CHEMILLÉ - MARTIGNÉ-BRIAND (49) - JEAN-BAPTISTE VIGNOT, COMMANDANT EN SECOND DU 14ÈME BATAILLON DE LA RÉPUBLIQUE (? - 1793)
Le 1er juin 1793, le conseil d'administration du 14e bataillon de la République se réunit pour délibérer sur la conduite qu'a tenue le Commandant Jean-Baptiste Vignot lors du combat de Chemillé du 11 avril 1793.
Extraits du registre des délibérations du conseil d'administration du 14e bataillon de la République, du 1er mars 1793 jusqu'à l'amalgame ...
Ce jourd'hui, 1er juin 1793, l'an II de la République française, le détachement que commandait le citoyen VIGNOT s'est assemblé chez le citoyen Risse, adjudant-major, à la réquisition du citoyen Oswald pour y faire ses déclarations et dépositions suivantes, savoir : Les volontaires dudit détachement, en présence du citoyen Oswald, commandant en chef, après avoir prêté serment de dire la vérité, ont déclaré pour premier fait de n'avoir jamais vu pendant le feu le commandant VIGNOT à leur tête, et qu'il ne s'est jamais trouvé dans le champ de bataille quand il s'est agi de battre les rebelles.
En outre, les volontaires dudit détachement étant interrogés si, d'après les véritables sentiments de leur conscience, ils pensaient que le citoyen VIGNOT s'était comporté en homme brave ou en lâche, ils répondirent unanimement qu'il s'était comporté en homme lâche et sans valeur.
Ont signé lesdits volontaires :
GILBEY, adjudant ; CORCHAUD, capitaine ; FOISSOG, LEVEAU, caporal ; LAMORY, DEBORDE, AUBERT, DUBIUFONT, MOSONCOP, GUÉRIN, GAUCHE, GUYOT, CHEVALIER, COULON, Claude-Pierre FRANQUIN, Nicolas BARAT, François PEIRRE, LIERRE, BOYER, MERLIER, MALET, CAZAUX, LECOQ, DAMONVILLE, BERGÉE, GORRON, REGNOUT, GUERILLIOT, BARBECON.
Le corps d'officier s'étant assemblé de nouveau sur l'affaire ci-dessus du citoyen VIGNOT, d'après la demande dudit citoyen VIGNOT d'avoir huit jours de délai pour produire des preuves de son patriotisme et de sa présence au feu, il a été arrêté que le citoyen VIGNOT aurait les huit jours de délai qu'il a demandés pour écrire à cet effet et qu'il sera libre de ce moment de vaquer à ses affaires dans la ville d'Ingrande où nous sommes en garnison.
Fait en ladite ville d'Ingrande, le 7 juin 1793, après-midi.
Premier déposant. - Sont intervenu dans cette affaire les citoyens canonniers du 14e étant aussi en détachement, dont le premier a dit s'appeler DAMIRON, sergent, qui a déclaré avoir vu le citoyen VIGNOT allant à Chemillé et qu'ayant eu une alerte de très petite nature il n'a pas vu le citoyen VIGNOT, parce que lui-même n'est pas sorti.
DAMIRON
Deuxième déposant. - Le second interrogé se nomme Baptiste CHARTRON. Il répond qu'il s'est trouvé premièrement à Saint-Lambert sous les ordres dudit accusé ; ayant quitté les ordres du citoyen VIGNOT, il s'est retrouvé sur la colonne de gauche où il a descendu avec une troupe à sa suite. Après un détour, ledit interrogé l'a perdu de vue ; ayant déclaré, en outre, qu'il avait toujours ouï parler de lui en bien et qu'il s'était bien montré. Interpellé, le citoyen témoin de signer, a dit ne pas savoir et a fait sa croix.
Troisième déposant. - Le troisième interrogé se nomme CLÉMENT, caporal. Il répond qu'il avait vu le citoyen accusé à la tête avec le général et sa troupe qui le suivait et a toujours entendu parler en bien du citoyen VIGNOT, et que même il se faisait honneur d'être de son détachement, et quand on a battu la général, le citoyen VIGNOT était à son poste.
CLÉMENT.
Quatrième déposant. - Le quatrième interrogé se nomme FRANGNIÈRE, canonnier. Il répond qu'il s'est trouvé comme canonnier à l'affaire de Saint-Pierre ; après avoir vu l'accusé parler au général, il l'a vu dans l'action, à la tête d'une troupe et déclare avoir entendu parler par différentes personnes dudit accusé et qu'il s'était bien conduit.
FRAGNIÈRE.
Cinquième déposant. - Le cinquième interrogé se nomme NAPOLIER. Il répond qu'il a vu les troupes mêlées, tant gendarmes que troupes non réglées, et le citoyen accusé qui les rassemblait prêt à entrer dans les murs qu'on attaquait ; il a déclaré que les dragons du 19e régiment étaient charmés de sa conduite, et il a persisté avoir vu le citoyen VIGNOT dans l'attaque. De plus, il avait reçu ordre du général de rassembler les troupes écartées au battement de la charge.
Sixième déposant. - Le sixième interrogé se nomme Jean-Baptiste DURAND. Il dit qu'il a vu le citoyen VIGNOT au feu à l'attaque qui s'est faite à Saint-Pierre-de-Chemillé ; il a déclaré en outre que ledit accusé était sur une hauteur où ils ont transporté une pièce de canon ; il était à la tête de diverses troupes ; a déclaré ne savoir signer et a fait sa croix.
Nous soussignés, officiers du bataillon, présents auxdites interprétations des déposans, certifions avoir vu en notre présence que ces dites déclarations ont été insérées dans nos registres en leur présence et leurs seings apposés. En outre, avons arrêté que notre premier arrêté s'exécuterait jusqu'à instruction définitive pour, par nous, en connaître toutes les contrariétés ; car parmi nous, il ne doit exister que des hommes libres et de grande valeur, telle que nous désirons que le citoyen VIGNOT soit reconnu pour y redoubler son exactitude.
RISSE, adjudant-major ; THABOURET, capitaine ; FOURNEAU, capitaine ; PILFER, capitaine ; HÜE, lieutenant ; BARBIER, lieutenant d'artillerie ; CORCHAUD, capitaine ; POTTET, sous-lieutenant ; DELAUNAY ; VERGEROT ; LANNAU, secrétaire.
L'an 1793, le IIe de la République, le 15 juillet, le conseil d'administration du 14e bataillon de Paris, assemblé pour délibérer sur la demande faite par le citoyen VIGNOT en réintégration de ses fonctions de commandant en second, desquelles il avait été suspendu par arrêté du conseil d'administration du ... dernier, pour s'être trouvé inculpé par les volontaires et officiers du bataillon de lâcheté, a arrêté qu'il en serait communiqué au général Joly. Ledit citoyen général Joly, aussi présent, ayant demandé qu'il fût tiré un certificat du général Menou, sur la conduite dudit VIGNOT lors du détachement, le conseil a nommé les citoyens Delaunay, Le Painch et Delavilleneuve, membres, pour commissaires qui se rendront chez ledit général Menou.
Ledit VIGNOT étant mort accidentellement au combat de Martigné-Briand, la procédure se trouve finie, et lesdits commissaires sont déchargés de leur mission.
Fait et arrêté lesdits jour, mois et an.
WILLERS (dit Constant), quartier-maître.
Les volontaires nationaux pendant la Révolution par Ch.-L. Chassin & L. Hennet - 1902
