JEAN BOURDON

SOTTEVILLE LES ROUEN EGLISE



Jean Bourdon, prêtre, gardien de la maison des Capucins de Sotteville-lès-Rouen, connu sous le nom de Frère Rotais, naquit à Séez, en 1745.


Sa vertu et ses vastes connaissances le firent tenir en grande estime dans son ordre. Sa figure annonçait une grande puissance de caractère ; ce qu'il prouva dans les persécutions qu'il eut à souffrir.


Il fut arrêté à Rouen, rue du Renard, n° 90, le 10 avril 1793. Lorsqu'on lui demanda s'il avait dit la messe depuis sa sortie du couvent, il répondit que, aucune loi ne l'empêchant de la dire partout où il voudrait, il n'avait rien à répondre à cet interrogatoire. Il fut condamné à être transporté à la Guiane, sur les Deux-Associés, et partit de Rouen le 9 mars 1794.


Au mois d'août suivant, il fut attaqué d'une fièvre si violente, que ses confrères durent l'attacher avec leurs mouchoirs pour se préserver de la violence de ses transports. Qui le croirait ? un chirurgien déclara que le malade était sans fièvre, et que les discours qu'il tenait pendant son prétendu délire étaient l'indice d'une conspiration tramée par les déportés.


Un jury militaire fut formé, et il fut question de fusiller tous les ecclésiastiques qui se trouvaient à bord du vaisseau. Un seul officier proposa de mettre préalablement le P. Bourdon aux fers et de constater ensuite la réalité du complot.


"Le bon religieux fut aussitôt chargé de chaînes, et, après avoir passé le reste du jour à se meurtrir avec ses liens, il expira pendant la nuit en d'affreux tourments, le 22 août 1794".


Il avait 49 ans, et fut enterré dans l'île Madame.

Extrait
Les prêtres du Diocèse de Rouen
pendant la Terreur
par l'abbé J.-E. DECORDE
1873