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Boismé (Bomniacum) est un petit bourg situé à un myriamètre sud-ouest de Bressuire. Sa population n'est que de 240 âmes, et celle de toute la commune de 1.169 (d'après le recensement fait en 1851). En 1790 elle n'était que de 700 (au dire des anciens du pays), et en 1762, celle de toute la paroisse ne formait que 185 feux multipliés par quatre, pour connaître le nombre d'habitants d'alors, donneraient pour produit celui de 740. Que si on trouve le multiplicateur trop fort, et, pour éviter d'arriver à une évaluation trop faible, on estime cette population avoir été à peu près la même à cette époque qu'en 1790, on sera, je crois, dans le vrai.

Comment alors se fait-il, si cette localité n'a pas extraordinairement perdu de son importance, qu'il y ait eu quatre églises à Boismé ? Le fait n'en est pas moins authentiquement constaté : il existait dans le cartulaire original de l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, folio 35, une charte de l'an 1029, par laquelle Raoul dit la Flamme (j'ai cherché, je pourrais dire partout, et vainement, ce qu'était ce Raoul) fit don à cette abbaye des églises de Boismé, au nombre de quatre :
1° Une sous le vocable de Saint Pierre
2° Une sous celui de Notre-Dame
3° Une sous celui de Saint Jean
4° Et une sous celui de Saint Mayrulfe, qui y a été inhumé. Elle existe en son entier, et elle était, comme elle l'est encore aujourd'hui, l'église paroissiale de Boismé.

A la charte portant donation de ces quatre églises figurent comme témoins Raoul lui-même ; Arséane sa femme ; Thibault son fils ; Launon son frère ; Godefroi, vicomte de Thouars ; Aimeric son fils ; Aénor sa femme ; l'archidiacre Foulque et plusieurs autres.

Ce Godefroi, vicomte de Thouars, le devint en 1028 et vécut quelques années plus tard, sous Henri Ier, roi de France.

Il est aussi fait mention de ces églises, mais sans indication de leur nombre, dans le Grand Gauthier, manuscrit qui était le Pouillé du Diocèse de Poitiers avant son démembrement par le pape Jean XXII, qui siégea de 1316 à 1326. Les églises de Boismé y sont ainsi mentionnées : "Ecclesias de Bomniaco".
Il se rendait un grand concours de monde au tombeau de saint Mayrulfe.

Quant au nom de Saint-Mérault, que les habitants de Boismé ont donné à une chapelle de leur église et à une partie de leur bourg, c'est celui travesti de Saint-Mayrulfe, suivant l'habitude du Bocage, où sainte Néomaye est généralement honorée sous le nom de sainte Limoise, et ainsi de bien d'autres.

Voyons maintenant ce qu'était ce saint très-peu connu aujourd'hui. Il ne figure dans aucune des litanies ordinaires, mais on le trouve dans celles propres au diocèse de Poitiers. C'était un moine de l'abbaye de Saint-Jouin-de-Marnes, près Airvault, abbaye dont l'école avait une réputation presque égale à celle de Ligugé. On n'a aucun renseignement sur sa vie et sur ses gestes. On voyait près du cimetière de Moncontour une chapelle sous son invocation.

L'église de Boismé est très-solidement voûtée en pierres ; ses arceaux paraissent être du style transitoire, mi-roman et mi-ogival. Les colonnes, assez élégantes, sont plaquées le long des murs, à l'instar de celles de Sainte-Radegonde de Poitiers. Il y a dans le mur du nord des enfoncements qui nuisent à sa régularité. On m'avait assuré que le grand autel était plaqué devant une magnifique verrière ; j'en avais conçu l'espoir d'y trouver l'histoire de saint Mayrulfe, qui, n'ayant point été tracée par la plume, l'aurait été là par le pinceau ; mais, ô cruelle déception ! ma belle verrière n'est plus qu'une grande fenêtre de forme et de proportions ogivales artistement encadrée, mais maçonnée dans toutes ses baies, et laissant en dehors apercevoir un treillis de barres de fer destiné sans doute à protéger dans l'origine cette verrière qui n'est plus. O mon pot au lait, te voilà donc brisé ! Mais ce qui est plus déplorable, c'est que notre saint, qui, comme on le verra ci-après, a été probablement le fondateur de cette église, qui y a son tombeau et qui lui a donné son nom, a été réduit plus tard, et bien tard il est vrai, je crois, à s'y contenter d'une chapelle et d'une statue en icelle, où on l'invoque sous ce misérable nom tronqué de Saint Mérot. C'est le prince des apôtres qui trône aujourd'hui à sa place comme premier patron de cette paroisse, ne lui laissant que le titre de second. Ce changement remonte-t-il à l'époque où l'église de Saint-Pierre cessa d'exister, ou est-il plus récent ? c'est ce que je n'ai pu découvrir ; mais ce qu'il y a de certain, c'est que l'on continue de l'y venir fréquemment invoquer.

On croit généralement dans la commune que l'église actuelle a été bâtie sous la surveillance de religieux qui seraient venus se fixer primitivement au milieu des bois et sur le bord d'un ruisseau qui coule sans interruption. Ces premiers religieux n'ont pu être que Saint Mayrulfe et ses compagnons, venus dans ce désert de l'abbaye de Saint-Jouin-de-Marnes, qui n'en est distante que d'environ quatre myriamètres. On voit de là combien les traditions sont des renseignements sûrs pour l'histoire, car celle-ci se rapporte aussi fidèlement à la charte recueillie par don Fonteneau que celle indiquant une ville très-ancienne aux Crânières, commune de Faye-l'Abbesse, se rapporte aux découvertes importantes qui y ont été faites, de même sur la Cardinerie, de même pour bien d'autres lieux. Ne méprisons donc point les traditions.

En revenant à l'église de Saint-Mayrulfe, et en l'en regardant très-raisonnablement comme le fondateur, cette fondation se rapprocherait de la fin du Xe siècle, si elle n'y remontait pas.

Dans un coin de l'autel était un sacrarium dont les gonds sont encore saillants. Les arceaux de la chapelle gauche (chapelle seigneuriale des Sauvestre de Lescure, c'est-à-dire de la famille Sauvestre d'abord, puis de celle Salgues de Lescure, qui s'y est alliée, comme on le verra dans la suite), ces arceaux, dis-je, sont en plein cintre ceux de la chapelle latérale de droite, consacrée aujourd'hui à notre saint, sont en ogive.

Ainsi ces quatre églises ont bien certainement existé, et il en faut déduire cette conséquence que Boismé a été autrefois bien autre qu'il n'est de nos jours, et ce qui en fournirait presque la preuve, c'est que tout son emplacement actuel est intérieurement pavé de tombeaux, ce qui porterai à croire qu'il n'avait d'abord été qu'un cimetière s'étendant le long des quatre églises ou les entourant, suivant l'ancien usage, et que le bourg (peut-être dois-je dire la ville) avait une importance à laquelle ces quatre églises étaient devenues nécessaires. Ce qu'il y a d'assez extraordinaire dans la composition de ces tombeaux, c'est qu'ils ne sont tous formés que de sable et de petits coquillages liés ensemble par un ciment.

J'avais d'abord craint que l'église actuelle de Boismé ne fut plus celle de Saint-Mayrulfe, sinon en totalité, du moins en partie, persuadé que j'étais qu'elle devait avoir été brûlée avec le bourg lors de l'incendie du Bocage par les troupes républicaines, et je le craignais avec d'autant plus de raison que le château de Clisson, qui n'en est distant que d'un kilomètre, l'a été, moins la chapelle, épargnée non par scrupule religieux, vous le pensez bien, mais seulement parce qu'étant de quelques mètres séparée du château, le feu qui le consumait ne l'a point atteinte. Mais à quoi, sinon à qui, Saint-Mayrulfe et ses fidèles durent-ils donc le bon procédé d'avoir conservé tout à fait intactes leurs habitations ? Voici la raison qu'on en donne, et qui est attestée par tout ce qui a survécu là des hommes de ce temps, nombre petit sans doute, et cependant digne d'être compté.

Lors de son arrivée dans cette partie de la Vendée militaire, le général Westermann établir un camp dans la plaine mamelonnée de Chiché. De ce camp partit une colonne incendiaire qui se porta sur Boismé.

 

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A moins d'un kilomètre de ce bourg se présente au chef de la colonne, qu'on assure avoir été le général lui-même, un des habitants, qui était la principale autorité de ce lieu. Il assure au général, avec l'apparence de la meilleure foi possible, qu'il ne trouvera rien à Boismé, qui était, lui disait-il, entièrement abandonné. Son langage persuasif fait que la colonne change de direction et marche sur le château de Clisson, qui fut bientôt tout en feu. Un témoin oculaire assure que ces vandales découvrirent dans les greniers du château un feu d'artifice destiné à une réjouissance de famille ; ils y mirent le feu, qui se communiqua partout. La chapelle, voûtée en pierres comme l'église, et placée à la distance qui vient d'être dite, échappa à l'incendie, que sans cela lui aurait communiqué le manoir.

 

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L'église St Pierre fut plusieurs fois recontruite ou agrandie pour prendre son aspect définitif en avril 1905. L'église St Mérault, où se trouvait le tombeau du saint personnage, subsistait encore au XVIIe siècle et le tombeau continuait à être l'objet de la vénération publique.A la fin du siècle dernier, on pouvait voir encore quelques restes des murs de cette église dans la partie du bourg qui porte son nom.
(Mairie de Boismé).

 

Outre les quatre églises ci-dessus énoncées, l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers possédait dans la paroisse de Boismé, par charte de l'an 1088, le terrain de l'Amauriérie, et, par autre charte de l'an 1118, la terre du Breuil.

On remarque en outre dans cette commune un ancien petit château, fort délabré quoique habité, connu sous le nom de la Guyraire. La façade, en étendue, hauteur et ornements, ne le distinguerait pas des plus modestes fermes s'il n'était pas flanqué de deux tourelles, et s'il n'offrait pas à la vue des restes de fuie et de fossés. C'était un petit manoir seigneurial qui pourtant, assure-t-on, n'a depuis longues années été possédé que par une famille plébéienne qui, en vertu des lois féodales, n'en jouissait pas moins des droits et immunités attachés à cette glèbe.

Mais la couronne de Boismé, c'est l'importante terre de Clisson, importante par sa valeur foncière, et bien plus encore par ses souvenirs historiques de deux époques.

COMTÉ DE CLISSON

La terre de Clisson était un comté en la possession de la famille Sauvestre depuis un temps dont, au dire de dom Fonteneau, "on n'a pas souvenir, et qui remonterait au delà du XIVe siècle et même du XIIIe".

Les Sauvestre de Clisson étaient une branche cadette des Sauvestre de Thouars, maison éteinte, dit Jouyneau-Desloges. Quant à celle de Clisson, elle a subsisté jusque vers 17.. (la date n'est précisée ni par dom Fonteneau ni par Jouyneau-Desloges), époque à laquelle Agathe-Geneviève Sauvestre épousa N.... Salgues de Lescure, et par ce mariage, Clisson passa à cette dernière famille sans cesser d'appartenir aux descendants des Sauvestre par ladite Agathe-Geneviève.

La généalogie des Sauvestre, en remontant vers le XIIIe siècle, est entièrement établie par dom Fonteneau à partir de cette époque, et fournirai presque à elle seule un volume ; elle dépasse donc infiniment trop les bornes et la nature d'une notice pour que je l'aie tout entière copiée ici ; j'ai dû me borner à ne remonter qu'immédiatement au-dessus du temps où vécut la dame de qui les de Lescure tenaient cette terre : Voici ce qui en est écrit ; je copie littéralement :
"Anne-Bernard Sauvestre, comte de Clisson, lieutenant au régiment des gardes françaises, brigadier en 1719, mort en 1729, fit sa première campagne en qualité d'aide de camp de Mgr de Luxembourg en 1675, et combattit l'année suivante à Kikesberg. Il obtint, l'année d'après, une sous-lieutenance dans les gardes françaises, et se trouva à toutes les grandes actions qu'il y eut en Flandre jusqu'à la paix. Durant la guerre de la ligue d'Augsbourg, il se fit remarquer par sa bravoure à Nerwinde et au siège de Charleroi et dans la guerre de la succession ; il combattit avec la plus grande valeur aux affaires de Nimègue et d'Ekeren, aux batailles de Ramillies et d'Oudenarde.
Cette ancienne et illustre maison, dont il existe une généalogie imprimée, est éteinte. Elle a possédé longtemps la charge de grand sénéchal d'Aunis et de Marennes.
Le dernier des Sauvestre, capitaine au régiment des gardes françaises, fut tué à la bataille de Fontenoi en 1745. Il a laissé une soeur, son unique héritière, Agathe-Geneviève, aujourd'hui veuve du marquis de Lescure (d'une ancienne et illustre maison de l'Albigeois, établie en Poitou depuis le commencement de ce siècle, et qui a donné un évêque au diocèse de Luçon). Ce de Lescure, colonel au régiment Dauphin-dragons fut tué en 1746, à l'affaire de Plaisance en Italie, laissant un fils actuellement brigadier des armées du roi et mestre de camp, commandant d'un régiment de dragons de son nom. Nous connaissons un ouvrage ayant pour titre : Le catéchisme romain composé par l'ordonnance du concile de Trente, traduit en français par Louis Coulon, prêtre, docteur en théologie, imprimé à Paris, en 1664, et dédié à très-haut et très-puissant seigneur monseigneur le comte de Clisson et baron des baronnies (c'est aujourd'hui un comté) des Mothes-Campoux, Hérisson, la Chapelle-Saint-Laurent, etc."

Les Sauvestre étaient habituellement inhumés à Boismé ; on n'en connaît qu'un seul qui ne l'y ait pas été.

Les derniers seigneurs de Clisson et de Boismé sont les Salgues de Lescure, qui ont possédé cette terre depuis le mariage de l'un d'eux, comme il vient d'être dit, avec Agathe-Geneviève Sauvestre, jusqu'en 1794, époque à laquelle elle passa de la manière qui sera ci-après dite à la famille Duvergier de la Rochejaquelein.

On a vu plus haut que la famille de Lescure était originaire de l'Albigeois, et que son établissement en Poitou provenait de la nomination d'un de ses membres à l'évêché de Luçon. Ce prélat fut Mgr Jean-François de Lescure e Valderiez, nommé à cet évêché le 7 juin 1699. Il avait fait venir en Poitou son neveu, Alphonse Salgues de Lescure, qu'il maria en 1714 à Henriette-Elisabeth de Surgères, morte le 9 décembre 1778, à 87 ans 2 mois.

C'est leur fils, N.... Salgues de Lescure, qui épousa ladite Agathe-Geneviève Sauvestre, comtesse de Clisson (on ne dit point en quelle année) : c'est le colonel du régiment Dauphin-dragons, tué à la bataille de Plaisance en 1746, dont il a été parlé plus haut.

Le fils de ces derniers, Marie-Joseph-Charles de Lescure, dont il a été également parlé comme ayant été brigadier des armées du roi, mestre de camp et commandant d'un régiment de dragons de son nom, épousa en premières noces Jeanne de Durfort de Civrac, morte en couches en 1766 ; et en secondes noces, Marie-Thérèse de Sommyèvre, dame d'honneur de madame Adélaïde, qui mourut en 1779. Il n'eut de ce mariage aucun enfant, et mourut en 1784. Il avait eu de son premier mariage :

 

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Louis-Marie Salgues de Lescure, né le 13 octobre 1766. C'est le célèbre généralissime vendéen qui épousa, à l'âge de 24 ans, Mlle Victorine de Donnissan, fille unique du marquis de Donnissan, gentilhomme d'honneur de Monsieur (depuis Louis XVIII), et d'une autre fille du duc de Civrac, dame d'atours de madame Victoire, et soeur de la mère de son mari.

Dans ses cruelles pérégrinations, l'infortunée veuve de Lescure perdit les deux filles qu'elle avait eues de son mari et qui étaient ses seuls enfants. En vertu de la loi des successions d'alors, elle en devint héritière universelle, et Clisson, faisant partie de ces deux successions, lui appartint. Elle épousa en seconde noces le marquis Louis Duvergier de la Rochejaquelein, qui mourut en 1815, l'épée à la main, dans les marais de Saint-Gilles-de-Vie. Il était le second fils du marquis Alexis-Armand de la Rochejaquelein et de demoiselle N.... de Caumon, son épouse. Par le partage anticipé que M. de la Rochejaquelein a fait de ses biens à ses enfants, la terre de Clisson est échue à M. Henri, marquis actuel de la Rochejaquelein.

Le 10 août consommé, le marquis de Lescure s'enfuit avec horreur loin du cratère révolutionnaire, et se retira dans ces sauvages et mélancoliques lieux qui depuis ont eu tant et de si lointains échos, pour s'y livrer tout entier à son inépuisable douleur. Il y arriva, la mort, mais non le désespoir au coeur : les saints sont patients, et il l'était le vivant du Poitou. Sa famille et quelques l'y suivirent ; l'Achille vendéen ne tarda pas à l'y venir trouver, et alors commença le chant poitevin de cette grande épopée où quatre départements eurent chacun le leur.

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La couronne tombe ordinairement du front du souverain avant que la révolte ne l'ait courbé vers la terre ; ici, au contraire, le front féodal est devenu poussière, et la couronne continue de rester au même lieu, majestueusement suspendue sans plus avoir à l'abriter. La couronne du manoir c'est la futaie ; celle de Clisson réclame en soupirant le sien, et elle mérite de le recouvrer, quelque dénué qu'il dût être de l'auréole des siècles. L'imagination qui ne tient point toujours compte exact des faits, s'y élance, cherche ardemment et gémit de ne trouver que de riants parterres là où elle espérait rencontrer des débris d'un autre âge. Cependant ces charmantes oasis au sein d'une épaisse et sombre verdure, en en rompant l'uniformité, y sont d'un délicieux effets. J'y ai vu deux fois la célèbre filleule (Mme la marquise de Lescure et de la Rochejaquelein naquit à Versailles le 25 octobre 1772, et fut élevée à la cour dans ce château royal jusqu'au 6 octobre 1789) de l'auguste laitière du Petit-Trianon s'y distraire de ses douloureux et sanglants souvenirs au sein de sa jeune, nombreuse et belle famille. En elle je reconnaissais admirablement que l'empreinte de notre première éducation est ineffaçable, surtout quand notre modèle est digne d'amour et de vénération comme était le sien. Comme lui, l'immortelle veuve de deux héros, à la noblesse de sentiments comme à celle du sang, n'a jamais cessé de joindre la simplicité des goûts, et cette heureuse alliance de noblesse et de simplicité est le cachet caractéristique des mémoires si émouvants qu'elle a laissés.

P. TOUCHARD
Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest.

En 1957, le Souvenir Vendéen a apposé une plaque commémorative "à la mémoire du général Vendéen de Lescure - le saint du Poitou - et des héroïques soldats du pays bressuirais", sur le calvaire érigé en 1904 à l'entrée du Château de Clisson.

LES CROIX DE BOISMÉ

La Croix de Bois
Type : croix de carrefour
Socle en pierre de couleur grise grossièrement taillée, croix en bois sans crucifix. Elle date du début du 20ème siècle. Très vermoulue, elle vient d'être déposée en 2004.

La Croix de la Haute-Vallée
Type : croix de pèlerinage ou jubilé
Le socle est constitué d'une première meule ronde en granit ; autrefois une croix en bois était directement plantée sur cette meule. En 1956, la croix en bois fut remplacée par une croix tombale en fonte de la famille Grellier, retirée du cimetière et scellée sur un dé en béton. Le Christ en métal, peint de couleur argentée, provient de l'ancienne croix en bois et daterait de la fin du 19ème. Ce Christ est cloué avec 3 clous ; c'est l'unique exemple de crucifix à 3 clous dans le Bressuirais. La niche aménagée dans le dé en béton date de 1956 ; quant à l'inscription "1902", elle correspond à la date de naissance de l'un des membres de la famille Grellier.

La Croix du plan d'eau
Type : Croix de cimetière
C'est la croix de l'ancien cimetière qui était près de l'église. A la création du nouveau cimetière en 1883 cette croix fut installée au carrefour principal de Boismé. Abattue durant la tempête de 1999, elle fut érigée à l'extrémité du plan d'eau.

 

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Calvaire de Boismé
Type : Croix de mission.
Croix en bois avec crucifix en fonte. Le socle, en granit, est parallélépipédique et chacune de ses faces possède un bas-relief. A la suite de la mission paroissiale de février 1934, l'abbé Lenne, curé de Boismé, a fait ériger ce calvaire. Seul, le Christ est d'origine ; la croix en bois actuelle date des années 70. La croix d'origine était beaucoup plus haute (12 m environ), ce que démontre une carte postale des années 40. Précédemment ce calvaire était de l'autre côté de la route ; il a pris sa place actuelle en 2002, lors de l'aménagement du carrefour.

Croix du cimetière
Type : Croix de cimetière
La vraie croix du cimetière, en granit, qui était autrefois au centre a été déplacée au fond du cimetière. Elle datait de 1883.
Le monument que l'on voit actuellement au centre est en réalité la stèle tombale de Pierre Joubert, curé de Boismé jusqu'à sa mort le 28 avril 1849.
Socle très massif en granit gris constitué de pierres de taille et surmonté d'un entablement supportant un fût ressemblant davantage à un second socle. La croix sans crucifix comporte de multiples symboles religieux et des décors végétaux. De chaque côté de la croix on trouve des éléments architecturaux ressemblant à de petites lanternes. La référence aux lanternes est probable, car les anciennes croix de cimetières étaient dénommées "lanternes des morts".
Pierre Joubert était né le 6 juillet 1762 à Saint-Clémentin. Nommé vicaire à Boismé en 1786, il en devint le curé en 1795. Pendant la révolution, il fut poursuivi comme prêtre réfractaire et dut se cacher plusieurs années.
Après le Concordat de 1801, il refusa de se soumettre et entraîna ainsi, avec d'autres curés de la région (particulièrement dans les cantons de Bressuire et de Cerizay), les paroissiens dans la dissidence ("la petite église"). Ce n'est qu'à Noël 1819 qu'il abandonna la petite église et rejoignit l'église officielle concordataire.
Il mourut à Boismé en 1849, ayant passé 63 ans dans la même paroisse.

Croix du château de Clisson
Type : croix de commémoration
L'ensemble est en granit local constitué d'un socle avec entablement et d'une croix. C'est l'une des rares croix où sont sculptées en bas-reliefs des motifs décoratifs. Le centre de la croix est marqué du symbole vendéen ; deux coeurs entrecroisés avec une couronne et une petite croix au-dessus. Une fleur de lys est sculptée sur chaque bras de croix.
Suite à un jubilé prêché dans la paroisse en novembre 1904, M. et Mme d'Arlot de Saint Saud ont voulu cette croix à l'entrée du château de Clisson, "non loin de ces allées où les vendéens et les gens du pays, conduits par le Chevalier de Marigny, mirent en déroute les révolutionnaires".
La plaque a été apposée en 1957.

Croix du chemin de Chènevin
Type : croix de carrefour
Cette croix est érigée dans la pommeraie, au bout du chemin venant du lotissement des Terres Rouges. Elle est en fer avec à sa base une petite niche et une vierge de Lourdes. Selon la famille Gatard, cette croix daterait de la fin du 19ème siècle.

Croix de la Touche Barrée
Type : Croix de chemin
Le socle en pierres de taille est surmontée d'un entablement sur lequel repose un dé en forme de pyramide tronquée. C'est le dé le plus important du canton de Bressuire. La croix et le fût sont taillés d'un seul bloc. Aucun motif décoratif. Au vu de sa situation géographique, on peut penser que ce monument a succédé à d'autres édifices installés à cet endroit pour marquer la limite d'un territoire seigneurial ou la limite d'une paroisse. Elle est peut-être de la fin du 19ème siècle.

Croix des Touches
Type : Croix de chemin
Socle quadrangulaire en granit. Sur ses 4 faces sont sculptés des bas-reliefs difficiles à identifier. Au-dessus du socle, un entablement, puis un dé ayant la forme d'un pavé. Sur la face avant est installée une niche avec une vierge de Lourdes. Ce monument date de la fin du 19ème siècle voire de la deuxième moitié du 19ème siècle. Si on la compare avec celle des Cinq Chemins leur aspect similaire laisse supposer qu'elles ont été réalisées par le même sculpteur.

Croix des Cinq Chemins
Type : Croix de chemin
Socle quadrangulaire en granit, surmonté d'un entablement. Pas de bas-relief ni de motif décoratif. Son emplacement, à la croisée des chemins, est dédié à la protection des voyageurs. Cette croix est la jumelle de la Croix des Touches, elle marque aussi la limite de la commune, ce qui en fait une croix de bornage. Elle daterait de la deuxième moitié du 19ème siècle.

 

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Croix des Bois-Rocard
Type : Croix de commémoration
Socle imposant en granit de forme rectangulaire surmonté d'un fût et d'une croix également en granit. Sur la face avant, deux inscriptions : "Louis de la Rochejaquelein fut blessé à cette place" et "en même temps le 28 juin 1832, L.P. Racaud tué à celle-cy". Suite à la révolution de 1830, un soulèvement avait éclaté dans le but de rétablir l'ancien régime de 1815, celui du roi Charles X. Louis de la Rochejaquelein, le frère d'Henri (le généralissime de l'armée vendéenne de 1793) et l'époux de la veuve de Lescure, avait participé à ce soulèvement et de ce fait était recherché par les autorités préfectorales de l'époque.

Oratoire à la vierge
Un oratoire dédié à la vierge a été érigé à la demande du curé Fievre.

LA LÉGENDE DE SAINT-MERAULT

L'existence du moine St Mérault (Mayrulfus), originaire de Boismé, est indéniable, comme en fait foi l'histoire de l'abbaye de Saint-Jouin-de-Marnes. Une légende le fait contemporain de Saint Martin, patron de Chiché, ce qui historiquement n'est pas possible. Par contre, il était bien contemporain de St Martin de Trévoux, abbé de l'abbaye d'Ension à St-Jouin-de-Marnes.
Un jour, les 2 voisins auraient convenu de délimiter les 2 paroisses (on ne disait pas encore commune) au point de leur rencontre le lendemain matin. St Mérault, plus rusé, avait passé la nuit à la Guiraire, ayant déjà parcouru 4 kms depuis l'église de Boismé. La rencontre a donc eu lieu très près de Chiché, à la Jaunelière. (Cette tricherie de St Mérault apparterait l'explication de cette pointe de terrain que lance à cet endroit la commune de Boismé vers Chiché). Constatant que par cette supercherie la paroisse de Chiché était très mal délimitée. St Martin fut envahi d'une (sainte !) colère et son coeur se remplit de vengeance, qu'il ne montra point sur le moment.
Mais la rancune est tenace. Quelques temps après, par hasard, les 2 patrons se rencontrent dans le chemin du Prizard, au bord du ruisseau, St Martin, blanc de colère et de rancune, dégaine et tranche la tête de St Mérault. Ce dernier, toujours calme, prend sa tête sous le bras, revient à Boismé et après l'avoir lavée dans une fontaine près de son monastère, la repose bien droite sur ses épaules ...

Cette fontaine, ayant le pouvoir dit-on de guérir les maux de tête, existe réellement dans ce quartier du bourg qui porte encore aujourd'hui le nom de St Mérault.

Je dois ces derniers renseignements à une Boisméenne, Mme Angélique Billy que je remercie très cordialement. ♣