LOUIS-ISAAC-JOSEPH BLANCHARD
Curé du Bourg-sous-la-Roche

Fils de Louis-Armand Blanchard et de Marguerite-Rose Cornu, Louis-Isaac-Joseph a été baptisé le 27 octobre 1739 à La Ferrière.

 

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Vicaire d'Angles en décembre 1763 ;
Vicaire de Saint-Fulgent en juin 1766 ;
Curé d'Angles de septembre 1766 à avril 1782 ;
Curé du Bourg-sous-la-Roche en avril 1782.


M. Blanchard fut nommé curé du Bourg en 1782, en remplacement de M. Malteste. Il refusa le serment constitutionnel, mais ne voulut pas abandonner sa paroisse.

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Louis-Isaac-Joseph Blanchard, curé du Bourg-sous-la-Roche, prit possession de l'abbaye des Fontenelles, paroisse de Saint-André-d'Ornay, vacante par la démission de l'abbé Quesse de Valcourt, comme fondé de procuration de Claude-François Defresne, doyen de la cathédrale de Luçon et vicaire général du diocèse dudit lieu, le 19 août 1787. (AD85 - Notaire Armand Chauveau - 3 E 49/126 - 1787 - p. 328 à 331).

Le mercredi de Pâques 1793, son vicaire, M. Jagueneau, et lui étaient encore au Bourg, tête levée, comme l'écrivait, ce jour-là, la prieure des Cerisiers (la Chaize-le-Vicomte) à la prieure des Bénédictines des Sables, en annonçant à la fin de sa lettre "qu'elle allait faire dire la messe chantée pour obtenir la paix". Le bonhomme, ajoutait-elle, parlant du curé m'a demandé de vos nouvelles. Il me disait une fois : "Faudrait qu'elle viendrait faire ses pâques ici".

le bourg sous la roche z

M. Blanchard et M. Jagueneau continuèrent à desservir le Bourg jusqu'à la fin d'août 1793. Les derniers actes de leurs mains sur les registres paroissiaux sont du 30 de ce mois, "en vertu des pouvoirs extraordinaires accordés à tous les prêtres fidèles par Mgr de Mercy, évêque de Luçon, pendant la persécution de l'Église en France".

M. Remaud, dans ses Mémoires, ajoute ces détails sur le vicaire du Petit-Bourg, M. Jagueneau, parent de M. Payraudeau, curé de Saligny, massacré aussi pendant la Révolution, et, comme lui, natif des Brouzils. M. Payraudeau et M. Jagueneau s'étaient réfugiés avec les vieilles femmes et les enfants dans la forêt de Grasla, pendant que les hommes valides combattaient sous les ordres de Charette. Bien que cette retraite passât pour très sûre, ils furent surpris un jour par les Bleus et conduits près du Poiré où on les massacra. La tradition locale rapporte que le massacre eut lieu sur la place de Saligny, dans un bas-fond où coule le ruisseau La Maugeoire, au lieu dit le Pont-Caillou. M. Blanchard échappa à ce massacre.

Lorsque Charette se fut emparé de Noirmoutier, le 30 septembre 1793, il délivra sur leur demande à dix-huit ecclésiastiques, et parmi eux M. Blanchard, des permissions pour aller dans cette île se reposer des fatigues de la guerre et pour être moins exposés aux dangers. L'abbé Remaud, dans ses Mémoires, écrit ce fait : "Le général et moi nous gémissions du parti qu'avait pris un aussi grand nombre de prêtres. Nous étions loin de regarder comme une retraite assurée une île que l'ennemi pouvait attaquer par mer et par terre avec des forces redoutables ; mais on ne pouvait pas raisonnablement refuser à des ecclésiastiques âgés, la plupart infirmes, un lieu qu'ils regardaient comme celui du repos."

Nos pressentiments ne se sont que trop réalisés. L'île de Noirmoutier fut reprise, le 1er janvier 1794, par les troupes de la République. Toute la garnison fut massacrée et on vit fusiller sur la place de Noirmoutier les dix-huit prêtres de notre diocèse qui étaient allés chercher un moment de tranquillité et qui ne trouvèrent que la mort. Sur la liste administrative des victimes envoyées à la Société Populaire des Sables figure, sous le numéro 26 : "Nous, Joseph Blanchard, curé du Bourg-sous-la-Roche". La copie est de la main de Mercier du Rocher.

L'abbé Doussin du Voyer, qui desservait le Bourg en 1795, mentionne son prédécesseur en ces termes, dans un acte de mariage : "Le pasteur de cette paroisse a été martyrisé pour la religion."

M. Blanchard n'en avait pas moins été inscrit sur la liste des émigrés de la Vendée du 1er fructidor, an II, et ses biens, situés communes de Saint-Jean-de-la-Chaize et de la Ferrière, avaient été confisqués.


Extrait : Le Clergé Vendéen, Victime de la Révolution Française - par Armand Baraud.

AD85 - Registres paroissiaux de La Ferrière et du Bourg-sous-la-Roche

AD85 - Dictionnaire des Vendéens