VENANSAULT VUE

 

Lettre de A. FÉTIVEAU (Petit-neveu par alliance et à la mode de Bretagne de Victor Nicolleau)
à La Vendée Historique

Monsieur le Directeur de la Vendée Historique,


Les renseignements que je viens vous apporter concernant le dernier drapeau blanc de Venansault, ne se rapportent pas à la période révolutionnaire de 1793, mais bien à celle de juillet 1830, car Venansault conserva son organisation militaire jusqu'à la fin du règne de Charles X.


Je ne sais si ce drapeau est celui qui guida pendant la grande épopée vendéenne les contingents de Venansault, valeureuses phalanges qui jalonnèrent de leurs morts le chemin du chef-lieu de la paroisse à la Roche-sur-Yon. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il ne pouvait être confié à un plus digne que Victor Nicolleau, grand-oncle du sympathique maître d'hôtel de Venansault, qui réussit à le défendre en des combats plus difficiles que ceux livrés sur les champs de batailles.


A quelle époque Victor Nicolleau prit-il possession du précieux étendard , je n'ai rien de précis à ce sujet. Ce fut cependant dans les dernières années du premier empire, car il porta son drapeau aux combats de Saint-Gilles et d'Aizenay, en 1815. A cette époque les volontaires de Venansault étaient sous le commandement du capitaine Chauveau.


A la chute de Charles X, la paroisse de Venansault, renommée par sa fidélité au Roi, devait subir des premières rigueurs du nouveau Gouvernement ; aussi fut-elle occupée par un détachement de soldats (garnisaires) dont les tracasseries, pour ne pas dire davantage, ne sont pas encore oubliées de la population. Nicolleau dut donc défendre son drapeau par la ruse ; en cela il fut aidé par des hommes dévoués, comme Pierre et Alexis Barbeau, Jacques Rocheteau, ses jeunes et fidèles amis, et d'autres dont je ne me rappelle plus les noms.


Les policiers avaient reçu l'ordre de s'emparer de l'étendard coûte que coûte. Arrêté, puis relâché, Nicolleau dut comparaître plus d'une fois au Parquet de Venansault (la maison où était installé ce Parquet existe encore au milieu du bourg, tout près de l'église, et porte toujours le nom de Petit Parquet). On eut beau menacer de prison et d'amendes le vaillant vendéen ; on eut beau multiplier les visites domiciliaires chez lui et les siens et lui faire subir des avanies de toutes sortes ; rien ne put le faire parler, et il ne voulut jamais dire où il avait caché son précieux dépôt.


Toutes ces tracasseries altérèrent sa santé, et il devint défiant aussi bien de ses amis que de ses adversaires. Finalement, le drapeau disparut..


Au bout de quelques années, Victor Nicolleau mourut. Ce fut alors qu'une parente, Adélaïde Barbeau, en défaisant le lit sur lequel il était mort, trouva l'étoffe du drapeau qu'on croyait perdu. Comment cette étoffe avait-elle pu échapper à l'attention des personnes qui avaient soigné le défunt pendant sa dernière maladie ? Mystère !


Les débris de ce drapeau, car il était en bien mauvais état quand il fut retrouvé, sont aujourd'hui en la possession de M. Berjonneau, propriétaire à Venansault et neveu par alliance de Victor Nicolleau. Quelques années après le décès de celui-ci, un maçon avait découvert la hampe du drapeau sous les tuiles d'un toit voisin.


Veuillez agréer, etc.

La Vendée Historique - N° 178 - 20 mai 1904

Il pourrait s'agir de Louis-Bon-Victor Nicolleau, fils de Jean Nicolleau et de Marie-Jeanne Bouteiller, né à Venansault, le 21 janvier 1783 et décédé, à Venansault, le 29 juin 1834.

acte naissance Louis-Bon-Victor Nicolleau

acte décès Louis-Bon-Victor Nicolleau