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La Maraîchine Normande
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30 septembre 2016

LOGE-FOUGEREUSE (85) - L'ANCIENNE ÉGLISE - LE PRIEURÉ - LES PRIEURS

LOGE-FOUGEREUSE
L'ÉGLISE

L'église fut incendiée vers le milieu du XVIème siècle. Ce monument, alors incomplètement restauré, fut démoli en 1894 et remplacé par l'église que la paroisse possède actuellement.

Il datait de 1409, comme en fait foi un document lapidaire, trouvé dans les démolitions, et ainsi conçu : "Cestuy ediffice neuf fut comancé par J. Beloyn, le VIIe jour du mois de may, l'an mil CCCC et IX."

Il se composait de trois parties bien distinctes : la nef, l'abside et le clocher.

LOGE FOUGEREUSE ANCIENNE EGLISE

En 1617, la nef n'était pas encore recouverte ; ce n'est que plus tard qu'on plaça sur les murs, qui n'avait pas été trop détériorés par l'incendie, une charpente garnie de tuiles, qui existait au moment de la démolition générale.

Cette charpente présentait alors le plus grand danger pour les fidèles, malgré les réparations nombreuses qu'on lui avait fait subir. Un plafond en planches avait remplacé la voûte. En 1894, il était dans l'état le plus lamentable, et souvent, depuis plusieurs années, il laissait tomber sur le dallage des débris vermoulus. En résumé, c'était une vaste halle, exposée à l'humidité et aux intempéries, sans aucune architecture. Cependant la porte de façade et la porte latérale, ainsi que les deux principales baies, annonçait un style ogival. L'édifice avait deux autels, placés de chaque côté, à la naissance de l'abside, l'un dédié à la Sainte Vierge et l'autre à saint Antoine, l'anachorète. A l'extérieur, les murs latéraux étaient soutenues par d'énormes contreforts, trois pour chaque mur, ceux du côté sud étaient en parfait état, mais ceux du nord tombaient en ruine, de même que le mur avait complètement perdu la perpendiculaire. Enfin la petite porte ouvrait sous un porche, dit ballait, comme il en existait partout à une certaine époque, destiné à préserver du mauvais temps les fidèles, qui attendaient le commencement des offices, et à les recevoir quand la messe était terminée.

L'abbé Fleury, aussitôt son arrivée dans la paroisse, reconnut que ce porche, assez peu remarquable comme édifice, souvent rempli de babillards, n'était bon qu'à troubler les pieuses personnes, qui prolongeaient leur présence aux pieds des autels. Il le fit donc disparaître pour toujours.

L'abside, trop élevée, était d'une dimension considérable et nullement proportionnée à la grandeur de la nef. Elle avait moins souffert des ravages des protestants et avait été restaurée bien plus tôt. Elle montrait encore deux cintres gothiques, destinés à supporter autrefois la voûte et appuyés chacun sur deux colonnes identiques, surmontées de leurs chapiteaux sculptés. Cette voûte, elle aussi, n'avait pas été refaite et était remplacée par un plafond en planches, moins détérioré que celui de la nef.

Au fond de cette abside, on apercevait l'emplacement muré d'une large baie, dont les arcades à moulures, séparées par de larges parties planes, étaient couvertes de fresques, rongées par le temps, mais sont on voyait quelques traces encore. En face, était placé un autel en pierres de bien modeste apparence, postérieur à l'incendie. Il disparut en 1840 et fut remplacé par un autel en bois peint, dû aux bons soins de M. l'abbé Auguin, curé de la paroisse. Au-dessus du tabernacle, on apercevait un tableau représentant saint Gilles, notre patron.

Le confessionnal dressé vis-à-vis de la porte du clocher datait de temps immémorial et croulait sous le poids des iniquités dont il avait reçu l'aveu. Tout à côté, le banc d'oeuvre majestueux annonçait une grande solidité, mais, ô malheur ! le premier ébranlement le réduisit en poussière. Le tout était éclairé par trois ouvertures de moyenne dimension mais sans caractère architectural, donnant, deux sur le nord et la troisième sur le sud.

Certaines personnes prétendent que cette abside était, en premier lieu, une chapelle abbatiale construite bien avant la nef, et que celle-ci n'aurait été édifiée qu'à une époque moins éloignée, pour les besoins du culte paroissial. Il est vrai qu'après l'incendie, l'abside fut restaurée plus tôt que la nef, mais cela ne prouve pas que la construction première ne se soit pas faite simultanément pour les deux ...

Le clocher mérite également une courte description. Je dirai même que c'était la partie la moins banale de notre église et celle qui présentait assez de solidité pour qu'on ait songé à la conserver, tout en reconstruisant le surplus.

Placée à droite de l'abside, sa masse ressortait tout entière sur la place. C'était une tour carrée de quinze à vingt mètres d'élévation, à toiture aplatie, couverte en tuiles du pays. Elle était surmontée d'un coq en cuivre rouge, d'une antique origine, mais cependant très bien conservé, grâce à sa rude constitution. Du reste, il remplissait bien ses fonctions, et tournant sur sa tige au plus petit zéphyr, malgré les rudes assauts que les autans lui avaient fait éprouver. Le malheureux contenait aussi dans ses flancs plusieurs projectiles, preuve de l'adresse des anciens seigneurs du lieu ...

Sous la charpente, se trouvait la chambre des cloches, éclairée par quatre baies ogivales, placées, chacune sur un côté, permettant aux visiteurs de sonder les quatre points d'un horizon magnifique. Cette chambre était séparée de la portion basse par une voûte en pierres, d'une grande solidité, dont la clef, formée d'un énorme parpaing en calcaire, présentait dans son milieu, un orifice arrondi, destiné au passage des cloches ! Un escalier en pierres, usé par le passage réitéré des sonneurs et des curieux, y conduisait. En la démolissant, on trouva, sur cette voûte, mêlés à la poussière qui la recouvrait, de la cendre et des charbons, résultat et preuve certaine de l'incendie dont cet édifice avait souffert. A l'extérieur, quatre contreforts, bien construits et parfaitement conservés, soutenaient les angles et flattaient la vue. Au milieu de la façade, donnant sur la place, on distinguait sans peine les contours d'une large baie à meneaux, obstruée par une légère construction, destinée à éclairer, jadis, une chapelle, dont les vestiges apparaissaient encore dans le bas de ce clocher.

Le mur nord de la nef offrait aux curieux l'emplacement muré d'une ancienne porte, ayant accès sur un jardin.

Avant 1793, il existait là, dans les maisons, qui en portent encore le nom aujourd'hui, un prieuré, et cette porte servait au prieur pour entrer dans l'église. Cette prébende ecclésiastique n'était pas d'une grande importance et ne possédait qu'un revenu de 150 à 200 livres.

Le prieuré bénédictin de Loge-Fougereuse dépendait de l'abbaye de Cluny et avait pour annexe l'église des Moutiers-sous-Chantemerle ...

Il possédait aussi un "hospice" avec quelques cellules dans cette dernière paroisse, et c'est là que logèrent les Religieux envoyés par le Prieur, pour fonder une chapelle qui fut appelée tout d'abord la chapelle de la Coudre. Ce modeste sanctuaire, fréquenté en premier lieu par de pauvres bûcherons, prit peu à peu une certaine importance, tout en restant sous la dépendance du prieur de Loge-Fougereuse. Il fallut bientôt construire une église plus spacieuse, qui prit dans la suite le nom des "Moutiers", parce qu'elle avait pour origine un établissement monastique (Monasterium, Monastère, Moutier). Il est certain, en effet, dit le Dictionnaire de Trévoux, que toutes les paroisses désignées sous cette appellation ont été jadis, au spirituel comme au temporel, gouvernées par des moines.

La tradition et l'histoire ne permettent ne permettent aucun doute en ce qui concerne les Moutiers-sous-Chantemerle, dont les possessions étaient disséminées, unies avec celle de Loge-Fougereuse, dans ces deux paroisses, ainsi que dans les paroisses de Saint-Étienne, du Breuil-Barret, de la Chapelle-aux-Lys ...

Ces bénéfices, d'abord assez importants, furent considérablement diminués pendant les guerres de Religion, par la négligence des fermiers généraux, qui laissèrent s'égarer les titres primitifs, et spécialement par rapport au prieuré de Loge-Fougereuse, l'histoire ne saurait absoudre les membres de la famille de Sayvre, qui, tous protestants de père en fils, trouvèrent le moyen d'affermer pendant de longues années le temporel de ce bénéfice. Comme les prieurs n'étaient pas du pays, ils ne connaissaient pas exactement leurs revenus et ils étaient obligés de continuer le bail des fermiers, qui, à un moment donné, exigèrent un rabais considérable ; de là des difficultés et des procès qu'il serait trop long d'énumérer ici.


PRIEURS


1er - JOACHIM DE HARLAY (1327)

Le plus ancien document que nous ayons sur le prieuré de Loge-Fougereuse est daté du 4 juin 1327 ; c'est une transaction dont nous allons transcrire le texte intégral, vu son antiquité et son importance.

"Sçachent tous, présens et avenir que entre nous, Joachim de Harlay, prestre religieux de l'Ordre de Monsieur Saint Benoist, prieur du prieuré de Monsieur Saint Gilles de Loge-Fougereuse et par le ung et même titre, prieur du prieuré de Monsieur Maurice des Moutiers d'une part, et Jehan Lefèvre, prêtre et notre vicaire, à titre perpétuel dans la dite paroisse des Moutiers, a été fait ce qui s'ensuit : sçavoir que comme il nous a été fait remontrance de la part de notre susdit vicaire perpétuel, que son logis presbytéral, prats (pratum, pré, préau, espace découvert au milieu du cloître) et issues sont en dégast et par trop angustiés et resserrés pour l'exploitation de son revenu temporel et qu'il aurait bon vouloir de réédifier, élargir et amplifier son dit logis et issues, s'il nous plaisait lui délaisser et cedder la possession d'ung demy quart de terre attenant à ses dits hébergements nommés vulgairement le Petit Moustier et iceluy dépendant de notre ancien hospice de la Coudre, où soulaient (avaient coutume) jadis héberger nos frères de Loge-Fougereuse, qui ores et déjà administraient et géraient l'oeuvre curial dans la ditte paroisse des Moutiers, de laquelle remontrance pour nous certiorer (rendre plus certain) bien à plein, nous sommes transportés au dit lieu et avons veu le besoin et opportunité de conjoindre au dit hébergement presbytéral icelle portion de terre qui jà était en gast et de nulle valleur, depuis la ruine et subversion de notre dit hospice de la Coudre, par les ravages des Guerroyeurs ; doncques pour ces causes loyalles et pertinentes à nous connues, avons cédé et délaissé, cédons et délaissons par ces présentes à notre dit vicaire perpétuel et à ses successeurs à toujours, le dit petit moutier tout ainsy qu'il se poursuit et comporte et aux mêmes charges qu'en ont joui nos prédecesseurs prieurs, pour élargir et amplifier le dit hébergement presbytéral, et en outre pour la réédification d'iceluy, luy avons octroyé et baillé les matières, ruines et décombres de notre dit hospice, aux charges et non à moins qu'en iceluy logis nous et nos successeurs prieurs, toutes fois qu'à nous et à iceux conviendra venir administrer illec en l'église des dits Moustiers l'office curial, nous et iceux seront hébergés gratis à compaing et à cheval. A tout quoy, je Jehan Lefèbvre, ay adhéré et appoincté pour moy et mes successeurs et fut fait au dict logis presbytéral des Moustiers par escrits doubles et pour demeurer ung autant à chacung de nous qu'à vous. Signé de nos seings manuels et présence et par l'avis de notre très vénérable supprieur et commun patron, par son droit de nomination à nos titres susdits, le prieur du noble prieuré de Monsieur Saint Paul en Gastine, en témoing de quoy et pour plus ferme approbation et autorisation des présentes, a fait au bas d'icelles apposer son scel accoutumé, le 4e jour de juing de l'an de grâce 1327."
Signé : de Harlay et Lefebvre.

Sur le sceau se trouve l'effigie de saint Paul tenant un glaive avec cette légende : Prioratus sancti Pauli sigillum.

2e - ÉTIENNE DE REDON (1537)

Nous trouvons le nom de ce prieur dans un acte d'arrentement, qui est daté du 24 août 1537. Il s'agit d'un complant de vigne, affermé à Jehan Gautriau, marchand, devant notaire de la Baronnie de Loge-Fougereuse, laquelle baronnie appartenait à messire René d'Appelvoisin.

3° - MATHURIN MORIN (1628)

Le 20 octobre 1628, messire Mathurin Morin, curé recteur de Cerizay et prieur commendataire du prieuré de Saint-Gilles de Loge-Fougereuse, au diocèse de Maillezais, reçoit, en cette dernière qualité, une déclaration de Jean Delahaye, maréchal demeurant à la Tendronnière, paroisse de la Tardière.

4° - URBAIN DORÉ (1649)

Le 6 mars 1649, ce prieur reçoit un aveu de Jacques Nau et de Pierre Baudet, pour une maison et des terres, sises à la Mesnardière, paroisse de Saint-Hilaire-de-Voust.

FRANÇOIS LE DOUX (1672)

Voici l'acte qui fut dressé pour sa prise de possession :

"Aujourd'huy, le 4e jour du mois de mars 1672, sur les neuf heures du matin, Nous, Louis Fourré, curé de saint-Paul-en-Gastine, diocèse de Maillezais, y demeurant, Nous sommes présentés, accompagnés des témoins cy-dessous nommés, au devant de la porte de l'église paroissiale de Saint-Gilles de Loge-Fougereuse, au dit diocèse, pour et au nom de M. François Le Doux, écuyer, sieur de Thubert, clerc tonsuré, au diocèse du Mans, demeurant à la Flèche, en vertu de sa procuration en date du 30 mars dernier, receu sous la Cour Royale de la Flèche, par M. Julien Le Royer, notaire, pour prendre possession réelle et actuelle du prieuré commendataire de Saint-Gilles de Loge-Fougereuse, par vertu des provisions de Notre Saint-Père le Pape : Datum Romae apud S. Petrum ... visées par Monseigneur l'Évêque de la Rochelle, le 26 avril dernier, et signées de mon dit seigneur, de MM. Charles de Pallu et François Habert, chanoines de sa cathédrale ... avons pris possession corporelle, réelle et actuelle du dit prieuré, de ses fruicts, revenus, appartenant et dépendant, par l'entrée libre de la dite église, touchant la porte, et en entrant, prenant et aspergeant de l'eau bénite, faisant la prière à genoux devant l'image du crucifix, et de là, devant le grand autel, touchant les livres, ornements et pupître, sonnant la cloche, prenant place et séance au lieu affecté au dit prieur, et autres cérémonies requises et nécessaires, laquelle prise de possession a été déclarée à haute et intelligible voix, à ce que personne n'en puisse prétendre cause d'ignorance ; à laquelle prise de possession ne s'est trouvé personne qui y soit contrevenu, ny formé opposition ; de quoy ci-dessus avons donné acte pour valloir et servir ce que de raison ; et de la dite église sommes entrés dans le jardin du dit prieuré, et avons rompu une branche d'arbre, par signe de possession ; avons trouvé dans le dit jardin des mazureaux qui marquent avoir eu autrefois une maison, et fait toutes autres cérémonies à ce requises et nécessaires, les dits jour et an que dessus, en présence de Me Jacques Hurteau, notaire de la Baronnie de Loge-Fougereuse, M. René Prunier, marchand droguetier, Sébastien Malescot, tandeur de draps, demeurant au bourg de Loge-Fougereuse."

Loge-Fougereuse La Goujonnerie

Nous avons trouvé, dans les archives du château de la Goujonnerie, les déclarations suivantes, faites au prieuré de Loge-Fougereuse :

1° Sur le fief des Arlondères, ou de la Brairie, par Pierre Guichet, marchand, demeurant à la Gantière, paroisse de la Tardière, le 8 janvier 1680.
2° Par René Ancelin, marchand, demeurant au bourg de Saint-Maurice-des-Noues, faisant tant pour lui que pour ses frères et ses soeurs, le 8 janvier 1680.
3° Par René Soulard, demeurant au bourg de Loge-Fougereuse, le 8 janvier 1680.
4° Par René Boumas, de la Papinière, paroisse de Saint-Paul, le 5 janvier 1680.
5° Par René Ancelin, demeurant au Moulin-Crapeau, paroisse de Saint-Hilaire-de-Voust, le 8 janvier 1680.
6° Par Pierre Aubusson, marchand, demeurant au Moulin-Jandoux, paroisse d'Antigné, le 22 janvier 1680.
7° Par Mathurin Albert, demeurant à la Grallière, paroisse d'Antigné, le 7 janvier 1680.
8° Par André et Marie Ancelin, demeurant l'un au Moulin de la Motte, paroisse de Loge-Fougereuse, et l'autre à la Doutière, paroisse de Saint-Maurice-des-Noues, le 16 janvier 1680.
9° Par Pierre Bobineau, laboureur, et Pierre Prunier, son beau-frère, demeurant ensemble à l'Échardière, paroisse de Largeasse, le 5 février 1680.
10° Par Jacques Jobet, sieur de la Passière, marchand, et Izaac Garnier, chirurgien, demeurant au bourg de la Châtaigneraie, le 22 décembre 1679.
11° Par Élisabeth Grison, veuve de Me Jacques Nouel, notaire, demeurant à la Genesse, paroisse de Moncoutant, le 22 décembre 1679.
12° Par Ambroise Barreau, marchand, demeurant au Moulin Nanteneau, paroisse de la Chapelle-aux-Lys, le 17 janvier 1680, pour les fiefs de l'Arlondière et de la Bouret.
13° Par Izaac Garon, marchand, demeurant à Coullonges, le 22 janvier 1680.
14° Par Théodore Mester, demeurant à Saint-Paul, le 5 janvier 1680.
15° Par René Brunet, seigneur de la Vergnay, demeurant à Saint-Hilaire-de-Voust, pour le fief de la Ménardière, même paroisse, le 15 janvier 1680.
16° Par René Blactot, seigneur de la Gancrye, conseiller de la Maréchaussée de Thouars, le 15 janvier 1680.
17° Par Marie Bobineau, veuve de Simon Grégoire, Perrine Bobineau, femme de Jean Jamain, seigneur de la Place, Jacques Grégoire, veuf de femme Bobineau, au nom de ses enfants, demeurant au bourg de Saint-Hilaire-de-Voust, le 5 janvier 1680.
18° Par Mathurine Morisset, demeurant à la Ménardière, en Saint-Hilaire, Pierre Denis et Mathurin Mallet, de Saint-Maurice-des-Noues, le 10 janvier 1680.
19° Par Madeleine Morisset, demeurant à Mauléon, pour le fief her Menard, René Morisset, seigneur de la Sizandière, le 20 janvier 1680.
20° Par Louis Brossard, marchand de la Maison-Neuve, en Saint-Hilaire, le 7 janvier 1680.
21° Par Pierre Béliard, laboureur à Marillet, le 8 janvier 1860.
22° Par René Airaud, marchand à la Gétière, en Saint-Maurice, pour le fief des Chalossières, le 8 janvier 1680.
23° Par Pierre Brossard, demeurant à Saint-Hilaire sur l'Autize, le 8 janvier 1680.
24° Par Henri Soulard, marchand, à Gallardière, de Loge-Fougereuse, le 8 janvier 1680.
25° Par René Soulard, marchand, à Loge-Fougereuse, Pierre Richard, marchand à la Boisatière, même paroisse, le 22 février 1680.

Dans un aveu de 1696, Messire François Le Doux, prieur commendataire de Loge-Fougereuse, est qualifié d' "écuyer, seigneur de Théber et de Bether, demeurant en sa maison noble de la Panetrie, paroisse de Champt, pays du Maine."

VEXIAU (1700)

A noter que la maison du prieuré est en très mauvais état, qu'on n'y a fait aucune réparation de mémoire d'homme et qu'elle ne tardera pas à s'écrouler ...

NOUET (1701 - 1705)

A peine en possession de son bénéfice, ce prieur en afferma le temporel à Charles Gobbé, sieur de la Grènetière, pour 5 ans.

JOSEPH AUNÉ (1705 - 1736)

Il habitait la Flèche. Tous les aveux qui le concernent sont de l'année 1714. Nous remarquons : Pierre Berland, marchand, demeurant aux Guerches, en Loge-Fougereuse, pour la borderie de la Brande ; Marie Grégoire, veuve Michel Berton et Marie Berton, veuve Jean Grégoire, demeurant à la Ménardière, en Saint-Hilaire-de-Voust, pour les domaines de la Ménardière ; René Ayrault, marchand, demeurant à Loge-Fougereuse, pour la terre des Chaillochères, sur laquelle il doit trois chapons et quatre gélines ; René Bertault, marchand aux Guerches, pour la borderie de la Brairie ; René Ancelin, farinier, pour le Moulin de la Motte ; Jean Jouot, farinier, pour le Moulin Bichon ; Jean Brémaud, tisserand en drap, au bourg de Loge-Fougereuse, pour les terres du Charriou ; Jean Girault, farinier au Moulin Crouton, de Réaumur, pour le Moulin de Barbelé, en Saint-Hilaire-de-Voust.

PAUL PERREAU 

Il n'était que clerc tonsuré, quand il fut nommé prieur commendataire de Loge-Fougereuse. Il débuta dans le ministère paroissial comme vicaire d'Antigny, et devint dans la suite curé de Scillé (Deux-Sèvres) (1752-1787) .

Voici l'acte authentique par lequel M. Paul Perreau a pris possession de son Prieuré :

"L'an 1736 et le 29 janvier, avant midy, jour de dimanche, ce requérant, M. Paul Perreau, clerc tonsuré du diocèse de la Rochelle, demeurant à Loge-Fougereuse, pourvu en Cour de Rome du Prieuré de Saint-Gilles de Loge-Fougereuse, ordre de Cluny, suivant les provisions obtenues et dhuement certiffiées, sur la résignation de M. Joseph Auvé, dernier et paisible possesseur du dit prieuré, sous la réserve de 150 livres de pension annuelle, viagère, en conséquence desquelles provisions a esté délivré le visa de Mgr l'Évêque de la Rochelle ... Nous, Antoine Masson, notaire royal et apostolique du dit diocèse de la Rochelle, demeurant en la ville de Fontenay-le-Comte, sommes transporté au-devant de la grande porte et principalle entrée de l'église paroissialle du dit lieu de Loge-Fougereuse, où estant, le dit sieur Perreau, en notre présence et des témoins soussignés, a pris la possession réelle, actuelle et corporelle du dit Prieuré de Saint-Gilles et de ses fruits, revenus, émoluments, annexes et droits en dépendants, par la libre entrée qu'il a faitte en la dite église, en habits décents, revêtu d'une soutanelle, colet, surply et bonnet quarré, prière à Dieu, à genoux, devant le crucifix, genuflexion devant le grand autel, baiser du milieu, lecture, dans le Livre Missel de l'Évangile de ce jour ; a pris séance à la place affectée au prieur, a touché au pupître, a sonné la cloche ; sorty de la ditte église, est entré, en notre présence et des témoins, en la maison du dit prieuré proche, où il a continué sa prise de possession, ayant pris séance en une chambre basse, ouvert une fenêtre et fermée, fait allumer du feu et l'a esteint ; de là passé dans le jardin joignant la ditte maison et église, a rompu une branche d'arbre, ensuite retourné au-devant de la ditte grande porte de l'église, où lecture des présentes a été faite, issue de la grande messe, sans aucun opposant ...

Fait et passé au dit lieu, en présence de M. François Soullard, curé de cette paroisse ; M. Gabriel-Louis Charron, son vicaire ; M. Pierre des Roches, écuyer, seigneur de Chassais ; Jean Grégoire, marchand ; Jacques Feuvre ; René Soullard, aussi marchand, témoins requis, demeurant à Loge-Fougereuse ; aussy en présence de M. Thomas Merlant, du Rozais, avocat au Parlement ; M. Paul-André Mallet, de Maisonprez, aussi avocat au Parlement, sénéchal de la Châtaigneraie ; Jean Tallon ; F. Brossard ; Jacques Ferret ; J. Taillefait ; J. Soullard ; F. Soullard, diacre ..."

Tout d'abord, M. Perreau eut quelques difficultés, relativement aux redevances qu'il se croyait en droit de percevoir dans la paroisse de Moutiers-sous-Chantemerle. Le curé de l'endroit, qui, dans le principe, n'était que vicaire perpétuel du prieur de Loge-Fougereuse, voulut conquérir son indépendance. De là un procès qui dura 5 ans.

M. Perreau invoquait les titres anciens, qui le désignaient sous le nom de curé primitif, dignité qui lui conférait le droit d'officier, dans l'église des Moutiers, aux quatre fêtes principales de l'année et de recevoir pour ce motif, la somme de 9 livres.

En fait, les prieurs qui n'habitaient point le Bas-Poitou, n'avaient jamais usé de ces droits, de temps immémorial ; ils préféraient payer la somme annuelle de neuf livres, plutôt que de faire un voyage dispendieux. C'est pour cela que M. Beau, curé des Moutiers, invoquait la prescription et réclamait la rente habituelle de neuf livres.

Le 12 mai 1741, une transaction mit les parties d'accord : M. Perreau renonça au titre de prieur des Moutiers ; M. Charles-Gabriel Beau, de son côté, promit de ne plus réclamer la rente annuelle de neuf livres, et les dîmes à percevoir dans la dite paroisse des Moutiers, furent partagées entre les deux ecclésiastiques.

Étant devenu curé de Scillé, M. Perreau résolut de profiter de la faculté que lui accordait une déclaration du Roi, en date du 26 mai 1774, et de se débarrasser des soucis que lui causait le temporel de son prieuré. Par acte du 20 mars 1779, il céda tous les droits et revenus attachés à ce titre, à son parent, M. André-Aimé Perreau, avocat au Parlement, demeurant à Loge-Fougereuse, qui s'engagea en retour à lui payer la rente annuelle de 200 livres.

A cette époque, les possessions du prieuré de Loge-Fougereuse comprenaient :

1° La maison, avec chambre basse et grenier, four, grange et un jardin d'une boisselée, touchant aux héritiers Tallon ;
2° Le pré de Gastebourse, de cinq boisselées, sur le chemin de Petite-Grange à Grande-Grange ;
3° Le Champ-Prieur, de sept boisselées, près le village de Sennelay, dans la paroisse de Saint-Hilaire-de-Voust ;
4° Le champ des Boulles, de cinq boisselées, sur le bord de l'ancien chemin, qui va de la Barre au Breuil-Barret ;
5° Le fief du Prieuré, sujet à la 6e partie pour dîme et terrage dans une partie du village de la Brairie, et à la 12e partie pour droit de terrage, dans quelques terres dépendant des paroisses de Saint-Hilaire-de-Voust et du Breuil-Barret, le tout évalué à deux charges de blé-seigle et à quatre charges d'avoine.
Le fief du Prieuré était ainsi confronté : du levant aux fief de la Boisatière, de la Sizardière et de la Berdrie ; du midi aux fiefs de Mortagne et du Charriou ; du couchant et du nord aux fiefs de la Motte, de la Baronnie de Loge-Fougereuse, de Jarousseau et des Boulles.
6° La rente de deux charges de blé-seigle sur la borderie de la Motte, appartenant aux héritiers du sieur de Mouillebert ;
7° Le petit fief de Saint-Étienne, appelé les Luzières, et Château-Gaillard, comprenant cinquante boisselées de terre environ.

Pour fuir la tourmente révolutionnaire de 1793, M. Paul Perreau prit le chemin de l'exil et se retira en Espagne, où il eut à souffrir toutes sortes d'ennuis et de privations. Quand les troubles furent passés et qu'il reçut avis de cette bonne nouvelle, son émotion fut telle qu'il en mourut de joie. il avait plus de 80 ans.


Selon les documents qui vont suivre, on peut raisonnablement penser que l'abbé Paul Perreau n'a pas quitté la France et qu'il a prêté serment.

A la fin du mois de décembre de l'année 1792, Paul Perreau signe les registres en tant que maire de Loge-Fougereuse.

Perreau maire 3

En février 1793, Paul Perreau rédige et signe deux actes de naissance et les signe ainsi : "Perreau Maire de cette commune de Loge-Fougereuse, en absence du citoyen Ruffé, curé et officier public".

Perreau signature maire

Un dénombrement de la population de Loge-Fougereuse, du 10 messidor an II (28 juin 1794), fait mention de Paul Perreau, propriétaire, âgé de 70 ans, au domicile duquel on compte sept personnes (?).

Perreau recensement population an II

L'abbé Paul Perreau est adjoint municipal, puis maire provisoire de Loge-Fougereuse de ventôse  à prairial de l'an VIII.

Perreau maire provisoire signature

L'abbé Paul Perreau, fils de François Perreau, seigneur de la Goujonnerie, et de Jeanne Mallet, a été baptisé à Loge-Fougereuse, le 2 juillet 1724. Il est décédé à Loge-Fougereuse, le 26 floréal an X - 16 mai 1802, à l'âge de 77 ans. L'acte de décès le dit "prêtre".

Perreau Paul acte baptême

Perreau Paul décès

AD85 - Registres paroissiaux et d'état-civil de Loge-Fougereuse

AD85 - Dénombrement de la population - an II - L562


 

Il est certain aussi qu'il y avait, dans notre bourg, une chapellenie et que la maison Chaigneau, où le sieur Texier exerçait la profession de cabaretier, était la demeure du chapelain. D'après le Pouillé de Luçon, qui mentionne les visites de Mgr de Menou, en 1738 et 1740, cette chapellenie, dont le bénéfice était de cent vingt livres, obligeait le titulaire à la résidence et devait la célébration de trois messes par semaine. Elle avait été fondée par le marquis de la Roche-du-Maine, et se trouvait, au milieu du XVIIIème siècle à la présentation du sieur Thibaut, de la paroisse. De 1715 à 1765, le titre de chapelain est attribué à M. Louis-Gabriel Charron, qui prenait aussi parfois le titre de vicaire.

Le Pouillé d'Alliot mentionne l'existence d'une Maladrerie, c'est-à-dire d'un hôpital, sur le territoire de Loge-Fougereuse, vers le milieu du XVIIème siècle.

Extrait : Histoire de Loge-Fougereuse par M. Arsène Texier - ouvrage posthume publié par M. l'abbé L. Teillet, curé d'Antigny - 1903

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