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La Maraîchine Normande
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16 août 2020

CRÉTEIL (81) LA BRÈDE (33) - ANNE-LOUIS-ANTOINE CLOUET, MARÉCHAL DE CAMP (1781 - 1862)

généanet portrait z

Fils du légitime mariage (le second, il y en eut trois) de Jean-Baptiste Paul Antoine Clouet, écuyer, régisseur général des poudres et salpêtres de France et de Marie Angélique Françoise Tousard d'Olbec, Anne-Louis-Antoine est né à Créteil (94), le 13 septembre 1781.

 

Anne-Louis-Antoine Créteil baptême 1781

 

Anne-Louis avait deux frères : - Louis-Angélique, officier de vaisseau, puis receveur particulier des finances de l'arrondissement de Reims, marié à Sophie Jusselin, et - Henri-Marie, receveur particulier des finances de l'arrondissement de Soissons.

jean baptiste paul antoine portrait wikimedia commons z

Son père, Jean-Baptiste-Paul-Antoine Clouet naquit à Verdun, paroisse St-Pierre-l'Angelé, le 19 juillet 1739. D'abord commissaire des poudres, le 1er juillet 1775, il devint régisseur général des Poudres et Salpêtres, en compagnie de Jean-Pierre Lefaucheux, de Lavoisier et de Louis-Claude Babault de Glatigny, lorsque le Conseil d'État eut, à l'instigation de Turgot, créé la Régie.

Clouet joua alors un rôle très actif, tant dans l'administration de cet important organisme, que dans les recherches et essais entrepris pour améliorer et faciliter la production du salpêtre et la fabrication des poudres. Il collabora en particulier avec Lavoisier à l'étude de certaines terres ou pierres salpêtrées et à l'essai de nouvelles poudres.

Le tome XI des Mémoires des Savants étrangers contient deux importants mémoires de Clouet et Lavoisier sur la fabrication du salpêtre, et le tome XI des Registres de Laboratoire de Lavoisier signale la participation de Clouet à des essais de poudres entrepris à l'Arsenal le 26 novembre 1776.

Antoine Clouet conserva son poste de régisseur des poudres et salpêtres jusqu'en 1792. Il franchit la Révolution sans encombre, si ce n'est un incident survenu le 14 juillet 1789 et qui risqua fort de lui être tragique. (René Taton - Revue d'histoire des sciences / Année 1952 / 5-4 / pp. 359-367 / Persée)

Logé à l'Arsenal, proche de la Bastille, il fut, le 14 juillet 1789, le héros involontaire d'un épisode peu connu de la prise de la Bastille.

Dans la matinée de ce jour mémorable, Clouet était sorti à cheval pour aller chez M. Blondel, maître des requêtes chargé du département des poudres et salpêtre, pour lui rendre compte de sa gestion.

Pendant ce temps, le peuple qui se rassemblait autour de la Bastille forçait l'hôtel de la Régie des Poudres, brisait des caisses de munition et en emportait aux combattants.

En revenant chez lui par la rue St-Antoine, la foule qui entourait la Bastille fit craindre à Clouet de ne pas pouvoir pénétrer par le passage qui donnait de la rue Saint-Antoine dans la cour de l'Orme, dépendant de l'Arsenal.

Le régisseur fit alors un détour qui l'éloignait de la forteresse. Ce mouvement et l'habit bleu brodé d'or dont il était couvert firent croire à des femmes que le gouverneur de la Bastille s'évadait. Elles ameutent la foule à grands cris ; rapidement Clouet se trouve entouré par plusieurs centaines de personnes et jeté de son cheval. Sans l'intervention de Chola, qui obtint qu'il soit conduit à l'hôtel de ville, un mauvais sort lui était fait. Il est conduit à l'hôtel de ville sous les coups, mais heureusement quelques témoins l'ont reconnu et courent prévenir les chefs militaires.

Le Chevalier de Saudray et le Marquis de la Salle, aidés de quelques volontaires, se portent à la rencontre du régisseur et de son escorte. Malgré la foule qui encombrait le grand escalier, ils parviennent à atteindre le prisonnier au moment où, semble-t-il, il pénétrait dans l'hôtel de ville.

De Saudray se précipite sur lui pour l'arracher aux armes qui le menacent ; c'est alors qu'il est blessé grièvement d'un coup de sabre à la tête qui l'oblige à se dessaisir du prisonnier, bien qu'il n'ai pas perdu connaissance. Mais la diversion est suffisante pour que le Marquis de la Salle réussisse à mettre Clouet à l'abri.

Ce dernier reçut des premiers soins, car il était couvert de sang et aucune partie de son corps n'était sans contusion ou sans blessure.

Cet épisode douloureux eut sans doute quelque influence sur la décision du régisseur de s'installer définitivement au château de Vic-sur-Aisne. Il n'en devint pas moins l'un des dirigeants révolutionnaires à Soissons ... 

Maire de Vic pendant quelques années, puis Conseiller général de l'Aisne, Clouet mourut dans sa maison de la rue Vendôme à Paris, le 18 mai 1816. (Denis Rolland - Le château et les châtelains de Vic-sur-Aisne - pdf)

château de Vic-sur-Aisne z

Anne-Louis-Antoine Clouet avait épousé à Vic-sur-Aisne (02), le 15 thermidor an XIII (3 août 1805), Henriette Julliot de Fromont dont sont nés :

- Antoinette-Clémence, née à Vic-sur-Aisne, le 18 juillet 1806 ; décédée célibataire, le 30 mai 1880 au Genest, en Chailles ;
- Pauline, née à Vic-sur-Aisne, le 7 juillet 1808, baptisée le 18 octobre, même année ; décédée célibataire, en Chailles, le 12 août 1883 ;
- Louise-Léonie, née à Vic-sur-Aisne, le 20 décembre 1812 ; décédée célibataire, en Chailles, le 7 octobre 1883 ;
- Louis-Charles-Jules-François de Paule, né à Nantes (1e et 2e canton), le 14 janvier 1821 ; baron ; chevalier de Saint-Sylvestre ; marié en 1851 avec Amélie Pichot de la Graverie, dont Marie, Jeanne (vicomtesse Real de La Roche-Brochard) et Henri ; décédé à Mayenne, le 18 juin 1886.

Il est décédé le 9 mars 1862 à La Brède (Gironde) et fut inhumé dans le cimetière de La Chaussée Saint-Victor (Loir-et-Cher).

clouet décès La Brède 1862 z

 

État des services :

Élève sous-lieutenant à l'École d’application du génie de Metz, le 18 juin 1802.
Lieutenant en second au 1er bataillon de sapeurs, le 30 juillet 1803.
Nommé lieutenant en premier au 2e bataillon de sapeurs, le 27 décembre 1803.
Passé à la 7e compagnie de mineurs, le 31 mars 1806.
Affecté à l’état-major du génie, le 1er janvier 1807.
Nommé capitaine en second, le 18 décembre 1807.
Aide de camp de Ney du 18 novembre 1808 au 24 février 1810,
Détaché le 24 février 1810 auprès du roi d’Espagne, en qualité d’aide de camp.
Aide de camp du général Tousard du 11 septembre 1812 au 25 février 1813.
Chef d’escadron, le 15 février 1813.
Aide de camp du maréchal Ney du 26 février 1813 à mars 1815.
Colonel, après Lützen, le 4 mai 1813.
Chef d’état-major de la 14e division d’infanterie du 4e corps d’observation, le 1er avril 1815.
Chef d’état-major sous les ordres du général de Bourmont, commandant le 4e corps de l’armée du Nord.

Passe à l’ennemi avec le général de Bourmont, le 15 juin 1815.

Commandant de la 16e division militaire, à Lille, du 21 juin 1815 à septembre 1815.
Commandant en chef de l’expédition de Flandres, le 25 juin 1815.
Colonel de la légion départementale de la Somme, 11 octobre 1815.
Mis en non-activité par ordonnance du roi, le 9 mai 1816.
Remis en activité, colonel du 19e Léger, le 21 novembre 1821.
Maréchal de camp, le 3 octobre 1823.
Mis à la retraite le 19 août 1831.

- Le 18 mars 1833, il fut condamné à mort, par arrêt rendu par contumace par la Cour d'assises du Loiret, pour avoir participé au complot de la duchesse de Berry, arrêt exécuté par l'effigie le 2 mai suivant ; il fut réhabilité le 27 avril 1840.

Campagnes :

1805 : Grande Armée – Austerlitz (Autriche).
1806 – 1807 : Grande Armée - Pologne
1808 à 1812 : Armée d’Espagne.
1813 : Grande Armée. Saxe.
1815 : Campagne de Belgique – Armée du Nord.
1823 : Expédition d’Espagne.
1830 : Algérie – Prise d’Alger.
1833 : Armée de Don Miguel.

Campagnes de captivité :

Prisonnier de guerre des Prussiens, le 6 septembre 1813.
Rentré des prisons prussiennes en août 1814.

Blessures :

- Coup de feu à la poitrine en défendant l’île de la Wkra (Pologne), 18 décembre 1806.
- Blessé à Lützen, le 2 mai 1813.
- Quatre blessures à la bataille Dennewitz où Jüterborg, le 6 septembre 1813 :
- 1) Coup de sabre à la tête ;
- 2) Coup de sabre à l’épaule droite.
- 3) Coup de lance dans le ventre.
- 4) Coup de lance dans l’épaule droite.

Décorations :

- Chevalier de la Légion d’honneur par décret impérial du 8 mars 1807.
- Officier de la Légion d’honneur par décret impérial du 10 août 1813.
- Commandeur de la Légion d’honneur par ordonnance du 30 octobre 1829.
- Chevalier de Saint-Louis par ordonnance du 1er novembre 1814.
- Chevalier de l’Ordre Royal d’Espagne le 20 octobre 1810.

Titre :

- Baron de l’Empire par décret impérial du 10 août 1813.

_____________________

A consulter : Quelques notes sur la conduite de M. le comte de Bourmont en 1815 - par Anne-Louis-Antoine Clouet - 1832

______________________

Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

[Département du Loir-et-Cher Fiche établie par M. Jean-Pierre BIBET
Arrondissement de Blois
Canton de Blois Sources : Archives nationales (CARAN)
Commune : CHAILLES Dossier de la Légion d’honneur - Côte L0556004. - Le Guide Napoléon.
- Dictionnaire des Colonels B. Quintitin
- Les Aides de camp de Napoléon et des Maréchaux – V. Rollin.]

Portrait d'Anne-Louis-Antoine : Généanet

Portrait de Jean-Baptiste-Paul-Antoine : commons.wikimedia.org

 

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