Ancenis château de la Guère z


Bernardin-Marie Pantin, comte, puis marquis de La Guère, appartenait à une ancienne famille originaire de Pantin près de Paris, dont une branche, fixée en Bretagne, fut déclarée noble d'ancienne extraction par arrêt des commissaires de la Réformation, en date du 19 août 1669, et possédait la seigneurie de la Guère démembrée de celle d'Ancenis. Il avait été sous-lieutenant au régiment de Penthièvre-infanterie en 1764, lieutenant en 1771, capitaine en second en 1779, capitaine commandant en 1787, et lorsqu'il donna sa démission, le 15 septembre 1791, il était, depuis le 13 février, chevalier de Saint-Louis et prit sa retraite le 15 septembre de la même année . Il n'émigra point, mais il dut subir souvent des visites domiciliaires au château de la Guère ; on rapporte même que, lors de l'une de ces expéditions, les patriotes coupèrent le cou à un malheureux perroquet qui s'obstinait à crier Vive le Roi ! Membre du comité royaliste qui s'organisa à Ancenis en juin 1793, pendant l'occupation de la ville par l'armée Vendéenne, il devait être naturellement désigné aux vengeances de la Montagne.

En 1794, Benjamin-Marie Pantin dit Laguerre fut compris dans l'affaire des 132 Nantais ; il était prévenu d'avoir eu des intelligences criminelles avec les brigands d'Ancenis, et même d'avoir été membre du comité de ces brigands.

 

PANTIN AN W 113-27 z

 

Benjamin-Marie PANTIN dit LAGUERE est arrêté le 20 septembre 1793.

Le 15 prairial de l'an 2e (3 juin 1794), Benjamin-Marie écrit au citoyen Fouquier-Tinville :
"J'ai été transféré par tes ordres chez le citoyen Piquenot ; j'y arrivai hors d'état de pouvoir m'occupper de donner une procuration pour me faire rayer de la liste des émigrés sur laquelle je suis établi, quoiqu'on ait certifié à ma municipalité que je n'avois jamais abandonné la France. Les authorités constituées n'ignorent pas que je suis détenu depuis le 20 septembre, vieux stile, je suis du nombre des Nantais arrivé à Paris le 17 nivôse ; n'y auroit-il point d'inconvénient à envoyer une procuration pour empescher l'injure qu'on veut faire à un bon républicain.
Salut et fraternité. Pantin.
Bercy le 15 préraial l'an 2e de la république française une et indivisible".

Le 4 août 1794, Benjamin-Marie Pantin rédige un exposé sur sa conduite :

AUX REPRESENTANTS, COMPOSANT LE COMITÉ DE SÛRETÉ GÉNÉRALE

Exposé de la conduite du citoyen Bernardin-Marie Pantin dit la guerre, conformément au décret du 8 ventôse, depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 20 septembre 1793, vieux stile ; date de son arrestation.

L'exposant a servi sa patrie 31 ans dans le 78e régiment, 3 ans comme aspirant et 28 dans le grade de sous-lieutenant, lieutenant et capitaine dont 2 ans et trois mois pendant la révolution ; c'est-à-dire : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 2 août 1793 à laquelle époque il a été forcé de quitter l'état militaire, parce qu'il n'avoit plus la même activité pour bien servir sa patrie ; que sa santé était souvent dérangée par une humeur goutteuse, à laquelle il est très sujet quand il n'observe pas une conduite et un régime réglé. Désirant remplir ses devoirs en bon et loyal citoyen, et ne le pouvant pas, il préféra se retirer dans ses foyers qu'il n'a jamais abandonné et dans lesquels il ne s'est jamais crû dispensé de partager les dangers et les fatigues de ses concitoyens, toutes les fois que l'occasion s'en est présentée, il avoit promis de leur être fidèle, aucun motif ne pouvait l'engager à violer son serment auquel il tiendra tant qu'il existera.

On ne peut pas lui reprocher des correspondances avec les ennemis de la patrie ; il a toujours combattu de toutes ses forces, tous les rebelles sous quelques formes qu'ils se soient présenté et les a repoussé plusieurs fois, à la tête, et de concert avec ses concitoyens au mois de mars 1793. Sa femme, et sa fille âgée de dix mois alors se sont vues au moment d'être victimes de sa conduite ferme et courageuse. L'une et l'autre ont été poursuivies par les brigands qui passèrent la Loire au mois d'octobre de la même année et obligées de courir dans la campagne, déguisées en paysannes, pendant quinze jours, pour éviter la fureur de ces forcenés qui les porta à assassiner le jardinier et à voler la personne de confiance qui gardoit la maison que son épouse habitait alors.

Il a fourni le peu de poudre qu'il avait dans un moment où sa commune en avoit besoin pour repousser l'ennemi ; il a contribué et assisté à plusieurs fêtes civiques autant que sa santé pouvoit lui permettre ; il a donné trois bonnes chemises et tout ce qu'il a pû pour souliers et habits, de plus deux selles, une bride et un licol, estimés 130 # qu'ils n'a pas exigé, ayant à coeur de pouvoir contribuer au bien de la république, quoiqu'il ne soit pas riche, car sa fortune ne s'élève pas aujourd'hui à plus de 800 # de revenu ; parce que les brigands lui ont brûlés et dévastés le bien qu'il possède à une lieue de Beaupréau, dans la commune d'Andrezé, district de Cholet, département de Maine-et-Loire, où il avoit fait faire en 1790 par celui qui avoit l'agence de son bien alors, une acquisition, en son nom, d'un bien de moine, devenu par les décrets propriété nationale. Ledit bien ainsi que celui auquel il l'a annexé, étoit affermé à un seul fermier que les brigands ont chassé de sa demeure après lui avoir volé et brisé ses meubles ; comme je n'étois pas dans leur parti ni dans le pays de l'insurrection, ils déffendoient aux laboureurs de payer leur ferme et s'approprioient les revenus de tous les propriétaires qui n'étoient pas de leur avis et qui étoient éloignés de leur possession ; de sorte que je n'ai pas touché un denier du dit bien depuis 18 mois, ce qui me réduit à n'avoir presque rien. Avant les malheureux troubles de la Vendée, je jouissois à peu près de 1800 # de rente sur laquelle somme, il falloit déduire les impositions et réparations, fortune très modique qui ne m'a jamais permis de faire tous les sacrifices que j'aurois désiré pour l'avantage de mes frères d'armes ; j'ai une femme et un enfant auxquels je dois aussi le nécessaire. Je ne parle point ici des impositions et dons patriotiques que j'ai payé très exactement, c'est le moindre acte d'un bon citoyen.

Je puis assurer avec vérité que malgré mon peu d'aisance, j'ai contribué autant que personne à tous les besoins de nos frères, ce que je prouve par le certificat de ma municipalité, visé et approuvé du district, qui atteste aussi que j'ai fait déposer la ci-devant croix dite de Saint-Louis et le brevet ; l'un et l'autre ont été envoyé à mes frais à la convention nationale ; je les ai fait remettre aussitôt que j'ai eu connoissance du décret qui enjoignoit d'en faire le dépôt.

Toutes les fois que j'ai été requis par les authorités constituées, soit pour le service ou la défense de ma ville, on m'a toujours vu répondre aux réquisitions avec plaisir, et me porter dans tous les endroits les plus périlleux ; tous mes concitoyens peuvent attester le fait. Combien de fois ne leur ai-je pas entendu dire "sans le citoyen Pantin notre ville étoit prise les 13 et 16 mars 1793". Depuis cette époque j'ai toujours la même façon de penser et l'aurai jusqu'à mon dernier moment.

Voici une autre preuve de mon dévouement à la chose publique : dans la commune d'Oudon, où j'ai une possession indivise avec deux de mes soeurs, il y avoit un bataillon de nos frères d'armes, en garnison, qui n'avoient pas de bois pour leur chauffage, j'avois fait faire douze cordes de bois fendus pour la provision de ma maison et celle de mes soeur ; quand je fus instruit de la disette qui les privoit de se chauffer et de faire leur soupe, je leur en fis conduire neuf cordes, de plus un bel arbre pour remplacer celui de la liberté que les brigands avoient détruit lorsqu'ils passèrent à Oudon le 14 mars 1793, vieux stile, ceci est prouvé par le certificat de la commune du dit lieu en permanence.

Le citoyen Jousselin, agent national, du district d'Ancenis, lieu de mon domicile, avant mon arrestation, peut affirmer que je lui ai vendu 600 fagots à 20 # le cent tandis qu'il valoit au moins 30 # ; c'était pour le besoin d'un boulanger que la commune et le district employoient pour le service journalier. Dans un temps où nous étions menacés à chaque instant de l'invasion des brigands qui s'annonçoient tous les jours et qui empeschoient les paysans qui n'étoient pas de leurs sentimens, d'approvisionner la ville qui manquoit de tout, et particulièrement de bois, je saisis avec empressement l'occasion de témoigner, par cet acte, le désir que j'avois et que j'aurai toujours d'être utile à mes concitoyens et de faire leur bien toutes les fois que je serai assez heureux de pouvoir y contribuer. Les circonstances les plus difficiles m'y détermineront sans cesse dans l'intérieur de ma ville, laissant à ceux qui sont plus actifs que moi le soin de surveiller l'extérieur ; parce que j'ai beaucoup de peine à marcher quand il faut faire plus d'une lieue.

J'ai été constamment attaché aux décrets de la convention et personne n'a désiré aussi sincèrement que moi leur exécution. Si mon attachement ne s'est pas manifesté par des paroles, il l'a été par des actions. Lors du recrûtement je mis tout en usage pour prouver aux personnes sur lesquelles je pouvois avoir quelques ascendants comme fermiers et autres, qu'il falloit se présenter à leur commune respective pour fournir leur contingent ; j'ai eu la satisfaction de voir qu'aucun n'y a manqué ; tels ont été et seront toujours mes sentimens et ma conduite qui n'ont jamais varié depuis la révolution.

J'ai toujours voulu la loi, toute la loi, rien autre chose que la loi décrétée par les représentants du peuple ; tant que je vivrai je n'aurai jamais d'autres désirs ; parce qu'ils tendent tous à la prospérité de la république que je souhaite ardemment pour le bien de tous ses habitants ; quant à moi, je demande à jouir de leur félicité, du peu de bien qu'il me reste, et à servir ma patrie tant que mes forces me le permettront et toutes les fois qu'elle me requerrera. Si j'ai des ennemis qui me prestent d'autres sentiments, ceux-là sont indignes du titre de bons et vrais républicains et doivent être considérés plus que moi, comme perturbateurs du repos public, ennemi de l'ordre, de la vertu et de la justice qui doivent à présent exister entre tous bons français, libres et dégagés de tout préjugé.

Mes actes de patriotisme prouvés et développés m'authorise à demander à mes juges une prompte réparation des torts que la noirceur et l'arbitraire des malveillans me fait éprouver depuis le 20 septembre 1793, vieux stile, sans que je puisse connoître la cause de mon arrestation et sans avoir été interrogé, quand je fus arrêté on me dit que c'étoit par mesure de sûreté générale, et moi je crois que c'est plutôt par vengeance, parce que je me suis permis de dire à des citoyens en place, qui m'abandonnèrent lorsque les brigands vinrent nous assaillir, l'année dernière, qu'ils étoient des gens f... D'après l'exposé de ma conduire, je n'aurois jamais du passer pour suspect dans l'esprit des sincères patriotes, n'ayant rien à me reprocher, je gémis dans les fers depuis 10 mois et 20 jours.

Je finis par conclure que si un citoyen doit jouir de la Liberté et de l'Égalité c'est celui qui dans des circonstances dangereuses a sçu montrer assez de fermeté et d'énergie pour soutenir l'une et l'autre au péril de sa vie. Je défie les plus acharnés à nuire à leur frère de démentir un seul fait cité dans cet exposé aussi vrai que sincère.

Salut et fraternité.
Au Plessis, le 17 thermidor l'an second de la république françoise une et indivisible. (4 août 1794).

PANTIN SIGNATURE 4 Z

 

SON INTERROGATOIRE :

Ce jourd'hui neuf fructidor de l'an second de la République française, une et indivisible. (26 août 1794)
Nous, Louis-Jean Hubert Lavallée juge président du Tribunal révolutionnaire, établi à Paris, sans aucun recours au Tribunal de cassation, et encore en vertu des pouvoirs délégués au Tribunal, par la loi du 5 avril 1793, assisté de Josse, commis greffier du tribunal, en l'une des salles de l'auditoire au Palais, et en présence de l'Accusateur public, avons fait amener de la maison d'arrêt de l'Egalité, le prévenu auquel nous avons demandé ses noms, âge, profession, pays et demeure.
A répondu se nommer Bernardin-Marie Pantin dit Laguerre, âgé de 47 ans passés, ex-noble, né à Ancenis, département de la Loire Inférieure, demeurant Ancenys.
D. S'il n'a pas eu de relations avec les rebelles de la Vendée ?
R. Que non, que bien loin de là il a été à la tête des habitans les combattre ;
D. S'il ne s'est pas opposé au recrutement ?
R. Que non, qu'il a au contraire employé tout son crédit pour engager aux jeunes gens de fournir leur contingent dans leurs communes respectives.
D. S'il a fait choix d'un deffenseur ?
R. Que non, et lui avons nommé le citoyen Gaillard.
Lecture faite a persisté et a signé avec nous.
Pantin dit Laguere
Josse
Lavallée.

Suivent les certificats des municipalités d'Ancenis et d'Oudon :

Liberté - Égalité
Certificat des membres du conseil général & de la commune d'Ancenis.
Nous soussignés membres du conseil général & de la commune d'Ancenis, district d'Ancenis, département de la Loire Inférieure, certifions que les citoyens, Alexandre Fleuriot Domblepied, & Bernardin-Marie Pantin La Guere ; habitants de cette commune ne se sont point émigrés ; qu'ils n'ont pas été avec les brigands ; qu'ils ont payés exactement leurs impositions & dons patriotiques, suivant les quittances qu'ils nous ont représentés ; que tant les dits Pantin & Fleuriot avant leur arrestation au mois de septembre dernier, que leur épouse depuis cette époque ont concourus aux frais des fêtes civiques auxquelles les uns et les autres ont assistés ; qu'aux deux attaques d'Ancenis faites par les brigands, les treize et seize mars dernier, et pendant qu'ils ont tenus la ville assiégée, les dits Pantin & Fleuriot se sont montrés & ont payés de leur personne de jour et de nuit tant en action qu'en conseil militaire ; qu'ils fournirent même, l'un de la poudre à tirer, & l'autre du plomb pour couler des balles ; que l'un & l'autre ont fait remettre leur croix de Saint-Louis et brevets le 10 frimaire à la municipalité qui les chargea à la poste pour la Convention le même jour aux frais de leur épouse ; que celle-ci ont fait remise à la nation & resaisis la municipalité de reçus ; sçavoir la citoyenne pantin, de deux selles, une bride & un licol, estimé ensemble de cent trente livres ; & la citoyenne Fleuriot, d'une paire de bottes estimée douze livres, pour l'équipement de la cavalerie ; qu'elles ont en outre remis à la municipalité pour le service des militaires ; la première trois bonnes chemises, & la seconde une chemise égallement bonne.
Délivré double en conseil général à la maison commune d'Ancenis le vingt six nivôse, l'an deux de la république française une & indivisible.
Signé : Ducelier, maire, Legrand aîné notable, Guillebaud, officier municipal, Pioneau, notable, Cheminard, officier municipale, Chéguillaume, notable, Cheminard, notable, Pillas, notable, Guichard, notable, Renoult, notable, Pierre Drouet, notable, Riom, officier municipale, Hautreux, notable, Lefebvre, officier municipal, Aubert, officier municipal, Sanson, notable, Branger, notable, Leclerc, officier municipal, La Heu, notable, Godard, officier municipal.
Vu & approuvé par nous membre du district d'Ancenis, Piot, Époudry, Bregeon, administrateurs, Josselin, agent national.
Pour copie conforme à l'original qui est déposé au secrétariat de Fouquier-Tainville, accusateur public.
Pantin.

Certificat de la municipalité d'Oudon

Liberté - Égalité
Je soussigné, maire d'Oudon, certifie que le citoyen Pantin, habitant cy-devant la commune d'Ancenis, a fourni de sur sa terre de la Pillardière en cette commune, l'an dernier, neuf cordes de bois pour le chauffage de nos frères d'armes aux corps de garde, qu'il a fourni en outre un beau chêne, pour mettre en place de l'arbre de La Liberté, de cette ditte commune, qui avoit été renversé par les brigands. Pourquoi j'ai délivré le présent pour valoir & servir partout où besoin sera.
Déclarant ne pouvoir y apposer le sceau de la municipalité, les brigands ayant emportés le cachet ; fait à la chambre commune d'Oudon, en permanence, le dix-neuf pluviôse, l'an second de la république françoise une et indivisible.
Signé : Cosnuel, maire.

Le 6 décembre 1794, la municipalité d'Ancenis atteste, dans le registre des délibérations, de la résidence à Ancenis du citoyen Pantin :

Le seize frimaire l'an troisième de la République française une et indivisible. (6 décembre 1794)

Nous, soussignés, maire et officiers municipaux et membre du conseil général de la commune d'Ancenis, certifions sur l'attestation des citoyens Jean Chailliou, Simon Chailliou, Gervais, Parageau, Georges Siette, Julien Martain, Pierre Mosset, André Malicot, Marie Dutemple et Pierre-Alexis Drouet, tous domiciliés de cette commune que :

BERNARDIN-MARIE PANTIN DIT LAGERE, âgé de quarante-sept ans, ex-noble, cy-devant capitaine au régiment de Pentièvre infanterie et actuellement sans profession, taille de cinq pieds un pouce, cheveux et sourcils blonds, nez gros, front élevé, bouche moyenne, yeux bleus, figure ronde et fort coloré, a résidé sans interruption en la commune d'Ancenis, maison appartenante au citoyen François Dachon (ou Dachou) depuis la fin de mil sept cent quatre vingt onze (vieux stile) jusqu'au vingt septembre mil sept cent quatre vingt treize, époque à laquelle il fut arrêté et transféré à Nantes dans une maison de détention, d'où il fut transféré à Paris, où il a été jugé et acquitté par jugement du tribunal révolutionnaire de Paris en datte du vingt huit fructidor dernier, lequel jugement il nous a représenté.

Nous certifions en outre que les citoyens attestans ne sont à notre connoissance et d'après leur affirmation ni parens, alliés, agens, fermiers, créanciers, ni débiteurs du certifié, ou employé à son service.

Fait à la maison commune, le seize frimaire an trois de la République française une et indivisible.

En présence des dits certifié et attestans lesquels ont signé avec nous tant le Registre de nos délibérations que le présent extrait. (AD44 - Registres des Délibérations d'Ancenis - 2 vendémiaire an III (1794) - 23 frimaire an IV (1795) - vues 22 et 23)

Bernardin-Marie Pantin dit La Guerre fut mis en liberté par jugement du tribunal révolutionnaire de Paris, du 28 fructidor, après une détention de onze mois et demi. La Convention décrète que la trésorerie nationale paiera au dit Pantin une somme de 1.150 livres à titre de secours et indemnité, et pour l'aider à retourner dans son domicile. (Décret prononcé dans la séance du 9 vendémiaire de l'an troisième de la République française une et indivisible) (Collection générale des décrets rendus par la Convention Nationale, volume 46 - 1794)

PANTIN BAPTEME Z

BERNARDIN-MARIE PANTIN, chevalier, comte de la Guere, né à Ancenis, le 5 juin 1747, capitaine au régiment de Penthièvre, infanterie, chevalier de l'ordre de Saint-Louis, épousa le 16 août 1790, Thérèse-Delphine Alix de la Picardière, fille de messire Pierre-Simon-Etienne-Toussaint Alix de la Picardière, écuyer et de dame Marie-Anne-Olympe Giraudon, dont :

- Bernardin-Jean, né le 18 vendémiaire an IV (10 octobre 1795), ancien garde du corps de Monsieur, frère du roi Louis XVIII, chevalier de l'ordre noble du Phénix de Hohenlohe (nommé le 25 septembre 1816) et chevalier pensionné ou commandeur de l'ordre royal de Charles III d'Espagne, fit au 20 mars 1815 la campagne de la Vendée en qualité de capitaine, sous les ordres du lieutenant-général comte d'Andigné. Il prit part à plusieurs affaires en Bretagne, et entra au mois d'octobre de la même année comme lieutenant dans le 3e régiment de la garde royale infanterie. Il fut capitaine-Lieutenant dans le même régiment à son entrée en Espagne en 1823, et se trouva à l'attaque du Trocadéro, commandée par le duc d'Angoulême.

Il a épousé à Bourges, le 29 août 1826, Armande-Marie de Bengy-Puyvallée, fille aînée de messire Claude-Austrégésille de Bengy-Puyvallée, chevalier, membre de la chambre des députés, et de dame Anne-Augustine Gassot de Deffens, et petite-fille de Philippe-Jacques de Bengy-Puyvallée, député de la noblesse de Berry, aux états-généraux de 1789. De ce mariage sont issus : 1° Marie-Austrégésille-Arthur, né le 2 octobre 1828 ; 2° Marie-Bernardin-Gonsalve, né le 18 et décédé le 23 janvier 1833 ; 3° Marie-Austrégésille-Henri, né le 18 et décédé le 19 janvier 1833 (frère jumeau du précédent) ; 4° Bernardin-Marie-Austrégésille-Gaston, né le 13 mai et décédé le 5 juin 1856 ; 5° Raymond-Jacques-Marie, né le 5 septembre 1841 ; 6° Marie-Madelaine-Valentine, née le 1er juin 1827 ; 7° Marie-Thérèse-Léonie, née le 17 février 1830 ; 8° Marie-Anne-Stéphanie, née le 19 mars 1831 ; 9° Marie-Henriette-Philomène, née le 8 février 1835 ; 10° Marie-Armande-Berthe, née le 2 novembre 1837 ; 11° Marie-Caroline-Alix, née le 7 septembre 1840.

- Louis-Julien-Léon Pantin, vicomte de la Guere, né le 11 nivôse an VI (31 décembre 1797), marié à Nantes (1er et 2ème arr.), le 11 octobre 1824, avec Marie-Zénobie Jaillard de la Maronnière, fille du marquis de la Maronnière, née à Nantes le 11 vendémiaire an XIII. De ce mariage sont nés Paul ; Henri ; Ernest ; Zénobie ; Zénobie ; Mathilde.

- Louise-Olympe-Delphine Pantin de la Guere, née à Ancenis, le 2 décembre 1792, morte en bas âge.

Bernardin-Marie Pantin est décédé à Nantes (3ème et 4ème cantons), le 25 novembre 1827.

 

Pantin deces z

 

Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France ... Volume 8 - publié par M. Lainé - 1843.

Archives Nationales W113-27 - Bernardin-Marie Pantin dit Laguerre, ex-noble, 17 ans (dossier 1, pièces 90-95.

Le procès des 132 Nantais ... par le comte de La Guère - 1804.

AM de Nantes - État-civil