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Gabriel-François de la Roche-Négly est né le 4 octobre 1753 (baptisé le 5), au château de Chamblas à Saint-Étienne-Lardeyrol (43). Il fut élève au collège des Oratoriens à Juilly, du 6 mai 1763 au 22 août 1772.

Cadet gentilhomme de Gâtinais en juin 1776, sous-lieutenant quelques jours après, il était arrivé au corps au moment où le régiment de Gâtinais venait d'être constitué avec les 2e et 4e bataillons du vieux régiment d'Auvergne, et les soldats étaient navrés d'en quitter le nom glorieux.

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En 1779, le régiment fut embarqué à bord de la flotte du comte d'Estaing et participa, du 15 septembre au 20 octobre, au siège de Savannah. Les compagnies de chasseurs se couvrirent de gloire le 9 octobre, en partant à l'assaut. Elles avaient pour mot d'ordre et de ralliement : "Auvergne et d'Assas". Elles perdirent la moitié de leurs effectifs. On fut obligé de trépaner le chevalier de la Roche-Négly, blessé à la tête par un biscaïen.

En 1781, le régiment de Gâtinais fit partie du corps d'armée qui alla renforcer l'armée de Rochambeau. Il prit part au siège de Yorktown et à la capitulation du général Cornwalis. Deux redoutes furent emportées par les régiments de Royal Deux-Ponts et de Gâtinais ; les grenadiers de ce dernier régiment avaient juré de se faire tuer pour mériter qu'on leur rendit le nom d'Auvergne.

Washington offrit aux deux régiments les pièces de canon qu'ils avaient enlevées dans les redoutes.

Une ordonnance de juillet 1782 donna au régiment de Gâtinais, en récompense de sa belle conduite en Amérique, le nom de Royal-Auvergne.

Après avoir fourni des détachements pour armer les vaisseaux du comte de Grasse, Royal-Auvergne revint en France en 1783, et alla tenir garnison à Nancy, puis à Calais.

Le chevalier de la Roche-Négly, lieutenant en premier en août 1784, capitaine en juillet 1787, fut nommé chevalier de Saint-Louis en février 1791. Comme tant de ses camarades, il démissionna le 22 janvier 1792.

Il revint alors rejoindre, à Lyon, quelques-uns de ses anciens condisciples du collège de Juilly, officiers démissionnaires comme lui : Marcellin d'Anglade, Barthélémy Dervieu du Villars, Claude de Forget, Achard de La Haye, François Gavot des Plantes.

Dans l'hôtel du vieux baron de Chamousset, à Bellecour, ils retrouvaient de vieux officiers de l'armée royale, Julliaciens eux aussi, qui avaient fait maintes campagnes : les deux capitaines de Briandas, le major Daniel de Chenelette, le maréchal de camp Cortasse de Sablonnet, les colonels de Forbin, de Meillonnas, de la Chassagne, les capitaines de Saint-Try, les lieutenants de Vinezas et de Montcolon.

Lorsque s'organisa, à Lyon, après les évènements de mai 1793, l'armée qui devait résister à la Convention, ces officiers reçurent des commandements. Quelques-uns acceptèrent de s'enrôler comme simples soldats.

M. de la Roche-Négly servit sous le nom de Rimbert, sujet suisse. Le bouillant chevalier eût voulu, sans attendre la concentration des armées révolutionnaires, courir sus aux premiers détachements en route, les attaquer en rase campagne, s'emparer de leur artillerie. On n'écouta pas ses avis. Il proposait d'enlever Dubois-Crancé, établi avec une faible escorte au château de la Pope. On n'osa.

L'ancien capitaine de Royal-Auvergne part avec un détachement pour le Forez, enlève des armes à Saint-Etienne, surprend à Saint-Anthelme le général Léon Nicolas et son escorte, porte aide aux Montbrisonnais, groupe à Feurs un convoi de vivres, bouscule à Salvizinet 6.000 républicains qui veulent lui barrer le passage et rentre à Lyon avec armes, vivres et prisonniers.

Le jeune général Rimbert désirait continuer une tactique aussi fructueuse pour les assiégés qu'elle était démoralisante pour leurs adversaires. Mal compris, il quitta son commandement. Quelques jours après, du reste, l'armée conventionnelle entrait dans Lyon et la petite armée lyonnaise, décimée au passage par les paysans du Beaujolais, battait en retraite sur Saint-Romain-de-Popey. Rimbert, qui marchait à l'avant-garde et avait réussi à ouvrir un passage, vit bientôt sa troupe réduite à une poignée d'hommes. Ils se dispersèrent dans les bois. Caché sous des habits de paysan qu'il avait pu se procurer, il fut trahi, arrêté, dépouillé de sa montre d'argent, de son portefeuille et des assignats qu'il contenait.

Arrêté à Sennecey, Le général Rimbert, ramené à Lyon passa devant la commission militaire qui siégeait à l'hôtel de ville. Condamné à mort, il fut fusillé aux Brotteaux le 25 octobre 1793. Le chevalier de la Roche-Négly, aussi brave devant le peloton d'exécution que face aux batteries anglaises de Savannah et de Yorktown, avait voulu commander le feu.


Martin Basse - Journal des débats politiques et littéraires - 20 octobre 1931.

 

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Le général Rimbert périt donc fusillé à Lyon, le 25 octobre 1793, mais, il ne se prénommait pas Gabriel-François, car comme on le verra ci-dessous, ce dernier a vécu jusqu'à un âge avancé. Il avait cinq frères dont deux portaient également le prénom de François. L'un, Georges-François-Alexis, s'est marié et eut, lui aussi, une longue vie, quant à l'autre, Pierre-Louis-François, il est le seul qui puisse être reconnu comme étant Rimbert.

 

GABRIEL-FRANÇOIS DE LA ROCHE-NÉGLY est décédé au Puy-en-Velay, le 14 octobre 1838, à l'âge de 85 ans.

ROCHE NEGLY DECES

 

Fils de François Amable et de Marie-Françoise de Sanhard de Chamouroux

parrain : Gabriel Irail Bordel de la Boriasse
Marraine : Marie-Alexie de Sanhard de Chamouroux
Né le 4 octobre 1753, baptisé le 5 [son âge au moment de son décès confirme l'année de sa naissance]

Frères et soeurs :

Jean-Gaspard-Alexis né le 20 mars 1755 ;

Joseph-Bénigne, né le 16 août 1752 ;

Georges-François-Alexis, né le 15 janvier 1751 ; chevalier de Saint-Louis ; marié à Roanne, en 1801, avec Louise-Marguerite-Alexandrine Michon de Vougy, dont une fille, Eugénie-Théodora, née à Roanne, le 14 janvier 1808 ; maire de Saint-Etienne-Lardeyrol de 1808 à 1815 puis de 1816 à 1836 ;  il est décédé le 3 mars 1836, au Puy-en-Velais, à l'âge de 85 ans ;

Aymé-Alexandre, né le 21 janvier 1750 ;

Pierre-Louis-François, né le 17 février 1747 ;

Marie-Alexie, née le 2 février 1748 ;

Jeanne-Marie-Marthe-Alexie, née le 18 février 1749.

Les registres paroissiaux de Saint-Etienne-Lardeyrol, pour la période entre 1745 et 1761, sont inexistants ; je me suis appuyée sur les différents relevés des baptêmes du site GENEAL43.

Gabriel-François avait épousé, à Lyon (Division du Midi), le 30 nivôse an VII (19 janvier 1799), Marie-Jeanne Millanois de la Salle, née à Lyon le 16 mars 1773, fille de Jean-Jacques Millanois et de Jaqueline Delafont de La Salle. (cote 2E92)

De ce mariage sont nées :

- Alexis-Marthe-Louise, née le 5 messidor an IX (24 juin 1801) ;

- Marie-Marthe-Françoise, née le 10 brumaire an XI (1er novembre 1802) ;

- Françoise-Antoinette, née le 26 fructidor an XII (13 septembre 1804) ;

Son épouse, Marie-Jeanne, est décédée le 21 février 1844 au Puy-en-Velay.

 

roche Negly épouse décès