SAINT-AUBIN-DE-BAUBIGNÉ - LA GUERRE DE VELOURS

Saint-Aubin-de-Baubigné


Empruntons textuellement à l'Histoire de Saint-Aubin le récit de la guerre de velours, ainsi que les paysans du Bocage appelèrent leur révolte contre Napoléon lors des Cent-Jours ...


"La Restauration fut accueillie avec joie à Saint-Aubin comme dans toute la Vendée, d'autant plus que les seigneurs de La Durbelière contribuèrent dans une certaine mesure au retour des Bourbons. En effet, Louis de La Rochejaquelein marchait en avant de l'armée anglaise qui s'avançait de l'Espagne sur Bordeaux ; le 12 mars 1814, il entrait dans cette ville et y faisait proclamer Louis XVIII ; les jours suivants, il gagnait Blaye et les environs. Lorsque le roi fut rentré à Paris, il envoya Louis de La Rochejaquelein en Vendée, pour calmer les acquéreurs de biens nationaux qui avaient commencé une violente opposition dans la crainte d'être obligés de restituer.

 

Auguste de La Rochejaquelein

Pendant les Cent-Jours, en mars 1815, Auguste de La Rochejaquelein accourut de Paris dans l'Anjou, pour défendre la cause du roi menacée par le retour de Napoléon à Paris. Il parcourut les environs de Châtillon et de Bressuire, appelant aux armes les anciens combattants de la Grande-Guerre. Vers le 25 mai, il occupait les Aubiers avec 2.400 hommes, pendant que d'Autichamp à Beaupréau et Suzannet dans le Bas-Poitou, réunissaient quelques milliers d'hommes.

Le 17 mai, le 27e de ligne, menacé par les Vendéens, quittait Cholet pour se diriger vers La Roche-sur-Yon. Auguste l'attaque avec vigueur sur la paroisse des Échaubrognes, le poursuit sans l'entamer jusqu'à Châtillon et, le soir, se retire à Saint-Aubin. Un jeune de Saint-Aubin fut tué, un autre blessé.

Au mois de mai, Auguste fut rejoint par son frère Louis, qui avait d'abord suivi le roi, de Paris en Belgique et qui arrivait d'Angleterre avec des armes et des munitions.

 

Louis de La Rochejaquelein

Louis est nommé général en chef de l'armée vendéenne composée d'une trentaine de mille hommes. Il ordonne un mouvement vers la mer, pour recevoir les armes amenées par les Anglais ; mais plusieurs des chefs vendéens, trompés par des intrigues, refusent de lui obéir ; le 4 juin, il est attaqué aux Mathes, près de Saint-Jean-de-Monts, par le général Estève, que Napoléon a envoyé contre lui avec de bonnes troupes. Louis, voyant les siens faiblir, avait ordonné la charge, en criant : "Vive le roi !" En ce moment, une balle lui traversait la poitrine et le tuait. Son frère, Auguste, est blessé au genou, mais ses soldats soutenus par de nouvelles troupes fraîchement arrivées, finissent par remporter la victoire. Le corps de Louis avait été enterré avec les autres sans être reconnu ; quand on vit, après la bataille, que le général ne paraissait pas, on rechercha son corps, qui fut retrouvé et inhumé solennellement au Perrier.

Mademoiselle Lucie de La Rochejaquelein, inquiète du sort de ses deux frères, avait fait sonner le tocsin dans les paroisses du canton de Châtillon ; parcourant le pays à cheval, elle réussit à grouper 2.000 hommes qu'elle conduisit au secours de ses frères ; malheureusement, elle arriva le lendemain de la bataille des Mathes et fut obligée de retourner sa troupe à Châtillon.

Auguste, nommé chef d'état-major de l'armée vendéenne, attaque la ville de Thouars, qui capitule le 18 juin, mais il en est chassé le lendemain ; après un combat acharné au pont de Vrines, il est obligé de ramener en toute hâte sa troupe vers Saint-Aubin.

Quelques jours après, les généraux vendéens faisaient la paix, malgré Auguste. La nouvelle de la défaite de Waterloo mit tout le monde d'accord. Le 3 juillet, les généraux vendéens ayant entendu dire que les Alliés voulaient démembrer la France offrirent leurs services au général Lamarque qui en fut touché jusqu'aux larmes."

Extrait : Les "gâs" du Bocage Vendéen - de 1760 à 1960 - par Augustin Hérault de l'Association des Écrivains Paysans - Deuxième édition - Gizay 86