Notes curieuses
extraites des registres de la paroisse
de Saint-Herblain

Saint-Herblain



Année 1765

1ère note.
La dysenterie régna cette année ; le nombre de tous les morts monta à 114.

 

St Herblain - assassinat 1765



2ème note.
Le 27 février 1765, a été par moi, recteur soussigné, en exécution de l'Ordonnance de M. le Lieutenant général criminel du siège présidial de Nantes, comme il est constaté par le permis à nous présenté, en date du 27 de ce mois, signé par Allebert, premier greffier criminel ; ont été inhumés au cimetière les corps de Marie Fleury, femme de Louis Mosset, marin ; de Louis Mosset, beau-père de ladite Fleury, et de Julienne Glaud, femme dudit Louis Mosset, aubergiste du Pavillon, lieu nommé en cette paroisse sous le nom de la maison de Jouppil, lesquels trois cadavres ont été assassinés à ladite auberge, sur les Hauts-Pavés, la nuit du 27 février. Ont assisté à la sépulture François Garreau, Antoine Rubion, Jeanne Poirier et autres qui ne signent.
P. LAMBERT, recteur.

La croix de granit que l'on aperçoit un peu en dehors de la route de Vannes, entre le Chêne-Vert et le chemin de Longchamp, auprès de la maison appelée la Prise-Philippe, a été probablement édifiée en commémoration du triple assassinat perpétré non loin de cet endroit.
L'auberge où eut lieu cet assassinat fut démolie en 1793, par mesure de sûreté générale, parce qu'elle servait de "retraite aux brigands qui infestaient le voisinage de la ville de Nantes."


Année 1790


Prise de possession de la cure par Mathurin Charier, vicaire de la paroisse, présenté et nommé par l'abbé Douaud, chanoine de Saint-Pierre.

Charier fut expatrié en Espagne. Après la Révolution, il fut rétabli dans sa cure.

Année 1791

st-Herblain acte 3


On lit sur la couverture du registre :

"Il n'y a point eu de première communion cette année.


Le 15 demay mil sept cent quatre-vingt onze, dom Marie-Jean-Constantin Pichon, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, a été nommé à la cure de Saint-Herblain par le suffrage des électeurs du district de Nantes. Sa nomination approuvée par Monsieur l'Evêque, il a été mis en possession le vingt-un du même mois.
Vive la Nation. Vive la Loi. Vive le Roi des Français."

Le Directoire du District de Nantes, craignant des troubles, envoya cent gardes nationaux qui partirent de la ville le dimanche, 22 mai 1791, pour se rendre à Saint-Herblain et y effectuer, d'après les ordres donnés, "sans aucun trouble, le placement de M. Pichon, constitutionnellement élu à la cure de cette paroisse. Il leur fut distribué des rafraîchissements et les frais s'élevèrent à 173 livres. (Archives départementales de la Loire-Inférieure).


Au mois d'octobre 1791, le District fut informé, par la Municipalité de Saint-Herblain, que des attroupements avaient lieu les dimanches et fêtes à la maison de la Chauvinière, sous prétexte d'entendre la messe d'un prêtre non assermenté". Le Directoire défendit, le 21 de ce même mois, au propriétaire de cette maison, "usant de la faculté de faire célébrer la messe dans sa chapelle, de tenir toutes les portes et communications extérieures exactement fermées, de n'admettre qui que ce soit dans l'intérieur de la chapelle et de sa maison, hormis les personnes y habitant. "Il lui fut défendu également d'employer "aucun son de cloche ou autre indice pour annoncer la célébration de la messe." (Arch. départ. de la Loire-Inférieure).

2ème note.

Le Dimanche vingt-deux mai, l'an mil sept cent quatre-vingt onze. La force armée vint me notifier, sortie du confessionnal, de me retirer, vû que j'allais être remplacé, ce qui fut exécuté.
Signé : Charier

Léon Delattre
Bulletin de la Société archéologique
et historique de Nantes et de Loire-Inférieure
Tome 49 - 1908