ST-LAURENT-DE-LA-SALLE - BAZOGES-EN-PAREDS (85) - FRANÇOIS-ANNE-JACQUES BOURON (1752 - 1832)
FRANÇOIS-ANNE-JACQUES BOURON, né à Saint-Laurent-de-la-Salle (Vendée), le 2 octobre 1752, était, depuis douze ans, avocat du roi en la sénéchaussée de Fontenay-le-Comte, quand la Révolution éclata.
Délégué du Tiers-État à l'Assemblée provinciale du Poitou, convoquée par édit du 12 janvier 1787, et qui se réunit à Poitiers le 25 août suivant, il publia, le 12 décembre de la même année, un Mémoire sur les futurs États-Généraux, sous le titre : Moyens de sauver le royaume de la banqueroute, par un ami de son temps.
Élu député du Tiers aux États-Généraux par la sénéchaussée de Poitou (27 mars 1789), il siégea dans la majorité de l'Assemblée constituante.
Le 2 décembre 1789, dans la discussion sur l'organisation des municipalités, il défendait avec force la cause des magistrats, qu'on voulait exclure des corps municipaux.
"Ce serait, disait-il, porter atteinte à la considération de la magistrature. D'ailleurs, vous ne devez plus voir, en faisant la constitution, les magistrats dans l'ancien ordre de choses. La Révolution va les rendre électifs ; ils n'auront aucun vice aristocratique. Comment pourrait-on gêner et limiter la confiance des peuples lorsqu'ils voudront leur confier des charges municipales ? ... Comme ils sont citoyens, il doivent en supporter toutes les charges et en exercer tous les droits."
Le 7 juin 1790, à propos du décret relatif à la fête de la Fédération, projetée pour le 14 juillet, il demandait que les députations des corps militaires à cette fête fussent désignées par la voie du sort.
"Il me semble, ajoutait-il, que, lorsqu'il s'agit d'un devoir que tous sont propres à remplir, la voie du sort est plus convenable que celle de l'élection ; elle a d'ailleurs l'avantage de prévenir la jalousie, les cabales et les intrigues."
Enfin, le 18 novembre de la même année, il s'élevait contre l'emplacement du tribunal de Fontenay, pour lequel on avait acquis une maison particulière coûtant 18.000 livres, en disant : "Les maisons ecclésiastiques de notre ville sont des couvents d'une étendue telle qu'ils suffiraient pour loger trente départements. Le local ne convenait pas mieux que le prix."
Après la session de la Constituante, Bouron fut élu haut juré de la Vendée. Il devint, le 7 septembre 1792, procureur général syndic dans le même département, et, le 8 novembre 1794, il était maintenu, par les représentants du peuple, dans l'Administration départementale.
Il s'éloigna cependant du pays pendant les désastres de la guerre civile, n'y reparut qu'après le 18 brumaire an VIII (octobre 1799), et fut nommé, à cette époque, président du tribunal criminel de son département. Le Consulat le fit, l'année suivante (24 floréal an VIII, mai 1800), juge du tribunal d'appel de la Vienne.
Membre de la Légion d'honneur, du 23 prairial an XII, il fut, lors de la réorganisation judiciaire de 1811, promu conseiller à la Cour impériale de Poitiers, où il siégea jusqu'en 1818.
A la Restauration, Louis XVIII, qui avait eu connaissance de ses qualités d'administrateur en matière de finances, l'appela à Paris, sous prétexte de lui remettre une décoration, mais surtout pour lui proposer de se l'attacher à la gestion des finances de l'État. Hélas ! Ce provincial ignorait tout des manoeuvres et manipulations des fonctionnaires de cour, qui réussirent à l'écarter de leur domaine privé. Il se retira ... non sans les excuses du roi*.
Il devint alors conseiller honoraire, et se retira près de Bazoges-en-Pareds, à Velaudin, où il mourut le 30 avril 1832.
Annuaire départemental de la Société d'émulation de la Vendée - 1895 (A42,SER4,VOL5,p.132-133)
*Revue : La Fin de la Rabinaïe - n° 91 - mai 1993 - article de M. Constant Gauducheau
AD85 - Registres paroissiaux et d'état-civil de Saint-Laurent-de-la-Salle et de Bazoges-en-Pareds






