PARIS (75) - LES QUATRE FRÈRES DE LA TRÉMOÏLLE
La maison DE LA TRÉMOÏLLE a pris son nom de la baronnie ou sirerie de la Trémoïlle, ancien fief du domaine des premiers comtes héréditaires de Poitou, située sur les frontières de la Marche, près Montmorillon et Bélâbre, et dont le démembrement paraît remonter à la fin du dixième siècle, temps auquel les cadets des maisons souveraines et puissantes commencèrent à prendre et à perpétuer le nom de leur apanage. Une charte, que cette maison conservait dans ses archives, en partie brûlées, perdues ou dispersées lors des troubles de la Vendée et des diverses occupations de Thouars par les troupes républicaines, prouvait littéralement cette illustre origine, en établissant sa filiation depuis Guillaume III, comte de Poitou, qui régna de 990 à 1029, jusqu'à Pierre Ier du nom, sire de la Trémoïlle, qui vivait en 1040, et fut le fondateur de cette maison.
Le nom de cette maison se prononce "la Trémouïlle", et est orthographié "la Trémoïlle" dans les titres antérieurs au seizième siècle et dans la plupart des anciennes chroniques.
JEAN-BRETAGNE-CHARLES-GODEFROY, sire de la Trémoïlle, duc de Thouars, pair de France, prince de Tarente et de Talmont, comte de Laval au Maine, et de Montfort, en Bretagne, baron de Vitré, et en cette qualité premier baron et président de la noblesse de Bretagne, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, naquit à Paris, paroisse Saint-Roch, le 4 février 1737.
Il entra au service dans les mousquetaires, et fut nommé successivement colonel au corps des grenadiers de France, le 30 mai 1752, puis le 10 octobre 1755, mestre-de-camp-lieutenant du régiment d'Aquitaine (depuis Artois), cavalerie, brigadier de cavalerie le 26 juillet 1762, et maréchal de camp le 3 janvier 1770.
Emigré dès 1789, il se rendit d'abord à Nice où il perdit sa femme au cours de l'été 1790, puis à Chambéry où il mourut.
Le duc de la Trémoïlle est décédé à Chambéry (73), paroisse Saint-Léger, le 19 mai 1792, à l'âge de 55 ans.
Il avait épousé en premières noces, le 18 février 1751, Marie-Geneviève de Durfort, morte sans enfants, le 10 décembre 1762, fille unique de Gui-Michel de Durfort, duc de Lorges et de Randan, maréchal de France, chevalier des ordres du roi, et d'Élisabeth-Philippine de Poitiers de Rie ; puis en secondes noces, le 24 juin 1763, Marie-Maximilienne-Louise-Emmanuelle-Françoise-Sophie, princesse de Salm-Kirbourg, née le 19 mai 1744, fille de Philippe-Joseph, prince de Salm-Kirbourg, grand d'Espagne, béer de Flandres, et de Marie-Thérèse-Josèphe, princesse de Hornes. Elle est décédée à Nice le 12 juillet 1790.
De ce mariage sont issus :
CHARLES-BRETAGNE-MARIE-JOSEPH , duc de la Trémoïlle et de Thouars, pair de France, prince de Tarente, lieutenant-général des armées du roi, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, et grand-croix des ordres militaires de Bade, est né à Paris, le 24 mars 1764, et a été baptisé paroisse Saint-Merry, le 13 mai 1766.
Il reçut une éducation des plus distinguées. Entré au service le 4 avril 1778, il fut nommé sous-lieutenant au régiment de l'Île-de-France, le 18 avril 1779, et passa avec le même grade dans le régiment Royal-Normandie, cavalerie, le 22 juin 1781.
Colonel à 23 ans, il rejoignit en 1790 les princes français à Coblentz, et concourut avec son oncle, le prince Maurice de Salm, à lever et organiser un corps de hussards à la tête duquel il fit la campagne de 1792. Il abandonna l'année suivante le commandement de ce corps à son frère, et passa au service de la cour de Naples, avec le titre de colonel d'état-major aide-de-camp du roi. Il fit en cette qualité plusieurs campagnes dans la Lombardie, et se signala particulièrement à l'affaire du Pont de Lodi, où il protégea la retraite de l'armée autrichienne assez efficacement pour mériter les éloges des généraux.
Après l'invasion du royaume de Naples par les Français en 1798, il donna sa démission et se joignit au comte de Frotté pour opérer un débarquement sur les côtes du Poitou, et prendre part comme volontaire à la dernière tentative des Vendéens en faveur des Bourbons.
Rentré en France en 1814, il fut fait par le roi lieutenant-général et créé membre de la chambre des pairs. Lors des événements de 1830, il habitait son château près de Rambouillet ; il s'empressa de venir offrir ses services à Charles X, ce prince lui ayant dit que le devoir des pairs était de se rendre à leur poste, il regagna Paris, où il arriva que tout était décidé. La crainte de l'anarchie l'engagea à se rallier au nouveau gouvernement, et il continua de siéger à la chambre des pairs.
Il a épousé, en premières noces, à Paris, le 20 juillet 1781, Louise-Emmanuelle de Châtillon, née en 1763, dernier rejeton de cette illustre maison, fille de Louis-Gaucher, duc de Châtillon, pair de France, lieutenant-général de la Haute et Basse-Bretagne, et d'Adrienne-Émilie-Félicité de la Baume-le-Blanc, duchesse de la Vallière, morte à Saint-Pétersbourg en 1814, dont une fille, Caroline, née en 1788 et décédée en 1791.
La princesse de Tarente, Louise-Emmanuelle de Châtillon, réfugiée en Angleterre, à sa sortie de la prison de l'Abbaye, a écrit ses souvenirs. Ils se rapportent aux premières années de la Révolution et finissent en 1792 ...
Nommée dame d'honneur de la Reine, au mois de mai 1785, madame de Tarente se dévoua complètement à Marie-Antoinette. Sa charge à la cour devint la grande occupation de sa vie ; c'est un véritable culte qu'elle avait pour la souveraine. Quel désespoir pour madame de Tarente que la mort de la Reine ! La France lui faisait horreur ; rien ne put la décider à revenir habiter un pays où pareil forfait s'était commis. Une seule fois, pendant quelques jours, elle vint à Wideville (Crespières 78), terre de famille, pour pleurer sur la tombe d'une fille unique qu'elle avait perdue.
Elle habitait Richemond, en Angleterre, lorsqu'en 1797, elle fut appelée à la cour de Russie, comme dame du palais. Madame de Tarente traîna, comme elle le dit, sa triste vie en Russie pendant de longs jours ; la princesse, gravement malade, meurt dans la maison de campagne des Golovine aux environs de Pétersbourg ; Elle était fort estimée par l'épouse d'Alexandre Ier, l'impératrice Elisabeth Alexeïevna et plusieurs Russes, surtout des femmes de la haute société qui l'appellaient après sa mort "la bienheureuse". Jacques Delille chante sa conduite héroïque lors de la Révolution dans son poème Le Malheur et la Pitié (première édition, sous le titre La Pitié, 1803) ;
- puis, en secondes noces, le 9 juin 1817, Marie-Virginie de Saint-Didier, fille du comte Antoine de Saint-Didier, décédée le 16 janvier 1829, et dont sont issues deux filles : Charlotte-Antoinette-Amélie-Zéphyrine, née à Paris, le 8 octobre 1825, décédée au même lieu le 21 décembre 1879 et Éléonore-Louise-Henriette-Joséphine-Caroline, née le 17 janvier 1827, décédée à Paris, le 26 novembre 1846, à l'âge de 19 ans ;
- et en troisièmes noces, le 14 septembre 1830, à Saint-Georges-sur-Loire, Valentine-Eugénie-Joséphine Walsh de Serrant, décédée le 10 septembre 1887, dont Marie-Henriette, née en 1833, décédée en 1890 et Charles-Louis, né à Paris, le 26 octobre 1838, historien, archiviste, bibliophile et collectionneur ; duc de la Trémoïlle et de Thouars, prince de Tarente et de Talmont, héritier du royaume de Naples ... ; il épousa, le 2 juillet 1862, Marguerite-Églé-Jeanne-Caroline du Châtel, fille du comte du Châtel, ministre de l'intérieur sous Louis-Philippe ; Charles-Louis est décédé à Paris, le 4 juillet 1911.
Charles-Bretagne-Marie-Joseph, duc de la Trémoïlle, est décédé à Paris, le 10 novembre 1839, à l'âge de 75 ans.
ANTOINE-PHILIPPE, prince de Talmont, frère jumeau du prince abbé de la Trémoïlle, qui suit, est né à Paris, paroisse St-Merry [Saint-Médéric], le 27 décembre 1765.
Général de la cavalerie royale vendéenne.
Émigré avec sa famille, en 1791, il joignit les princes à Coblentz. Rentré en France la même année, il fut arrêté, en 1792, comme ayant pris part à la conjuration du marquis de la Rouairie, contre les principes révolutionnaires. Enfermé à Angers, il parvint à s'échapper des mains des gendarmes qui le conduisaient de cette ville à Laval.
Il rejoignit l'armée vendéenne à Saumur, au mois d'avril 1793, et fut nommé général de la cavalerie. Le 29 juin, lors du siège de Nantes, il chargea les républicains qui fuyaient par la route de Vannes, leur prit deux pièces de canon et les força de rentrer dans la ville. Le prince de Talmont eut un cheval tué sous lui dans cette affaire. Le 30 juillet, il sauva l'armée vendéenne, en couvrant la retraite avec la cavalerie, à la suite des combats de Pont-Charron, de Bessay et de Luçon. Il se distingua aux combats de Doué, le 14 septembre, de Clisson, le 21, de la Tremblaye, le 15 octobre, et, de concert avec M. d'Autichamp, il s'empara de Varades, ce qui assura à l'armée royale le passage de la Loire. Il prit part au combat et à la prise de Laval, le 22 octobre, et au siège de Granville, le 14 novembre. A la bataille d'Antrain, le 18 du même mois, le prince de Talmont, à la tête de 400 hommes, soutint tous les efforts de l'armée républicaine, et donna le temps aux royalistes, qu'une terreur panique avait dispersés, de se rallier, et de remporter eux-mêmes la victoire. Ce beau trait de dévouement et d'héroïsme fut admiré par toute l'armée royale, dont les chefs se plurent à répéter qu'ils lui devaient leur salut.
Il donna de nouvelles preuves de valeur au combat qui précéda la prise du Mans, le 10 décembre. (Dans ce combat, un hussard républicain osa défier le prince de Talmont qu'à son écharpe blanche il reconnut pour général. Le prince tourne bride et lui crie : "Je t'attends". Puis, s'avançant lui-même au devant de son adversaire, il fond sur le cavalier et lui partage la tête d'un coup de sabre), et le 12, à la sanglante action qui eut lieu dans cette ville, et qui fut suivie de la déroute de l'armée royale, dont les débris se rallièrent à Laval. Peu de jours après ce désastre, les officiers ayant élu, à Blain, le chevalier Fleuriot pour général en chef, le prince de Talmont, dont les services signalés semblaient lui avoir mérité cette distinction, fut piqué de cette préférence, et se retira de l'armée.
Arrêté à Laval, le 4 janvier 1794, et condamné à mort, le 26, par une commission militaire républicaine établie à Rennes, il ne démentît point, dans ses derniers moments, la grandeur d'âme et la fermeté qu'on lui avait connues sur les champs de bataille, et reçut la mort, le 27 janvier, en face de son château de Laval. Il avait 28 ans.
Le prince de Talmont avait épousé, le 26 janvier 1785 à Paris, paroisse Saint-Sulpice, (par contrat signé du roi le 23), Henriette-Louise-Françoise-Angélique d'Argouges, fille unique de Michel-Pierre-François, comte d'Argouges, marquis de la Chapelle-la-Reine et de Bournezeau, lieutenant-général des armées du roi, et de Henriette-Charlotte-Marie de Courtavel de Pezé. Ils ont eu un seul fils, Charles-Henri-Léopold, né le 2 novembre 1786, à Paris ; colonel au 5e régiment de hussards ; marié le 30 septembre 1813 à Paris, avec Claire-Louise-Augustine-Félicité-Maclovie de Durfort de Duras, princesse de Talmont, comtesse de La Rochejaquelein, née à Londres le 19 août 1798, décédée à Rigny-Ussé (37), le 7 janvier 1883 (dame d'honneur de la duchesse de Berry) ; Charles-Henri-Léopold est décédé le 7 novembre 1815 à l'âge de 29 ans, des suites des fatigues qu'il avait éprouvées dans la campagne de Russie.
CHARLES-GODEFROY-AUGUSTE, prince abbé de la Trémoïlle, comte de Laval, est né à Paris, le 27 décembre 1765 .
Il fit ses études au Plessis, et fut destiné à l'état ecclésiastique. Il était appelé à succéder au cardinal de Rohan dans le siège de Strasbourg. Né avec de rares talents, doué d'une grande facilité d'élocution, il eût occupé sans doute une place distinguée dans sa licence, mais la révolution vint l'obliger à quitter le séminaire.
En 1793, il parvint à faire échapper son frère, le prince de Talmont, des prisons d'Angers.
Alors que toute sa famille avait émigré, on lui avait fait des donations simulées de tous les biens, afin de prévenir les séquestres et les confiscations. Dans la distribution des rôles, le sien était de veiller aux intérêts communs. C'était une espèce d'enfant perdu qu'on avait laissé en France pour correspondre, régir le bien, en faire passer les revenus. Il paraît qu'il s'acquittait à merveille de la commission dont il s'était chargé. Il confia à plusieurs de ses compagnons d'infortune, qu'il avait fait six fois le voyage d'Angleterre, et qu'il en était de retour peu de jours avant son arrestation. Il contait même que dans l'un de ces voyages, par une nuit affreuse et dans un temps d'hiver, le vaisseau qui le portait fut brisé par la tempête ; qu'il se sauva à la nage et fut jeté, comme par miracle, sur le rivage, à quelque distance de Boulogne-sur-mer, seul endroit où il put trouver du secours.
Il spéculait sur la vente des domaines nationaux. Il se vantait particulièrement d'une opération qui lui avait rapporté un bénéfice considérable. Il avait étudié deux choses depuis la révolution, l'agiotage et l'histoire ecclésiastique ; car il tenait, disait-il, à la religion de ses pères et il avait tout récemment fouillé dans un peu de théologie, comme un propriétaire fait rechercher ses titres, en cas de contestation.
Il était d'une jolie figure, et, à ce qu'il paraît, très bien auprès des femmes. Lorsqu'il racontait quelqu'une de ses aventures, c'était toujours "chez une femme de sa connaissance". Ce qui fait qu'un prisonnier lui dit un jour : "Mais la Trimouïlle, de cette manière, vous ne connaîtrez jamais les hommes".
Il connaissait parfaitement toutes les intrigues dont les comités de gouvernement d'alors étaient environnés. Il parlait souvent de la corruption de plusieurs membres ; des affaires qu'il avait terminées par ce moyen cependant : il ne révélait point le secret de ces intrigues, sinon qu'il indiquait avec trop de mystère "Chabot" comme l'un des hommes dont on tirait le meilleur parti. Il avait promis à un de ses camarades d'infortune de lui confier tout ce qu'il savait là dessus ; mais ils furent séparés brusquement, et celui-ci n'en a pas su davantage.
Il se passa un fait remarquable et qui prouve en effet qu'il était bien servi, non seulement auprès des comités, mais partout où la corruption peut pénétrer ; et où ne pénètre-t-elle pas ! Je ne sais quel membre de la Convention fit un jour beaucoup de tapage à l'assemblée, en criant qu'on punissait de "petits conspirateurs et qu'on laissait là les grands" : il cita pour exemple le prince Talmont qui était depuis plusieurs mois à la Conciergerie, et dont "la tête n'avait pas encore roulé sur l'échafaud".
Un décret fut rendu qui ordonna à l'accusateur public de rendre compte de cette coupable négligence. La Trémouille sentit le coup ; il ne perdit point de temps, mit ses limiers en campagne, et l'accusateur public répondit qu'il avait vérifié l'état des prisonniers détenus à la Conciergerie ; qu'il avait pris des informations exactes sur les détenus des autres maisons d'arrêt, et qu'il pouvait assurer la Convention ou le comité de sûreté générale, que le prince Talmont ne se trouvait dans aucune de ces maisons : mais il se garda bien de dire que l'on avait fait un quiproquo, et qu'en effet il existait à la Conciergerie un frère du prince Talmont, et que c'était là la cause de l'erreur.
Non seulement la Trimouïlle échappa à cette alerte, mais il parvint à se faire transférer de la Conciergerie à l'hospice de l'Évêché, et pour qui a connu les difficultés de ces translations, ce n'est pas peu de chose. On raconte, à l'occasion de celle-ci, un fait qui mérite d'être conservé. La Trimouille devait être conduit dans un fiacre, accompagné seulement d'un gendarme. Sur le point de monter en voiture, il reconnaît le cocher pour avoir été dans sa maison ; le cocher surpris s'écrie : "Comment, Monsieur c'est vous ! Il continua à voix basse : "Mes chevaux sont bons, nous serons bientôt à la barrière, prenez". Il lui donne un couteau. La Trimouille monte dans la voiture ; le cocher marchait lentement ; enfin ne s'apercevant pas qu'il se passât rien d'extraordinaire, il fut forcé d'arriver à l'hospice ; mais lorsqu'il ouvrit la portière, des regards où étaient peints l'indignation et le mépris, ne laissèrent pas de doute à la Trimouïlle sur la nature des reproches qu'il lui faisait. Il est assez difficile d'imaginer ce qui put le retenir. Croyait-il être hors de danger ? Craignait-il de commettre un assassinat ou de perdre l'homme qui voulait le sauver ?
Enfin le voilà à l'hospice de l'Évêché, éloigné de quelques pas du redoutable tribunal. C'était réellement un triomphe. Peut-être était-il sauvé, s'il eût été prudent ; mais, ô bizarrerie des choses humaines ! Dans cette même prison, et cependant dans un lieu séparé, était une princesse polonaise qui, détenue depuis quelque temps, avait conservé en prison les goûts qu'on lui connaissait dans le monde. Elle était belle, la Trimouïlle était fort beau garçon ; il en arriva comme de Danaé, l'argent brisa les verrous ; l'amour changea pour eux une garde-robe en boudoir ; ils y furent surpris, et le lendemain ou deux jours après, ils furent conduits à la Conciergerie et de là à l'échafaud, le 15 juin 1794. Ce jeune prince était déjà sous-diacre, et n'avait alors que 28 ans.
LOUIS-STANISLAS-KOSTKA, prince de la Trémoïlle est né en la paroisse Saint-Médéric de Paris, le 12 juillet 1767. Il est reçu chevalier de Malte le 15 septembre 1770.
Louis termina très-jeune de fort bonnes études au collège du Plessis, et visita ensuite l'Angleterre et les principales cours d'Allemagne.
De retour en France, il entra dans le régiment de colonel-général ; et, lors de l'émigration, il suivit le prince de Condé qui le nomma son aide-de-camp. Chargé de missions importantes en diverses cours de l'Europe et en France. Au cours de ces missions, il fut arrêté deux fois en France et il a dû son salut, la première fois à l'intervention de Madame de Staël, la seconde à la mort de Robespierre.
A la Restauration, il ne sollicita pour lui-même ni grâces ni faveurs, et ne se servit de son crédit que pour être utile à ses anciens compagnons d'infortune.
Il cessa de faire partie de la chambre des pairs en 1830.
Louis-Stanislas-Kostka mourut aux eaux d'Aix-la-Chapelle (Prusse Rhénane) le 30 juillet 1837.
C'est en prison qu'il a connu la princesse de Saint-Mauris-Montbarrey qu'il épouse à Paris, le 1er avril 1802. Geneviève-Adélaïde Andrault de Langeron, née à Paris le 1er juillet 1766, marquise de Maulévrier, fille du comte de Langeron et de Marie-Louise Perrinet du Peseau ; elle avait été mariée en premières noces, le 25 novembre 1789 le prince Louis-Marie-François-Stanislas de Saint-Mauris-Montbarrey, né en 1756, sénéchal et gouverneur du Rouergue, mort guillotiné à Paris le 17 juin 1794, sans postérité. Elle est décédée à Paris le 7 octobre 1829, sans postérité.
Il se remarie à Paris, le 11 août 1834, avec Augusta-Angélique Murray de Dunmore, fille d'Alexandre Murray et de Déborah Hunt, née en 1814, dont il a deux filles jumelles :
- Félicie-Emmanuelle-Agathe-Rosalie, née à Paris, le 8 juillet 1836 ; à 29 ans elle épouse, le 11 septembre 1865 à Paris (8e) avec Jules-Maximilien Thibaut, prince de Montléart, (78 ans) marquis de Rumont, officier de l'ordre impérial de la Légion d'honneur, grand'croix des ordres des Saints Maurice et Lazare d'Italie et du mérite de Saxe et de Bavière, né à Paris, paroisse St-Sulpice, le 8 février 1787, fils de Marie-Louis comte de Montléart, décédé à Passy (Seine) le 9 janvier 1837 et de Marie-Louise de Saint-Simon, décédée au château de Wildbegg (Suisse), le 21 juin 1804 ; il avait épousé en premières noces, le 1er février 1810, Marie-Christine-Albertine, princesse douairière de Savoie-Carignan, duchesse de Saxe-Courlande, décédée à Paris le 24 novembre 1851 ; puis en secondes noces, à Paris, le 5 mai 1860, Louisa-Catherine Keir Grant, née en Écosse le 9 février 1808 et décédée le 7 août 1861.
Jules-Maximilien est décédé à Paris (9e) rue Basse du Rempart n° 64, le 18 octobre 1865 et Félicie, veuve six semaines après son mariage, est décédée en sa résidence de Paris (8e), boulevard Haussman n° 188, le 2 septembre 1915 à l'âge de 79 ans ;
- Louise-Marie, née le 8 juillet 1836, à Paris ; mariée le 26 mars 1858 avec Gabriele-Lancellotto Castelli , prince de Torremuzza ; il fit partie du comité révolutionnaire sicilien de 1848, siégea au parlement de Sicile, pair du royaume comme marquis della Motta, et en fut le secrétaire ; il fut envoyé, avec la commission composée du duc de Serradifalco, Pérez, Carnazza Amari, Lello, pour offrir la couronne de Sicile au duc de Gênes ; en 1861, il fut nommé sénateur du royaume d'Italie, fut surintendant de la Maison Royale et maître de cérémonie à la cour de Palerme, chevalier grand-croix de l'ordre mauricien, etc. , né le 3 mai 1809 à Palerme, dont Agata-Augusta-Louisa-Carlotta, née le 28 décembre 1858 à Paris, décédée à Naples, le 28 novembre 1938 et Vincenzo, né à Palerme, le 17 février 1863, décédé vers 1960 à New-York.
Gabriele est décédé à Palerme, le 17 juin 1894, à l'âge de 85 ans et Louise-Marie est décédée le 20 avril 1913, également à Palerme.
Augusta-Angélique Murray de Dunmore est décédée à Paris, le 20 juillet 1877.
Selon une inscription apposée au verso, c’est en 1843 qu’Eynard a pris ce portrait du prince et de la princesse de Montléart, "mère du roi du Piémont", avec leurs deux enfants, Jules Maurice et Louise Bathilde. La troisième personne depuis la gauche est effectivement Marie-Christine de Saxe (1779-1851), fille du duc Charles-Christian de Saxe et petite-fille du roi de Pologne Auguste III. Elle avait épousé en premières noces Charles-Emmanuel de Savoie-Carignan dont elle eut un fils, Charles-Albert, roi de Sardaigne à partir de 1831 et père du futur premier roi d’Italie Victor-Emmanuel II. Nés respectivement en 1807 et 1809, les deux enfants présents sur ce portrait familial sont issus de son second mariage avec le comte français Jules Maximilien Thibault de Montléart. Ce daguerréotype a sans doute été pris à Paris, mais la terrasse sur laquelle posent les modèles et le bâtiment visible à l’arrière-plan n’ont pu être identifiés.
À gauche du groupe familial, Jules Maximilien Thibault de Montléart a posé une main sur sa tempe, un ou deux doigts pointés vers le haut ; à droite, son fils dirige, quant à lui, son index vers le bas.
Biographie universelle par F.-X. de Feller - Tome VIII - 1850
La Révolution Française - Revue historique - F.-A. Aulard - Tome XVème - Juillet-Décembre 1888
Généalogie de la maison de La Trémoïlle par Courcelles J.-B.-P.
État-civil de Paris
Le chevalier de Boufflers et la Comtesse de Sabran par Pierre de Croze - 1894
Daguerréotype réalisé en 1843 par Jean-Gabriel Eynard (1775 - 1863) - Bibliothèque de Genève
Giornale araldico-genealogico-diplomatico - volume 3 - p. 214 - 1894









