ÉTRICHÉ (49) - LES MOULINS-D'YVRÉ
L'Auberge de la Boule-d'Or

Moulins-d'Yvré


Le dimanche 4 mai 1817, l'éclusier de Porte-Bise retirait de la Sarthe le cadavre d'un sieur Xavier Deloeuvre, artiste dramatique, qui par deux fois avait pris gîte pour la nuit aux Moulins-d'Yvré.

Divers indices signalèrent à la justice l'aubergiste Pierre Chalumeau, dit Pierrit, et sa femme, avec leur fille et leur gendre, Louis Ménard, qui furent arrêtés ; mais deux ordonnances, rendues les 16 et 18 juillet par le tribunal de Baugé, firent mettre en liberté les prévenus, qu'on vit alors revenir au village dans un cabriolet, paré de fleurs et de feuillages, avec cette inscription en gros caractères : Laissez passer les innocents.

Quelques propos indiscrets, un mémoire justificatif, Précis en faveur de Louis Ménard, etc., par l'avocat Lelong (Angers, L. Pavie, in-4° de 24 p.), des indications tardives provoquèrent une enquête nouvelle, et le 28 novembre les quatre accusés comparaissaient devant la Cour royale d'Angers, accablés par des témoignages nombreux, par l'expertise médicale qui démontrait l'assassinat du voyageur, surtout par les révélations, longtemps hésitantes, de la servante. Le procès occupa la Cour pendant onze séances et se termina par une quadruple condamnation à mort : Pierrit, sa femme et son gendre furent exécutés sur le Champ-de-Mars, à Angers, le mardi-gras 3 février 1818. La fille Chalumeau s'était empoisonnée dès le 9 janvier dans la prison.

Des récits imprimés ont popularisé cette histoire, dont le souvenir est resté vivant dans toute mémoire angevine.

AD49 - Dictionnaire de Maine-et-Loire