CANDÉ - ANGERS (49) - UN PRÊTRE DE CANDÉ, GUILLOTINÉ A ANGERS - 1793 - FRANÇOIS-GILLES EDELIN
Né à Candé en 1738 [le 26 octobre], M. François-Gilles Edelin était curé de Longré (Charente) quand survint la Révolution. Conformément aux ordres du Souverain Pontife Pie VI, il refusa de prêter serment à la constitution civile du clergé et bientôt fut obligé de quitter sa paroisse comme la plupart des prêtres insermentés.
Arrivé à Angers le 13 octobre 1791, il y résida pendant quatre mois chez M. Gabillard, place Neuve. Après un séjour de cinq semaines à Longré, il revint à Angers et prit domicile rue Saint-Blaise (17 mars 1792). A l'exemple des autres prêtres non assermentés, il se rendait chaque jour à la mairie pour l'appel nominal ; le 17 juin, il fut arrêté avec eux et interné au petit séminaire (rue du Musée). Ses infirmités l'empêchèrent de partir le 12 septembre pour la déportation en Espagne ; il resta donc au Séminaire. Mais le 30 novembre les prêtres sexagénaires ou infirmes ayant été transférés à la Rossignolerie, M. Edelin y passa les derniers mois de sa captivité.
Quand les Vendéens ouvrirent les portes de sa prison dans la soirée du 17 juin 1793, il se retira chez son frère, chanoine de Saint-Pierre-Montlimart.
Avec l'armée catholique et royale, il passa la Loire à Saint-Florent-le-Vieil (18 octobre), la suivit dans son expédition de Granville, et après le malheureux siège d'Angers se cacha dans les environs de cette ville.
Le 8 décembre 1793, un hussard l'arrête à la Roche-d'Érigné. Conduit devant le général en chef Rossignol, puis devant le Comité révolutionnaire d'Angers, M. Edelin comparut dès le 9 décembre devant la Commission Militaire présidée par le citoyen Proust.
Voici son interrogatoire :
"Interpellé s'il a prêté le serment exigé par la loi, a répondu que non. - Dans quel lieu, par qui il a été arrêté et quel jour ? Aux roches d'Érigné, le 8 de ce mois, cinq heures du soir, par un hussard. - S'il a été à La Flèche et autres endroits avec l'armée des brigands ? Oui ; il les a suivis dans toute leur tournée. - S'il a exercé ses fonctions ecclésiastiques avec les brigands ? Non. - Comment il a fait pour vivre avec eux ? Il est resté quatre mois (juin-octobre 1793) chez son frère, chanoine de Saint-Pierre-Montlimart, et ensuite il a suivi l'armée avec lui."
Séance tenante, il est condamné à mort pour trois motifs :
"Avoir eu des intelligences avec les brigands de la Vendée ;
Avoir fait partie des rassemblements de ces brigands ;
Avoir provoqué au rétablissement de la royauté et à la destruction de la République Française."
Dans la soirée du même jour, 9 décembre, il était guillotiné sur la place du Ralliement.
L'Anjou historique - Janvier 1941 (A41)


