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La Treille avait son enfeu dans l'église Saint-Pierre de Cholet et droit de chasse à courre dans la garenne du château de Cholet, les veilles de la Toussaint, de Noël et de Pâques.

 

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La terre appartenait en 1513 à Étienne Rouxelé (ou Rousselé), époux de Perrine Morant, dont le fils, Thibault, épouse Françoise le Gay de la Faultrière. Il est mort en 1554 quand son fils aîné, François fit déclaration de la Treille. Ce dernier fait donation en 1578 à Anastèze, sa fille bâtarde, du domaine du Plessis-Aubry à Saint-Pierre-des-Échaubrognes.

La terre appartient en 1586 à René de Rouxellé, baron de Saché, gentilhomme ord. de la Chambre du Roi, qui épouse en 1589 Marguerite de Montmorency. Elle fut acquise de François de Rousselé le 7 décembre 1662 par Charles de Beauvau-Tigné, époux de Jeanne de Sesmaisons qui vint y résider, abandonnant le château de la Séguinière ; ces deux seigneuries sont expertisées après saisie juridiciare sur Charles de Beauvau en 1687 et 1689. Avec Saint-André-de-la-Marche, la Rivière-Sauvageau, etc., elles formeront le marquisat de Beauvau, érigé par lettres patentes de 1744 en faveur d'Anne-Louis de Beauvau, capitaine au régiment de Rohan, grand sénéchal du Maine.

Son fils unique, Charles-Louis-Jean-Vincent de Beauvau sera le dernier et fameux marquis de Beauvaudont la fille, Reine, qui figura la déesse Raison dans les fêtes de 1792 à Poitiers, mariée puis divorcée de Henry Rolland, mourut à Paris le 5 décembre 1836, ayant vendu tous ses domaines angevins, dont la Treille, la Séguinière, etc. Un procès-verbal d'estimation de la Treille et des domaines en dépendant avait été dressé en septembre 1781. 

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De Reine de Beauvau, la Treille fut acquise par Auguste et Paul Leroy. Claire Leroy, fille de ce dernier, épousa en 1846 Charles Boutillier de Saint-André et sa soeur Zoé, en 1850, Charles-Léon Thénaisie.

Lors de la bataille de Cholet, le château servit de point d'appui à l'aile gauche des troupes républicaines, le Bois-Grolleau assurant le même rôle pour l'aile droite ; le 17 octobre, à 9 heures du matin, les représentants Bourbotte, Choudieu, Fayau, Bellegarde, Merlin, Turreau (Louis) et Carrier y tiennent conseil.

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Incendié en partie durant la guerre de Vendée, les bâtiments furent reconstruits par la famille Leroy ; la table d'autel de la chapelle a été transportée au fond du parc. Dans une partie conservée à l'ancienne habitation, au milieu d'un quadrilatère de douves à demi comblés, et que franchissent deux ponts de pierre, subsistent les cheminées et boiseries Louis XVI de deux salons et la "chambre des glaces", ancien boudoir de Reine de Beauvau.

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La famille Thénaisie vendit vers 1937 le domaine qui fut transformé en ferme, vit abattre ses massifs d'arbres, avant d'être, vers 1965, restauré par son nouveau propriétaire le Docteur Christian Roger. (AD49 - Dictionnaire de Maine-et-Loire)

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Le Château de la Treille

"L'élégant pavillon, qui se dresse sur l'emplacement du manoir d'origine féodale, n'en occupe qu'une des extrémités. Deux larges tours partagent ses façades, l'une ronde et l'autre hexagonale. Leur forme, les ornements qui les décorent, et les toits plats qui les recouvrent, proclament la date de leur construction à l'époque impériale. Pourtant leurs soubassements et les murs du pavillon sont les restes de l'habitation primitive. Mais ce qui n'a guère dû changer, c'est l'aspect extérieur du domaine, ce sont les douves larges et profondes qui forment autour du château une enceinte carrée. Deux vieux ponts de pierre, du plus pittoresque effet, donnent accès sur la plate-forme, et semblent être les successeurs immédiats des anciens pont-levis.

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A l'intérieur, les bâtiments de service dessinent une cour carrée ; joignant l'écurie, un vaste bassin, ceinturé de pierres, a transformé en jardin potager ; et les terrasses, qui s'allongent au-dessus des douves, sont couronnées de charmilles. Tout cela, on le sent, est contemporain des anciens seigneurs. Tout cela est resté immuable, tandis que, sur la gauche, Cholet, la petite ville de jadis, étale ses quartiers tout neufs et toujours grandissants.

Quelques centaines de mètres en avant du perron, passe la grande route de Nantes, par laquelle Eugène de Beauvau s'en alla vers ses destinées inconnues ; et la vue s'étend bien au delà sur les collines de la Vendée et sur l'immense plaine, d'où le marquis Vincent, au dernier jour de sa vie, vit monter l'invasion des paysans.

Le pavillon remanié, qui est devenu l'habitation actuelle, demeura seul debout après les guerres de Vendée. Il était en fort piteux état et n'offrait plus qu'un très inconfortable abri ..." (Extrait : L'héritage des Beauvau-Tigny 1750-1830 - le comte de Miramont-Fargues - 1907)

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