Saint-Julien-des-Landes église 3

Ce prêtre, nommé à la cure de Saint-Julien en 1782, était élu, en juin 1790, membre de l'administration départementale pour le canton de la Mothe-Achard.

 

JOURDAIN SIGNATURE

 

Après son refus de serment, M. Jourdain fut visé par divers arrêtés, ainsi que MM. Chauveau, curé de Martinet, et Audureau, de Beaulieu.

Saisi et conduit par la force armée à Fontenay dès les premiers jours de juillet, il subit la prison jusqu'à son embarquement qui eut lieu le 15 septembre 1792, avec M. Chauveau, sur le Jeune-Aimé.

La paroisse de Saint-Julien fut desservie après son départ par Michel, curé constitutionnel de la Mothe. On dit que ce malheureux apostat, profanant l'église et les Saints Mystères, après le départ de M. Jourdain, prit le ciboire dans le tabernacle et répandit à terre les hosties consacrées (1). L'intrus ne desservit pas longtemps Saint-Julien. "Une fière délibération de la municipalité lui signifia que conformément aux voeux des habitants, il n'eut à faire, dorénavant, aucune fonction ecclésiastique dans la commune ". (N.-D. de Garreau, p. M. Pontdevie).

Jourdain acte décès

M. Jourdain revint d'exil et desservit de nouveau sa paroisse pendant de longues années, de 1802 à 1828.

Il mourut à la cure de Saint-Julien le 27 mars 1828, à l'âge de soixante-dix sept ans.

 

(1) Un soldat bleu fut moins impie. Arrivant dans cette église, il ouvrit le tabernacle, en sortit le ciboire qu'il vida doucement sur l'autel, en disant : "Restez ici, mon petit bon Dieu, je vais mettre votre prison dans mon sac". Ce qu'il fit, sans autre insulte à la Majesté Divine. (D'après Collinet)

A. Barraud, prêtre

AD85 - L'Étoile de la Vendée - n° 2229 - Jeudi 5 mars 1908