FAYE-L'ABBESSE

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Le nom de Faye vient sans doute à ce bourg, comme à tous ses homonymes, du mot latin "fagus", ce pays ayant longtemps été considérablement boisé ; celui de l'Abbesse lui vient de ce que ce bourg et toutes ses dépendances ont fait, jusqu'à la suppression des ordres monastiques, partie des domaines de l'abbaye de Saint-Jean-de-Thouars, à laquelle le roi Lothaire les donna avec ceux situés dans la commune de Missé, par une charte en date du 17 juin 973, en en accordant la possession viagère à Arbert, vicomte de Thouars ; ce qui résulte aussi, suivant dom Fonteneau, d'une bulle d'Alexandre III, datée de 1169, qui, en mettant sous la protection du saint-siège l'abbaye de St-Jean-de-Thouars, confirme tous les biens de cette abbaye dans la nomenclature desquels on lit : ecclesiam sancti Hilarii de Faya et domum juxta ecclesiam cum tota villa de Faya et omnibus pertinentibus suis.


En 1557, cette maison, située près de l'église et nommément comprise dans la bulle protectrice, appartenait à Guillaume Rossard, prieur des Aubiers, qui la donna, le 29 août de ladite année, à l'abbaye de la Trinité de Mauléon, pour fondation d'une messe. Le père Thieulin dit, en parlant de ce don, la maison de Faye, dite présentement l' "Abbaye".

C'est encore sous ce même nom d'abbaye qu'est même aujourd'hui (1852) connue cette maison, dont faisait partie une vaste grange où se serra, jusqu'à la révolution de 1789, tout le blé de dîmes revenant à l'abbaye de St-Jean-de-Thouars, de ceux de ses domaines situés en cette contrée et aux environs, grange maintenant convertie en maison d'habitation, et occupée par le notaire du lieu.

Les desservants de l'église de ce bourg étaient à la nomination de l'abbesse de St-Jean-de-Thouars, et c'est de là, je pense, que les habitants ne leur donnaient pas d'autre nom que celui de M. l'abbé, dénomination qui leur est encore appliquée par la plupart des vieilles gens.

 

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Le vocable de St Hilaire a été donné à l'église de Faye-l'Abbesse en reconnaissance de la grande affection que lui porta ce grand et saint évêque, qui se plaisait à y aller souvent officier, et qui y disait la messe sur un marbre ou autel portatif, qui lui aurait servi au même usage pendant son exil. Ce précieux marbre, sur lequel cet intrépide défenseur de la foi aurait posé ses saintes mains, est entouré d'un large et épais cercle d'argent, de forme ovale ...

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L'HISTOIRE DU MARBRE

Saint-Hilaire aimait venir jusqu'à la station romaine des Crânières, située à environ 700 mètres du bourg actuel de Faye-l'Abbesse pour prier.

Comme gage de son affection pour ce sanctuaire, il y laissa son marbre qui lui avait servi d'autel portatif durant ses voyages à travers le pays.

Depuis le IVème siècle, Saint-Hilaire est mort, Faye-l'Abbesse n'a cessé de vénérer cet objet à l'égal des plus insignes reliques.

La légende du Marbre de Saint-Hilaire dit, à l'époque des guerres de religion, que les armées protestantes avaient incendié l'église de Faye-l'Abbesse, dont il ne resta que le choeur et l'église.

Le marbre de "Saint-Hilaire" fut jeté dans un char de guerre, mais sitôt qu'ils eurent franchi les limites de la paroisse, près du village des "Roches-Baudin" à Geay, là où s'élève une croix dite "Croix de Saint-Hilaire", les chevaux refusèrent d'avancer.

C'est alors que les protestants jetèrent le marbre dans un champ voisin.

Pendant plusieurs années, la paroisse de Faye-l'Abbesse pleura sur sa relique bien-aimée.

Un jour, un bruit se répandit à Faye-l'Abbesse

Un fermier, qui avait acheté deux boeufs à la foire de Bressuire, leur avait assigné pour pacage le meilleur champ de sa ferme situé à Geay.

Quel ne fut pas l'étonnement du fermier, en constatant, au bout de quelques semaines, que l'un de ses boeufs, qui mangeait toute la journée, était cependant d'une maigreur excessive, tandis que l'autre se dirigeait invariablement au même endroit et se tenait couché, dédaignant toute nourriture et se contentant de lécher la terre, et était malgré cela, dans un bon état d'embonpoint.

Redoutant un sortilège, le fermier s'en vint consulter le curé.

Celui-ci ordonna de fouiller le champ, qui amena la découverte de l'autel portatif de Saint Hilaire.

Il fut ramené triomphalement dans l'église paroissiale de Faye-l'Abbesse, un jour de Vendredi Saint, au milieu d'un concours immense de peuple et d'une joie absolument universelle.

Aujourd'hui, le marbre de Saint Hilaire qui a passé quelques années sur la commune de Geay est gardé précieusement en lieu sûr et est exposé à l'Église de Faye-l'Abbesse le jour du Vendredi Saint.

"Ce porphyre" pierre mystérieuse de couleur rouge vif et de tâches blanchâtres de feldspath aurait le pouvoir de guérir les douleurs et tumeurs. Il suffisait de poser le marbre sur le mal, d'où l'expression "se faire marbrer". (Informations trouvées sur place)

 

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Croix Saint-Hilaire

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L'église était primitivement composé d'une nef et d'un seul bas côté, tous les deux très-bas et plus semblables à une grange qu'à une église ; le choeur seul était et a toujours été voûté, mais très grossièrement. Il est divisé en deux parties : le sanctuaire à droite, et l'autel de la Sainte-Vierge à gauche, tous les deux presque de même largeur et de même étendue, séparés de la nef par une balustrade en bois peint. A gauche en partant du sanctuaire, et presque en ligne avec la balustrade, est un troisième autel dédié à St-Symphorien, considéré comme second patron de cette paroisse, St Hilaire en étant le premier et le principal.

 

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Ces trois autels, tout en bois et d'un genre antique, d'un très bon effet, sont agréablement sculptés en élégantes guirlandes bleu-lapis et argent ; mais celui du sanctuaire est de beaucoup préférable aux deux autres. Son tabernacle contient un calice en vermeil d'une haute antiquité, et du nombre de ces vases précieux dont Mgr Guitton, notre dernier évêque, a recommandé la conservation à son clergé.

L'entrée principale, placée dans le bas côté, est fort peu majestueuse ; dans la nef, et à peu près vis-à-vis cette porte, en est une petite donnant sur un terrain faisant autrefois partie du cloître qui faisait le tour de l'édifice.

Tout porte à croire que la nef était réservée aux quelques religieuses que l'abbaye de St-Jean y avait établies, et que le bas côté seul était réservé aux fidèles.

L'édifice formait, dans le principe, un petit carré parfait fort disgracieux, et depuis l'addition au fond d'une partie du cloître, il forme maintenant un carré long bien plus dans les règles de l'art, et qui, plus agréable à l'oeil, répond infiniment mieux au chiffre de la population paroissiale.

Du reste, cette église est dépourvue de toute sculpture ; les murs en sont grossièrement faits en mauvaise rocaille revêtue de chaux grossière ; celui d'eux qui séparait le bas côté de la nef était composé de quatre ou cinq ridicules arcades sans consistance et près de crouler quand on les a remplacées par des colonnes de bois, sinon plus élégantes, du moins plus solides. Les murs ont été raffermis ; un briquetage revêtu de plâtre de plâtre en a fait disparaître les aspérités ; une voûte et une corniche de même nature, celle-ci faisant le tour entier de l'église, l'ont autant parée qu'il était possible avec les ressources d'une commune aussi pauvre que religieuse ; je dis parée, parce qu'ici le plâtre ne déforme rien et n'a eu à effacer aucune des naïves peintures du moyen âge, qui sont le charme des plus nobles sanctuaires.

En 1762, ce bourg était du Poitou, diocèse et intendance de Poitiers, parlement de Paris, élection de Thouars ; il contenait 156 feux.

La colonne infernale du général Grignon, par précipitation de course sans doute, et non volontairement, je pense, a plus ménagé ce bourg que tous ses voisins : cinq ou six maisons seulement y ont été incendiées par elle.

Extrait : Note sur la découverte d'une ville galloromaine près Faye-l'Abbesse ... par M. Touchard - 1852

 

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