RENNES (35) ANGERVILLIERS (91) - CARDINAL JEAN-DE-DIEU-RAYMOND DE BOISGELIN DE CUCÉ (1733-1814)
JEAN-DE-DIEU-RAYMOND DE BOISGELIN DE CUCÉ
Fils de Regnault-Gabriel du Boisgeslin, marquis de Cucé, Comte de Mesneuf, Conseiller du Roy en tous ses conseils, et président à mortier au parlement de Bretagne, et de haute et puissante Jeanne-Françoise-Marie du Roscoët, il est né et a été ondoyé à Rennes (paroisse Saint-Jean) le 27 février 1732. Élève des Jésuites de Rennes, Jean-de-Dieu-Raymond terminait à Paris ses études théologiques, lorsque son frère aîné fut tué à Saint-Cast en 1758.
Il refusa de quitter le petit collet pour l'épée, et reporta sur la tête de son autre frère, Louis-Bruno, le droit d'aînesse qui lui conférait cette mort imprévue.
Après un séjour à Rome, lors du conclave qui suivit la mort du pape Benoît XIV, il devint grand vicaire de l'archevêque de Rouen au siège de Pontoise, abbé de Vauluisant, au diocèse de Sens, en 1759, et de Saint-Maixent au diocèse de Poitiers en 1762.
Nommé évêque de Lavaur, le 20 décembre 1764, il fut sacré le 5 juillet 1767 dans l'église de Saint-Sulpice de Paris, prononça les oraisons funèbres du roi Stanislas et de Madame la Dauphine à Notre-Dame, fut nommé archevêque d'Aix le 4 novembre 1770, préconisé le 4 mars 1771, et prit possession de sa métropole le 4 août.
Il présida plusieurs fois les États de Provence, fut chargé de porter la parole à Reims pour la cérémonie du sacre de Louis XVI en 1775, et fut élu le 15 janvier 1776, membre de l'Académie française.
Il prononça en 1783 le premier discours sur les prix de vertu de la fondation Monthyon, fit partie de l'Assemblée des notables en 1787, et fut élu député du clergé d'Aix aux États-Généraux en 1789.
Son rôle à l'Assemblée constituante fut considérable : il y prononça de nombreux discours et présenta un plan d'extinction de la dette publique, au moyen d'une somme de 490 millions qu'il offrait au nom du clergé de prendre sur la valeur de ses propriétés immobilières. On eût ainsi évité la spoliation générale des biens du clergé dont les propriétés n'eussent pas été dépréciées comme elles le furent avec les assignats ; et au moyen d'une banque hypothécaire on eût pu facilement couvrir le déficit du trésor et l'insuffisance des allocations budgéraires pour les divers services publics. Mais le clergé eût ainsi sauvé l'État.
Les sectaires qui conduisaient la majorité repoussèrent le projet de l'archevêque d'Aix, et préférèrent une spoliation qui conduisit à la ruine.
Boisgelin s'opposa ensuite de tout son pouvoir aux projets de constitution civile du clergé, qu'il considérait avec la presque unanimité des prélats, comme schismatique, et il publia en leur nom la célèbre Exposition des principes de l'Église catholique sur ce sujet, ce qui lui valut d'être nommé personnellement dans le bref du Pape en date du 10 mars 1791.
Obligé, pour refus de serment à la Constitution civile, de quitter son siège archi-épiscopal et de se réfugier à Londres en 1791, il y resta dix ans jusqu'en 1801, traduisant en vers le psautier.
Il prit grande part aux négociations qui amenèrent le Concordat, fut nommé le 9 avril 1802, par le premier consul, archevêque de Tours, reçut aussitôt l'institution canonique du Cardinal légat, prononça le 18 avril, jour de Pâques, à Notre-Dame-de-Paris, le discours officiel pour le rétablissement du culte catholique, fut créé cardinal le 13 janvier 1803, nommé membre de la Légion d'honneur le 20 octobre, Grand Officier, le 14 juin 1804, désigné par les électeurs des Bouches-du-Rhône, comme candidat au Sénat conservateur, et mourut à Angervilliers (Seine-et-Oise, aujourd'hui Essonne), près Paris, le 22 août 1804 (4 fructidor an XII).
Extraits : Répertoire général de bio-bibliographie bretonne - Livre premier, Les Bretons, volume 4 - par René Kerviler - 1886
[L'office de Tourisme du Pays de Limours indique que sa tombe est toujours visible dans le cimetière d'Angevilliers (article du 17 janvier 2013).]


