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La Maraîchine Normande
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8 janvier 2024

AURILLAC (15) - LYON (69) - LOUIS-FURCY GROGNIER, DIRECTEUR DE L'ÉCOLE NATIONALE VÉTÉRINAIRE DE LYON (1773 - 1837)

AURILLAC

 


Louis-Furcy Grognier naquit le 20 avril 1773, à Aurillac, département du Cantal, où son père, Antoine, exerçait la profession de notaire.

 

baptême

Il ne doit pas être confondu avec ses frères appelés Louis-Furcy comme lui : Louis-Furcy dit l'Avocat, surnommé le Mirabeau d'Aurillac (1777-1832), Louis-Furcy le sculpteur (1783-1817), Louis-Furcy dit le Maire, maire d'Aurillac et président de la Société cantalienne (1787-1863) né du second mariage d'Antoine en 1785 avec Suzanne Combe.

Comme beaucoup de jeunes gens d'alors, M. Grognier ne fit que de médiocres études ; les esprits, agités par les idées nouvelles, ou troublés par les orages politiques, n'avaient pas tout le recueillement ni tout le calme qu'il faut à la pensée.

Bientôt les goûts de M. Grognier l'entraînèrent vers le service de la marine ; ses parents l'envoyèrent à Bordeaux, où il devait entrer dans une école spéciale, qui fut supprimée par la révolution de 89.

guillotière 3 z

Quelque temps après, ils obtinrent pour lui une place d'élève à l'École vétérinaire de la Guillotière, établissement dirigé par Louis Bredin, professeur aussi habile que zélé, et qui était en possession du titre honorable de second fondateur de cette école. Bredin sut apprécier le caractère de M. Grognier, et découvrit en lui les germes d'un talent remarquable. A cette époque remonte la vieille et profonde amitié de M. Grognier et de M. Raphaël Bredin, qui succéda plus tard à son père, dans la place de directeur de l'école.

M. Grognier, toutefois, ne montrait pas beaucoup de goût pour les études vétérinaires, mais une mémoire assez heureuse lui permettait d'apprendre en peu de temps le sujet des cours qu'il était obligé de suivre, et, par une grande facilité d'élocution, il était presque sûr de briller dans ses examens. Il remporta des prix, et obtint la place de répétiteur.

Au milieu de la tempête révolutionnaire qui bouleversait toutes choses, la famille de M. Grognier fut rudement assaillie, et son père, forcé de fuir les persécutions de la Terreur, eut ses biens sous le séquestre. Dans cet état d'abandon où les circonstances placèrent le jeune Grognier, il reçut de son respectable professeur les preuves de l'assistance la plus amicale, et il en a gardé jusqu'à la fin de ses jours un souvenir ému et reconnaissant.

Devenu un personnage actif dans les mouvements réactionnaires, il combattit, au siège de Lyon, contre l'armée de la république, et occupa une place dans l'administration municipale de cette désastreuse époque.

Forcé enfin, pour se soustraire à la proscription des tribuns, de prendre du service dans l'armée, sous un nom emprunté, il fit une campagne en Vendée, où il put utiliser, dans un dépôt de cavalerie, ses connaissances vétérinaires, et avoir ainsi le bonheur de ne pas faire couler du sang français.

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Beaucoup plus heureux que plusieurs autres habitants de Lyon, il revint, en l'an VII, reprendre, à l'École vétérinaire, ses paisibles et utiles travaux. Il ne tarda point à obtenir la place de bibliothécaire de l'école, et, plus tard, à la suite des concours, celle de botanique médicale, qu'il occupa longtemps. Il passa enfin à une chaire plus en rapport avec ses goûts, et qu'il a gardée jusqu'à sa mort, nous voulons parler de la chaire de zoologie, d'hygiène, de multiplication des animaux domestiques et de jurisprudence vétérinaire.

Le premier essai de M. Grognier fut une histoire critique des ouvrages publiés en médecine vétérinaire jusqu'à Bourgelat, y compris ceux de cet homme célèbre. On reconnaît déjà, dans ce premier écrit, les qualités qui depuis ont caractérisé le talent de M. Grognier, une sage appréciation, une méthode claire, des formes didactiques et un style simple et incisif.

Devenu membre successivement de la Société d'Agriculture, dont il a été ensuite le secrétaire perpétuel, de la Société de médecine, de l'Académie des belles-lettres, puis du Comité de Salubrité publique, M. Grognier eut souvent l'occasion de prendre la parole sur des objets très variés, et d'ordinaire il se faisait écouter avec intérêt. Il a composé un grand nombre d'opuscules, de mémoires, de rapports et d'éloges qui lui valurent des prix des sociétés savantes auxquelles il les adressa, et dont la plupart l'admirent au nombre de leurs membres correspondants. Nous devons mentionner surtout les éloges de Parmentier et de Jacquard, dans lesquels il s'est distingué non seulement par le mérite de la diction, mais encore par les qualités d'un bon citoyen et par son attachement à sa cité.

Capture

Dans ces dernières années, il avait publié deux ouvrages, qui resteront longtemps entre les mains des élèves de l'École vétérinaire ; c'est un traité de zoologie, et un cours d'hygiène et de multiplication des animaux domestiques. Sa carrière d'auteur s'est terminée par une seconde édition de ces deux ouvrages, qui sont devenus classiques.

Doué d'une constitution robuste, M. Grognier n'avait presque jamais connu la douleur, ni les infirmités jusqu'à ces derniers temps, où ses amis commencèrent à s'apercevoir du dépérissement de sa santé, d'une sorte de vieillesse anticipée et rapide, dont il n'avait pas la conscience. Une toux opiniâtre le força de suspendre ses travaux ; il sentit ses forces diminuer, et fut obligé de s'aliter sans qu'il conçût la moindre inquiétude sur son état, car il songeait aux ressources de son organisation puissante. Toutefois, malgré le zèle de sa famille, malgré les visites assidues de deux médecins, MM. Parat et Baumers, dont la vieille amitié se prodiguait en soins affectueux, M. Grognier ne put être sauvé.

Le 7 octobre [1837], il reçut, dans la matinée, les consolations de la religion ; sur le soir, le délire s'empara de lui, et vers sept heures, il remit son âme à Dieu, en qui il avait placé toute sa confiance. Il a été inhumé au cimetière de Loyasse (Lyon).

décès Lyon 1837

 

M. Grognier avait d'excellentes qualités ; humain, bon, généreux, il fut toujours prêt à obliger ceux qui avaient recours à lui ; il se fit de nombreux amis dans tous les rangs de la société. Son caractère était naturellement vif, et quelque peu brusque ; mais si M. Grognier ne fut pas toujours maître de ces mouvements premiers qui emportent les natures irritables, du moins il ne sut jamais garder de rancune. Volontiers il reconnaissait les erreurs qu'il pouvait avoir commises. Sa conversation s'animait de saillies heureuses, et sa mémoire était pleine de choses qu'il savait dire avec goût et placer à propos. Son accent auvergnat donnait à ses paroles un air piquant et original. On pourrait dire aussi de lui ce que le P. de Colonia a dit du P. Menestrier, qu'il avait une physionomie solaire. La figure de M. Grognier était une de ces bonnes et larges faces, où rayonnent la candeur et la simplicité. M. Grognier était fort distrait, et oubliait souvent çà et là son chapeau, son mouchoir, ou ses gants, lorsqu'il en portait. 


Bibliothèque municipale de Lyon - Revue du Lyonnais - série 1 - Tome 6 (1837) - pp. 386

AD69 - Registres d'état-civil de Lyon

AD15 - Registres paroissiaux d'Aurillac

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