Canalblog Tous les blogs Top blogs Emploi, Enseignement & Etudes Tous les blogs Emploi, Enseignement & Etudes
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
La Maraîchine Normande
Publicité
22 mars 2016

PORT-LA-NOUVELLE (11) - 1906 - INVENTAIRES

Port-la-Nouvelle église

1906

Les journaux de l'Aude donnent les détails suivants sur des atrocités commises ces jours-ci à la Nouvelle, petite paroisse voisine de Narbonne.

Le receveur se présenta le 7 février et entra à l'église où se trouvaient seulement le curé et quelques dames venues pour réserver leurs droits sur les objets donnés par elles. Après une digne protestation, l'inventaire avait commencé dans le plus grand calme, lorsqu'une troupe avinée, conduite par le maire, pénétra dans le lieu saint.

Le maire interpelle le receveur et s'étonne qu'il opère sans son concours. Mais déjà, la troupe de chenapans, aux bras de femmes échevelées, remplit l'église de ses clameurs immorales. Le maire lui-même a fait venir près de lui une des dignes personnes qui entouraient le curé et a proféré des expressions abominables, en sorte que le curé dut intervenir.

Pendant ce temps la bande se livrait à une véritable saturnale, dévalisait et profanait l'église. Un individu s'était mis au confessionnal, ayant brisé la grille avec une hache et les femmes de cette horde infernale venaient là faire les simagrées les plus inadmissibles et les plus éhontées.

Tout fut odieusement sali, les confessionnaux, les chapelles et les autels. Un individu alla d'une statue à l'autre traitant les saints d'ivrognes, et les sommant de descendre de leur piédestal.

Le crucifix fut insulté.

On trouva à la sacristie un plumeau que l'on passa sur la figure du vénérable curé. On trouva spirituel de le coiffer d'un bonnet rouge. On insulta les dames qui, tremblantes, étaient comme frappées de stupeur. Il faut s'arrêter là. Le maire avait amené son chien à la table de la communion. Il lui fit avaler des hosties prises dans la sacristie et le poussa dans le tabernacle. Linge d'autel, lustres, candélabres, tout fut empilé au milieu de l'église et on y mit le feu. Enfin quand la tourbe abjecte s'éloigna, les femmes emportèrent des bougies dans leurs tabliers.


AD56 - Journal L'Arvor - Vendredi 16 février 1906 - 11ème année - n° 68

Publicité
Commentaires
La Maraîchine Normande
  • EN MÉMOIRE DU ROI LOUIS XVI, DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE ET DE LA FAMILLE ROYALE ; EN MÉMOIRE DES BRIGANDS ET DES CHOUANS ; EN MÉMOIRE DES HOMMES, FEMMES, VIEILLARDS, ENFANTS ASSASSINÉS, NOYÉS, GUILLOTINÉS, DÉPORTÉS ET MASSACRÉS ... PAR LA RIPOUBLIFRIC
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Newsletter
Archives
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Publicité