plougoulm

SAINT-POL-DE-LÉON
Vendredi 22 mars 1793

Le Journal de Rouen - JPL 3_10 - 30 mars 1793


Les paysans de la commune de Plougoulm sont revenus à la charge lundi dernier, & paroissoient avoir des intelligences dans la ville. Un coup de fusil, tiré d'une maison, a étendu mort le commandant d'un détachement du bataillon du Calvados, qui y est en garnison depuis quelques-temps.

Les soldats, furieux de cet assassinat, ont haché à coups de sabre le maire, qui ne vouloit pas leur permettre d'investir la maison de laquelle étoit parti le coup.

Les secours venus de Morlaix ont enfin dissipé les rebelles. On croit avoir remarqué des personnes travesties en paysans ; ce qu'il y a de certain, c'est que la majeure partie étoit armée de sabres, pistolets & fusils de munition, ce qui annonce qu'ils avoient reçu ces armes de l'étranger.

Les officiers municipaux de Plougoulm, vinrent le mardi à Saint-Pol demander grâce, & conduire leur contingent de 12 hommes. Le député du district les fit mettre sur-le-champ en état d'arrestation.

 

Plougoulm 3

 

"... Nous nous retirâmes un moment dans notre auberge située sur cette même place ; nous y étions à peine, que l'on vint nous annoncer que le maire venait d'être assassiné. Nous courûmes à la maison commune et de là à la sienne ; nous y apprîmes que quatre volontaires du Calvados étaient venus au bureau municipal et lui avaient dit qu'on avait besoin de lui sur la place, qu'il sortit aussitôt avec eux, et qu'à l'entrée de cette même place, il fut assailli par ces mêmes volontaires et trois à quatre autres de ce même bataillon, qui l'accablèrent de coups de sabres, de baïonnettes et de crosses de fusil. Observez, citoyens représentans, qu'il était revêtu de son écharpe. Nous le trouvâmes chez lui baigné dans son sang et dans l'état le plus déplorable. Nous ne pouvons rendre les sentimens d'horreur dont nous fûmes saisis, en assistant au pansement de ce magistrat du peuple. De la tête au genoux, des épaules aux doigts, il était couvert de blessures. La vue de ses hardes, de son écharpe toute dégouttante de sang, aurait fait frémir l'homme le plus barbare. Nous n'avons pu, malgré nos recherches, découvrir les auteurs de ce funeste attentat. ..."


Extrait : La Révolution telle qu'elle est, ou Correspondance inédite du comité de salut public ... - Tome premier - Mise en ordre par M. Legros - 1837

 

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Selon l'extrait ci-dessus d'un arrêté des Commissaires de la Convention, chargeant le juge de paix de St-Pol des informations et procédures contre les auteurs des attroupements, daté du 20 mars 1793, le maire de Plougoulm (Plougoulin en 1793) pourrait être René Ollivier ou René Olier.