SAINT-JEAN-DE-BRAYE (45) - LA DERNIÈRE ABBESSE DE SAINT-LOUP - MARIE-LOUISE DE PÉGUILHAN DE LARBOUST
LA DERNIÈRE ABBESSE DE SAINT-LOUP
1781-1792
Par André Laurenceau
La septième et dernière abbesse de l'Abbaye Royale de Saint-Loup fut : Marie-Louise de Péguilhan de Larboust.
Elle était fille aînée d'Urbain de Péguilhan de Larboust et d'Anne de Pilotte.
La famille de Péguilhan de Larboust était une ancienne famille du Comminges connue dès le XIIe siècle.
Marie-Louise de Péguilhan de Larboust succéda à Madame de Beynac.
Le Brevet du Roi la nommant à Saint-Loup est du 11 janvier 1781. La Bulle du Pape Pie VI portant confirmation de cette nomination est datée du 3 mars 1781 et elle prit possession de sa charge le 3 mars.
Antérieurement, elle était religieuse professe au monastère de Paravis, ordre de Fontevrault.
Le monastère de Paravis sis commune de Feugarolles (Lot-et-Garonne) faisait partie du diocèse de Condom.
Notre-Dame de Fontevrault était chef d'ordre de Bénédictines. L'Abbaye de Fontevrault (Maine-et-Loire) fut fondée en 1099 par Robert d'Arbrissel. Il avait placé l'ordre de Fontevrault sous la règle de St-Benoît. En 1106 une bulle approuva cette fondation.
L'Ordre de Fontrevault n'a qu'une seule Abbaye, celle qui a donné son nom à l'ordre tout entier. Les autres monastères étaient des prieurés.
Cette famille religieuse comportait deux branches : les religieux et les religieuses que Robert d'Arbrissel plaça sous la juridiction d'une Abbesse générale.
Marie-Louise de Péguilhan de Larboust fut bénie le 29 avril 1781, dans le monastère Fontevriste de Longages (Haute-Garonne) par Monseigneur Pierre-Joseph de Lastic-Lescure, évêque de Rieux.
Elle assura le gouvernement de l'Abbaye de Saint-Loup jusqu'au 1er septembre 1792, date de sa fermeture par les autorités révolutionnaires.
Dans sa notice historique sur "l'ancienne Abbaye de Saint-Loup, près d'Orléans", publiée en 1856, Vergnaud-Romagnési, indique que l'Abbesse de Péguilhan de Larboust se réfugia alors chez Mlles Menou en leur maison dite de "Perpignan" faubourg de Bourgogne, à Orléans ... Il ajoute qu'elle mourut fort âgée en 1808.
Nous ignorons si elle vécut vraiment et si elle resta longtemps à cette adresse car il n'existe pas de recensement à Orléans avant 1830, mais ce qui est certain c'est qu'elle ne mourut pas à Orléans en 1808.
En effet, son acte de décès figure sur les registres de l'état-civil de la commune de Gensac-sur-Garonne, canton de Rieux (Haute-Garonne) :
"14 septembre 1812 - Péguilhan Marie-Louise Pierre, ex-abbesse de Saint-Loup-les-Orléans, profession : religieuse, âgée de 86 ans, est décédée au château de Mr de Sers le 13 décembre 1812 à 5 heures du soir. Fille de Urbain de Péguilhan de Larboust et d'Anne Pillotte tous deux décédés, née à Auch. Sur déclaration de Jacques Fauré et Delpy Paul, domestiques de Mr de Sers."
On ignore l'époque à laquelle Marie-Louise de Péguilhan de Larboust s'est réfugiée chez Mr de Sers à Gensac-sur-Garonne. Peut-être a-t-elle voulu revoir une région qui lui était chère et y finir ses jours. Gensac-sur-Garonne est en effet situé à une vingtaine de kilomètres du monastère de Longages où elle a été bénie par l'évêque de Rieux avant son départ pour l'Abbaye de Saint-Loup.
Peut-être aussi parce que dans la famille de Sers, il y avait eu, un peu avant, une religieuse Fontevriste du Monastère Sainte-Croix de Volverte (Ariège), Jeanne de Sers, décédée en 1765, selon Gaston Ducos auteur d'une histoire de cette localité et de son monastère. La même distance que pour Longages sépare Gensac de Sainte-Croix de Volverte. Malgré le long intervalle de deux dates de décès, les deux religieuses ont pu se connaître (l'Abbesse de Larboust avait quand même 39 ans en 1765).
Une autre religieuse de la même famille est décédée à Gensac, le 18 ventôse 1803, religieuse de Notre-Dame.
Marie-Louise de Péguilhan de Larboust fut inhumée le 16 septembre dans le cimetière de la paroisse dit cimetière Saint-Pierre, du nom de la chapelle auprès de laquelle il était établi, situé sur une falaise dominant la Garonne.
Les restes mortels de l'Abbesse chassée de son cloître par la révolution n'auront probablement pas connu non plus la paix de la tombe, car il ne reste plus grand chose de ce cimetière où elle fut inhumée. Située autour de l'ancienne chapelle Saint-Pierre, près d'une falaise dominant la Garonne, celle-ci la battant de ses eaux tumultueuses a fait s'effondrer progressivement le haut et la plupart des ossements des morts qui y ont été enterrés, ainsi que les débris de la chapelle ont été entraînés par les flots ...
Aussi ne reste-t-il qu'une étroite bande de terrains de l'ancien cimetière.
Société des études du Comminges ... - 1975 (A1975, T88) - 1975/03

