Neuvy et à Barbonne (Marne) puis chez le curé de Villiers-Saint-Georges, à Saint-Martin-du-Boschet chez les Maricourt et, enfin, le 1er septembre 1793 à La Ferté-Gaucher chez Marie-Madeleine Chrétien, épouse séparée de Vincent Naert, 35 ans. Elle le connaît depuis une quinzaine d'années car il a fait ses études avec son beau-frère.

Entre-temps, les commissaires de la Convention de l'Aube arrivés à Troyes depuis le 23 mars 1793 ordonnent des visites domiciliaires et attirent l'attention sur "les prêtres qui sont au moral ce que les poisons sont au physique. Leurs actions tuent sans être aperçues". L'incarcération de Antoine-Louis de Champagne est décidée pour "soupçons de communication avec les émigrés" mais on le recherche sans succès et, le 14 juin 1793, on le déclare "considéré comme émigré".

Le 30 novembre 1793, lors d'une visite domiciliaire chez Marie-Madeleine Chrétien, à La Ferté-Gaucher, il est découvert et arrêté ainsi que sa logeuse et la fille de celle-ci, âgée de 14 ans, qui finira par avouer sa présence depuis deux mois à leur domicile. On saisit des brochures dont il est l'auteur.

Il est mis au cachot à la prison de La Ferté-Gaucher, transféré à Rozay le 21 décembre 1793, à Paris, le 22 ; il est jugé et condamné le 2 janvier 1794. L'accusateur, Fouquier-Tinville, déclare "qu'il a existé un complot et conspiration tendant à contrarier la souveraineté du peuple, à détruire la liberté, à troubler l'État par une guerre civile en armant les citoyens les uns contre les autres, que Antoine-Louis Champagne ... est convaincu d'avoir participé à ce complot et conspiration en composant et distribuant des écrits tendant au rétablissement de la royauté ..."

Marie-Madeleine Chrétien est condamnée pour complicité. Tous deux sont exécutés le lendemain, le 14 nivôse an II (3 janvier 1794).

 

Provins et sa région - Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Provins - 1989

AD51 - Registres paroissiaux de Morsains