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La Maraîchine Normande
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17 août 2017

NOINTEL (60) - CHÂTEAUBRIANT (44) - MARC-ANTOINE COMMAIRE, GÉNÉRAL DE DIVISION (1753 - 1794)

 

NOINTEL CHATEAU Z

 

Fils d'Antoine Commaire (ou Comère), palfrenier de Monsieur le Marquis de Nointel, et de Marie-Madeleine Lejeune, MARC-ANTOINE COMMAIRE est né le 4 janvier 1753 et a été baptisé le 6 à Nointel (Oise).

 

Commaire général baptême z

Marc-Antoine Commaire, dit Picard, est entré au service le 11 mars 1774 au Régiment ci-devant Dauphin Infanterie, passé dans ci-devant Perche lors du dédoublement ; il a servi audit régiment jusqu'en 1782.

Il a fait deux campagnes sur mer ; il s'est embarqué, pour l'Afrique, à Toulon en 1779 sur le vaisseau "Le Héros", commandé par Louis-Michel Le Roy-de-la-Grange, capitaine de vaisseau ; puis il est débarqué à Brest en 1781.

Il a servi depuis les premiers jours de la Révolution en qualité de volontaire, caporal, sergent et adjudant-major de la Section des Amis de la Patrie. Il est ensuite nommé commandant en chef des contingents des deux sections réunis des Gravillers et des Amis de la Patrie, formant le 2ème bataillon des Gravillers.

Il devient général de brigade de l'armée des Côtes de La Rochelle en juillet 1793 et général de division le 1er octobre de la même année. Commandant de la place de Saumur en janvier 1794, il a sous ses ordres Carpantier, qui garde l'avant-poste de Doué à la fin février. 

 

Commaire signature z

 

Il épouse, à Nointel, le 5 novembre 1782, Marie-Jeanne Taverne, fille mineure de Louis Taverne, maçon, et de Marie-Jeanne Lejeune. Son père est dit cabaretier.

 

signature à son mariage z

De ce mariage sont nés : 

- Marie-Joséphine-Esther, née à Nointel, le 29 mars 1783 ; mariée à Nointel, le 11 juillet 1811 avec Henri-Charlemagne Legent, né à Moyenneville (60), le 1er novembre 1789, "ex-percepteur", fils de Charlemagne, "percepteur à vie", et de Marie-Marguerite Delafollie - dont une fille, Henriette-Clémence née à Agnetz, le 4 février 1813, mariée à Nointel le 6 janvier 1838 avec Auguste-Athanase Franquet ; Henri-Charlemagne Legent est décédé à Creil, le 2 mai 1841 ; Marie-Joséphine-Esther est décédée à Creil, le 23 décembre 1845 ;

- Marc-Hyacinthe-Emmanuel, né à Nointel, le 8 juillet 1787, baptisé le 11 ; le père est "commis" à Paris. Cet enfant est décédé, à Nointel, le vendredi 21 juillet 1789 (le père étant toujours à Paris) ;

- Marc-Louis-Hyacinthe-Hyppolite, né à Nointel, le 26 novembre 1790 ; officier de santé ; marié avec Marie-Élisabeth-Sophie Ponthiaux ;  décédé à Liancourt (60), rue de Compiègne, le 23 octobre 1842.

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- Un frère, Louis, "ancien soldat", est décédé à l'âge d'environ 30 ans, le 3 mars 1784, à Nointel. Marc-Antoine est présent à la sépulture.

Antoine Commère (père), cabaretier, âgé de 70 ans, est décédé à Nointel, le 26 septembre 1787 ; son fils Antoine-Alexandre (un autre frère du général, semble-t-il) était présent à la sépulture.

Marie-Madeleine Lejeune est décédée à Nointel, en sa maison située rue du Puits à l'Orme, le 17 fructidor an II (3 septembre 1794), à l'âge de 67 ans.

Marie-Jeanne Taverne est décédée à Nointel, en son domicile rue du Saulon, le 22 juillet 1849, à l'âge de 87 ans.

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Signalement du général Commaire : taille de cinq pieds quatre pouces six lignes ; cheveux et sourcils châtains clairs, les yeux gris, nez long, bouche grande, menton rond.

 

commaire_0009


Conduite de Commaire, général divisionnaire :

C'est un de ces êtres très-petits, qui s'occupe plus de ses plaisirs que de la chose publique ; c'est un excellent général pour faire des promenades et des fêtes civiques ; il sait très-bien commander dans un bal, dans un tripot et dans une salle de spectacle, et passer les trois quarts du tems avec les femmes ; il n'est pas délicat sur cet article ; la première vivandière est excellente pour lui. Il est très-mal entouré ; ses aides-de-camp, ses bureaux sont composés de gens très ineptes, et qui pensent comme lui : voilà en un mot le portrait de cet homme. Signé GANNET. (Lequinio)

Agissements signalés du général Commaire :

Plainte à la Convention.
"Après le général Grignon, nous espérions, citoyens, que nos cantons ne seraient plus couverts de sang et incendiés. - Nous avons, de nos propres mains, tué tous les brigands qui étaient dans nos parages ; mais Grignon avait donné l'incivique exemple du massacre des patriotes ; on l'avait vu, par passe-temps et pour essayer le tranchant de son sabre, couper en deux des enfants à la mamelle : il appelait cela "une distraction patriotique". - COMMAIRE (général de l'Armée infernale) a été plus loin ; il en a fait une loi. - Nous le voyons chaque jour prendre les premiers enfants venus, fils de républicain ou de brigand, peu lui importe ; il les saisit par une jambe et les "fend par moitié, comme un boucher fend un mouton". - "Les soldats en font autant". - Si les autorités veulent réclamer, on les menace d'être fusillées ; et nous vous écrivons ceci afin que tous ces malheurs finissent.
Les officiers municipaux d'Aizenay, de Palluau et de La Roche-sur-Yon".
(La Peste rouge, ou les Saturnales révolutionnaires - Henri Leroy de Kéraniou - 1851)

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Derniers ordres reçus par le général Commaire :

Du 24 Février 1794
Ordre et instruction du chef de l'état-major Robert au général Commaire. (Nantes)
"Le général de division Commaire se rendra à Châteaubriand où il établira son quartier-général.
Il commandera toutes les troupes réparties sur les différens points de la surface du pays qui fait partie du commandement de l'armée de l'Ouest à la rive droite de la Loire, à partir de la route de Nantes à Rennes jusqu'au Mans, de l'ouest à l'est ; et de la rive droite de la Loire à Alençon, du midi au nord.
Il fera désarmer toutes les communes sur lesquelles les brigands se sont répandus, en se conformant aux arrêtés du comité de salut public et des représentans du peuple près cette armée.
Le général Commaire emploiera toutes les troupes réparties dans son commandement pour opérer ce désarmement qui devra se faire le plus promptement possible et avec soin.
L'adjudant-général Savary sera employé à la division du général Commaire." (Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République ... - volume 30 - par Jean-Julien Savary)

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Courrier signalant le décès du général Commaire : 

Du 11 mars 1794

L'adjudant-général Savary,

au général Robert. (Châteaubriand)

"Le général Commaire n'existe plus ; il est mort hier soir à onze heures. Sa maladie a été si prompte, il est tombé dans un affaissement si subit, qu'il a presque toujours eu du délire. Il ne m'a rien dit de particulier, soit relativement à sa mission, soit pour ses propres affaires ..." (Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République ... - volume 30 - par Jean-Julien Savary)

 

Châteaubriant maison décès 11 rue Pélican z

Le général divisionnaire Marc-Antoine Commaire est décédé à onze heures du soir, le 20 ventôse an II (10 mars 1794), en la maison du citoyen Hamel (*), rue de la Poterne à Châteaubriant, sur la déclaration de son premier aide-de-camp, Charles Marteau, 35 ans, garçon, natif de Douai, département du Nord, et de Charles-Joseph Le Vasseur (?), adjoint à son état-major, 50 ans, natif d'Amiens, département de la Somme.

COMMAIRE GENERAL DECES z

commaire_0010

 

La tradition rapporte que cet obscur soldat, usé déjà par ses débauches, fut trouvé mort dans son lit, après une nuit d'orgie sacrilège, où les vases et ornements sacrés avaient été profanés ! Il fut enterré sur la place publique, au pied de la Montagne. Sa mémoire est restée dans l'esprit de tous un objet de répulsion.

l'Histoire de Châteaubriant par Charles Goudé / Amaury de la Pinsonnais : - http://pinsonnais.free.fr/chateaubriant/?id=p2_s1_c6_2

Sa veuve, Marie-Jeanne-Taverne, avait obtenu une "pension de 824 francs 4 décimes 8 centimes pour récompense des services de son mary, général de division à l'armée de l'Ouest, mort le 20 ventôse an II des suites des fatigues de la guerre, après 9 ans, 6 mois, 25 jours de services".

 

(*) Le citoyen Hamel, ou plutôt Du Hamel, habitait, à cette époque, l'hôtel de la Bothelière, rue de la Poterne, aujourd'hui rue du Pélican.

12 février 1790, "quant au peuple, l’exercice des libertés déjà acquises lui avait ouvert un appétit démesuré pour des libertés plus grandes encore. Il suffisait de quelques citoyens pour provoquer une assemblée de la commune". Commente l’abbé Goudé en relatant l’assemblée du 12 février 1790 où il fut décidé que "tout citoyen de quelque âge et condition qu’il fût, à l’exception des ci-devant privilégiés qu’on abandonne à leurs remords, montât la garde - que tout bon citoyen fût admis aux assemblées municipales, sans pourtant y avoir voix délibérative - et que les ci-devant privilégiés qui voudraient revenir à Châteaubriant prêtent le serment civique devant la commune assemblée".  C'est ainsi que Duhamel de la Bothelière et d’autres, furent admis au serment patriotique. http://www.chateaubriant.org/44-les-evenements-a-chateaubriant

 

Les 12 Colonnes infernales de Turreau - par Pierre-Marie Gaborit et Nicolas Delahaye - 1995

Guerre de la Vendée et des Chouans par Lequinio, représentant du peuple.

AD60 - Registres paroissiaux et d'état-civil de Nointel

AN - Dossier militaire de Marc-Antoine Commaire - 7 Yd 124

 

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