PERRINE-JULIENNE MULONNIÈRE, VEUVE [GERMAIN-RAYMOND] CANTIN

Falleron carte z

MULONNIÈRE Perrine Julienne veuve CANTIN Germain Raimond, 47 ans, habitant la Chauvière à Falleron, est condamnée le 6 janvier 1794 à la détention jusqu'à plus ample information. Elle repasse devant le tribunal le 19 février 1794 qui la renvoie devant le Tribunal criminel. Elle est condamnée à la peine de mort le 24 février 1794. [AD85 - L 15-90 - vue 219 - 252 - 262]

Falleron - La Chauvière z

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24 février 1794 - 6 ventôse an II

Aux Sables-d'Olonne, la Commission militaire fait fusiller Perrine Mulonnière. Le jugement la condamnant est ainsi conçu :

"Attendu qu'il résulte du tout, que Perrine Mulonnière, veuve Raymond Cantin de la Chauvière, a été arrêtée ayant avec elle deux prêtres réfractaires et déguisés, et qu'elle l'était elle-même sous des habits de paysanne ; que Charette a aussi été chez elle, qu'elle a eu des conversations particulières avec lui, qu'elle a fait distribuer du blé aux journaliers à condition qu'ils iraient à l'attroupement des révoltés, qu'elle s'est répandue en propos contre-révolutionnaires, que les prêtres réfractaires disaient la messe dans sa maison, où elle leur donnait asile, qu'elle savait où les brigands avaient trois cents fusils cachés et qu'elle ne l'a pas déclaré aux patriotes, qu'enfin pendant tous les troubles elle a parcouru le pays occupé par les brigands ..."


Avoir donné asile à de pauvres prêtres proscrits, avoir parlé à Charette et s'être refusée à jouer le rôle de dénonciatrice : que de femmes vendéennes, à cette époque, ont été guillotinées fusillées ou massacrées pour des crimes de ce genre, au cri de Vive la République ! et ... au nom de l'Humanité !

 

La Vendée historique - Douzième année - n° 274 - 20 mai 1908