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La Maraîchine Normande
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11 octobre 2020

LA FLÈCHE - LE MANS (72) - FRANÇOIS DE LA MOTTE D'AUBIGNÉ, DIT LA MOTTE-MERVÉ, DIT DENIS (1770 - 1799)

FRANÇOIS DE LA MOTTE D'AUBIGNÉ, DIT LA MOTTE-MERVÉ, DIT DENIS

Chef de bataillon de la légion Tranquille, Adjudant général en 1799.

CHOUANS 4

 

François était le fils aîné de Jean-Benjamin de la Motte d'Aubigné et de Louise-Renée-Suzanne Fontaine de Mervé ; il est né à La Flèche, le 23 juillet 1770.

François baptême 1770

Son père, Jean-Benjamin, fils de haut et puissant seigneur Louis-Ange de la Motte, chevalier seigneur d'Aubigné, conseiller au parlement de Bretagne, et de Rose-Françoise de Gennes, est né à Conquereuil (44) le 22 septembre 1726. Il était capitaine en premier au corps royal d'artillerie régiment de Besançon, écuyer, chevalier de Saint-Louis. 

Il avait épousé à La Flèche, le 31 janvier 1766,  Louise-Renée-Suzanne Fontaine de Mervé, née le 14 octobre 1739, fille de Henry-Louis-Damien Fontaine, écuyer, seigneur de Mervé, ancien capitaine d'infanterie et de Suzanne Richer.

De ce mariage son nés :

- Louise-Suzanne, née à La Flèche, le 26 novembre 1767 ; décédée à La Flèche, le 7 octobre 1769 ;

- Henriette-Marguerite, née à La Flèche, le 10 juillet 1769 ; mariée avec Augustin Lefebvre de Chasles ; décédée à Luché-Pringé, le 3 avril 1833 ; dont une fille, Henriette-Marie-Adélaïde, née le 8 juin 1803 et qui a épousé à Luché-Pringé, le 11 septembre 1820, René-Armand-Victoire de la Fontaine de Follin (1799 - 1836)  ; Henriette-Adélaïde est décédée à Luché-Pringé le 3 mars 1860 ;

- François, né à La Flèche, le 23 juillet 1770 ;

- Jean-Cardin, né à La Flèche, le 3 juillet 1771.

Jean-Benjamin et ses deux fils avaient émigrés. 

Sa mère, Renée-Louise-Suzanne Fontaine de Mervé, est décédée à La Flèche, le 9 juillet 1775, à l'âge de 35 ans.

Son père, Jean-Benjamin de la Motte d'Aubigné, fut tué en Vendée à Montjean, le 15 septembre 1793. 

Mervé et moulin z

La Motte-Mervé avait pris part à la prise du Mans le 15 octobre 1799.

Les Chouans des cantons environnant La Flèche étaient sous le commandement de Paratouski, dont le vrai nom était La Volvène, homme bien né. Son commandement passa à M. de Bourmont, dont il devint le lieutenant. M. de Bourmont était un bon gentilhomme de l'Anjou, (comte de Ghaisnes de Bourmont) aussi aimable que brave. Après avoir vaincu à Louverné, il se rapprocha de la Sarthe et soumit les Chouans à une discipline que Tranquille, tout intrépide et tout dévoué qu'il fût, n'était pas capable de leur faire observer. Georges, Châtillon, de Frotté en avaient fait autant de leur côté dans leurs contrées respectives. Ces armées comptaient au total près de 100.000 hommes, dont le courage se trouvait relevé par des grades, des décorations, et l'espoir d'arriver à la fortune.

Ce fut alors que La Motte-Mervé fit appel au dévouement des jeunes gens de La Flèche avec lesquels il lui avait été facile d'entretenir des intelligences. Ils le rejoignirent au nombre d'environ 50, parmi lesquels on comptait en première ligne Duvigneul, Le Franc, fils du capitaine des canonniers, les trois frères Douay, le petit-fils du docteur Peffault de la Tour, le fils du marquis de Venevelles ...

Après quelques chaudes affaires, où les Chouans apprirent de plus en plus à se battre, Bourmont fit appel à tous les Royalistes et les engagea à le seconder, lorsqu'il marcherait en corps avec son armée. Il s'était concerté avec tous les autres généraux pour que plusieurs villes à la fois tombassent en leur pouvoir et fussent mises sous la domination du roi. Ce qui eut lieu, en effet, dans le même temps et dans plusieurs contrées.

En conséquence, Bourmont réunit 4.000 hommes à Bazouges, où il fut tenu un conseil de guerre et décidé qu'on commencerait par s'emparer de La Flèche, comme point d'appui, pour de là attaquer le Mans.

Mais la Motte-Mervé n'oublia pas encore cette fois qu'il était enfant de la ville, et craignant pour elle tous les malheurs qui sont la conséquence d'une place prise de vive force, il supplia le général en chef, qui avait pour lui la plus grande considération, de se porter directement sur le Mans en tournant La Flèche. Ce qui fut fait, et l'armée gagna le Mans par Mézeray, Noyen et La Suze.

Quelques officiers subalternes accusèrent La Motte-Mervé de mollesse, ignorant le motif qui le faisait agir. Arrivé à peu de distance du Mans, il arrêta sa troupe et lui dit :

"Ce jour doit être pour vous et pour moi un jour de gloire. Si l'un de vous ne se sent pas assez de courage pour la chercher dans les dangers, qu'il se retire ; ils pourront revenir après l'affaire ; je promets de ne jamais le leur reprocher."

Toute la division cria : "Vive le Roi ! Vive La Motte !"

L'attaque commença le 15 octobre 1799 avant le jour. On eut bientôt emporté les premiers postes ; chaque division marcha en avant dans les rues. La Motte-Mervé enfila celle qui conduisait à la Couture, où étaient casernés les grenadiers républicains. Dès la première décharge, La Motte, placé au premier rang, reçut un coup de feu dans la poitrine. Il porta la main sur sa blessure pour cacher le sang à ses soldats. On s'en aperçut cependant et on voulut le faire se retirer : "Non, mes amis, s'écria-t-il, ce n'est rien ; continuons à faire notre devoir." Mais, une faiblesse survenant, il fallut le faire entrer dans une maison dont les habitants lui étaient dévoués, et il y mourut après avoir reçu tous les sacrements ...

Que le nom de M. de la Motte-Mervé ne soit donc jamais oublié à La Flèche et que sa mémoire y soit bénie par les Fléchois !

Cette mort fut particulièrement cruelle pour l'armée royaliste du Maine. M. de la Motte-Mervé était à tous égards l'un de ses chefs les plus énergiques et les plus estimés."

 

 Histoire de La Flèche et de ses seigneurs - Charles de Montzey - 1877

La Flèche sous la Révolution - Charles Boucher, Alain de Dieuleveult - 1982.

La prise du Mans par les chouans le 15 octobre 1799 - de Robert Triger - 2012

Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe - 1967

 

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