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François-Adrien Toulan est né à Toulouse le 26 septembre 1760 ; il est baptisé deux jours après en l'église de la Daurade. Son père, Gabriel, maître perruquier, et sa mère, née Françoise Bergès, habitaient rue Saint-Rome.

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Nous ne savons rien des premières années, rien des études que fit le jeune homme, mais on peut penser que ces dernières furent bonnes, si l'on considère les professions qu'il exerça plus tard.

On le retrouve lors de son mariage à la Dalbade, le 17 juillet 1787, avec Françoise Germaine Dumasbon, "fille de feu sieur Etienne Dumasbon, bourgeois, et de Dlle Jeanne-Marie Sénac". Le mois suivant les jeunes époux partent pour Paris, et François-Adrien s'établit rapidement comme libraire et marchand de musique dans le quartier des Tuileries.

Pourquoi cette expatriation ? Pour des raisons économiques ? Pourquoi se fait-il libraire ? Nous l'ignorons. Mais il est à noter que, sur les quatre témoins qui ont signé lors du mariage, deux étaient libraires. L'un d'eux était Jean-Baptiste Brouilhet, sans doute celui qui dirigeait depuis 1785 Les Affiches de Toulouse et qui fondera dix ans plus tard l'Antiterroriste, le plus connu et le plus violent des journaux contre-révolutionnaires locaux. On pourrait donc avancer l'hypothèse que c'est chez l'un de ces libraires que Toulan a appris le métier qu'il va exercer dans la capitale.

Dès le début de la Révolution, il semble que le jeune boutiquier soit devenu un chaleureux partisan des idées nouvelles. En 1789, il était président du district du Louvre. En 1792, son commerce ne prospérant guère, il réussit à obtenir une place d'employé, puis de chef de bureau dans l'administration des biens des émigrés, laissant à sa femme la gestion de son commerce.

Mais le service ne marche pas ; il démissionne et fonde bientôt, avec un amis, un bureau privé ayant le même objet, rue du Monceau-Saint-Gervais, près de l'Hôtel-de-Ville où il doit se rendre souvent.

Peu après, il va participer, le 10 août 1792, à l'assaut des Tuileries, et, sans doute s'y distingua, puisqu'il fut nommé membre de la première Commune de Paris, dite "Commune insurrectionnelle" ou "du 10 août".

Il est temps d'essayer d'esquisser le portrait de ce révolutionnaire.

C'est un homme brun, de taille moyenne (cinq pieds - d'après le signalement indiqué sur les passeports dont nous parlerons plus loin - c'est-à-dire environ un mètre et soixante cinq centimètres), avec pour seul signe particulier, "un nez écrasé". Pour le moral, tous les auteurs sont à peu près d'accord. Tous évoquent son courage, son audace, sa gaieté, sa vivacité d'esprit, sa verve, son côté rusé, inventif, entreprenant, ses talents de comédien. Bientôt, il va pouvoir mettre à profit les traits positifs de son caractère. Il est en effet désigné, dès le 5 septembre 1792, avec d'autres collègues, pour la surveillance de la famille royale, emprisonnée au Temple depuis le 13 août.

Là, au contact des prisonniers, il va subir un "retournement" complet : très vite, il leur fait comprendre qu'ils ont en lui un ami et qu'ils peuvent compter sur son dévouement et son désintéressement.

Il est assez facile de concevoir qu'un homme au caractère ardent et généreux ait rapidement "craqué" devant la bonté et la bonhomie du roi, devant la noblesse et la dignité de la reine. Peut-être, à l'égard de cette dernière, s'y est-il ajouté quelque inclination amoureuse, comme le pudique - et royaliste - rédacteur de la notice "Toulan" dans la Biographie toulousaine semble le suggérer et comme cela paraît très vraisemblable à A. Castelot : "La reine a toujours réussi par son charme, sa voix, son sourire, à susciter d'extraordinaires dévouements ... et, de plus, aujourd'hui, elle est malheureuse."

Mais, il est plus malaisé d'expliquer comment le Toulousain s'y est pris pour faire accepter si vite sa sympathie par les captifs.

Cléry (Jean-Baptiste Cléry, Valet de chambre du dauphin) raconte que celui qu'il croyait, à ses propos, "un des plus grands ennemis de la famille royale", le prend un jour à part et lui demande de dire à la reine qu'il ne peut lui apporter ce jour, à cause de ses camarades, la réponse à une question qu'elle lui a posé, mais qu'il le fera lors de son prochain service. Le valet de chambre a peur d'un piège et reste sur ses gardes. Mais la reine, mise au courant de cette conversation, lui dit qu'il peut avoir toute confiance dans le municipal.

Et Turgy (Louis-François Turgy, garçon servant à la "Bouche" aux Tuileries) se montre tout aussi étonné : "La conduite, les discours exagérés qu'il tint pendant les premiers jours qu'il vint au Temple, nous faisaient appréhender le jour de service de ce municipal". Le garçon servant ajoute : "Je ne sais comment il parvint à faire connaître aux princesses son heureuse conversion, mais on pensa que, pour les servir plus sûrement, il devait maintenir les autres commissaires dans l'opinion qu'ils avaient de lui et conserver envers le roi et sa famille le ton et les manières révolutionnaires."

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Toulan aura, en effet, pendant longtemps, la confiance totale de la municipalité : il fera partie de diverses commissions tenant à l'organisation, la surveillance et les comptes du service du Temple, fonctions qui lui permettront d'entrer et de sortir à son gré de la prison. En décembre 1792, il sera réélu à la "Commune provisoire" qui remplace celle du 10 août ... Le 20 décembre, il sera chargé, avec vingt-neuf autres communaux, d'accompagner à cheval le roi à la Convention pour y être jugé ...

Quoi qu'il en soit, avant l'exécution du souverain (21 janvier 1793), il va rendre aux prisonniers de nombreux services, aidé surtout par les deux valets Cléry et Turgy. C'est ainsi qu'il fera passer à l'extérieur des messages, souvent écrits à l'encre sympathique, et transmettra les réponses ; il donnera aux captifs des renseignements sur ses collègues, des informations sur ce qui se dit aux Jacobins et à la Convention ; il apportera des livres et des journaux. Il semble encore que ce soit lui qui ait engagé un "colporteur à voix de stentor" qui, chaque soir, crie les nouvelles sous les fenêtres de la prison. Le 1er janvier, il transmettra les voeux du roi à sa famille ... Bien vite, devant tant de dévouement, les deux femmes lui donneront dans leurs lettres le surnom de Fidèle.

Une autre intervention de Toulan, particulièrement intéressante pour nous, est celle qui nous est révélée par le récit du peintre toulousain Dabos (Toulouse 1762 - Paris 1835) : ce mémoire expose les circonstances dans lesquelles l'artiste, revêtu d'un uniforme de garde national et mis en faction à la porte de la chambre du roi, fut introduit auprès du "monarque" par "le vertueux Toulan" avec lequel il était "lié d'amitié intime". Là, à l'aide d'un matériel caché dans sa pique "exprès creusée", il exécuta un portrait du roi "écrivant ses pensées pour l'instruction de son fils et le bonheur de ses peuples". Dans des conditions identiques, Dabos aurait réalisé le portrait du Dauphin ...

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Après la mort du roi, la surveillance de la prison se relâchant quelque peu, Toulan va, dès le 26 janvier, apporter à la reine des journaux relatant l'exécution. A la même époque, il va s'emparer des "reliques" - l'anneau de mariage, le cachet royal, un paquet de cheveux - que Louis avait confiées avant son exécution à Cléry et que ce dernier avait dû remettre au comité de surveillance qui les avait placées sous scellés. De même, il subtilise le chapeau du roi et l'apporte à Mme Elisabeth. C'est encore lui qui fera venir une couturière pour retoucher les vêtements de deuil des princesses.

Mais ce n'est pas tout, il va concevoir pour les prisonniers un projet d'évasion extrêmement aventureux. Il s'en ouvre à la reine. La pauvre femme, n'osant prendre seule une décision aussi grave, désire prendre conseil du dévoué chevalier de Jarjayes (François-Augustin Régnier, chevalier de Jarjayes 1745-1822, maréchal de camp en mars 1792, marié à une femme de chambre de la reine) qui est resté à Paris sur son ordre. Elle lui envoie Toulan au début de février 1793.

A la vue du messager, chez lequel tout - la mise, l'attitude, le langage - révèle le Jacobin, le chevalier demeure d'abord sur sa réserve, mais son visiteur lui tend une lettre de la reine qui contient ces mots : "Vous pouvez prendre confiance en l'homme qui vous parlera de ma part en vous remettant ce billet. Ses sentiments me sont connus. Depuis cinq mois, il n'a pas varié. Ne vous fiez pas trop à la femme de l'homme qui est enfermé ici avec nous ; je ne me fie ni à elle, ni à son mari".

Toulan expose son plan, mais le général désire voir la reine en personne et discuter avec elle des détails de l'évasion. Le municipal se fait fort de l'introduire dans la place. Marie-Antoinette écrit un nouveau billet à Jarjayes : "Maintenant, si vous êtes décidé à venir ici, il serait mieux que ce fût bientôt. Mais, mon Dieu, prenez garde d'être reconnu et surtout de la femme qui est enfermée avec nous."

Chaque soir, l' "illuminateur" (c'est-à-dire un allumeur de réverbères) pénètre dans la prison. Soudoyé par Toulan, ce fonctionnaire prête ses habits à Jarjayes et tout se passe jusque-là sans difficulté.

Le projet prend corps, mais, pour qu'il réussisse, il semble indispensable à son instigateur de s'adjoindre un autre commissaire, un certain Lepître (Jacques-François 1764 -1821, professeur et directeur d'une maison d'éducation), qui, malgré son adhésion aux idées nouvelles, était resté au fond royaliste. La reine l'envoie au chevalier : "Vous verrez, lui écrit-elle, le nouveau personnage : son extérieur ne prévient pas - il est petit, boiteux et laid - mais il est absolument nécessaire et il faut l'avoir". Pour "l'avoir", il faudra l'acheter : il va perdre son emploi de directeur de collège et il exige en compensation une forte somme -deux cent mille francs - dont la moitié payable d'avance. Le chevalier va prélever les cent mille francs sur ses propres deniers.

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La reine désirait aussi récompenser Toulan, et elle dut le forcer d'accepter de sa part une boîte d'or dans laquelle Jarjayes plaça vingt-quatre mille livres.

Les deux complices sont souvent de garde ensemble, ce qui est d'autant plus facile que ce service n'a guère la faveur des autres municipaux. D'ailleurs, raconte Lepître, "pour être certain qu'on ne nous séparerait point, Toulan avait imaginé cette ruse : nous arrivions trois ; on faisait - en principe - un égal nombre de billets dont l'un portait le mot jour, les deux autres le mot nuit. Toulan écrivait jour sur tous les trois, faisait tirer notre collègue et quand celui-ci, ouvrant le premier son billet, avait lu le mot jour, nous jetions les nôtres au feu sans les regarder et nous allions ensemble prendre notre poste. Comme nous ne venions presque jamais avec la même personne, ce moyen nous réussit toujours".

Quand les compères étaient ainsi de permanence, il régnait au Temple un semblant de liberté. Rapidement, ils apportent sous leurs manteaux des vêtements, des chapeaux, des cocardes, des écharpes pour déguiser les futurs fugitifs.

L'évasion, fixée pour le début mars, s'effectuerait en effet de la manière suivante : Marie-Antoinette et sa belle-soeur seraient travesties en commissaires de la Commune ; elles seraient munies de cartes qu'elles montreraient de loin aux sentinelles. Un certain Ricard, sous l'habit de l'illuminateur - qui venait souvent avec deux petits aides - sortirait avec les enfants royaux. A proximité de la prison, des voitures attendraient les évadés, et, sous la conduite de Jarjayes, la petite troupe, comprenant Toulan et Lepître, gagnerait un port de la côte normande d'où l'on s'embarquerait pour l'Angleterre.

A vrai dire, le chevalier jugeait "comme une chimère" l'évasion de toute la famille. De fait, des évènements imprévus entraînant un renforcement des mesures de sécurité et surtout les tergiversations de Lepître qui, chargé des passeports, différait sans cesse leur établissement, rendirent impraticable une telle tentative.

Par contre, les conjurés pensent possible la fuite de la reine seule ; mais cette dernière refuse de quitter son fils et sa fille.

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Là dessus, Jarjayes est nommé chef de l'état-major général de l'armée des Alpes ; il ne peut retarder son départ. Il émigrera peu après, emportant les souvenirs du roi, jadis dérobés par Toulan, et les fera parvenir au comte de Provence, frère de Louis XVI.

Au Temple, la vie continue. Cependant, une atmosphère de suspicion semble s'être établie. Le 26 mars, Toulan et Lepître sont dénoncés au Conseil général de la Commune : on leur reproche leurs attentions pour les reclus. Le Toulousain était en outre accusé de "faire rire la reine et sa famille par des plaisanteries qui dégradaient la dignité d'un magistrat du peuple". Lepître nie, Toulan se justifie par d'autres plaisanteries. Cette première alerte n'a pas de suite et, vers le 10 avril, les deux commissaires se présentent à nouveau pour la garde.

Or, quelques jours plus tard, la fille Tison venant voir ses parents, est fouillée et refoulée. Le geôlier et sa femme, furieux, accusent une nouvelle fois Toulan et Lepître, ainsi que Turgy, d'avoir, avec les prisonnières, de fréquents entretiens secrets et de faciliter leurs correspondances avec l'extérieur. L'affaire vient à la Commune le 21, mais, faute de preuves, on raye simplement les municipaux de la liste des gardiens.

Si Lepître, considérant son rôle comme terminé, reprit tranquillement son métier de pédagogue, Toulan, lui, ne put se résoudre à abandonner ses protégés : il loua une chambre au voisinage de la prison et se mit à sonner du cor, transmettant les nouvelles aux princesses sur des airs convenus. Par ailleurs, il continuera à recevoir des lettres et à communiquer les réponses par l'intermédiaire de Turgy. Ce dernier nous a donné quelques exemples de messages de Mme Elisabeth : "Après souper, allez chez Fidèle, demandez-lui s'il a des nouvelles de Produse (le prince de Condé)" ou encore : "Dites à Fidèle combien nous sommes touchés de son dernier billet. Nous n'avions pas besoin de cette assurance pour compter bien et toujours sur lui. Ses signaux sont bons (allusion aux signaux donnés à l'aide du cor)", etc ...

Les mois qui suivent, l'atmosphère s'alourdit encore plus autour des captifs et les gardes, triés sur le volet, redoublent de vigilance.

En juin, la Tison donne des signes, de plus en plus marqués, de dérangement mental, s'accusant d'être la cause de la mort prochaine de ceux qu'elle a dénoncés, de la reine et de Mme Elisabeth. On finira par l'interner.

Le 3 juillet, par décision du Comité de salut public, le dauphin est séparé de sa mère et confié à un "instituteur", en l'espèce à un homme tout à fait fruste, le cordonnier Simon ! Et la pauvre mère tient à faire savoir à Fidèle qu'elle aperçoit tous les jours "le petit" par une étroite ouverture, mais elle ajoute : "Que cela ne vous empêche pas de nous en donner des nouvelles".

Le 2 août, un décret de la Convention ordonne que "la veuve Capet" soit transférée à la Conciergerie pour comparaître devant le Tribunal révolutionnaire et Toulan continuera encore pendant quelque temps de jouer de son cor pour informer Mme Elisabeth qui, dans un billet, lui recommande "de ne pas trop se hasarder pour nos signaux".

Comme le dossier de la reine est assez pauvre, on décide avant le jugement de l'étoffer par des témoignages. On ira interroger au Temple le dauphin, Mme Royale et leur tante (6 et 7 octobre 1793).

Le dauphin - par inconscience (il a huit ans) ou à la suite de son conditionnement par Simon ? - dénonce les conciliabules de sa mère avec Toulan, Lepître et d'autres commissaires. Sa soeur nie, ainsi que Mme Elisabeth.

Des mandats d'arrêt sont lancés contre les municipaux. Lepître est facilement appréhendé. Toulan, arrêté en pleine rue, réussit à s'échapper, et, muni d'un passeport à son nom, que lui fait avoir "un ami de Neuilly, proche de la municipalité", il quitte Paris pour Toulouse le 7 octobre. Mais ce séjour dans sa ville natale, qu'il retrouve après six ans d'absence, sera de courte durée. En effet, "instruit à son arrivée que la dénonciation l'y avait devancé, il craignit de rester dans un lieu où il était très connu". Aussi décide-t-il d'aller à Bordeaux où il aura plus de chances de passer inaperçu. Pour cela, il lui faut un nouveau passeport : cette fois, il va utiliser un document falsifié, daté du 26 octobre, le laissez-passer d'une certaine Rosalie Mestre dont il transformera, à son propre usage, le nom en Roch Alimestre. C'est sous ce nom qu'il se rendra dans l'ancienne capitale de Guyenne et qu'il s'installera comme écrivain public, quai de Royan.

Après l'exécution de la reine (16 octobre), les municipaux arrêtés en même temps que Toulan et qui n'avaient pas fui, comparurent devant le Tribunal révolutionnaire (19 novembre). Ils furent tous acquittés (sauf un, Michonis, qui avait été impliqué dans d'autres complots d'évasion). Là aussi, Lepître, étonné du peu d'importance qu'on paraît attacher à leur interrogatoire, pense qu'il importait "de ne point donner d'éclat à leur procès, afin de ne pas attirer l'attention sur le Temple" et il ajoute : "De Toulan, le plus compromis, et qu'on aurait du mal à sauver, on a facilité la fuite".

Quoi qu'il en soit, Toulan ayant connu par les journaux le procès de ses collègues et son heureux dénouement, se crut couvert par le jugement et abandonna imprudemment sa vigilance. Il fit venir sa femme, restée jusque-là à Paris, et reprit son nom.

Ces faits attirèrent l'attention sur lui et, en mars 1794, il est interrogé par le Comité révolutionnaire de Bordeaux et arrêté.

Le 16 mai, ce Comité écrit à la municipalité de Paris qui transmet la lettre à l'accusateur public, lequel répond par un mandat d'amener.

Toulan est transféré dans la capitale et incarcéré à la Conciergerie le 22 juin.

L'acte d'accusation, signé Fouquier-Tinville, porte "que Toulan entretenait des intelligences avec la femme Capet et sa soeur, qu'il a eu avec elles des entretiens secrets ..., que pour prix de ses complaisances, il a reçu, entre autres présents, une boîte d'or"

Cette fois, le procès ne traîne pas : condamné à mort avec quatorze autres accusés le 30 juin 1794, il est exécuté le jour même à la barrière du Trône.

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Ses restes furent jetés dans une fosse commune, dans l'ancien enclos des chanoinesses de Picpus, où furent ensevelies les dernières victimes de la Terreur, et notamment les parlementaires toulousains.

Ajoutons que Toulan n'avait pas eu d'enfant et que sa veuve, retirée à Toulouse, reçut, à la Restauration, une pension par l'intermédiaire de la duchesse d'Angoulême.

Telles furent la vie et la mort de ce Toulousain peu connu ... Il a bien mérité le surnom de "Fidèle" que les infortunées prisonnières du Temple lui ont donné.

Guy Audebaud
L'Auta, octobre 1990