GÉNÉRAL MARC AMAND ÉLISÉE SCHERB (1747 - 1838)

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Fils cadet de Jean-Élisée Scherb, Marc-Amand-Élisée est né à Westhoffen le 25 mars 1747 en la propriété familiale du Rebhof et fut baptisé dans la religion catholique à l'église Saint-Martin. Il resta fidèle à la demeure familiale de son enfance où, à l'issue de sa carrière militaire, il se retira à nouveau pour y décéder le 2 juillet 1838 ...

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L'ambiance de sa jeunesse fut celle d'une famille nombreuse. Deux de ses oncles étaient membres du clergé, Marc-Ferdinand-Élisée Scherb (23.8.1714 - 7.5.1811) et Henri-Élisée Scherb (1721 - 11.7.1782).

Après ses études, il choisit la carrière des armes, délaissant le milieu notarial que conservera son frère aîné Jean-Léopold-Élisée. Alors qu'il était capitaine au régiment de Salm-Salm, il épousa le 8 janvier 1787 à Neuf-Brisach, Marguerite-Nicole-Rosalie Meyer, née dans cette ville en 1750 et qui décèdera à Westhoffen le 15 juin 1837, à l'âge de 87 ans. Elle était fille de Nicolas Meyer, notaire à Neuf-Brisach, avocat au Conseil Souverain d'Alsace, et veuve du docteur Le Riche, directeur de l'hôpital militaire royal de la place forte. Le couple n'eut pas de descendance.

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LA CARRIÈRE MILITAIRE :

Le 20 octobre 1766, soit à l'âge de 19 ans, Marc-Amand s'engagea comme cadet au Régiment d'Anhalt, corps d'infanterie allemande au service de la France, lequel deviendra le 13 mars 1783 régiment de Salm-Salm, du nom du nouveau colonel-propriétaire, puis, en 1790 pendant la Révolution, 62e Régiment d'Infanterie. Promu sous-lieutenant le 1er octobre 1768, il prit part de 1768 à 1770 à la campagne de Corse devenue française. Lieutenant le 14 janvier 1777, capitaine le 16 septembre 1778, il est employé en 1780 sur les côtes de Bretagne où il commanda du côté de Perros-Guirec et des Sept-Îles.

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Portrait de Marc-Amand-Élisée Scherb en capitaine du régiment de Salm-Salm (pastel). Uniforme bleu, épaulettes argent. Décoration découpée en papier et collée sur l'uniforme. Musée Historique de Strasbourg.

 

Par la suite, il participa à de nombreux combats pendant la période des guerres révolutionnaires. Le 10 avril 1791 il est nommé par le roi Louis XVI chevalier de l'Ordre Royal de Saint-Louis. Le 20 octobre 1792, au camp de Neunkirch en Sarre, il est promu par le général Kellermann chef de bataillon de grenadiers du Corps des Vosges. Il prit part à la prise de la ville fortifiée de Spire, puis à celle de la place forte de Mayence où il tint garnison. En récompense de ses brillants services, il est alors promu, le 8 mars 1793, au grade d'adjudant-général chef de brigade, soit l'équivalent de colonel d'état-major, auprès de l'armée du Rhin alors commandée par le général Custine.

Durant le siège de la place de Mayence commencé par les coalisés austro-prussiens dès avril 1793, il est blessé d'un coup de mitraille au pied droit et d'un coup de feu avec fracture de la jambe gauche. L'Alsace étant envahie au nord de Strasbourg, la garnison française de Mayence dut se rendre le 25 juillet 1793, avec les honneurs de la guerre, après plusieurs mois de siège sans espoirs de secours.

Scherb fut chargé de conduire en Vendée la deuxième colonne de la garnison sortie de Mayence, forte de quelques milliers d'hommes et qui fut rattachée à l'armée des Côtes de Brest. Après avoir commandé à Saint-Malo, le 13 juillet 1794 il est de nouveau affecté, à sa demande, à l'armée du Rhin. Le général Michaut lui confia le commandement d'une brigade qui marche sur Kaiserslautern et le Palatinat en direction de Mayence. Le 6 décembre 1794, le représentant en mission près des armées du Rhin et de Moselle, Merlin de Thionville, le nomme provisoirement général de brigade, nomination confirmée le 13 juin 1795. Il est alors sous les ordres du général Moreau. Le 4 janvier 1795, il commande la 2e brigade de la division Gouvion Saint-Cyr devant Mayence. Lors de la déroute devant cette place, le 29 octobre, il sert dans la 8e division de l'armée du Rhin alors commandée par le général Férino.

Commence bientôt la campagne de 1796. Scherb est alors affecté à la 6e division commandée par le général Duhesme. Le 27 avril, il est nommé au commandement de la place forte de Landau. Le général Moreau en campagne réussit à battre l'archiduc Charles à Ettlingen dans le duché de Bade, le 9 juillet 1796. Aussitôt informé de l'affaiblissement subi par l'armée ennemie, le général Jourdan repassa sur la rive droite du Rhin, tandis que le général Kléber s'emparait de Francfort. L'archiduc Charles, ne se voyant pas directement inquiété, concentra ses troupes autour de Pforzheim. Puis, supposant que les deux armées françaises se préparaient à converger vers le Danube, il battit en retraite vers ce fleuve. Le général Moreau ne bougea pas et se borna à faire venir sur la rive droite du Rhin le général Scherb avec la 68e demi-brigade et deux escadrons du 19e régiment de Dragons. Les troupes du général Scherb franchirent le Rhin à Beinheim le 22 juillet et reçurent l'ordre de s'établir à Bruchsal en mission d'observation. Fortement attaqué par les Autrichiens le 13 septembre 1796, Scherb dut replier ses unités sur le camp retranché de Kehl dont il prit le commandement sur ordre du général Moreau ... Le 18 septembre 1796, l'énergique intervention de la Garde nationale de Strasbourg sut empêcher l'armée de l'archiduc Charles de reprendre Kehl et de fermer ainsi les lignes de retraite à l'armée de Moreau.

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Les Autrichiens du corps d'Ocksay étaient arrivés aux bords du Rhin et se préparaient à couper les amarres des pontons, quand ils furent tués à coup de sabre par les artilleurs de la Garde nationale strasbourgeoise. Aidés par deux bataillons de grenadiers et un bataillon de chasseurs de la Garde nationale, les soldats du général Scherb rejetèrent les troupes allemandes hors de Kehl. Au même moment, un petit corps, composé en majeure partie de gardes nationaux alsaciens, commandés par Frühinsholz et Helmstetter, originaire de Pfaffenhoffen, dégageait Haguenau menacé par les troupes impériales.

Cependant, malgré ses loyaux et valeureux services, le général Scherb est provisoirement suspendu de ses fonctions le 26 septembre 1796 par le commissaire du gouvernement Haussmann. Le 13 avril 1797, par arrêté du Directoire, il est toutefois remis à la disposition du ministre de la guerre pour à nouveau servir dans la division de droite de l'armée du Rhin. Le 21 octobre 1797, le général en chef Augereau l'affecte à l'armée d'Allemagne. Sur ordre du général Desaix, commandant l'aile droite de cette armée, alors à Offenburg, le général Scherb prend le commandement de la place de Neuf-Brisach le 24 octobre 1797, sous les ordres du général Moulin, chef de la 5e division militaire dont le siège se trouvait à Strasbourg. Le 23 novembre 1797, il assure les fonctions de président du conseil de révision permanent de la 5e D.M. puis rejoint Neuf-Brisach le 30 décembre suivant.

En exécution de l'arrêté portant réforme de l'état-major de l'armée du Rhin, il cessa ses fonctions le 29 janvier 1798 et fut mis en traitement de réforme à compter du 4 mai 1799. Enfin, il sera mis à la solde de retraite le 19 juillet 1803.

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Mais sous le Consulat, il reprend du service dans l'armée d'Italie. Le 9 octobre 1803, le général Scherb est mis à la disposition du général Murat, commandant en Italie, qui lui confie le département du Bas-Pô et la place de Ferrare. En récompense de ses services distingués, l'empereur Napoléon le nomma officier de la Légion d'honneur le 14 juin 1804. Vainqueur à Legnano le 4 février 1805, l'empereur lui offrit les clefs de la cité et le nomma commandant d'armes de la place. Le 22 septembre 1805, il est commandant d'armes de Vérone, le 17 mars 1806 de Monfalcone (Trieste) et le 12 mai 1806 de Zara (Zadar en Dalmatie).

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Après 40 ans de brillants services, dont 6 ans et 7 mois de campagnes, il obtint sa retraite le 5 septembre 1806 et se retira dans sa propriété du Rebhof à Westhoffen. Il a été inhumé au cimetière du lieu. Sur sa pierre tombale, on retrouve l'écusson avec le globe, conforme à celui du chevalier Scherb. Le timbre représenté au-dessus de l'écu est un heaume reproduit de face ; il est surmonté d'une fleur de lys stylisée ; le casque est à six grilles.

Trois des neveux du général servirent dans les armées de Napoléon.

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Le souvenir de la famille Scherb se retrouve aussi au cimetière (1839-1840), à l'est de la ville. Mais le général étant décédé en 1838 et son épouse l'année précédente, ils avaient été inhumés dans l'ancien cimetière situé près de l'église Saint-Martin, à l'emplacement de la place de l'Église actuelle. La pierre tombale a été transférée dans le nouveau cimetière sur un terrain offert à la commune par la famille Scherb. Elle porte l'inscription suivante : "Ci gisent les manes / de / Marc Amand Élisée / SCHERB / Maréchal de Camp des Armées du Roi / Chevalier de Saint-Louis / Officier de la Légion d'honneur / né à Westhoffen le 25 avril 1747 / décédé / le 2 juillet 1838 / Les Annales de la Patrie conservent / la mémoire des services qu'il lui a rendus - La mort n'a pu le séparer / de Marguerite Rosalie / MEYER / son épouse décédée le 15 juin 1837 / Tous deux amis du pauvre / comme des malheureux / leur mémoire ne cessera / d'être bénie par eux. - Memento Homo qui a pulvis es et in pulverem revertis."

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Un autre monument en forme de Pyramide tronquée porte une inscription en allemand, très détériorée, où on peut lire : "Jacques Ignace Schaeffer né à Haguenau ... Marie Barbe Scherb ... gest. den 28 octobre 1847". (il s'agit de la fille et du gendre du notaire Jean-Léopold-Élisée Scherb).

Notons aussi la présence de la pierre tombale du lieutenant-colonel en retraite Sébastien Rudloff, ancien maire de Weshoffen de 1830 à 1848. Au dessus de ces trois tombes et en retrait, a été installée une Vierge de l'Assomption, en pierre finement sculptée et datée de 1757 ("Erecta Anno Domini Salvatoris MDCCLVII. Post fata revixit"). Cette statue provient du "Rebhof" et a été offert à la commune par la famille Scherb.

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Enfin, une borne en pierre blanche, de forme cylindrique, est située sur le trottoir à hauteur du n° 26 de la rue Scherb, à l'angle de la rue Robert Debré ; haute de 110 cm et d'un diamètre de 30 cm, elle porte gravée à l'intérieur d'un cartouche l'inscription suivante : "Chemin concédé / par M. le général / Scherb / le 26 octobre 1834 / M. Rudloff Maire / M. Schuster Adjoint / Peter, Keller, Boshser / Stibiz / Metzger, G. Manl / Doebretheim : membres du conseil municipal".

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Scherb signature z

Pays d'Alsace - Société d'histoire et d'archéologie de Saverne et environs - 1995

AD67 - Registres d'état-civil de Westhoffen

Archives Nationales - Base Leonore