Parcin général acte naissance


Pierre-Mathieu Parcin est né au Mesnil-Aubry, le 13 décembre 1755. Il était fils de Jean Parcin et de Thérèse Lebel. Son père était bourrelier.


Il travailla d'abord chez un procureur, à Paris, et se fit homme de loi, c'est-à-dire agent d'affaires. Il prit part à la prise de la Bastille et devint officier dans la compagnie des volontaires de la Bastille, formée par la municipalité de Paris.

Il ambitionne aussi la qualité d'homme de lettres.

On a de lui les ouvrages ci-après :

1° - Extrait du charnier des Innocents ou cri d'un plébéien immolé - Bordeaux - 1789, in 8° ;
2° - Supplément audit extrait - 1789, in 8° ;
3° - Le massacre des Innocents - Bordeaux - 1789, in 8° ;
4° L'exterminateur des Parlements - Paris - Sept. 1789, in 8° ;
5° - La girouette Française ou le Despotisme ressuscité par un député du Tiers-État - 1789, in 8°
6° - Les crimes des Parlements ou les Horreurs des prisons judiciaires dévoilées - Paris - 1791, in 8° ;
7° - La prise de la Bastille, fait historique en trois actes, mêlé d'ariesses - 1791, in 8°.

Il fréquentait le club des Jacobins dont il était l'un des habitués.

En 1791, il dénonça une fabrique de faux assignats et reçut pour ce fait une récompense de douze mille livres que lui accorda l'Assemblée nationale.

A la fin d'août 1792, il fut, avec André Corchand, l'un des commissaires fournis à Danton par la commune de Paris ; envoyés dans la Seine-Inférieure, tous les deux arrêtèrent à Forges le duc de La Rochefoucauld, qui, ramené sur Paris, fut, le 4 septembre, massacré à Gisors par la populace.

Parcin entra ensuite dans les bureaux de la 4ème Division au département de la guerre. Il était devenu chef de ces bureaux, lorsqu'au mois de mai 1793, Ronsin, alors adjoint au ministre de la guerre Bouchotte, l'emmena avec lui en Vendée, ainsi que son acolyte Rossignol, en qualité de commissaire du Conseil exécutif auprès de l'Armée des Côtes de La Rochelle.

Biron était, à cette époque, général en chef de cette armée.

Le 11 juillet 1793, Parcin, étant à Angers, écrivit et signa une lettre de dénonciation contre ce général, où il concluait en demandant qu'il fût livré au glaive de la Loi.

Cette lettre est insérée comme pièce authentique dans le 8ème volume de "La Terreur" de M. Mortimer-Ternaux.

Le 13 juillet 1793, une commission militaire était établie à Angers pour suivre l'armée et juger les rebelles vendéens.

Parcin en fut nommé président. Le vice-président était Delaporte ; les assesseurs, Hardy et Millière, le secrétaire Hudoux.

Cette commission tint sa première séance dans l'église des Jacobins, à Angers, où elle s'installa le 13 juillet et se rendit ensuite dans différentes villes : à Chinon, à Saumur, au Grenier à sel, à Doué ; elle rentrait à Angers au mois d'octobre.

La présidence de Parcin dura jusqu'au mois d'octobre inclusivement. Il avait aussi alors le titre de commissaire des guerres, qui lui avait été conféré le 1er août.

Dans cet espace de temps, la commission jugea 376 accusés, dont 12 furent condamnés à mort, 14 aux fers et 18 à la prison ; 321 furent acquittés.

Le 9 octobre, Parcin était de retour à Paris, où il avait été rappelé, parce qu'à l'instigation des Jacobins, il venait d'être nommé général de brigade dans l'armée révolutionnaire qui était envoyée à Lyon sous le commandement du général Ronsin. Ce jour-là, il assista à une séance du club des Jacobins, monta à la tribune, et dit : "J'arrive de la Vendée ; vous m'avez nommé général de brigade dans l'armée révolutionnaire ; je justifierai votre confiance. Boulanger, mon collègue, vous a demandé une guillotine, je vous en demande une seconde, et je vous promets que les aristocrates et les accapareurs vont rentrer dans le néant."

En arrivant à Lyon, Parcin trouvait un théâtre tout préparé pour sa carrière de Haut-Justicier.

Le 7 frimaire an II (27 novembre 1793), les représentants du peuple, envoyés à la Commune-Affrranchie (Lyon) pour y assurer le bonheur du peuple, Collot-d'Herbois, Fouché, Albitte, Laporte, rendirent un décret par lequel ils établissaient une commission révolutionnaire pour juger les rebelles qui étaient détenus dans les prisons.

Parcin fut nommé président de cette commission qui, installée le 14 frimaire an II (4 décembre 1793), dans la salle du Consulat à l'Hôtel-de-Ville, resta en exercice jusqu'au 13 avril 1794, jour de sa dernière séance. Dans cet intervalle de temps, elle prononça 1.684 condamnations capitales sur lesquelles 1.667 furent exécutées ; elle ordonna la détention de 162 individus suspects et mit en liberté 1.682 innocents.

La dissolution de cette commission fut prononcée le 3 mai 1794, par un arrêté des représentants du peuple alors en mission à Lyon.

Parcin revint alors à Paris, où son protecteur Ronsin avait été exécuté le 24 mars précédent ; il avait été nommé général de division provisoire le 13 ventôse an II par arrêté des représentants du peuple près l'armée de Lyon, mais ce grade ne lui fut pas régulièrement confirmé. Il fut envoyé ensuite à l'armée des Côtes-de-Brest où il servit sous le général Moulins en qualité de chef d'état-major général ; il fut destitué le 27 vendémiaire an III, en raison de la réaction qui s'était produite contre les terroristes.

Au mois de floréal an IV (9 mai 1796), il fut impliqué dans la conspiration de Gracchus Babeuf ; mais il parvint à se soustraire à l'exécution du mandat décerné contre lui, ayant trouvé un asile secret chez une marchande de la halle, qui pendant six mois, le cacha à tous les yeux et qu'il épousa plus tard en reconnaissance de ce service : elle s'appelait Augustine-Françoise Renard.

Ayant été acquitté par la Haute Cour nationale, qui avait siégé à Vendôme, et ne condamna que Gracchus Babeuf et son principal complice, Parcin fut remis en activité de service le 23 fructidor an V, à la suite du coup d'État du 18 fructidor, et commanda successivement le département de Saône-et-Loire et le département de la Nièvre, qui faisaient tous deux partie de la 18ème division militaire.

Mais le 19 floréal an VI, il fut admis au traitement de réforme.

Remis encore une fois en activité le 19 thermidor an VII, il devait être envoyé en Italie sous le commandement du général Joubert ; mais il obtint un congé pour rester à Paris, s'appuyant sur des raisons de santé.

Son opposition au coup d'État du 18 Brumaire le fit réformer le 8 germinal an IX.

C'est à cette époque qu'il épousa Augustine-Françoise Renard, dont il eut un fils, Aurèle-Thercydide Parcin, et une fille, Cornélie-Aglaé Parcin. Dans l'acte de décès de son père arrivé à la date du 8 prairial an VIII, Parcin prenait encore cette qualification : Général des armées de la République, domicilié à Paris, rue du Cimetière, Saint-André-des-Arts.

Parcin propriété

Il vint se retirer définitivement au Mesnil-Aubry dans le courant de l'année 1802, et fut mis à la retraite en 1811.

Parcin mourut au Mesnil-Aubry le 24 mai 1831 et fut inhumé dans le cimetière de cette commune.

Parcin général acte décès

AD95 - Monographie communale - Le Mesnil-Aubry - 1T 137 - 1899

 

Le 25 août 1794, on remet en scène la "Prise de la Bastille" cette fois l'action se passe à Paris et non plus en Dauphiné. L'auteur Pierre-Mathieu Parcin, est un homme de loi qui, après s'être laissé entraîner dans le mouvement du 14 juillet se fourvoie maintenant dans la littérature dramatique : "Après avoir combattu, dit-il, sous les murs de cette redoutable forteresse, j'ai réfléchi que je ne pouvais mieux faire que de remettre ce grand évènement en scène". Il semble bien que, tout d'abord, la municipalité se soit opposée aux représentations de cette pièce. L'auteur parle d'une démarche de M. Camerani, semainier du Théâtre Italien qui, "par un indigne abus de confiance", avait porté la pièce dans les bureaux de la mairie. La représentation de l'ouvrage en aurait été retardée pendant quelques semaines. Une chose certaine, c'est que la pièce fut jouée. Delaunay y tient le rôle du champion du despotisme. Flesselles est le traître au peuple. Le roi ignore tout, comme d'habitude ; on le trompe. Tambours, défilé du peuple en armes, chansons :

Liberté, sainte liberté,
Toi, pour qui tout mortel soupire
Règne toujours sur cet empire
Et fais notre félicité.
Fille du ciel, Vierge chérie,
Dont la main a béni nos fers,
Puisses-tu, dans tout l'univers,
Triompher de la tyrannie.

(Extrait : La liberté du théâtre en France et à l'étranger ... - Albéric Cahuet - 1902)