GRAND-CHAMP (56) - 1795 - MM. PIERRE-FRANÇOIS CADORET ET RENÉ CAUDAL
MM. PIERRE CADORET ET RENÉ CAUDAL
PRÊTRES A GRAND-CHAMP
MM. Cadoret et Caudal étaient prêtres libres à Grand-Champ lorsque la Révolution éclata.
Le premier était de Grand-Champ même [fils de Mathurin, cordonnier et de Perrine Pèrès - ordonné prêtre le 17 septembre 1789] ; le second de Plouhinec. Tous les deux refusèrent le serment et restèrent dans le pays ; tous les deux furent assassinés la même année 1796 1795 ; voici ce que la tradition rapporte de leur mort.
M. Cadoret se retirait chaque soir au village de Guernéhué-des-Saints à l'est de la paroisse et un autre prêtre, du nom de Samson, en faisait autant au village voisin de Talbot ; ils disaient la messe ensemble chaque matin et pendant la journée rayonnaient dans les alentours, pour leur ministère de confesseurs et de catéchistes.
Les patriotes avertis essayèrent de les surprendre et un jour arrivèrent à Talbot ; les deux prêtres n'eurent que le temps de s'enfuir. M. Samson gagna le bourg de Locmaria et réussit à s'échapper. Moins heureux M. Cadoret fut blessé, en se sauvant, continua de courir quelques temps encore et alla s'abattre auprès du village de Bénalo, jusqu'où on le suivit à la trace de son sang ; quand on le découvrit il avait cessé de vivre. [c'était le 5 fructidor an III (22 août 1795), il avait 31 ans]
M. Caudal fréquentait plutôt le sud de la paroisse et avait l'habitude de célébrer la Sainte Messe au moulin de Gouézac. Un dimanche, pendant qu'une grande foule l'entendait, un homme accourut en criant : "Voici les Bleus !".
Les assistants se dispersèrent. M. Caudal acheva le Saint-Sacrifice et, avec son répondant, grand et fort jeune homme, fils du meunier, s'esquiva à son tour. Tous deux tombèrent sous les balles ; d'abord le jeune meunier, âme héroïque qui n'avait pas voulu sauver sa vie pour rester avec le prêtre, puis plus loin le prêtre lui-même épuisé et à bout de souffle.
Les fidèles placèrent plus tard une petite croix à l'endroit où M. Caudal avait été assassiné. On la voit encore aujourd'hui tout près de la route qui conduit de Grand-Champ à Vannes.
Extrait : Les prêtres du Morbihan, victimes de la Révolution, 1792-1802 - J. Le Falher - 1921
AD56 - Registres d'état-civil de Grandchamp




