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Dessin à la plume du château de la Galissonnière sur un aveu de 1730 (tiré de l’ouvrage “LE PALLET patrie d’Abélard”)

La Galissonnière, maison seigneuriale, appartenait, en 1415, à Pierre Barrin ; son petit-fils fut archer de la garde du roi, et Toussaint Barrin, son frère, officier dans la compagnie du connétable de Montmorency, reçut une blessure à la bataille de Saint-Quentin ; puis se fit prêtre, devint abbé de Saint-Maurice et fut enterré dans la Sainte-Chapelle, à Paris, en janvier 1577.

Jacques Barrin, conseiller d'Etat, fut commissaire pour le roi aux États de Bretagne assemblés à Rennes, en 1604. Sa soeur épousa Gilles Huchet de la Bédoyère, procureur général au Parlement. - En 1619, Jacques Barrin de la Galissonnière fut nommé premier président à la chambre des comptes de Bretagne. - En 1660, Henri Barrin, conseiller au Parlement de Rennes, était premier maître d'hôtel du duc d'Orléans.

Les château, terre et seigneurie de la Galissonnière furent érigés en marquisat en 1658, en faveur de Jean Barrin, intendant de la généralité de Rouen. Celui-ci en était parti en 1672, laissant son intendance à Jean de Creil, sieur de Soisy.

Le marquisat étendait sa juridiction et ses dépendances sur quatorze paroisses : Monnières, le Pallet, Mouzillon, Vallet, Gorges, le Loroux, Château-Thébaud, la Chapelle-Heulin, la Haye, Vertou, Maisdon, Saint-Fiacre, Saint-Hilaire-du-Coing et Sainte-Lumine-de-Clisson.

Le premier château de la Galissonnière, en Saint-Jean-de-Béré, n'était pas incorporé dans le marquisat constitué autour de l'ancien château de Monnières devenu le deuxième château de la Galissonnière.

Jacques Barrin, d'autre part, avait acquis du marquis de Goulaine la terre de la Grande-Guerche (ou Haute-Guerche), sise en Saint-Aubin-de-Luigné (Anjou).

En 1680, Jacques III Barrin cède la seigneurie primitive de la Galissonnière (Saint-Jean-de-Béré), non incorporée au marquisat, à Thomas Dreux, conseiller au Parlement de Paris.

Armand-Christophe Barrin de la Galissonnière, archidiacre de Tréguier, était premier président à la Chambre des Comptes de la province en 1703.

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Rolland Barrin, marquis de la Galissonnière, né en juin 1643, fut d'abord chevalier de Malte. Il entra ensuite dans la marine et prit part aux expéditions organisées pour secourir Candie. Capitaine des vaisseaux du roi en 1677, il commanda la marine à Rochefort. Il accompagnait Château-Renault, le 22 octobre 1702, au combat de Vigo où il fut fait prisonnier et emmené en captivité à Londres. Il participa aux négociations du traité d'Utrecht et se retira en 1720 avec le grade de lieutenant général des armées navales. Il avait épousé, en premières noces (1690), Catherine Bégon, fille de l'Intendant de La Rochelle et de l'Aunis, Michel Bégon, et de Marie Druillon. Il épousa en deuxièmes noces (1713), Marie Guiraud. Retiré à Poitiers, il mourut, le 9 mars 1736, à l'âge de 90 ans et neuf mois. Il laissait trois enfants, Rolland-Michel, Catherine, religieuse à Saintes, enfin Marie-Madeleine.

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Rolland-Michel Barrin, marquis de la Galissonnière (1693 - 1756), lieutenant-général des armées navales, vainquit la flotte anglaise venue au secours de Port-Mahon, sous le commandement de l'amiral Bing. Cette victoire fut suivie de la reddition de la place.

Roland-Michel, épuisé de fatigues, mourut peu après son retour de l'expédition de Minorque. En se rendant à la Cour, à Fontainebleau, il tomba malade à Nemours et s'éteignit le 26 octobre 1756.

Il était membre associé libre de l'Académie des Sciences, et commandant général de l'artillerie navale. Ses belles qualités étaient cachées sous un extérieur peu avantageux car il était de petite taille et bossu. Lorsque les sauvages vinrent le saluer à son arrivée au Canada, frappés de son peu d'apparence, ils lui dirent : "Il faut que tu aies une bien belle âme puisqu'avec un aussi vilain corps, le grand chef notre père t'a envoyé pour nous commander !". Et il ne tardèrent pas à reconnaître la justesse de leur opinion, regardèrent la Gallissonnière comme leur père et l'entourèrent de leur vénération.

Il avait épousé, en 1713, Catherine de Lauzon, mais mourut sans postérité. Sa soeur Marie-Madeleine Barrin hérita donc du marquisat.

Marie-Madeleine Barrin, élevée aux filles de la visitation, à Blois, avait épousé son cousin Michel Barrin de Ruilliers, seigneur de Ruilliers, en Bourbonnais, seul et dernier représentant de la branche aînée. Des lettres-patentes de Louis XV (1760) confirmèrent alors le marquisat de la Gallissonnière en faveur de Michel Barrin. Marie-Madeleine était du reste séparée de biens avec son époux lorsqu'elle hérita de son frère. Huit enfants naquirent de leur union. Six vivaient encore en 1783. L'aîné, Antoine-Michel, marquis de la Galissonnière, capitaine des vaisseaux du roi, décéda sans avoir contracté mariage. Son frère, Athanase-Scipion Barrin, né en 1739, devint aussi capitaine de vaisseau. Il épousa Bonne-Elisabeth-Laurance de Mauger dont il eut une fille unique, Clotilde, née en 1799. Celle-ci épousa, en 1822, Charles-Juste de Berthou. La lignée des marquis de la Galissonnière s'éteignait conséquemment définitivement.

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Du temps de Rolland et de Rolland-Michel Barrin, il y avait au château de la Galissonnière un jardin de simples rempli des plantes les plus rares. Tout le monde a connu les vertus et les talents du dernier seigneur de cette illustre famille, mort regretté de tous ceux qui l'ont connu et surtout de ses vassaux dont il était le père.

Avec un extérieur simple et modeste, assez ordinaire aux hommes véritablement grands, M. de la Galissonnière n'ignorait aucune des sciences utiles à un officier de mer destiné au commandement ; aussi avait-il toujours, même pendant ses voyages, une bibliothèque choisie. Au retour de ses expéditions, il reprenait, comme le défenseur de Rome Quintus Cincinnatus, la culture de son magnifique jardin des plantes ; il prenait un soin particulier de celles qui étaient utiles au soulagement des malades des paroisses voisines de ses terres. Doux, modéré, éloquent, persuasif, il avait l'heureux talent de concilier les esprits ; il terminait avec une attention singulière les contestations qui s'élevaient entre ses vassaux et les empêchait d'être les victimes de la pernicieuse guerre du Palais. Le ministre qui connaissait son mérite le choisit pour fixer avec un habile ministre anglais les limites du Canada.

 

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La Gallissonnière fut ruiné pendant l'époque troublée des guerres de Vendée. Le 22 septembre 1793, un combat terrible, entre Mayençais et Vendéens, eut lieu dans l'enclos. Le château fut la proie des flammes et il ne resta qu'un amas de ruine. On retrouvait encore une tour rasée à demi et les ruines couvertes de lierre. Jusqu'à la journée du 22 septembre 1793, il y avait deux pièces de canon dans l'enceinte du château. 

La propriété fut vendue et achetée par un tonnelier de Nantes. Un homme de cette profession, ne connaissant pas le mérite des arbres qu'il possédait, en a coupé beaucoup. On lui doit cependant la justice de dire que, dès qu'il a connu le prix de ceux qui ont été épargnés, il les respecta, les soigna même, et se prêta à les multiplier ...  (1)

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Pour des raisons de sécurité, la dernière tour du château a été détruite le 19 juillet 2018. (Journal actu.fr du 25 juillet 2018)

 

Extrait du dictionnaire historique d'Ogée de 1779 - Notice statistique et historique sur la commune de Maisdon par M. Petit des Rochettes, maire de Maisdon - 1867

Mémoire sur la vie privée et publique de Claude Pellot par E. O'Reilly - 1881-1882

(1) Annales de l'agriculture française - M. Tessier - Tome XXXVII - 1809