DOCUMENT

La Bibliothèque Municipale de Niort possède dans ses archives un précieux dépôt. Ce sont les documents, notes et manuscrits divers à elle légués par M. de la Fontenelle.

Né le 14 avril 1784 au château de Vaudoré en la commune de Saint-Marsault, près de Bressuire, Armand-Désiré de la Fontenelle poursuivit dans la magistrature une honorable carrière qui devait le conduire au siège de conseiller à la cour royale de Poitiers. Mais son principal titre à l'attention de la postérité réside dans les innombrables travaux d'érudition qu'il a poursuivis sa vie durant sur l'histoire du Poitou et qui l'ont fait considérer comme le successeur et l'émule de dom Fonteneau. En dehors de son Histoire d'Olivier de Clisson, de son Histoire des comtes du Poitou de 778 à 1137, de la publication du Journal de Guillaume Le Riche et tant d'autres ouvrages, en dehors de sa collaboration à la Revue Franco-Anglaise, il avait réuni un ensemble imposant de matériaux se rattachant aux aspects les plus divers de la vie historique, économique, sociale, artistique ou architecturale du Poitou, que la mort ne lui a pas permis d'utiliser.

A son décès, survenu en 1847, M. de la Fontenelle a légué à la Bibliothèque de Niort, outre les 597 volumes ou brochures de sa bibliothèque poitevine, l'ensemble de ses papiers et de ses notes. Il y a là un trésor d'une extrême richesse, puisqu'il ne remplit pas moins de 64 énormes cartons. Quelques érudits, dont M. le Marquis de Roux et M. René Vallette, le fondateur de cette revue, ont pu y puiser utilement. Mais l'inventaire en est à peine commencé et il existe là, à la disposition des chercheurs, une mine de documents originaux, les chartes et les aveux y voisinent avec les copies, les fiches et les brouillons informes, mais qui recèle sans doute bien des richesses inexploitées.

Il m'a été donné de découvrir dans le carton n° 24 un curieux document. Il est constitué par des feuilles volantes (3 feuilles doubles, une feuille simple) de formats disparates, et couvre treize feuilles manuscrites, écrites de la propre main de M. de La Fontenelle. C'est une liste, numérotée de 1 à 96, par une main étrangère, d'officiers qui ont pris part à la grande insurrection vendéenne. Chaque nom est accompagné d'une brève notice, parfois d'un simple mot exprimant un jugement général.

Cette pièce est intéressante à plus d'un titre. Elle reflète une liberté d'appréciation qui va parfois jusqu'à l'impertinence. Elle apporte sur les chefs vendéens (presque toujours sur des chefs secondaires), à côté de détails biographiques succincts, des anecdotes piquantes, parfois irrévérencieuses et généralement inconnues. Quelle confiance convient-il de leur accorder ? Ceci est évidemment une autre affaire. On remarquera cependant que les jugements sommaires portés sur les hommes concordent souvent avec ceux que l'on découvre dans l'édition originale des Mémoires de Madame de La Rochejaquelein.

Quelle est l'origine de ces notes ? Elles ne comportent aucun titre, mais leur rédacteur a seulement inscrit à gauche de la première page les deux initiales D.D. et XX au-dessus de la première ligne, en petits caractères : Biographie.

Les initiales D.D. désignent sans aucun doute Danyaud-Dupérat, l'avocat de Cognac, qui a rejoint l'insurrection à Thouars et s'est toujours signalé par sa folle bravoure. Les historiens le désignent d'ordinaire simplement sous le nom de Dupérat. Ces mêmes initiales se retrouvent en tête de divers documents conservés par M. de La Fontenelle, notamment en tête du Journal d'un Vendéen, Mémoires inédits sans nom d'auteur, qui ont certainement été rédigés par Danyaud-Dupérat.

Le magistrat poitevin et le chef vendéen se connaissaient certainement, au moins depuis 1815, date où Dupérat prit part à l'insurrection et leur intimité devait si bien se resserrer qu'en septembre 1817, M. Danyaud-Dupérat, "maréchal de camp", épousait Madame Flore de la Fontenelle, veuve Blon, et soeur du conseiller à la Cour de Poitiers. Il est permis de supposer que M. de La Fontenelle, qui préparait un dictionnaire biographique de "tous les hommes remarquables qu'a fournis le pays, connu actuellement sous le nom de Vendée Militaire" a fait appel aux souvenirs d'un officier qui avait pris part à toutes les prises d'armes et qui connaissait personnellement tous les chefs. Cette liste serait donc écrite pour ainsi dire sous la dictée de son beau-frère.

Cette hypothèse se heurte cependant à une objection.

Il est assez singulier qu'aucune des anecdotes pittoresques recueillies dans ce document ne figure dans le manuscrit inédit des Biographies Vendéennes de M. de la Fontenelle qu'il m'a été donné de consulter. Faut-il en conclure que l'auteur n'en a eu connaissance, qu'après la rédaction de ces biographies, qui est antérieure, au moins sous sa première forme à 1815 ? Il est à la vérité difficile d'assigner une date à ces notes. On remarquera qu'elles se réfèrent presque toutes aux insurrections de 1793 et 1796. Aucune à l'insurrection de 1815. On serait amené à conclure qu'elles sont antérieures à cette dernière date si l'on ne remarquait au n° 37 que M. de Rostaing "meurt après les guerres", alors qu'il est décédé en 1822. Faudrait-il donc assigner au document une date postérieure à 1822 ?

Une autre hypothèse se présente à vrai dire à l'esprit. Le général Dupérat qui avait commencé des Mémoires qui s'arrêtent brusquement à la prise de Thouars, le 5 mai 1793. Ces notes sont peut-être les copies de simples aides-mémoires rédigés par Dupérat en vue d'une reprise éventuelle de son travail suspendu.

Il y a là un petit problème d'érudition qui restera sans doute insoluble. Quelle que soit l'utilisation envisagée par leur auteur, ces fiches, établies au courant des souvenirs ou au hasard des conversations, présentent pour l'histoire de l'insurrection vendéenne un intérêt de premier plan. Elles nous permettent de retrouver, sous le maquillage d'une stylisation qui les défigure parfois sous prétexte de les anoblir les physionomies des participants à la Grande Guerre. Nous saisissons sur le vif les héros dans leur comportement intime, nous savons comment ils se jugeaient entre eux avec une liberté parfois impertinente, avec une verve amusée et parfois caustique avec des jugements peut-être injustes, mais spontanés. Plus familiers, ils ne nous paraissent pas moins grands, mais ils nous paraissent plus vrais.

Nous avons accompagné la publication de ce précieux document de notes (en bleu) qui complètent ou rectifient les indications trop sommaires et de références qui signalent certains double-emplois. Les abréviations suivantes ont été adoptées : CJ pour Crétineau-Joly ; LR pour Mém. de Mme de La Rochejaquelein : LF pour La Fontenelle. Biographie Vend. inéd.

JACQUES NANTEUIL
Revue du Bas-Poitou
1945 - 1ère livraison

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SOUVENIRS ET JUGEMENTS DU GÉNÉRAL DUPÉRAT SUR DIVERS CHEFS VENDÉENS
(Recueillis par A.D. de La Fontenelle de Vaudoré et annotés par Jacques Nanteuil)

1 - Bonein [surnommé le Héros de Pontorson LF], Texier [des Ponts de Cé, "officier d'artillerie, bon pointeur", se signale à Doué (LF). Ne pas confondre avec les Texier de Courlay.], Cosson et Rebaud ; chefs canonniers très braves, tués sur leurs pièces à Savenay.

2 - Bonein, [peut-être le même que Bonnin Benoît-Ambroise-Henri, décédé aux Aubiers, chef de bataillon, âgé de 82 ans (LR) ]

3 - LA BIGOTIERE-FERCHAMBAULT (le cher) de Rennes, allié aux Rohan. Son père prend part aux troubles du Parlement. Lui aussi émigra en raison de cela 10 ans avant la Révolution. Va trouver le cardinal à Coblentz qui le présente aux princes. Plaisanterie : "J'ai l'honneur de présenter à V.A.R. le chr de la B., mon parent, le plus ancien émigré, car il est sorti de France dix ans avant nous." Va à Jersey. Se rend dans la Vendée. N'était point de la bande noire, ni Renou. Bras emporté. Fusillé au Mans (CF 73).
    [BIGOTIERE (Chev. de la), seigneur de Perchambault, "flétrit bientôt sa réputation en devenant chef, avec Renou et les frères Toutant, de la Bande Noire, ainsi nommée parce que ceux qui la composaient portaient en signe de ralliement un crêpe au bras gauche. Les circonstances pressantes et la marche de la Grande Armée empêchèrent un acte de rigueur et de justice. On força seulement en partie à verser à la caisse de l'armée 15.000 francs qu'ils avaient volé à un prêtre massacré par eux." (LF) Blessé au bras à Châtillon le 3 juillet, sauvé au siège d'Angers par un soldat d'Armagnac (CJ). Pris au Mans avec son frère et fusillé en décembre 1793. "C'est dommage qu'il fût mauvaise tête et mauvais sujet." (LR 199).]

4 - DU SOULIER et MAGNAN en étaient. Cette bande fut formée avant le passage de la Loire. Point de crèpe. Allaient en pays ennemi rançonner les patauds. Condamnés à mort à Châtillon par une commission militaire. Du Soulier se dit dans les ordres et on les met en prison. Pris dans la prison de Cholet où les Bleus les fusillent. Du Soulier était du Limousin et Magnan, de Durtal, fils d'un aubergiste. Cordon bleu dans les batailles. Raison, bel homme. Joint l'armée à Saumur.
    [SOULIER (du), "vint se joindre aux Vendéens de la Grande Armée ; mais bientôt on apprit qu'il était sous-diacre. Une rumeur générale s'éleva contre lui, il fut emprisonné et fit une punition exemplaire." (LF)]
    [MAGNAN, "officier de la Grande Armée. Etait de l'excursion de la Flèche, avec Dupérat, Chesnier du Chesne et de Boispréau." (LF)]

5 - Chev. BEAUVOLLIER. Très brave. Sans éducation. Joint à Bressuire. Etait gendarme. Tué aux Mans.
    [BEAUVOLLIER Jean-Baptiste, chev. de, baptisé à Beuxes (Vienne), le 11 janvier 1774, quitte Loudun comme gendarme appelé par la réquisition, rejoint à Bressuire, passe la Loire, est blessé à Granville. Fait prisonnier à Montrelais, près de Varades, est fusillé à Angers, le 11 janvier 1794. Mme de La Rochejaquelein dit de lui "jeune homme beau, grand et âgé de 18 ans ... il joignait la plus grande bravoure à la plus grande douceur". (p. 13)]

6 - Le troisième. Sans moyens, nul, incapable.
    [On ignore à quel membre de la famille Beauvollier il est fait allusion. Il ne peut s'agir de Beauvollier (Pierre-Louis de) né en 1761, trésorier général et intendant de l'armée vendéenne qu'il abandonna à la Flèche, le 8 décembre, dans des conditions obscures.]

7 - BOISPRÉAU, de Paris. Joint à Saumur. Brave, de l'esprit. Tué à Angers.
    [BOISPRÉAU (de), originaire de Paris, s'engage dans les hussards pour passer aux royalistes qu'il rejoint à l'attaque de Saumur. Un des quatre officiers qui prirent par à l'excursion de La Flèche. Commande des Suisses (CJ 242). Aide de camp de Talmond, "très brave, mais très étourdi." (LR 255)]

8 - FLEURY LAPORTE-VIELBANC, de Thouars. Brave. tué à Angers. Marigny les fait marcher sur une barrière et il en reste beaucoup.
    [Crétineau-Joly (1.453) mentionne dans son récit du siège d'Angers : "Fleury, de la Porte et Bynsch sont mortellement blessés. Il s'agit vraisemblablement de Fleury-Laporte.]

9 - BÉRARD, de Franche-Comté, ancien dragon, homme d'affaires de M. de la Péruse, à Jalais, son ancien capitaine, Lâche. A l'attaque de Nantes, sur la route de Rennes, les boulets pleuvaient. Prend la déroute et entraîne beaucoup de monde. Forestier qui veut le sabrer le poursuit une demi-lieue sans l'atteindre. Forestier se démet pour le prince de Talmont du commandement de la cavalerie. Celui-ci s'en dégoûte et remet ce commandement à Bérard, à l'exclusion de Forestier, qui quitte l'armée.
    [BÉRARD est mentionné par Crétineau-Joly, parmi les officiers se trouvant à Laval. Il parvint à repasser la Loire.]

10 - FORESTIER de la Pommeraie, fils d'un cordonnier, élevé au collège de Beaupréau : va dans le nord au Danemark. Finit par être empoisonné à Londres par la Comtesse d'Olonne (portugaise), sa maîtresse, vendue au parti français.
    [FORESTIER (Henri). Une des plus curieuses figures parmi les officiers secondaires. Né à La Pommeraie, le 5 février 1755, fils d'un cordonnier de Chaudron, mis au séminaire par M. de Dommaigné. prit part à l'insurrection dès le début aux côtés de Cathelineau. "Il avait, dit Mme de La Rochejaquelein, la plus jolie figure possible ; il était d'une bravoure peu commune et un des principaux officiers de la cavalerie dont il était adoré. Nommé général de la cavalerie vendéenne, il s'effaça devant le prince de Talmond. Il prit part à tous les combats de la Vendée. Après la guerre, il se tint longtemps caché, puis s'exila. Rentré à Bordeaux, il fut condamné à mort par la commission militaire de Nantes, en 1805. Le Dictionnaire historique de Maine-et-Loire dit qu'il put regagner l'Espagne et l'Angleterre et qu'il mourut à Londres le 14 septembre 1806.]

11 - FOREST. Sans éducation. Très brave. A la bataille de Torfou, l'armée de Mayenne faisant sa retraite, chargée par la cavalerie et les officiers vendéens. Un des chevaux touchait les shakos des Mayençais. Un d'eux tire Forest et le manque. "Toi, brigand, tu n'oserais tuer un Mayençais". Celui-ci, à l'instant lui fait sauter la tête d'un coup de sabre.
    [FOREST (René), né à Chanzeaux, le 7 septembre 1772. Suit en Allemagne, à l'armée des Princes, le marquis de Chanzeaux. Rentré en Anjou après la campagne de 1792. Rejoint Cathelineau. Se signale à la seconde bataille de Fontenay où il reprend la Marie-Jeanne, et à la bataille de Cholet. Blessé mortellement à Dol. (CJ 429)]

12 - PIRON (tout court). D'une bravoure trop raisonnée. Keller lui dit à la bataille de Vihiers : "Il faut vaincre ou périr ici. Si tu fais un pas en arrière, je te brûle la cervelle." Il se battit bien. Avantage. 6000 vendéens contre 24 à 3000 de l'armée de Santerre, dont les héros de 500 fr. Plus de prisonniers que de Vendéens. 17 canons et 22 caissons. Les Vendéens disaient : "Marie-Jeanne retrouve sa famille." Piron s'est noyé en passant la Loire pour revenir en Vendée. Il était de la révolte de la Bérillais - est envoyé au général Beysser par lui - Il a de la présence d'esprit, dit d'attendre et passe de sa personne dans la Vendée avec les deux Fleuriot et des soldats qui se réunissent à Bonchamps. Sans feu ni lieu, ils sont toujours sous les armes. Bons, mais pillards.
    [PIRON (de la Varenne) "Les biographes croient que M. de Piron (de la Varenne) était du pays d'Ancenis. Il ne nous a pas été possible de découvrir son origine, ni de constater son identité." On dit qu'il avait d'abord émigré et servi dans les chevaux-légers à l'armée des Princes. (LR 181 note)]

13 - DE MARSANGES (tout court). Parle mal. Servait dans la légion de Rosantal, formée à Paris en 93, comme cavalier. Joint l'armée à Parthenay, lui 4e, avec armes et bagages. Fait les premières armes à la Chataie, se bat bien ce jour-là. Depuis rien. Tué après la déroute de Savenay. Se fait appeler le Cte à Saumur. On dit dans l'armée pour rire.
    [MARSANGES (de) Léonard, né le 12 mars 1766, à Bellac (Haute-Vienne), sous-lieutenant au régiment d'Auvergne. A rejoint à Parthenay avec cinq dragons. Tué au siège d'Angers (LR 155), ou à Savenay d'après Deniau. "On ignore sa fin" (CJ II 10)]

14 - LE SUEUR. Deux frères, de Bourges, même légion. Très braves. Tués de l'autre côté. Viennent avec Marsanges.

15 - RICHARD D'ANGERS, fils d'une mde. Joint l'armée là et s'attache à Bonchamp. Lui fait un rapport signé le compte de Rd. "Voici, dit le général un compte de boutique."

16 - DURIS, de Poitiers. Brave. Esprit et instruit. Tué après le passage.

17 - BUSCHE, alsacien. Musicien de la chapelle du roi. Flûte forte. Très brave. Joint à Saumur, sortant de la Légion Germanique. Connu de La Rochejaquelein dans la garde constitutionnelle et son maître de musique. Tué à Angers, par une balle dans le front qui traverse le chapeau de Forestier. Busche mangeait une pomme.

18 - MONDION le petit, très brave. Beaucoup d'esprit. Etait dans une maison de pauvres gentilshommes. Tué de l'autre côté. Aide de camp de Donnissan.
    [MONDION (le chev. de). Il y a trois frères de Mondion. Il s'agit sans doute du plus jeune, âgé de 14 ans, né à Chassigny, près de Loudun. Etait dans un collège de Paris, fabrique de faux passeports, rejoint après Thouars, blessé à La Châtaigneraie (LF). Après Savenay, attaque Ancenis, est pris et fusillé à Angers en janvier 1794. A Chantonnay "le petit chevalier de Mondion se conduisit d'une manière surprenante pour son âge". (LR 224)]

19 - Deux DU CHAFFAULT (Alexis, myope, élève de la marine, et Auguste, enfant). Braves. Dans une retraite, Alexis allait au pas. Prudent la Robrie se plaignait de sa lenteur. "Je ne recule jamais sans avoir vu l'ennemi", lui répondit-il.
    [CHAFFAULT (du). On lit également dans les Mémoires de Mme de L.R. p. 259 : "On parla beaucoup dans cette affaire (la seconde bataille de Châtillon), de la bonne conduite et de la grande bravoure du jeune M. Duchaffault, auparavant officier de l'armée de Charette, resté avec nous parce qu'il avait été blessé dans notre pays. C'était un des fils de M. Duchaffault, officier de marine, émigré avec les aînés de ses enfants. Il y avait encore en Vendée, un autre de ses fils, âgé de quinze ans. Il brûlait d'envie d'aller à l'armée, sa mère ne voulait pas le permettre. Il a rejoint depuis. Ces deux jeunes étaient très estimés, particulièrement l'aîné des deux." On trouve en note (LR 259). "Alexis-Gilbert, officier de marine et Henri-Barthélémy, alors tonsuré, quatrième et sixième enfant de François-Sylvestre, comte Duchaffault, chevalier, seigneur de la Sénardière, né à Montaigu, le 5 décembre 1734, émigré, officier dans l'armée de Condé. Veuf en 1793, ordonné prêtre en 1803, il fut curé de la Guyonnière et mourut
    en 1822 à Nantes." - Les deux frères du Chaffault "montrèrent beaucoup de courage. Purent échapper au désastre d'Outre-Loire, cachés dans les environs de Savenay. Repassent la Loire, arrêtés par les soldats de Charette qui les prennent pour des espions et les fusillent." (LF) - Mme de la Rochejaquelein dit également : "Les deux jeunes et vaillants du Chaffault furent tués par les soldats de Charette au moment où il passaient secrètement la Loire (Mém. 441). On s'explique malaisément pourquoi dans une note de la même édition des Mémoires (p. 289) il est dit que les deux fils de François-Sylvestre  périrent dans la déroute du Mans. Ce renseignement est sans doute puisé dans le Dictionnaire des Familles du Poitou de Beauchet-Filleau, art. du Chaffault.

20 - Auguste (du Chaffault) avait 13 ans lors de la prise de Mortagne. Il demanda à sa mère la permission de suivre l'armée. Elle s'y refusa, ainsi que les officiers, vu son jeune âge. L'armée marchait sur Saint-Fulgent, il prend un étalon dans les écuries et va la joindre à Saint-Christophe. A Dol, il était un des officiers qui prirent le commandement. On disait : "Défendez vos femmes, vos parents ... - Et vous-mêmes, dit-il avec sang-froid." - Tués tous deux de l'autre côté de la Loire. Frères de Gabriel.
    [CHAFFAULT (du) Auguste. D'après Beauchet-Filleau, deux seulement des huit enfants de François-Sylvestre ont pris part à la guerre ; Alexis-Gilbert et Henri-Barthélémy. Auguste, l'aîné de ses fils, détenu à Brouage est mort en 1804, semble y être resté étranger. Quant à Gabriel, c'est sans doute Jacques-Gabriel qui émigra et servit sous les Princes.]

21 - SAPINAUD de la Verrie. De l'esprit. Très brave.
    [SAPINAUD de la Verrie, né au château de Bois-Huguet près Mortagne, mort au Pont Charron, le 25 juillet 1793. "M. Sapinaud de la Verrie fit constamment bien son devoir. Il n'était pas né brave, en convenait. "Personne, disait-il, ne redoute autant que moi d'aller au combat, mais quand j'y suis, l'honneur me dit : "Tu dois rester et mourir à ton poste." "J'y reste et je saurai y mourir." (LR 206 Note)

22 - DURIVAULT, ancien officier de Bassigny. Brave et doux. A la bataille de Châtillon, a la poigné de son sabre emportée et blessé d'une balle à l'épaule.
    [RIVAULT (du) ou Durivault (le comte Victor-Auguste, chevalier, seigneur du), né le 7 avril 1768, ancien officier au régiment Royal Italien, émigré, aide de camp de Lescure, blessé le 8 octobre, au Moulin des Chèvres, puis au Mans, Mort au delà de la Loire (LR 218, LF).]

23 - BLONDET d'Irlande, des environs d'Orléans, joint à Saumur. Musicien et brave. A la deuxième bataille de Châtillon, dans le chemin creux de Châtillon-Saint-Aubin, une balle lui casse le bras. Reste là et meurt de sa blessure.

24 - PARDESSUS, frère du professeur, fils d'un avocat d'Orléans. Brave, de l'esprit plaisant. Mort de l'autre côté.
    [ PARDESSUS (Jean-Thomas), rejoint à Saumur. Se signale à Cholet. Surpris, le 26 décembre au château de la Rivière près d'Ancenis, fusillé. (CJ)]

25 - LEVIEIL DE LA MARSONNIERE, de Loudun, 45 ans. Très utile à la cause, employé dans l'artillerie où il avait servi avant. Fait prisonnier à la première affaire de Fontenay. Traduit devant la commission militaire, on lui demanda qui il était. Répond : "J'ai l'honneur d'être gentilhomme et ce qui le prouve, c'est que vous m'avez pris les armes à la main." Condamné à mort. Deux heures avant son exécution, l'armée royale attaque la ville. La Mre délivré. Il court chez le président de la commission et lui commande, sous peine de mort, de lui remettre son épée. Envoyé avec quelques pièces à l'armée de Bonchamp. Va dîner à l'état-major. Discussion. "Qui êtes-vous ? dit le général. - Gentilhomme comme vous, dit La Mre - Quand on a une figure plate comme la vôtre, on devrait avoir toujours ses parchemins à la main." Veut se battre. Les officiers en empêchent. Mort dans l'excursion.
    [LEVEIL DE LA MARSONNIERE (Charles-Joseph) né à Saint-Clair, près Loudun, le 12 novembre 1747, ancien lieutenant d'artillerie où il a servi 18 ans. Emprisonné à Loudun pour avoir envoyé de l'argent à son fils émigré. Rejoint à Thouars. Mort à Savenay. "Homme peu brillant, mais singulièrement brave, honnête et plein de bonne volonté. Il était dans les meilleurs officiers de l'armée, toujours à sa place, sans chercher à se faire remarquer." (LR 152 Note).]

26 - PERRAULT, major de l'ancien régiment de Marine, dépt de Rochefort. Très brave. Bon officier, mais très dur. Chevalier de Saint-Louis. Tué de l'autre côté. Fusillé à Ernée.
    [PERRAULT (chev. Chambonna de), ancien major d'artillerie de marine, nommé général d'artillerie en second. Blessé à Granville, arrêté à Bazouges du Désert et fusillé à Fougères, en janvier 1794.]

27 - FLEURIOT aîné. Chevalier de Saint-Louis, bon officier.
    [FLEURIOT DE LA FLEURIERE (Jacques de), né à Ancenis, le 1er mai 1736, lieutenant de cavalerie en 1757, blessé mortellement à l'attaque de Nantes.]

28 - LE MAIGNAN, ancien officier. Vieux. De Thouars. Membre du Conseil. Se bat bien. "Je ne veux pas rester, moi, gentilhomme, à griffonner quand les paysans se battent." Se réunit à M. de Lescure qui disait qu'il était le plus brave de son armée. Allait toujours gaiement au feu. Blessé à l'attaque de Granville d'un biscaïen. Massacré au Mans.
    [LE MAIGNAN (Louis-Athanase), seigneur de la Verrie, né le 20 août 1736, à Nueil-sous-Passavent (M.-et-L.), capitaine de milices en 1759. Fait la guerre comme simple soldat. A le bras emporté à Granville, est massacré au Mans. "Vieux et respectable militaire, toujours le premier à cheval ... M. de Lescure et les autres jeunes gens l'appelaient leur père." (LR 169-226, LF)]

29 - ABBÉ BERNIER. Tartufe. Athée.
    [BERNIER Etienne-Jean), né à Daon (Mayenne), le 31 octobre 1762, curé de Saint-Laud d'Angers, évêque d'Orléans en 1802, mort le 1er octobre 1806. "On aurait tort de le croire ce qui s'appelle traître à son parti, tâcher de s'emparer de la confiance, vouloir tout gouverner, c'était là son genre, trahir, non, du moins telle est mon opinion." (LR 446).

30 - Ev. d'AGRA. L'abbesse de Beaulieu, Melle de Durfort, lui donne sa croix. Se fait évêque pour relever le parti. Royaliste de bonne foi. Sur l'échafaud, à Angers, il dit : "J'ai trompé l'armée avec de bonnes intentions, mais je n'en suis pas moins coupable. J'en demande pardon à Dieu et j'ai été et je suis toujours royaliste." Se met dans la cavalerie de Poitiers. Son père émigré à Jersey.
    [GUILLOT, dit de Foleville (Pierre-François), fils d'un commissaire de la marine à Saint-Malo. Curé de Dol, le 2 avril 1790. Pris à Ancenis, exécuté à Angers le 5 janvier 1794. "Cet homme est vraiment, jusqu'à présent, le mystère de la Vendée, comme le Masque de Fer fut celui du règne de Louis XIV." (LR 157)]

31 - TALMONT, brave parfois. A Dol, prend la déroute.
    [TALMOND (de la Trémoille, prince de), Antoine-Philippe, né à Paris, le 27 septembre 1765, rejoint à Saumur, général de la cavalerie. Inspire l'expédition de la Loire. Exécuté à Laval, le 27 janvier 1794. "C'était un jeune homme de 25 ans, de cinq pieds dix pouces, gros, d'une figure charmante, goutteux, il était très brave et tout dévoué, naturellement orgueilleux." (LR 189).

32 - LA FAUCHERIE D'ANGERS dit alors au chevalier de Fleuriot : "Déroutons en France". La Faucherie se réunit à Angers. De l'esprit. Point brave. "Je suis royaliste, disait-il, mais point brave. La bravoure, peut-être finira par venir." Cependant il se fit tuer à la bataille de Torfou.

33 - BOISY, toujours malade.
    [BOISY (Gouffier, chev., marquis de), seigneur de Landebaudière, Pierre-Prosper, né au château de la Courtaiserie en Anjou, le 5 octobre 1750. "Maladif et pour cette raison fort rarement à l'armée." (LR 141). Accompagna d'Elbée à Noirmoutier et fut fusillé à ses côtés, le 9 janvier 1794.]

34 - MARIGNY, lunatique, brave mais féroce. Chevalier de Saint-Louis et Saint-Lazare.
    [MARIGNY (de Bernard de), Augustin-Etienne-Gaspard, né à Luçon, lieutenant de vaisseau, capitaine d'apprentis canonniers, ami de Lescure, commande l'artillerie. Passe la Loire. Fusillé sur l'ordre de Stofflet, à la Girardière de Combrand (D.-S.), le 14 juillet 1794. "C'était un grand et bel homme d'une force prodigieuse ... Le fond de son caractère était la complaisance et la gaîté." La guerre devait développer en lui des instincts de violence sanguinaire. Lescure lui dit un jour : "Marigny, tu es trop cruel, tu périras par l'épée." (LR 64.203)]

35 - RICHARD DUPLESSIS. Espion en dernier lieu. Traître. Menteur.
    [RICHARD-DUPLESSIS, médecin breton. Prend part avec Gaudin Bérillais, en mars 1793, à l'insurrection de Saint-Etienne-de-Montluc. Rejoint Lescure, puis Stofflet. Blessé à la tête, au Moulin-aux-Chèvres, le 3 juillet. Passe la Loire. Est fait prisonnier et échangé devant Angers. Reparaît dans le Maine en 1795. On ne sait ce qui motive le jugement sévère porté sur lui. Dans les biographies Vend. de La Fontenelle on dit "manque de capacité et de considération." Mme de La Rochejaquelein écrit : "On m'a assurée que depuis 1796, après avoir été chevalier de Saint-Louis, M. Richard était devenu traître. (LR 204)]

36 - RICHARD, marchand de boeufs, chef de division de Cerisay. Près de la Châtaigneraie, dans un combat livré par sa division, il reçut une balle qui lui perça le ventre et ses intestins sortaient. Céris le plaignait : "Ne me plaignez pas, lui dit-il, de mourir pour mon Dieu et pour mon roi. Bientôt, j'en recevrai la récompense".

37 - ROSTANG, chevalier de Saint-Louis, Languedocien, demeurant à Ancenis. Passe la Loire, Meurt après les guerres. Au commencement de la Révolution dépose sa croix. Revenu à d'autres principes, il passe la Loire et se bat bien.
    [ROSTAING (Jean-Antoine-François BRUN, chev. de) né à la Canourgue (Lozère), le 22 août 1743, lieutenant au régiment de Quercy, retraité en 1814 comme maréchal de camp, figure d'abord à l'armée de Royrand, passe la Loire, commande ensuite la cavalerie de Stofflet, retraité comme maréchal de camp en 1816, mort à Tours le 22 novembre 1822. La Fontenelle parle de sa bravoure et de sa franchise. "Vieux militaire assez médiocre". (LR 308)]

38 - LE MOELLE, Bas-Breton et le parlant ; de Morlaix ou Quimperlé. De l'esprit. Très brave. Protestant. Faisant bien les vers.
    [LE MOELLE, officier de Charette. "Jeune homme d'une constitution frêle, mais plein d'activité et d'esprit. Commande une compagnie des chasseurs de Charette. Proteste contre la pacification de la Jaunaie. Le "poète des Vendéens". Plus mou qu'une femme dans les moments de repos, de la plus grande bravoure, dans les combats. Décrié à cause de son impiété." (LF)]

39 - BEAUMEL, du Rouergue. Son frère, très brave, défend vaillamment Charette et succombe.
    [BAUMEL, peut-être Beaumelle, capitaine républicain auquel Charette sauva la vie à la bataille de Legé (CJ II 493). Blessé aux Quatre Chemins, le 26 décembre 1795, mort le 20 février 1796.]

40 - GUÉRIN Louis.
    [GUÉRIN Louis. Sans doute Guérin l'aîné, un des principaux lieutenants de Charette, qui commandait la cavalerie du pays de Retz. Mort à Saint-Cyr.]

41 - DESESSARTS père, normand, avt instituteur de M. de Lescure. Mort
    [ DESESSARTS ou des Essarts (Pierre-Michel), avocat, se fixe dans sa propriété de Corbin en Boismé. Conseil et ami de Lescure, chez qui il habite. Membre du conseil suprême de la Vendée. Pris à Fégréac, près de Savenay, et fusillé en 1794.]

42 - DESESSARTS, fat, intrigant, des moyens, de la bravoure. Mort.
    [DESESSARTS ou des Essarts (Charles-Marie-Michel), abbé, puis chevalier, fils du précédent. Destiné à la prêtrise. A la prestation de serment, se cache à Poitiers et se fait incorporer dans un bataillon républicain. Rejoint lors de la prise de Bressuire. Adjudant général après le passage de la Loire. Pris à Montrelais (L.-I.) et exécuté. "C'était un jeune homme de 23 ans, extrêmement aimable, doux, gai. Ses deux défauts étaient d'être susceptible et de se laisser diriger par sa soeur." (LR 95). "Se battait avec une très grande valeur et avait de l'esprit ; mais croirait-on qu'il s'était persuadé d'être un Turenne !" (LR 345) "Une trop grande présomption gâtait ses belles qualités." (LF)]

43 - LA CASSAIGNE, ne se battait pas ; mort dans son lit près Châtillon. Comme parent gouvern. de Châtillon. 2 enfants pour aides de camps : Langerie et Givais. Mort seulement après le gouvt de B., dit-on à Saint-Aubin-de-Baubigné (CF 71)
    [LA CASSAIGNE (Louis-Charles de la), sr de Saint-Laurent, de Combes en Angoumois, né à Varennes en Clermontois, le 20 mars 1740. "Petit, gros, bon, sot et poltron". (LR 95). Nommé gouverneur de Châtillon. "Il était vraiment excellent comme générl d'une procession ; aussi en faisait-il sans cesse." (LR 245)]

44 - Abbé RENOU : "Je n'attaquerai personne, mais je me défendrai."
    [RENOU. Il s'agit sans doute de Renou, de Loudun, frère de deux autres chefs, prieur de Saint-Varent, dont parle La Fontenelle : "Spirituel, poète et adroit tireur à la chasse. Tué les armes à la main à la bataille de Cholet."]

45 - TOUTAN. 2 morts. Très braves, Point de la bande noire. L'aîné mort au-delà de la Loire.
    [TOUTAN aîné, de Loudun. "D'abord avec les Républicains. Passe la loire. Un des chefs de la Bande Noire." (LF)]

46 - L'autre chef de division sous Stofflet. Amoureux d'une jolie meunière hors de son territoire. Les Bleus, qui en étaient prévenus, cernèrent le moulin et, à la pointe du jour, se trouvant cerné, il fit une trouée et se fit passage en recevant des blessures, mais bientôt, il tomba et ses ennemis l'achevèrent.
    [TOUTAN jeune. "Officier dans la Bande Noire. Passe des Bleus aux Blancs. Après la pacification, tué près de Sainte-Maure, en attaquant une diligence." (LF)]

47 - KELLER (le bon de), fils d'un Suisse et simple garde suisse. Joignit les Vendéens à l'affaire de Saumur. Servait comme officier dans la légion Germanique. Commanda la seul compagnie soldée, presque toute suisse (CF 50)
    [KELLER (de). Déserta à Saumur. Commande une compagnie suisse. Se distingue à Coron. S'enfuit à Dol. "Brave et jeune baron de Keller." (LR 217) C'était un officier très courageux et très estimé ; il a péri misérablement, treize mois après son retour à Paris où il s'était caché ; il voulut se joindre aux Chouans, qui le fusillèrent, le prenant pour un espion" (LR 334). "Le plus beau et l'un des officiers les plus distingués de la Vendée." (CR I 207)

48 - ACREMAN, commandant en second.

49 - TARAPON, ancien enfant de choeur à la chapelle du roi, en troisième. Tous suisses d'origine et français de naissance servant dans les Suisses. Tarapon tué au combat de la Tremblaye où M. de Lescure fut blessé. Habillé à neuf et partant de Cholet, il eut le presentiment d'être tué et rien ne put lui rendre sa gaîté ordinaire. A la première décharge, il fut tué.

50 - KELLER, à la fausse déroute de Dol, au lieu de se jeter vers la mer ou dans la ville, prit la route d'Avranches où M. Blondel, avt et bon royaliste, lui procura un asile ainsi qu'à M. Branger. Découverts tous les deux, ils furent menés à Caen où le pr gl, bon, les laissa ignorés en prison. Keller, comme militaire, dit qu'il avait été pris à Saumur et forcé de servir. Mis en liberté, il joignit les chouans des environs de Fougères qui, ne le trouvant pas assez royaliste, le fusillèrent. (CF 47)

51 - PRANGER resta en prison jusqu'à la pacification de 95 où il fut mis en liberté. Ensuite, il rejoignit les Vendéens et à la reprise d'armes, il fut enlevé au Boistissandeau par ordre du général Hoche et fusillé. Homme d'esprit. Faisait bien les vers, auteur du Nouveau Tartufe, pièce jouée. Essayait de se battre et ne le pouvait pas. Mort comme un héros.
    [PRANGER Antoine-Léon), professeur de belles lettres à Fontenay. Rejoint l'armée de Sapinaud. Fusillé par Hoche, du 1er au 7 mars 1796. (Chassin)]

52 - CHARETTE aîné, Homme nul.
    [CHARETTE (Louis-Marin), l'aîné, émigré. Rejoint en 1795. Tué à la Chalbaudière, le 21 février 1796. (Chassin. Pac II 34)]

53 - CHARETTE neveu. Brave. Sans moyens.
    [CHARETTE (Ludovic), neveu d'Athanase. "Il était à Tours depuis quelques semaines lorsqu'il apprit l'arrivée de (Louis) de La Rochejaquelein. Ludovic ne le connaissait pas. Il se rend à son hôtel, se jette dans ses bras et lui dit : "Vous êtes La Rochejaquelein, je suis Charette. Quand on porte ces deux noms, on doit être amis. Nos parents ont glorieusement servi la cause du Roi ; ils sont morts ; nous les vengerons." (CJ IV 292). Blessé mortellement à Aizenay, le 20 mai 1815.]

54 - ODALY, officier d'artillerie avant la Révolution. A bien servi. Mort.
    [O'DALY (Jacques-André-Maurice), d'origine irlandaise, fils de Jean-Barthélémy, conseiller du Roi à Châtillon. Ils étaient trois frères, le plus jeune tué en combattant, les deux autres fusillés à Nantes. (LR 144)]

55 - LYROT-PATOUILLERE. Ancien officier brave. Mort
    [LYROT (Jean-François-Hervé), chev. seigneur de la Patouillère, né à Nantes, le 26 août 1732, s'empare d'Ancenis avant le passage de la Loire, tué à Savenay, le 23 décembre 1793]

56 - DE LÉSIGNY père.
    [ÉSIGNY (Gabriel-Isidore-Mathieu BLONDIN D'), écuyer, né à Abbeville, le 21 septembre 1734, capitaine de cavalerie. Attaque Ancenis le 13 mars 1793. Membre du Conseil de Guerre après le passage de la Loire. Commande, avec Lyrot, la division du Loroux. Guillotiné avec sa femme et son fils, à Nantes, le 20 janvier 1794. (Chassin, prép. III 374)]

57 - DE LÉSIGNY fils. Sourd. Commandait les gens du Loroux et la Chapelle Basse-Mer. Il leur dit de ne tirer que quand il leur en donnerait l'ordre et il enlève une position sans tirer un coup de fusil. C'est à la première affaire de Châtillon, à la Saint-Pierre, au retour de Nantes. Mort de l'autre côté avec son père.
    [ÉSIGNY (Charles-Gabriel Blondin d'), fils du précédent, né à Morainval, le 2 juillet 1770, gendarme de la garde, officier dans l'armée vendéenne. Arrêté avec son père en son château de la Varanne, près Mésanger (L.-I.) et exécuté à Nantes, le 20 janvier 1794. (LR 308)]

58 - LA CATHELINIERE
    [LA CATHELINIERE (Louis RIPAULT, chev. de), né en 1768, dans le pays de Retz. Habitait le château de Princé en Chemeré, près de Paimboeuf. Chef du pays de Retz. Fait prisonnier près de Frossay. Fusillé à Nantes en mars 1794. (LR 100)]

59 - Son frère, LOLO, bête, imbécile, mais très brave. A l'attaque de Saint-Cyr, une balle emporte sa pipe. "Ces coquins ne me laisseront donc pas fumer". Mort naturellement. Mangeait à la cuisine. Charette le voit et en est étonné et il l'emmène.
   
60 - VERTEUIL. Vieux, frère du lieutenant général, cordon rouge, pataud, oncle du suivant, tutoyait tout le monde. Ayant rencontré Charette, il l'embrassa et dit qu'il mourrait content. Pris par les républicains, il dit qu'il était républicain avant eux. Devenu libre. mort dans son lit.
    [VERTEUIL (Mathieu de), né à Rochefort, le 22 avril 1765, anc. officier au régiment du Piémont, a les deux jambes emportées à La Flèche, le 8 décembre 1793. (LR 100)]

61 - VERTEUIL, chef de division de Royrand. A eu les deux jambes emportées à La Flèche où il est mort.

62 - SOLÉRAC, exempt de maréch. à Montaigu, grand prévôt de l'armée, appelé le bourreau ou scélérat. Hom. de mauvaise mine. S. va un jour au conseil supérieur à Châtillon et leur dit : "MM. je viens vous faire une proposition qui sans doute vous sera agréable. La Convention vous embarrasse. Je vais vous indiquer le moyen de vous en délivrer. Décrétez-les de prise de corps. - Ensuite, M. de Solérac ? - Vous me présenterez ce décret. - Qu'en ferez-vous ? - Je mettrai au bas : Soit fait ainsi qu'il est requis de M. de Solérac, grand prévôt de l'armée catholique et royale. - Que résultera-t-il de cela, M. de S. ? - Ma foi ? il en sera tout ce qu'il pourra, mais nous aurons rempli une formalité." Ne se battait jamais. Il vit encore. Marié au Mans.
    [SOLÉRAC (Toussaint-Gabriel-Gilbert, ec., Sgr de), né à Signy-le-Grand, le 18 décembre 1748, ancien lieutenant de cavalerie, mort au Mans, le 30 juillet 1834. "Grand, maigre, avait l'air important ; ayant déjà servi dans la maréchaussée, il proposait d'en former un corps dont il aurait été le chef ; cela lui paraissait plus intéressant que toutes les batailles du monde (LR 254).]

63 - SCHETON, de Chantoceaux. Passe la Loire. Ensuite chef de division de Stofflet. Brave. Lorsque l'armée, après l'excursion, revenait sur Angers, entre Sablé et La Flèche, lorsqu'on forçait le pont, le corps de cavalerie et d'artillerie qui harcelait les Vendéens serra leur arrière-garde de très près. Un combat s'engage. Scheton se jette au milieu de l'ennemi qui chargeait en fourrageur. Scheton entouré par cinq hussards. Armé de son fusil à deux coups, il en tue deux et en blesse un troisième, parvient à faire prendre la fuite aux deux autres et revient avec son chapeau coupé de plus de dix coups de sabre. Cette colonne chassée, on passa la rivière dont le pont était coupé. Très brave, gai jovial et bon camarade. Empoisonné par accident, il en est mort quelque temps après.
    [CHETOU (Pierre-Jean-Louis), né à Chantoceaux, le 5 décembre 1757. Proteste contre faveurs accordées aux émigrés (Chassin) Vend. Pat. II, 149) Le plus habile tireur de l'armée. Passe la Loire. Se signale à Entrammes. "Ce terrible Angevin avait une réputation de sang-froid et de bravoure si unanimement reconnu, on le savait d'un royalisme si pur que Charette mit en jeu divers moyens de séduction pour le gagner, mais Chetou était fidèle à Stofflet." (CJ II 347). Nommé en 1796 par le comte d'Artois, colonel et chev. de Saint-Louis.]

64 - SOYER. Pas de morts.
    [SOYER. Il y a eu quatre frères Soyer, nés à Thouarcé : René-François, né le 5 septembre 1767, évêque de Luçon ; Jean, né en 1770, major général de l'armée d'Anjou ; François, né en 1775, breveté colonel ; Louis-Pierre, né en 1777, breveté chef de bataillon.]

65 - DEHARGUES. Brave, mais féroce.
    [DEHARGUES D'ETIVAUX (Augustin), né au Puy-Limousin, près la Châtaigneraie, fait prisonnier à Antrain, le 22 novembre 1793 et exécuté à Rennes. "Vaillant officier, un des hommes les plus forts de l'armée." (LR 336)]

66 - GENAY. Sans courage. Avait de l'influence. Mort de l'autre côté de la Loire.
    [GENAY, fils de Jean Genay, sénéchal de Courlay, officier, mort le 20 février 1845 à 82 ans.

67 - CARABA, dit marquis de Carabas. Commandant la division de Beaupréau. Tisserand. Très brave. Mort en 1795. Engagé au milieu de l'ennemi. "Rendez-vous au marquis de Carabas". Son sabre tombe. Il saisit son ennemi à la gorge et l'étouffe.
    [ROBERT, dit marquis de Carabas]

68 - DELAUNAY, normand, de Bayeux, fils d'un boucher avait étudié pour être prêtre. Rejoint à Dol, repasse la Loire lorsque l'armée se reporte à Ancenis. Rendu à l'armée de Charette, ce général dont il avait capté la confiance lui donne la division des Sables qu'avait Joly qui lui avait donné des sujets de mécontentement. Pendant le conseil de guerre (lui, Charette) condamna Joly à mort. Joly, chef de division, passait pour avoir accumulé par suite de ses rapines beaucoup d'argent et de bijoux. Sachant que la femme de Joly habitait le territoire de sa division, Delaunay se transporta chez elle et employa tous les moyens de séduction et de frayeur pour se faire remettre le trésor de son mari. Elle le conduit sous le lieu qui le recèle et lorsqu'il eut acquis par lui-même la certitude qu'il était bien là, il brûla la cervelle à cette femme et s'empara du trésor. A la paix de la Jaunaie, signée par Charette et contre laquelle Delaunay protesta avec d'autres, Delaunay qui couvrait ses vues ambitieuses sous le prétexte du bien général, éleva des doutes sur la loyauté de M. de Charette et son attachement à la cause royale. Bien persuadé qu'il ne trouverait pas parmi les protestants, il chercha à leur inspirer de (la) crainte et usa de ruse pour leur faire quitter la Jaunaie. Celle qu'il employa pour parvenir à son but : "Je sais, dit-il, par des nouvelles de Nantes que l'intention des représentants est de faire cerner le château de la Jaunaie, d'enlever le général et tous ses adhérents, de les emmener à Nantes pour les livrer à une commission militaire et de les faire fusiller." Tous les officiers protestèrent que, quel que fût le sort du général, ils ne sépareraient jamais leur sort du sien et ils restèrent. Forestier en était.
    Delaunay part seul dans la nuit avec son domestique et à Belleville et dans tout le pays qu'il parcourt, il sema des bruits que Charette avait trahi la cause et sacrifié la Vendée à son intérêt personnel. Charette, instruit de la rumeur occasionnée par ces bruits, donna ordre de l'arrêter. Alors, voyant la partie inégale et l'impossibilité de supplanter son chef, il déserta la nuit, en emportant les trésors de Joly et passa à l'armée de Stofflet.
    Rendu au quartier général de la Morinière, il chercha à s'y faire des créatures pour ravir le commandement à cet autre général qui, instruit de ses manoeuvres, le fit arrêter et conduire par d'Autichamp et Valois à Charette. Dy se sauva en chemin et se retira chez le curé de Saint-Martin près Montaigu, où il erra pendant quelque temps. Il finit par être pris et conduit à Belleville. Là, il demanda à parler au général qui refusa de le voir quoiqu'il l'eût beaucoup aimé et qu'il lui eût accordé une confiance exclusive. Charette fait venir l'allemand exécuteur de ses jugements et lui ordonna de le mettre à mort. Cet allemand, conduisant Delaunay au supplice, le menaça de le faire mourir de la mort la plus cruelle s'il ne lui faisait pas connaître le lieu où était son trésor. Delaunay s'y refusa en lui disant injurieusement qu'il ne paierait pas le goujat qui était destiné à lui ôter la vie. Celui-ci, sur-le-champ, le mutila de coups de sabre et le tua sur place.
    Très brave lorsqu'il était ivre. Blessé d'un coup de feu dans la poitrine à Fréligné. Blessé à Saint-Cyr. Instruit. A prétentions.
    [DELAUNAY. D'après Chassin "aventurier d'origine inconnue". (Vend Pat IV 510). "L'origine de Delaunay fut toujours inconnue. D'une taille avantageuse ayant une figure agréable, beaucoup d'esprit, parlant et écrivant bien, et brave au delà de toute expression." (LF) Se disait gentilhomme normand originaire des environs d'Alençon. "Fait prisonnier à la bataille de Laval, où il se trouvait dans les rangs des républicains, il s'était attaché à la Grande Armée. Après sa dispersion, il avait rejoint les divisions de Charette. Delaunay était brave, mais de cette bravoure fanfaronne qui ne va pas à la Vendée et qui a ses jours d'inégalité ... Au scandale de tous, il affichait un luxe d'athéisme qui fit regarder sa mort comme une justice du ciel et une satisfaction accordée à la mémoire de Joly, accusé et dépouillé par lui." (CJ II 387). S'oppose à la pacification de La Jaunaie. Exécuté en 1795 par Charette pour insubordination.]

69 - JOLY, de Bordeaux, ancien militaire, horloger d'abord, puis fermier à La Chapelle-Hermier. D'une bravoure extraordinaire. En parlant de Charette, il disait : "Il est bien étonnant qu'un jeune homme qu'on a arraché à ses foyers veuille disputer le commandement à un vieux militaire comme moi, qui a tout fait pour la cause royale."
    [JOLY (Jacques), né à Cateau-Cambrésis, "Homme vraiment extraordinaire, il était à l'occasion chirurgien, horloger, tourneur et doreur. Ayant été soldat, il maniait les armes avec une habileté sans exemple." (LF). S'était fixé à la Chapelle-Hermier. Dirigeait la division qu'on appelait l'armée des Sables. Très royaliste mais n'aimant ni la noblesse ni le clergé. Apre dans ses haines, violent, ambitieux et cruel, mais fidèle à ses amitiés. Assassiné en juin 1794.]

70 - TOUZEAU, paysan, d'abord domestique de Charette. Très brave.
    [TOUZEAU (Pierre), deuxième aide de camp de Charette. Fait sa soumission à Nantes, le 5 mars 1796 (CVP I 97).]

71 - CESBRON D'ARGOGNES, cher de St-L. Pris à la première bataille de Châtillon dans les Bleus. Reconnu par Perrault qui le sauve. Mort.
    [CESBRON-D'ARGONNE (J.-B.-Guillaume), né en 1733, ancien sous-lieutenant, invalide, retiré à Angers. Commandait la place de Cholet. "C'était un homme fort exact et for dur." (LR 266). "Conduit les prisonniers à Saint-Florent et voudrais les fusiller tous." (LF)]

72 - LA CASSAIGNE, 2e art. - Plusieurs officiers voulant se moquer de La C., qui attachait beaucoup de prix à son gouvt, lui disent que les Jacobins conspirent et qu'il y a conciliabule chez un perruquier jovial et pataud. Ces Messieurs ayant donné l'éveil au gouvr se rendent chez cet homme et lui disent qu'à telle heure M. de la C. se présentera avec ses aides de camp et un détachement, qu'il ait la précaution de se tenir dans son arrière-boutique sans lumière et lorsque le gouvr y entrera, de lui jeter au nez une houppe remplie de poudre. On le fait. Le perruquier se sauve alors et laisse le gouvr furieux maître de sa maison. Les officiers , auteurs de l'espièglerie, entrent alors et le plaisantent ; trouvant sa dignité compromise, il jura que le perruquier serait mis en prison ; mais le gvr et l'état-major qui étaient complices sauvèrent le perruquier qui s'excusa sur ce qu'il ne connaissait pas. (CF 43).

73 - LA ROCHE-COURBON, de Saintes, émigré, joint au delà de la Loire. Joli cavalier. Brave, Fusillé au Mans avec la Bigotière son ami.
    [ROCHE-COURBON (Charles-Renaud de la), né en 1775, avait servi aux hussards de Bercheny où son père était maréchal de camp. Emigré. Pris et mort au Mans.]

74 - LA BIGOTIERE (2e art.) - avec Desbordes, Américain, (qui a joint à Saumur) et 7 à 8 autres officiers. Etant sur la route de Laval à Mayenne firent une pointe à deux lieues. Vont chez un curé assermenté, mais royaliste. La Bigotière, orateur de la bande, s'invite à dîner avec les siens et le prie à dîner. Il commande le meilleur dîner possible. Le curé les traite de son mieux. Entre la poire et le fromage, La bre demande au curé combien il y a d'années qu'il dessert cette paroisse. Le curé répond depuis quinze à dix-huit ans. - Quel pouvait être le revenu ? - De cent louis à mille écus. - Vous avez dépensé 1.500 francs par an vu que vous êtes honorable. - Oui, à peu près. - Donc, vous avez à peu près en réserve au moins 15.000 francs, M. le curé, nous servons le roi pour rien. Nous avons tout perdu, vous pensez bien. Menez-nous où est votre trésor. Le curé se détermine, malgré sa répugnance, à faire le sacrifice demandé. Il appelle un domestique, s'achemine vers son bûcher, fait ôter 2 à 300 fagots et dit d'un air piteux à ces Messieurs : "Fouillez la terre et vous trouverez mon or." Ils se mettent à la besogne et à un pied de profondeur, ils trouvent l'argent du pasteur. A chaque poignée d'écus, le curé poussait un soupir. La B., quand la fosse est vide, lui dit : "Deus dedit, Deus abstulit." La besogne faite, ils montent sur leurs chevaux et se rendent à l'armée. Ils ne se cachent pas du fait. Plusieurs officiers passés après eux ayant recueilli les plaintes du curé en rendent compte aux généraux qui ordonnent à ces MM. de se rendre au quartier général. On croyait qu'ils allaient être livrés devant le conseil de guerre, mais on se contenta de leur faire verser la somme dans la caisse de l'armée. (CF 3)

75 - GUINEBEAU-GROSSETIERE. Jeune homme très brave. "Il y a 4 ans, disait-il, en allant à la bataille de Saint-Cyr, que je fais la guerre sans être blessé. Je voudrais bien cependant porter quelques cicatrices pour la plus belle des causes." Il fut tué à cette affaire.
    [LA GROSSETIERE (L. A. GUINEBAULD DE), ancien militaire, retiré à Saint-Christophe-du-Ligneron, âgé de 17 ans. Prend part au début de l'insurrection dans la Basse-Vendée, où il se fait remarquer par sa grande valeur. Nommé adjudant-major par Charette. (LF) Mort à Saint-Cyr.]

76 - MORISSET de Cholet, marié avec une Cesbron. Mort fusillé à Noirmoutier. Brave.
    [MORISSET (R.), négociant à Cholet, nommé employé supérieur (LF)]

77 - MORISSET, mari de (en blanc), frère du précédent. Mort au delà de la Loire. Brave.
    [MORISSET. Peut-être Armand-Louis, né le 14 mars 1768, épx Béranger, mort le 17 décembre 1803 (LR 425)]

78 - LE MARQUIS DE FIESQUE. A la bataille de Martigné prend la fuite avec 2.000 hommes. Langlois le rencontre et dit : "Quel est le j. f. qui entraîne ces braves gens ? - C'est moi, dit de Fiesque." La bataille fut perdue à la fin par une faute de Marigny, en faisant une charge. Il n'en prévint pas et on crut que c'était l'ennemi. Mort au delà de la Loire.

79 - DE FIESQUE (le chev., frère du précédent), servait dans les chasseurs à cheval des Alpes avant la Révolution. Plus brave que son frère. Mort aussi au delà de la Loire.

80 - SANTO DOMINGO aîné, de Nantes. Originaire des colonies. Se coupe la gorge à Dol en se coupant la barbe : "Je n'aurai plus d'inquiétudes."

81 - Frère du précédent. Mort.

82 - ROGER MOULINIER, un des braves de l'armée. Fils d'un négociant de Limoges. Avait servi dans Rouergue, puis quartier-maître à la Légion Germanique. Fait une dépense prodigieuse. Joint à Saumur. Attaché à l'armée de Montaigu, va chercher Beysser dans les rangs ennemis. Il pouvait le tuer, mais il le prend par le collet et le sauve. Blessé à Granville servant une pièce d'artillerie. Blessé au pied d'un coup de feu. Pris et fusillé à Nantes.
    [MOULINIER (Roger du). Officier de cavalerie de la Haute-Vendée. Brave, actif et extrêmement sévère. En 1814 devint capitaine d'une des quatre compagnies formées à Bordeaux pour la garde du duc d'Angoulême (LF). D'après Crétineau-Joly, Roger Molinier, blessé à Granville et mort au Mans.]

83 - HERBAULT DE POITIERS, abbé, ami de Dessarts. Joint à Thouars, au milieu de l'action. Etait dans les volontaires à cheval de la Vienne avec l'évêque d'Agra. Employé à l'armée de Lescure. Très brave, pieux, froid et généralement estimé. Blessé mortellement au Mans, il prêche ses frères d'armes et leur partage ses armes, ses chevaux et ses vêtements. "Eloignez-vous, réservez-vous pour une meilleure occasion et laissez-moi mourir." Massacré avec Le Maignan.
    [HERBAULT (Claude), baptisé à Poitiers, le 10 décembre 1768, Etudiait pour être prêtre, mais non ordonné, enrôlé dans un bataillon bleu, rejoint à Thouars. Blessé au Mans, le 12 décembre 1793 et massacré. "Pieux, courageux et modeste, il était aimé de toute l'armée." (LF) "Son intrépidité, accompagnée du plus grand sang-froid, d'une douceur, d'une piété et d'un zèle toujours renaissants l'a fait regarder comme un des êtres les plus parfaits qui aient paru dans la Vendée." (LR 219)]

84 - DUHOUX DE HANTERIVE, demeuré à Beaupréau, beau-frère de d'Elbée. Se joint à l'armée lorsqu'elle marche sur Nantes. Marié avec Mlle de Curzay, de Cognac, existante encore et remariée. Prend des barils d'indigo à l'attaque de Nantes. Sans énergie.
    [DUHOUX DE HAUTERIVE (Pierre), né le 12 août 1746. Ancien officier. Emigré. A fait la campagne de 1792 avec Condé. Rejoint à Beaupréau. Nommé gouverneur général des pays occupés. Beau-frère de d'Elbée. Fusillé à Noirmoutiers, le 9 janvier 1794. "Homme de mérite, mais qui n'a pas joué le rôle que lui permettaient ses talents et sa position". (LF)]

85 - DUHOUX (le chevr.), parent du précédent. Sans éducation. Sert dans l'artillerie. Très brave. Tué au Mans en servant une pièce d'artillerie.
    [DUHOUX (le chevalier), cousin du précédent, neveu du général républicain. Commande l'artillerie au Mans où il est tué. "C'était un jeune homme de 20 ans, fort brave, mais étourdi à proportion de son courage." (LF). Tué à Savenay.]

86 - ARMAND PONSAY, enfant. Passe la Loire, se sauve en Bretagne. Habillé en femme et caché dans une ferme. Un domestique en devient amoureux. Grosse voix. Puberté. - Jeanne à la voix bien grosse. - Enrhumée, dit-on. Joint Puisaye. Très brave. Tué à la forêt de Liffré.

87 - BAUDRY de Châtillon, étudia la médecine à Angers. Apprenant que Henri La Rochej. allait se mesurer avec les Bleus aux Aubiers, il employa toute la nuit à faire forger des piques qui servirent à armer les Vendéens. Se bat très bien et s'attache à l'armée de Royrand. Passe la Loire, échappe aux désastres de l'excursion et joint les Chouans. Les abandonne et va à Brest où un ancien camarade d'étude le fait placer chirurgien à l'hospice de la Marine. Craignant d'être reconnu, il s'embarque comme chirurgien, se trouve au combat de Jean-Bon-St-André où, pour la plus légère blessure, il coupe bras et jambes. Fait prisonnier, il est conduit en Angleterre où il prétend être Vendéen. On ne le croit pas et il reste détenu. L'abbé Cercleron y va et le reconnaît. Mis en liberté il fait partie de l'expédition de Quiberon comme chirurgien-major. Blessé à Quiberon, il est reconduit en Angleterre où il meurt.
    [BAUDRY (de Châtillon). Sans doute ce "M. Baudry, bourgeois de la ville, homme un peu fou, "qui harangue Mme de Lescure et lui fait rendre les honneurs par 200 hommes." (LR 180)]

88 - BAUDRY D'ASSON fils. Brave. Une balle lui casse les reins au Mans. Il meurt presque sur-le-champ.
    [BAUDRY D'ASSON fils, à l'armée de Royrand. D'ap. La Font. aurait été tué à l'attaque de Saumur.]

89 - BAUDRY D'ASSON le père, tué à la bataille de Torfou.
    [BAUDRY D'ASSON père (Gabriel), de Brachain, près Saint-Marsault (D.-S.). Prend part à l'attaque de Bressuire en août 1792, puis se cache dans les souterrains du château de Brachain. Tué à Luçon, le 13 août 1793.]

90 - DE LA ROCHEFOUCAULT, des environs des Sables. Point prêtre. Mort. Ne fait point la guerre. Le conseil supérieur dont il faisait partie prit un arrêté pour le payement des droits seigneuriaux. M. de Lescure disait qu'à la fin de la guerre, il chasserait ce Monsieur du conseil avec un fouet.
    [LA ROCHEFOUCAULD-BAYERS (Jacques-Louis), sgr de Beaulieu, de la Boulinière, commune d'Apremont. Nommé en 1793 doyen du Conseil Supérieur. Concourt au règlement dit des biens nationaux. (LF). Né en 1717, mort en 1797.]

91 - PAILLOU, du Conseil Supérieur, sénéchal de Pouzauges, avocat, ancien prévost des étudiants de Poitiers. De l'esprit. Pris à Dol à la fausse déroute avec son fils. Guillotiné.
    [PAILLOU, avocat et sénéchal de la Flocellière. Membre du conseil suprême, fait prisonnier à Dol et fusillé.]

92 - CHASLON, divisionnaire de Stofflet. Brave.
    [CHASLON, sacristain de Chemillé, Chef de la division de Chemillé, "un des officiers les plus distingués de l'armée." (CJ II 239).]

93 - GIRARD-BEAUREPAIRE. Brave, de l'esprit, instruit, mauvaise tête. A la deuxième bataille de Luçon, attaque malgré l'ordre qu'on lui avait donné. Lescure s'en plaint : "Je n'ai que des héros, répond-il." Ivrogne. Avant la Révolution, a acheté pour 3.000 francs de vin de Bordeaux ; rassemble ses voisins et leur annonce qu'ils resteront là jusqu'à ce que tout soit fini, ce qui fut fait. Tous les jours ils allaient casser la glace et se baigner. Il disait qu'il était désagréable de se baisser pour se laver. Très joueur. 40.000 livres de rente. Une autre fois fait venir chez lui autant de filles de joie comme il avait de convives et les gardes deux mois. A la deuxième bataille de Châtillon, poursuit Westermann trop loin et laisse surprendre l'armée. Blessé là à mort, on l'emmène de l'autre côté de la Loire et il y meurt.
    [GIRARD sgr de BEAUREPAIRE (Charles-Eusèbe-Gabriel), "gentilhomme poitevin d'une famille remarquable par ses excès en tout genres". (LF) Blessé de 12 coups de sabre au second combat du Moulin aux Chèvres. Commandant la division de La Châtaigneraie. Mort à Fougères.]

94 - MARC, de Mouilleron, marchand de sardines, 5 pieds 6 pouces. Sabreur, très brave, mais féroce.

95 - MERIT, dit CTE RIBARD, féroce, va à Saint-Mesmin pour tuer le curé Dugué qui était dans un confessionnal. On s'empare de lui et on le fusille. Avait tué une foule d'individus. De la division de la Flocellière.

96 - PICHON DE LA GORD, de Saintes, ancien officier de la marine, camarade de Charette. Joignit son armée, s'y maria avec Mlle de Monsorbier, veuve Chessé (?) de la Guignardière. Mort. Peu brave.

(Souvenirs de Danyaud-Dupérat recueillis par A.-D. de La Fontenelle de Vaudoré et annotés par Jacques Nanteuil).

FIN

Revue du Bas-Poitou
1945 - 1ère et 2ème livraison)