JACQUES-LOUIS DELABROSSE DIT FLAVIGNY


Né à Rouen, paroisse Saint-Martin-sur-Renelle (Seine-Inférieure, aujourd'hui Seine-Maritime) le 13 janvier 1759, fils de Jacques, passementier, et de Marie-Anne Dupont ; marié à Julie-Victoire Guiard le 4 janvier 1794 à Tours, divorcé à Tours le 9 frimaire an XIII - 30 novembre 1804.

 

naissance paroisse St-Martin-de-Renelle z

 

Engagé volontaire entré au service le 26 avril 1776 comme soldat au régiment de Poitou, caporal le 1er août 1781, sergent le 30 juin 1783 et sergent-major le 7 juin 1784 au même régiment devenu en 1791 25ème régiment d'infanterie, sous-lieutenant le 12 janvier 1792 puis lieutenant le 1er mai 1792, il a fait campagne à l'armée du Nord, affecté au 4ème bataillon de volontaires nationaux de la formation d'Orléans ; le 22 mai 1793, il est nommé, à titre provisoire, adjudant général chef de bataillon par les représentants du peuple en mission dans l'ouest le 3 octobre et est blessé à l'affaire de Châtillon-sur-Sèvre le 8 octobre 1793.

Employé à Libourne par le représentant du peuple en mission Garreau, pour l'encadrement des troupes du département de la Gironde, le 5 mai 1794 adjudant général chef de bataillon en fonctions à l'armée des Pyrénées Occidentales. Chef de brigade de la demi-brigade de Paris-et-des-Vosges le 8 juin 1795 puis adjudant général chef de brigade le 13 juin 1795, il est admis au traitement de réforme le 12 octobre 1795.

Remis en activité dans son grade à l'armée des Côtes de Cherbourg le 2 janvier 1796 puis à l'armée d'Italie le 18 février 1797, il sert en qualité de chef d'état-major du général Rey, commandant la 4ème division active puis la 6ème division de cette armée et est mis le 7 novembre 1800 à la disposition du général Sahuguet commandant une expédition en cours de préparation à Brest.

Accusé d'avoir commis des actes arbitraires envers les habitants de la Haute-Maurienne et d'avoir abusé de l'autorité qui lui avait été confiée pour activer les transports des équipages de l'armée de réserve dans son passage au-delà des Alpes, il est arrêté à Brest pour être jugé par le conseil de guerre permanent de la 7ème division militaire siégeant à Grenoble. Il est acquitté le 13 juillet 1801 à l'unanimité des inculpations dirigées contre lui et est remis en liberté sur le champ.

Non compris le 3 août 1801 dans la liste des adjudants commandants maintenus en activité de service pour l'an X, il est admis au traitement de réforme de son grade à compter du 23 septembre 1801.

Jacques-Louis Delabrosse-Flavigny est décédé à Tours (Indre-et-Loire), rue de Richelieu, n° 18, le 14 floréal an XIII - 4 mai 1805, à l'âge de 45 ans.

 

Décès Tours z

 

QUELQUES DOCUMENTS CONCERNANT FLAVIGNY

Du 2 février 1794 :
Le représentant Carrier au général en chef (Nantes)
"Je te préviens, général, qu'une brigade de la division du général Cordellier, sous les ordres d'un adjudant-général nommé Flavigny, a trouvé dans sa route un rassemblement de brigands ; qu'à la première vue de ces scélérats notre brigade s'est mise en déroute, sans brûler une amorce, s'est repliée jusqu'à Nantes, et voulait absolument y entrer hier soir. L'entrée lui a été refusée, et Vimeux lui a donné l'ordre de se rendre ce soir au Loroux. L'adjudant-général se plaint des soldats, ceux-ci se plaignent de l'adjudant-général. Trop malade pour prendre connaissance de cette déroute vraiment inconcevable, je t'en laisse le soin. Punis, punis, je t'y invite les traîtres et les lâches. Il est étonnant, il est humiliant que des républicains aient lâchement fui devant un rassemblement de brigands sans artillerie et dont la plupart n'avaient point de fusils. Justice, justice sévère ! ..."

De l'an II à l'an III, une information judiciaire est ouverte contre le général Turreau et les généraux Cordellier, Duquesnoy, Huché, Flavigny, Crouzat et Grignon « prévenus d’actes arbitraires en Vendée ».

Le 17 prairial an II - 5 juin 1794 - Un des représentants à l'armée des Pyrénées occidentales écrit de Sainte-Foy, à Carnot, membre du Comité de Salut public et lui dit ceci à propos de Flavigny :
"Flavigny, ancien soldat et puis capitaine au ci-devant régiment de Poitou, adjudant général chef de bataillon à l'armée de l'Ouest, est venu avec moi pour conduite le détachement qui se rend de cette armée aux Pyrénées occidentales ; c'est un sans-culotte dans toute la force du terme et bon militaire ; il conviendrait de le retenir dans cette armée ..."

- Blessé le 14 prairial an IV (2 juin 1796) lors d'une rencontre avec les Chouans, entre La Perrière du Lion-d'Angers et Marans.

- En 1796, le général Flavigny, exaspéré de ne recevoir aucune réponse à ses rappels successifs, écrivit tout bêtement au général Bonaparte ce billet, que les usages des temps révolutionnaires expliquent s'ils ne l'excusent :

Citoyen général,
Tes lapins manquent de pain ;
Pas de pain, pas de lapins,
Pas de lapins, pas de victoires.
Ainsi donc veille au grain.
Et n...i... ni
C'est fini !
...
FLAVIGNY

 

Flavigny signature

 

ARMÉE D'ITALIE

Quelques fragments sur la présence de Flavigny en Italie ...

FLAVIGNY - Division de l'est - Commandant la partie du Piémont depuis la rive droite du Tanaro jusqu'aux confins des Etats de Plaisance, Civa, le haut Montferrat, l'Alexandrie, le Tortonais ; etc. ; quartier général à Alexandrie.

1799 - "Grouchy et Flavigny, qui avaient occupé Nizza la Paglia, conduisaient, le 2 mars, une troupe nombreuse devant Acqui. Ils se trouvaient les portes fermées, les insurgés sur la défensive. Trois sommations faites au syndic ou maire étant restées sans réponse, les Français pénétraient par l'assaut, dans la vieille ville ; 357 rebelles étaient pris et fusillés ; du lieu d'exécution, élevé, le sang coulait dans les rues en pente. Dans ce sang, les vainqueurs et les soldats délivrés piétinaient, et les habitants étaient, pour leur complicité dans la révolte, frappés de contributions. Strevi, qui avait fourni un fort contingent de rebelles, était saccagé et brûlé ..."

Flavigny ordonna la fusillade des prisonniers de Strevi.

 

Strevi z

 

Un placard annonça aux habitants de la province d'Acqui la quasi-exécution militaire dont fut victime la ville de Strevi, qui s'était révoltée contre l'occupation française du Piémont : après avoir abattu l'arbre de la liberté, malmené les notables pro-français, la commune se mit en état d'insurrection, et menaça de mort les émissaires envoyés prêcher l'apaisement. Grouchy, nommé commandant militaire du Piémont annexé, se rendit sur les lieux et ordonna l'incendie de la ville, conformément à une politique d'extrême rigueur qu'il avait suivie depuis sa prise de commandement, et qui lui fut d'ailleurs reprochée par les contemporains : "Strevi, livré aux flammes vengeresses, vous montre le sort qui attend toute commune qui attenteroit à la vie d'un Républicain"


"Au quartier général d'Alexandrie, le 20 janvier 1799. - Le commandant de la place Vital, aux officiers municipaux de la commune d'Alexandrie.
Je vous préviens, citoyens, qu'en conséquence des ordres de l'adjudant-général Flavigny, il sera célébré demain, dans cette place, l'anniversaire de la mort du dernier roi des Français, et que, pour mettre plus d'ensemble à cette célébration, je vous invite à y assister, afin d'y donner par votre présence plus d'éclat et plus de solennité.
Je vous prie de référer la présente aux autres autorités constituées de cette commune, en les invitant de coopérer à cette fête. J'aime à me persuader d'avance de l'enthousiasme avec lequel vous y assisterez et de la pompe que vous y apporterez pour la rendre plus frappante que faire se pourra aux yeux de tout le peuple.
Vous voudrez bien pareillement inviter le commandant de la Garde nationale à fournir 50 hommes pour le même but." (Centenario della Battaglia di Marengo, 1er vol., p. 194)

- 26 Germinal an VIII (16 avril 1800), l'adjudant Flavigny commande au Mont-Cenis.

 

Strevi carte z

 




 

Sources :

Dictionnaire des chefs de brigade, colonels et capitaines de vaisseau de Bonaparte, Premier consul, de Danielle et Bernard Quintin, édition SPM, 2012.

Les campagnes de 1799 - Souvarow en Italie par Edouard Gachot - 1903.

La Tour d'Auvergne, premier grenadier de la République - Emile Simond - 1899.

Collection des mémoires relatifs à la Révolution française, volume 55 - 1825

Campagne de l'armée de réserve en 1800 par le capitaine de Cugnac - 1900-1901

Mémoires du maréchal de Grouchy - Volume 1 - 1873

Recueil des actes du Comité de Salut public ... - Tome 14 - F.A. Aulard