BRÉTIGNOLLES-SUR-MER LES SABLES-D'OLONNE (85) - PHILIPPE-ÉLYSÉE DEGOUNOR, PRÊTRE
Fils de Charles-Louis Degounor, seigneur de La Trévillère, avocat en Parlement et procureur fiscal de la Chaize-Giraud qui avait épousé à Brétignolles le 2 décembre 1727, Marie-Renée Nicolleau, dame de La Trévillière, fille de Jean NICOLLEAU, sieur des Rigaudières, et de Anne-Marie Morineau, Philippe-Élysée DEGOUNOR, est né à Brétignolles-sur-Mer le 21 janvier 1744.
Il fut vicaire de St-Vincent-sur-Graon (?), puis de Challans (nov. 1777 - fév. 1782), curé de Givrand (mars 1782 - mai 1792) puis de Croix-de-Vie.
Il prêta serment à la Constitution civile du clergé, le 27 juillet 1792. Ses infirmités l'obligèrent à se retirer aux Sables avec une pension de 800 francs.
Il y exerça le culte dans des maisons particulières.
Le 2 mai 1793, le Directoire de district le fit arrêter à la suite de la saisie d'une lettre écrite par lui à la dame de la Roche, de Commequiers, une des principales agentes des royalistes. Mais le 22 juin suivant il fut mis en liberté, faute de preuves suffisantes.
Le 7 décembre 1793, il abjura ses fonctions ecclésiastiques.
"Séance du 17 frimaire l'an 2e de l'ère française, (7 décembre 1793)
A cette séance s'est présenté le citoyen Philippe-Elisée de Gounor, prestre, lequel a prié le Conseil Général de recevoir une déclaration qu'il a faitte par écrit et déposée sur le bureau après l'avoir signée. Le citoyen maire a donné lecture de cette déclaration, le Conseil y a applaudi et en a ordonné la transcription sur le registre avec mention honorable.
Suit copie de la dite déclaration.
Citoyens, Rendu à l'humanité et à la raison par nôtre sublime constitution, pénétré des sentiments de bienveillance que la première inspire, conduit par la lumière avec laquelle la seconde nous éclaire, je renonce librement et de bon coeur, je renonce librement et de bon coeur à la prêtrise et à tout exercice de cet état, ne pouvant dans ce moment ci vous en déposer les titres, je promets et m'engage à vous les remettre sitôt que j'en serai nanti ; les deux vertus, je veux dire l'humanité et la raison, seront désormais les deux seuls flambeaux qui me dirigeront dans la route de la vie que j'ai encore à parcourir et lorsque, parvenu à la fin de ma carrière, il me faudra rentrer dans le sein de la Nature dont je suis sorti. Je bénirai même à mon dernier soupir l'heureux moment, où j'ai été rendu à la raison, à l'humanité et à la liberté et où j'ai pu, comme je le fais ici publiquement vous en faire la déclaration sans crainte et sans remords, mais avec cette fermeté qu'inspire la vérité seule et cette douce satisfaction qui ne peut naître que du plaisir d'avoir bien fait.
Aux Sables le 17 frimaire l'an 2e de l'ère française et a signé.
P. Degounor"
Il refusa le serment du 19 fructidor an VI et cessa alors d'exercer (27 octobre 1797). Il fut de nouveau incarcéré et rendu à la liberté en mars 1798, comme n'exerçant plus.
Il devint curé de Croix-de-Vie en 1803.
Philippe-Élysée Degounor est décédé, "prêtre habitué des Sables et y domicilié, ancien curé de Givrand & pensionnaire de l'état", le 11 septembre 1806, à l'âge de 62 ans.
AD85 - Délibérations communales des Sables-d'Olonne - mars 1793-1795 - p. 70-71
AD85 - Registres paroissiaux de Bretignolles-sur-Mer et d'état-civil des Sables-d'Olonne
Annuaire départemental de la Société d'émulation de la Vendée - 1898 - p. 130



