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FRANCOIS-ATHANASE CHARETTE DE LA CONTRIE

acte naissance Charette

naquit le 21 avril 1763,  2 mai 1763, dans la commune de Couffé, près Ancenis, département de la Loire-Inférieure. Il était d'une famille noble et très-ancienne de la Bretagne. Il fit ses études au collège des Oratoriens à Angers. Son goût pour les mathématiques le porta à entrer dans la marine royale. Il fut nommé aspirant le 15 avril 1779, garde de la marine en 1781, et lieutenant de vaisseau en 1787. Dans l'espace de neuf ans, il fit onze campagnes, dont six en temps de guerre.

Le jeune Charette était d'une faible constitution, mais l'activité qu'il mit dans l'exercice des manoeuvres, et le zèle qu'il employa pour vaincre en quelque sorte la nature, firent de lui un très-bon marin, malgré la vivacité de son caractère et son goût dominant pour les plaisirs. Il se faisait remarquer par un très-grand sang froid dans le danger, et sauva en différentes occasions l'équipage dont il faisait partie, par ses conseils, nés du moment, et selon la nature des accidens. C'est ainsi qu'une fois le feu ayant pris au vaisseau qu'il montait, tout le monde se livrait au désespoir, et ne voyait point de ressource, alors Charette s'écria : Pouvez-vous craindre le feu lorsque nous sommes au milieu des eaux ? Ce peu de paroles ranima l'équipage, on suivit l'exemple de Charette, on se mit au travail, et le feu fut éteint. En plusieurs circonstances il donna des preuves de cette présence d'esprit qui parvient à vaincre des difficultés que le trouble nous présente souvent comme insurmontables.

En 1786, Charette fut envoyé à St Pierre de la Martinique avec l'ordre de commander un ponton qui devait empêcher tout commerce irrégulier avec les Américains. Un capitaine de cette nation lui offrit une somme considérable pour obtenir de lui la permission de débarquer la cargaison d'un bâtiment peu éloigné de la côte. Charette repoussa ses offres avec mépris. "Songez, lui dit-il, que je suis officier Français, et que je ne sers que pour l'honneur." Il fit sa dernière campagne en 1788, mais comme dès ce temps la révolution s'annonçait et qu'on préparait de grands changements dans le corps de la marine, il crut devoir solliciter sa retraite qu'il n'obtint cependant qu'en 1790. Il se maria avec la veuve d'un de ses parens, qui lui apporta une fortune assez considérable. Voici le portrait qu'a tracé de lui M. Bouvier-Desmortiers :

"Charette était d'une taille avantageuse (5 pieds 5 pouces). Il avoit le corps mince, dessiné avec grace ; le visage ovale, le nez bien pris et un peu retroussé, la bouche plate, le menton en avant. Ses yeux petits, enfoncés, et pleins de feu, lançaient à volonté un regard si pénétrant, qu'on avait peine à le soutenir quand il vous fixait avec attention ; un port distingué sans orgueil, une démarche leste, la tête haute, un air doux et riant annonçait la noblesse de son caractère et son goût dominant pour le plaisir.

Parvenu à cet âge aimable, mais dangereux, où l'existence abonde et donne malgré nous à des penchans nouveaux une direction qui influe sur le bonheur ou le malheur de la vie, Charette sentit vivement le besoin d'aimer, disons mieux, de calmer le tumulte de ses sens. Plus ardent que sensible, il aima les femmes, beaucoup pour lui, fort peu pour elles. Toujours vaincu, jamais soumis, il se livrait aux emportemens de sa passion, sans plier son âme aux inclinations caressantes et quelquefois perfides d'une maîtresse. Cet empire sur lui-même, qu'il sut ravir à la beauté, ne le rendit pas moins délicat dans ses liaisons ; jamais, l'indiscrétion frivole, la piquante ironie, ou la critique amère, défaut presque inséparable de l'homme à bonnes fortunes, n'affligèrent l'objet dont il avait partagé les plaisirs."

Charette vivait très-retiré dans son château, et n'avait point pris part aux troubles qui s'étaient déjà manifestés dans son pays. Mais les habitans résolurent de le tirer de sa solitude pour le mettre à leur tête. Charette résista pendant un jour entier ; les paysans revinrent à la charge, et allèrent même jusqu'à le menacer ; alors Charette se décide ; il leur dit : Eh bien ! vous m'y forcez, songez à m'obéir, ou je vous punirai sévèrement. Il se mit à leur tête, et fut nommé commandant en chef d'un canton formé des divisions de Machecoult, Bouin et les Marais, Château-Neuf, Saint-Mesme, Grandlande, Faleron, la Garnache, Bois-de-Cené, Fresnay, Paux, Touvois, et plusieurs autres communes. L'armée prêta serment d'être fidèle au Roi, de combattre et de mourir pour le rétablissement de la religion et du trône ; aucun de ces braves gens n'a violé son serment, et presque tous l'ont scellé de leur sang.

Athanase Charette, général Vendéen
M. de Vouziers
Paris
1817