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La Maraîchine Normande
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27 mai 2020

GRENOBLE (38) - JOSEPH-MARIE DE BARRAL, MARQUIS DE MONTFERRAT, MARÉCHAL DE CAMP

marquis de Montferrat z

JOSEPH-MARIE DE BARRAL, MARQUIS DE MONTFERRAT


Fils de Charles-Gabriel-Justin de Barral de Rochechinard, marquis de Montferrat, né le 4 mars 1712, troisième fils de Joseph de Barral de Clermont, marquis de la Bastie d'Arvillard, et de Marie-Françoise de Blondel, qui épousa, en 1741, Claudine-Françoise Vande de Saint-André, fille du comte Vande de Saint-André, JOSEPH-MARIE est né à Grenoble, paroisse Saint-Hugues, le 21 mars 1742.

Son père fut conseiller au parlement de Grenoble, et obtint, au mois d'avril 1750, des lettres-patentes portant érection de sa terre de Montferrat en marquisat.

barral baptême 1742 st-hugues z

 

Après avoir fait son droit à l'Université de Valence, il entra au barreau du Parlement du Dauphiné, le 9 août 1759. Devenu conseiller à cette cour le 31 mars 1762, et ensuite président le 11 avril 1764, il fut presque le seul membre de ce corps qui adopta avec ardeur les nouvelles idées révolutionnaires. Il s'empressa, en 1789, de renoncer à sa noblesse, et devint l'un des fondateurs de la Société des Amis de la Constitution. On lui sut gré de ce qu'on regardait comme un acte de patriotisme, et il fut souvent honoré du suffrage de ses concitoyens.

On l'élut successivement, en 1789, lieutenant-colonel de la garde nationale, président de l'académie delphinale ; en 1790, maire de Grenoble, président du directoire du département de l'Isère, président du tribunal du district de Grenoble ; en 1791, juge de la cour de cassation, haut-juré de la haute-cour nationale ; en 1792, maire de Grenoble, administrateur du département ; en 1793, de nouveau maire de Grenoble jusqu'en avril 1794, époque à laquelle un décret en date du 16 de ce mois défendit aux ex-nobles l'exercice de toutes fonctions publiques et leur enjoignit de se retirer hors de l'enceinte des places fortes. Atteint par ce décret, M. de Barral donna sa démission de maire, le 22 du même mois.

Il se retira à la Tronche ; Il adressa en même temps au Conseil Général de la commune une pétition pour le prier d'intervenir en sa faveur auprès du comité de salut public et "de ne pas laisser confondre avec le nom des aristocrates celui d'un ami sincère de la liberté et de l'égalité". Le conseil approuva sa demande par une délibération du 26 avril, "considérant que le citoyen Barral avait mérité par sa conduite la haine glorieuse de la caste privilégiée dont il était lui-même, ce qui prouvait mieux que tout qu'il était encore digne du nom de sans-culotte", arrêta de demander qu'il fût autorisé à exercer ses droits dans la commune de Grenoble. Son éloignement des affaires publiques ne fut pas de longue durée : sur la fin de 1794, il fut nommé président du tribunal militaire de Grenoble.

En 1795, on le choisit pour administrateur de la commune ; en 1796, il fut élu par le département membre de la haute-cour de justice ; en 1800, le premier consul le nomma pour la quatrième fois maire de Grenoble, et la même année, président unique du tribunal d'appel, depuis cour d'appel ; en 1803 - 1804, président du collège électoral de Grenoble, membre du corps législatif, membre de la députation de ce corps au premier consul.

P1540296 Z

Napoléon, empereur, le nomma baron, puis comte de l'empire, membre de la légion d'honneur, premier président de la cour impériale de Grenoble.

Le 18 octobre 1814, comme président de la cour royale, il adressa un discours de félicitations au comte d'Artois, qui était dans cette ville. Il n'en fut pas moins mis à la retraite à la fin de 1815.

Il est mort à Grenoble, place des Tilleuls, le 14 juin 1828.

BARRAL décès 1828

 

Marié le 6 septembre 1769 avec Sophie-Claudine de Guérin de Tencin, comtesse de Grolée, décédée le 10 septembre 1799, dont il eut :

1° Charles-Antoine de Barral, né à Grenoble, le 29 juin 1770, chevalier de la Légion d'honneur, ancien capitaine de grenadiers ;

2° Louis de Barral, né à Grenoble le 9 juin 1783, officier d'infanterie

3° Mathias de Barral, né en 1785.

A la demande de sa femme, Claudine de Tencin, le divorce avait été prononcé entre elle et son mari, aux torts de ce dernier, le 30 avril 1794.

Remarié, le 15 Messidor An II (3 juillet 1794), avec Bibiane Joubert La Salette, veuve de Joseph-Marie de Brémond, décédé le 23 mars 1789.

FRÈRES ET SOEUR :

vicomte Bibliothèques municipales de Grenoble

- André-Horace-François, vicomte de Barral de Rochechinard, né à Grenoble, paroisse Saint-Hugues, le 1 août 1743, entra fort jeune comme lieutenant dans le régiment de dragons de la Ferronaye et fit une partie de la guerre de 7 ans.

André-Horace-François 1er août 1743 Saint-Hugues

Étant passé en 1760 sous les ordres de Bourcet, alors commissaire chargé de la délimitation des frontières du Dauphiné, de la Provence et de la Bourgogne, il reconnut les Alpes depuis le col de Tende jusqu'au Mont-St-Gothard. Cette opération lui donna l'occasion de rectifier un grand nombre d'erreurs dans les cartes de Cassini, et il dressa en conséquence de savants mémoires et des plans aujourd'hui conservés au Dépôt de la Guerre.

Le vicomte de Barral fut ensuite major dans les dragons de Noailles de 1774 à 1782, puis quitta cet emploi pour servir sous Lafayette en qualité d'aide maréchal général des logis, dans l'expédition projetée contre la Jamaïque. Mais la paix ayant été conclue entre la France et l'Angleterre, il se retira dans ses foyers et demeura sans emploi pendant plusieurs années.

Rentré au service au commencement de la révolution, le grade de maréchal de camp lui fut accordé le 13 décembre 1791, et l'année suivante on l'envoya à l'armée des Alpes sous Kellermann. A peine était-il rendu à son poste, à Nice, qu'un ordre du ministre le désigna comme l'un des officiers chargés d'aller combattre les insurgés de la Vendée. Mais cette mission se trouvait trop contraire à ses opinions politiques pour être acceptée par lui ; aussi, profitant du voisinage de la frontière d'Italie, il se hâta de sortir de France.

A son retour de l'émigration, après le 18 brumaire, le 1er Consul avec lequel il était un peu allié (il avait épousé Anne-Amédée, fille de Fanny de Beauharnais, tante de Joséphine), lui conserva, grâce à cette parenté, son grade de général.

P1540293 Z

Il fut nommé à la préfecture du Cher le 13 mars 1805 et y demeura jusqu'en 1813. Pendant ces 8 années, M. de Barral se montra administrateur éclairé : il consacra ses moments de loisirs à des recherches historiques, principalement sur le culte druidique, les moeurs et la civilisation anciennes des diverses contrées de son département.

Il demanda lui-même sa retraite et se retira à Voiron.

En 1815, à la nouvelle de l'invasion prochaine du département de l'Isère par l'étranger, le vieux général sentit se rallumer en lui tout le feu de sa première jeunesse ; quoique infirme et âgé de 72 ans, il défendit vaillamment, à la tête d'une poignée de volontaires, le poste important des Échelles, et ne céda que devant le nombre des ennemis et l'impossibilité matérielle de la résistance.

Il est mort à Voiron le 15 août 1829.

André-Horace-François décès 1829

- Louis-Mathias (ou Mathieu), comte de Barral est né à Grenoble, le 20 avril 1746.

Son mérite, et de puissantes protections, l'élevèrent très jeune encore aux premières dignités de l'Eglise. Le cardinal de Luynes se l'attacha d'une manière particulière, et le nomma archidiacre de son diocèse.

Il devint, en 1785, agent général du clergé, et montra dans ses fonctions de grands talents.

En 1789, son oncle, évêque de Troyes, cédant à ses infirmités, lui résigna son siège épiscopal. Le comte de Barral refusa de prêter serment à la constitution de 91. Il émigra en 1792 et rentra en France en 1801. Mais à l'époque du Concordat, il ne voulut pas être un obstacle à cette mesure, et se démit de son évêché. Quarante-quatre prélats suivirent son exemple. Nommé à l'évêché de Meaux, il se distingua par sa modération et sa tolérance, et fut appelé en 1805 à l'archevêché de Tours. La démission spontanée de M. Barral, conforme d'ailleurs à la volonté du souverain pontife, lui avait valu la bienveillance de Napoléon qui, en 1806, le fit sénateur, puis aumônier de l'impératrice Joséphine, comte de l'Empire et grand-croix de l'ordre de la Réunion. Lors de ses différends avec Pie VII, l'empereur confia plusieurs missions importantes, où il fit preuve de beaucoup d'habileté et d'un grand esprit de conciliation. M. de Barral se montra reconnaissant des bienfaits de l'empereur, même après le retour des Bourbons.

Le 2 juin 1814, il ne craignit pas de se compromettre, en prononçant l'oraison funèbre de l'impératrice Joséphine. Le 2 juin 1815, il officia pontificalement à la messe qui eut lieu au champ de mai. Toujours ferme dans son plan de conduite, il refusa, dit-on, d'apposer sa signature à l'acte additionnel, et, mesurant son attachement à ses devoirs, il voulut être indépendant même dans sa reconnaissance.

Le roi, qui l'avait appelé à la chambre des pairs, au mois de juin 1814, le déclara, à sa seconde rentrée démissionnaire (24 juillet 1815). M. de Barral avait prévenu cette ordonnance en donnant lui-même sa démission : il ne pouvait plus, disait-il, administrer son diocèse, après avoir perdu la confiance du monarque.

Il mourut à Paris, le 6 juin 1816, d'une attaque d'apoplexie.

Louis-Mathieu décès 1816

 

- François-Octave de Barral, né à Grenoble, le 9 mars 1748 ; il fut vicaire général du diocèse d'Embrun et prieur de Vif, de 1773 à 1790. Il se retira, près de Grenoble, à La Tronche, dans une de ses propriétés où il est mort le 5 novembre 1829, à l'âge de 83 ans ;

- Charles-Joseph, baron de Barral, né à Grenoble, le 25 février 1755, lieutenant-colonel de dragons, en 1797, fait chevalier de Saint-Louis, en 1798. Il avait épousé Marie-Thérèse-Hippolyte Barnave-de-Boudra, née le 15 septembre 1767, dont : Louis-Gabriel-Ernest, chevalier de Barral, officier de cavalerie, né à Grenoble, le 2 octobre 1790, marié, en 1820, avec Mademoiselle de Galabert ; et Alix-Claudine-Olympe de Barral, née à Grenoble, le 29 septembre 1786, mariée, le 11 janvier 1810, avec Henri-Benoît de Pierre, vicomte de Bernis, neveu du cardinal de ce nom ;

- Jeanne-Françoise de Barral, née à Lyon, en 1745, mariée en 1765, à Louis-Marie, marquis de Fontanges, chef de brigade des gardes du corps du roi, officier général, chevalier de Saint-Louis (décédé en 1781) ; dont Louis, Justin et Jeanne.

 

 

Deux années de l'histoire de Grenoble par Albin Gras - 1850

Biographie du Dauphiné - volume 1 - de Adolphe Rochas - 1856

France dictionnaire encyclopédique par Ph. Le Bas - B-Bg - Tome deuxième - 1840

Histoire généalogique et héraldique des pairs de France ... - Volume 2 - par le Chevalier de Courcelles - 1822

Le Dauphiné : courrier des eaux thermales de la région - 5e année - n° 230 - Dimanche 10 mai 1868

Portrait de Joseph-Marie de Barral : Bibliothèques municipales de Grenoble - cote MSt.1156

Portrait du Vicomte de Barral : Bibliothèques municipales de Grenoble - cote : R.90558 (9) Rés.

 

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