M. DE LUSANÇAY (1766 - 1853)

Le doyen des chevaliers de Saint-Louis, l'un des officiers les plus distingués de notre vieille marine française, termina, en 1853, à l'âge de 87 ans, une existence toute d'honneur, de probité, de dévouement dont il avait fait deux parts, l'une consacré au service du pays, l'autre à la pratique des plus douces vertus, à la tendresse pour les siens, à la sollicitude la plus constante pour ses fermiers, pour ses domestiques, pour les pauvres, pour tous ceux qui dépendaient de lui et qu'il regardait, avec le coeur d'un vrai chrétien, comme une extension de sa propre famille.


PIERRE-ANTOINE-FRANÇOIS DE SALES CARRÉ DE LUSANÇAY naquit au château du Pou (ou Poulx), paroisse de Guidel, près Lorient, le 4 mai 1766.

Carré de Lusançay baptême z


Il entra dans la marine royale en 1783, fut nommé lieutenant de vaisseau en 1789, et en 1791 Louis XVI le désigna pour faire partie de l'état-major de l'une des deux corvettes qui, sous le commandement de l'amiral d'Entrecasteaux, devaient explorer l'Océanie à la recherche de l'infortuné La Pérouse.

Le 15 juin 1791, le roi récompensa les services et le zèle du jeune officier de marine en lui accordant la croix de Saint-Louis, mais au moment même où l'avenir s'annonçait si brillant pour lui et si plein de promesses, la Révolution brisa sa carrière et le contraignit à quitter la France. Il prit alors du service dans la marine espagnole au commencement de 1795, sous les ordres du général Don Francisco-Maria de Alava. Il y resta près de huit ans, et on lui confia le commandement d'une division de chaloupes canonnières attachée à l'escadre espagnole, et destinée à réfréner les brigandages qu'exerçaient les pirates Mauves dans les parages des îles Philippines. Il remplit pendant six ans avec beaucoup de distinction cette mission périlleuse. Le 15 mai 1803, il revint en Europe et lorsque les évènements lui permirent de rentrer en France, il fut promu au grade de capitaine de vaisseau en retraite, le 31 décembre 1814.

St-Sauveur de Landemont château de la Guilletière

Ses longues campagnes et les fatigues qui en avaient été la suite, lui interdisaient de songer à reprendre du service actif. Il se retira à Nantes et gagna l'estime et la reconnaissance publiques dans les fonctions municipales qu'il y exerça durant plusieurs années. Depuis la Révolution de Juillet, il ne quitta presque plus la campagne et vécut, concentré dans ses affections domestiques, au château de la Guilletière, situé sur la commune de Saint-Sauveur-de-Landemont.

C'est le 13 mai 1853 que ce vieillard si respecté, si aimé et si digne de l'être, s'est éteint doucement, après quelques heures seulement de maladie, entouré des siens, secouru et fortifié par les bénédictions religieuses. (Union de l'Ouest, 26 mai 1853)

Carré de Lusançay décès z

L'Anjou historique - trente-neuvième année - janvier 1939

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CARREY DE LUSANÇAY z

Il a épousé, par contrat passé en l'étude de Me Guillet, notaire à Nantes, le 13 avril 1807, noble demoiselle Suzanne-Gabrielle-Joséphine-Marie de la Poëze, dame du Puyzet, née au château de la Collessière, le 27 mars 1790, fille de feu messire René-François-Aimé de la Poëze, chevalier, sieur de la Collessière, et autres lieux, et de dame Marie-Renée-Ambroisine des Portes Saint-Père.

De ce mariage sont issus :

1° Nicolas-Louis-Adolphe Carré de Luzançay du Puyzet, né à Nantes, le 7 avril 1811 ;

2° Charles-Pierre-Joseph Carré, chevalier de Luzançay du Puyzet, né à Nantes, le 17 avril 1815 ;

3° Ambroisine-Victorine Carré de Luzançay du Puyzet, née à Nantes, le 12 novembre 1808.

4°Vicomte Gustave Carré de Luzançay - 1817-1881


(Nobiliaire universel de France - Tome huitième)